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Sénégal : l’heure des réformes courageuses pour redonner du sens à la dépense publique
Depuis que l’agence de notation Moody’s a abaissé la note du Sénégal pour une 3ᵉ fois, je vois passer des réactions indignées sous des airs de théorie du complot populiste. Beaucoup cherchent à discréditer l’agence, à la présenter comme un outil occidental qui complote contre l’Afrique. C’est une erreur, une hérésie.
Les agences de notation ne font que mesurer ce que le marché voit déjà : une économie fragilisée, des comptes publics dégradés, une confiance entamée. Ce ne sont pas les agences de notation qui ont creusé notre déficit, ni alourdi la dette du Sénégal, ni multiplié les dépenses sans impact. Les agences ne font qu’allumer la lumière là où nous avons préféré rester dans l’ombre.
La vérité, c’est que cette dégradation doit être un signal d’alerte, pas une occasion de victimisation.
Le Sénégal n’a pas besoin d’attaquer les institutions qui la notent. Nous avons juste besoin de rassurer les investisseurs, de reconstruire la crédibilité de notre signature, et surtout de relancer une économie au ralenti.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : à fin juin 2025, les dépenses en capital (investissements publics) ont été exécutées pour 581,9 milliards de francs CFA, soit 30,1 % des prévisions du budget. Les investissements sur ressources internes s’élèvent à 186,6 milliards de francs CFA, soit 31,8 % de leur objectif. En valeur absolue, le montant de 581,9 milliards en 2025 est inférieur à celui de 648,4 milliards en 2023 (premier semestre) pour les dépenses en capital. Le niveau d’investissement réel est beaucoup plus bas, en pourcentage des crédits ouverts, comparé à 2023 (30,1 % vs ~39,7 %), et c’est là que le problème réside.
Pendant ce temps, on entretient des caisses noires à la présidence, à la primature et à l’Assemblée nationale, dont les montants réels sont astronomiques au vu de la situation du pays. On maintient un train de vie d’État qui ne correspond plus à la réalité, héritage d’un clientélisme d’une autre époque.
Aucune des « Big Three » (Standard & Poor’s, Moody’s ou Fitch) n’a inventé la crise budgétaire sénégalaise. Elles la constatent. Et elles disent au monde ce que tout investisseur, tout banquier, tout bailleur sait déjà : la trajectoire actuelle n’est pas soutenable sans réforme, sans effort, sans discipline et sans audace.
Alors, au lieu de se réfugier dans un réflexe nationaliste de façade, notre pays, à travers le régime en place, ferait mieux de prendre le taureau par les cornes : réduire les dépenses superflues, rationaliser la gestion publique, réinvestir massivement dans l’économie réelle — production, énergie, industrie, agriculture — bref, dans tout ce qui crée de la valeur, de l’emploi et de la confiance.
Une notation n’est pas une punition. C’est un miroir. Et tant que nous préférerons casser le miroir plutôt que de nous regarder dedans, nous continuerons à répéter les mêmes erreurs. Oui, la faillite est à craindre si rien ne change. Mais une note coupée peut être remontée si le gouvernement applique des réformes crédibles. D’ailleurs, le marché l’a compris : malgré la dégradation, le Sénégal a levé 450 milliards de CFA sur les marchés financiers, avec une demande dépassant 150 % de l’offre (source : Ecofin Agency). Cela montre que certains investisseurs croient encore en notre potentiel — mais exigent des garanties sérieuses.
L’un des premiers indicateurs d’un pays aspirant à l’autonomie est une dépendance réduite vis-à-vis de l’étranger. Et à cet égard, les chiffres du Bulletin Mensuel des Statistiques du Commerce Extérieur de l’ANSD relaient des évolutions baissières des exportations et haussières des importations — un déséquilibre qui constitue un véritable signal d’alarme pour la balance commerciale.
En effet, selon l’ANSD, en juillet 2025, les importations du Sénégal ont crû de +16,6 % (par rapport à la même période antérieure), quand les exportations ont baissé de -16,1 % sur la même période.
Ce décalage illustre parfaitement un affaissement de notre appareil productif et le manque de compétitivité de notre économie réelle. À ce rythme, nous importons ce que nous devrions produire et exportons de moins en moins ce que nous savons faire. Voilà le vrai nœud du problème : notre dépendance grandissante fragilise notre souveraineté économique et pèse sur nos équilibres extérieurs.
Et qui dit balance commerciale déficitaire, dit besoin accru de devises pour financer ces importations — ce qui exerce une pression directe sur nos réserves et in fine, sur la stabilité macroéconomique du pays. C’est une spirale qui, si elle n’est pas enrayée, affaiblira encore davantage notre économie réelle et notre capacité à financer le développement par nous-mêmes.
Il est temps que le gouvernement s’occupe de la souffrance des Sénégalais, de la paupérisation des couches les plus vulnérables, du ralentissement du secteur du BTP, de notre souveraineté agricole et de l’assainissement de nos villes et adopte pour finir, une rigueur de gestion pour corriger la trajectoire budgétaire du pays.
Mohamed LY
Président du THINK TANK IPODE
Monnaie unique de la Cédéao : adoption d’une feuille de route et mise en place d’une Task Force
Une cinquantaine d’experts, membres du Comité technique chargé des politiques macroéconomiques ont tenu une session ordinaire le jeudi 14 septembre 2017 à l’hôtel Salam de Bamako pour étudier le rapport de la Convergence macroéconomique au titre de l’année 2016 et évaluer l’impact de la mise en œuvre de la feuille de route du Programme de la monnaie unique de la Cédéao. La cérémonie d’ouverture était présidée par le ministre de l’Economie et des Finances, Boubou Cissé. Pour la circonstance, il était accompagné du président de la commission Cédéao Marcel A. de Zouza, le commissaire en charge des politiques macroéconomiques et de la recherche économique, Mamadou Traoré en présence de nombreuses hautes personnalités.
Sénégal : Evaluation du Code des marchés 2014 et propositions pour optimiser la commande publique
Les marchés publics sont des contrats administratifs dont la passation est soumise à une procédure particulière. Le terme de marché public recouvre à la fois une catégorie générique de contrats administratifs et la procédure de dévolution de ces contrats.
Au Sénégal, les passations de marchés étaient auparavant réglementées par le Décret n°82-690 du 07 septembre 1982. 32 ans après, le Décret n°2014-1212 du 22 septembre 2014 portant nouveau code des marchés publics (abrogation du Décret n°2011-04 portant code des marchés publics de 2011), était censé procéder à une refonte complète de la commande publique, avec un double objectif : alléger les procédures, et accroître l’efficacité de l’achat public.
LE FRANC CFA ET SON COMPTE D’OPERATIONS: Vérités, illusions et manipulations
Je n’ai jamais voulu m’attaquer aux pourfendeurs du CFA, estimant leur combat légitime, même si je l’ai toujours trouvé superficiel et surtout instrumentalisé. Mais leur arrogance et leur prétention m’obligent à leur répondre.
Si nous sommes tous d’accord que le sigle CFA traduit un prolongement de l’ordre colonial, le Cameroun n’aurait cependant pas à s’en faire du nom Franc de sa monnaie, car il est très commun que les monnaies nationales portent le nom d’une devise de référence à laquelle on accole le nom du pays : livre égyptienne, dollar canadien, Franc congolais, Franc rwandais, Franc djiboutien, etc.
Le plus important est la confusion qui s’est créée et qui s’entretient sur le concept du « compte d’opérations » qu’il faut bien expliquer pour dissiper les malentendus qui brouillent toute l’analyse et la conduisent dans tous les sens.
En vérité, il y a actuellement, une absence ou perte de repères pour tous les partis politiques du Sénégal. Ce qui a conduit notre pays dans cette situation lamentable et malheureuse, qui fait que la politique, comme l’homme politique en général, est dégradée et dévaluée au bas de l’échelle par une bonne partie de la population. Et pourtant, elle est incontournable dans la vie des sociétés humaines et organisations.
- Les enjeux
Les élections Législatives du 30 Juillet 2017 se tenaient après cinq années de pouvoir de BBY du Président Macky Sall, et à deux ans de l’élection présidentielle de 2019.
Ce qui en fait pour BBY, une élection, à la fois, de « bilan » et de « perspectives », dont l’issu devrait donner des indications sur les chances du Président sortant Macky Sall, de se faire ré élire.
Le mardi 10 janvier 2017, on pouvait lire ce qui suit, dans un journal de la place : « Macky Sall était partout. Depuis hier, lundi 9 janvier, il n’est nulle part. C’est que l’image du chef de l’État, qui ornait les grandes affiches visibles à travers la capitale depuis quelques mois, a complètement disparu. » Et le même journal de préciser que c’est le Premier Ministre Mahammad Dionne qui a demandé aux services concernés de faire rapidement ce travail de nettoyage.
Sénégal : face à ces terribles et récurrentes catastrophes d’accidents mortels de la route, quelle vraie solution contre nos routes qui tuent ?
Le grave accident de la route, survenu le 27 janvier 2017 à l’Est du pays dans la commune de Sagna, le énième du genre, avec son cortège d’une vingtaine de morts à peu près, interpelle encore le gouvernement à prendre avec une extrême urgence les mesures nécessaires.
Fidel Castro Ruz fut un homme qui s’était entièrement consacré à la révolution en général et à son pays en particulier, sa vie durant. C’est véritablement, un exemple de constance et de fidélité à ses convictions communistes profondes, comme cela doit l’être pour tout homme d’ailleurs, par rapport à ses convictions.
Abdoulaye Wade est le seul responsable de la culpabilité de son fils Karim Wade
Il a donc franchi le Rubicon, en graciant sans état d’âme le premier condamné de la Traque des biens mal acquis, Karim Wade, le fils de son père, le distingué disciple de son marabout.
Je ne m’attarderai pas sur le mystère, les nombreuses zones d’ombre qui entourent cette rocambolesque grâce. Des observateurs plus avertis que moi se chargeront de jeter une lumière sur cette affaire qui est un reniement de plus, et pas des moindres, des engagements du candidat Macky Sall. L’objectif de cette contribution est de revenir un peu en arrière, de montrer comment Wade-père a créé pour Wade-fils les conditions qui lui ont permis d’organiser le pillage systématique de nos maigres deniers publics.
Sénégal: Libération de Karim Wade fils de l’ancien président Abdoulaye Wade, en catimini et nuitamment !
En vérité, la libération de Karim Wade est l’expression achevée et la matérialisation parfaite d’une justice de classe. Elle prouve à suffisance, que la lutte de classes est bien réelle et encore plus actuelle aujourd’hui que jamais, même si l’on tente de la masquer. Sinon, pourquoi Macky Sall n’a pas libéré, pour les mêmes raisons, les milliers de pauvres voleurs, prisonniers de droit commun, comme Karim, qui croupissent encore en prison
Les préoccupations des Sénégalais se trouvent bien ailleurs, que dans les retrouvailles de la famille libérale
Si toutefois, les rumeurs, qui circulent avec insistance ces temps-ci dans notre pays, sont avérées, ce serait vraiment, un manque de respect total, du président Macky Sall, envers les 65% d’électeurs qui avaient voté en sa faveur en 2012, contre Me Wade. Ce serait, même également, dans une certaine mesure, une trahison sans équivoque et un détournement du choix des citoyens. Disons dans le vrai sens du terme, de son engagement solennel envers le peuple sénégalais, comme toutes les coalitions qui l’avaient soutenu à la présidentielle de 2012.
Nécessité d’une rupture effective avec le passé décadent du fonctionnement de notre administration
Actuellement au Sénégal, tout le monde s’émeut, s’inquiète, se plaint et se pose quantité de questions sans réponse, c’est-à-dire pourquoi tous ces accidents mortels et drames qui se multiplient chaque jour davantage, sans qu’on ait même aperçu un début de solution, à plus forte raison, une solution radicale et définitive?
Sénégal : Deux alternances ratées et continuité dans la mauvaise gestion socialiste
Le 19 mars 2000, le peuple sénégalais tournait une nouvelle page de l’histoire politique du pays. Ce jour-là, les électeurs portèrent au pouvoir le candidat Abdoulaye Wade en lui accordant 58,49 % de leurs suffrages. Le candidat sortant, Abdou Diouf, était pratiquement confiné dans son score du premier tour, passant de 41,30 % à 41,51 %. Il perdait ainsi le pouvoir après 40 ans de présence au cœur de l’Etat socialiste.
Avec son statut d’Ecole Normale Supérieure (ENS) (actuellement appelée FASTEF) elle avait pour objectif premier de former les enseignants devant enseigner aux niveaux moyen et secondaire de notre système éducatif. Sa deuxième fonction était de former aussi les futurs inspecteurs de l’enseignement élémentaire.
Dans ma dernière contribution, j’ai passé en revue quelques maux qui gangrènent notre administration et m’étais engagé à poursuivre cet exercice. Il convient d’ores et déjà de rappeler l’engagement ferme du candidat à l’élection présidentielle du 25 mars 2012 à « réduire de façon drastique » les agences nationales d’exécution
Les banques commerciales au Sénégal: des usurières qui arnaquent tout un pays
A l’image du pays ou plutôt avec l’impunité qui règne au Sénégal, les banques sénégalaises se conduisent, totalement, en véritables hors-la-loi, donc, comme bon leur semble. Elles décident et s’autorisent arbitrairement, la création de toutes sortes de taxes et de frais, parfois illogiques et injustifiables, au détriment de leurs clients
