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Sénégal : face à ces terribles et récurrentes catastrophes d’accidents mortels de la route, quelle vraie solution contre nos routes qui tuent ?

Par Moha

Le grave accident de la route, survenu le 27 janvier 2017 à l’Est du pays dans la commune de Sagna, le énième du genre, avec son cortège d’une vingtaine de morts à peu près, interpelle encore le gouvernement à prendre avec une extrême urgence les mesures nécessaires. Oui, il est  vraiment temps et même urgent pour  l’Etat, de rompre définitivement avec cet immobilisme et ce laxisme coupables dont il fait montre, toujours. A cet effet, il lui faut enfin prendre sérieusement des mesures radicales concrètes, pour freiner définitivement cette série de catastrophes mortelles sur les routes sénégalaises.  Le gouvernement doit cesser dorénavant, cette pratique trompeuse ou fâcheuse habitude qui consiste à s’émouvoir ou de prononcer, juste après de telles catastrophes, de simples discours de menace musclés, qu’il oublie dès le lendemain ,et non suivis d’effets et de sanctions sévères. Alors qu’il fallait sévir énergiquement avec célérité contre tous ces délinquants récidivistes, et trouver de vraies solutions adéquates, qui mettraient fin à ces routes qui tuent chaque jour que Dieu fait. Nous assistons malheureusement tous, en des témoins impuissants et simples spectateurs à ces horribles scènes et parfois macabres. Dans de pareils cas, nous n’avons souvent, que nos yeux pour pleurer nos morts et déplorer ces faits récurrents, depuis des décennies. Mais, malgré du reste leur récurrence, la persistance invariable des mêmes causes, à savoir le défaut de permis de conduire en règle, les excès de vitesse, la vétusté du matériel de transport en commun, comme personnel, l’étroitesse et la défectuosité très avancée de nos routes, l’absence de surveillance et de sécurité routière dans les règles de l’art, l’indiscipline caractérisée des usagers de la route, etc. tout cela demeure impuni. En tout cas, jusqu’à présent.

Une telle situation est inadmissible et paradoxale, car malgré tout, l’Etat ne semble pas prendre suffisamment conscience de la gravité de cette catastrophe qui perdure. Sinon, pourquoi ne prendrait-il pas, courageusement depuis lors, des dispositions idoines, c’est-à-dire de trouver une solution radicale qui mettrait fin définitivement à cette pagaille, source de la tragédie que nous sommes en train de vivre. Oui, une tragédie provenant de nos routes et qui nous coûtent cher bêtement, des pertes incalculables en vies humaines et matérielles ?

En effet, les autorités sénégalaises, depuis Diouf, celui-là qui a démantelé et sacrifié la Régie des chemins du Sénégal au profit des ses camarades et amis transporteurs du Parti socialiste, et qui fut suivi, malheureusement par ses successeurs, qui ont manqué eux aussi d’intelligence, en ne corrigeant pas cette grave erreur. Par conséquent, ce sont en fait, et incontestablement nos gouvernants, les principaux responsables de toutes ces catastrophes qui nous arrivent par la route avec ces tombeaux ouverts (carcasses de véhicules circulant) de transports routiers.

Et, dans ma dernière contribution intitulée : « A qui la faute de ces nombreux et graves accidents mortels dans le pays ?[1] » j’ai voulu montrer, preuves à l’appui, à travers cet article, que la responsabilité de l’Etat est pleine et entière dans tout ce qui advient dans ce secteur incontrôlé des transports routiers. En effet, à cause du laisser-aller et laisser-faire, du laxisme impardonnable, de l’impunité des contrevenants du code de la route, comme tous les fraudeurs dans ce domaine, l’inobservation des véhicules de transport inaptes à la visite technique, l’état défectueux de certaines routes, etc. dont l’Etat a fait montre jusque-là, avec une irresponsabilité inégalable, pour un Etat qui se respecte. Il est indéniable qu’aujourd’hui, compte tenu de la situation qui prévaut dans ce domaine, une réforme profonde et sérieuse dans le transport routier s’impose immanquablement, et, elle est même absolument incontournable. Mais, pour procéder à cette réforme audacieuse, l’Etat doit nécessairement, s’armer de beaucoup de courage, ou mieux, de la témérité pour l’accomplir. Car, en vérité, ce secteur des transports en commun routier se trouve entre les mains de lobbies, pour qui, l’argent qu’ils gagnent vaut mieux pour eux, que les nombreuses pertes en vies humaines que le pays subit. (la raison de leur surnom de Juifs). Et, il s’ajoute à cela, des syndicalistes irresponsables qui usent de chantage pour refuser toute réforme dans ce secteur, réformes cependant les plus raisonnables et salutaires. Ainsi, dans ce cas spécifique, comme dans tant d’autres, l’Etat tergiverse et fuit ses responsabilités, face aux puissants transporteurs routiers et leurs syndicats, qui dictent, dans la présente situation, leurs lois criminelles au gouvernement.

Alors, compte tenu de l’importance capitale et du caractère sécuritaire et d’intérêt général de cette question de transport routier, ainsi que les catastrophes qu’elle occasionne, il va de soi, que sa solution l’est tout autant importante.  Par conséquent, la décision suprême et les mesures idoines pour la solutionner sont forcément régaliennes et ne peuvent relever, que de l’Etat. En vérité, il faut oser le dire clairement, haut et fort, que l’Etat craint, comme la paste, d’affronter les transporteurs. Et pourtant, ce sont bien eux qui s’opposent sournoisement, contre le retour normal des chemins de fer au Sénégal sur le plan national. Et les transporteurs routiers, par crainte de voir leurs privilèges supprimés, leurs profits exorbitants minorés, donc, subir par conséquent un manque à gagner considérable, ils font des pieds et des mains pour que la mort des chemins de fer au Sénégal soit définitive.

Mais, assurément, qu’on le veuille ou non, l’unique solution et la plus efficace, contre tous ces nombreux accidents mortels de la route, passe nécessairement, par le retour dans les plus brefs délais de la Régie des chemins de fer du Sénégal sur l’ensemble de l’étendue du territoire national. N’en déplaise à tous ces lobbies cupides qui s’y opposent, pour leurs intérêts particuliers.

L’absence des chemins de fer jusque-là au Sénégal est, une chose incroyable, impensable, voire de l’hérésie. Sa suppression est même, dans une large mesure, vraiment, un non sens économique et culturel. Soulignons, qu’au-delà de son important rôle économique, il y a celui sécuritaire, qui assure un transport normal en toute sécurité, la plupart du temps. D’ailleurs, voilà pourquoi, cette absence est injustifiable, dans un pays comme le Sénégal, où l’on prône par-dessus tout, l’émergence. Elle est aussi incompréhensible et incongrue, pour beaucoup d’économistes observateurs attentifs. Ainsi, il est anachronique, que ces gens, qui nous gouvernent depuis des décennies, ne puissent comprendre cela ou plutôt admettre logiquement, que la vraie solution, face à ces catastrophes récurrentes de la route, passe forcément par le retour intégral de la Régie des chemins de fer au Sénégal ou des rails, selon. C’est pourtant aussi simple, comme bonjour et facilement compréhensible, pour tout esprit doué de raison. Et, c’est le contraire qui est une aberration.

J’avais publié le 16/04/2015 une contribution relative justement à cette absence de chemins de fer modernes au Sénégal, en ce XXIe Siècle, intitulée : «En dehors d’un réseau ferroviaire moderne dans un pays, il est utopique d’y prétendre l’émergence économique[2] ! ». Naturellement, en parlant de chemins de fer, bien entendu, je n’entends nullement par là, ce Train Express Régional (TER), mais une Régie qui couvre largement tout le pays. Pour rappel, j’écrivais ceci : « Le rôle d’un réseau ferroviaire moderne dans une économie nationale est capital et incontournable à notre époque, surtout dans un pays où l’industrie est presque absente. »

Lorsqu’on observe bien nos routes avec leur état, par rapport aux différents gabarits de véhicules qui l’empruntent, on se rend parfaitement compte qu’elles sont inappropriées et n’ont pas été conçues pour les gros porteurs comme ceux maliens, qui transportent les hydrocarbures entre le Sénégal et le Mali par la route. Il est évident, que ce genre de marchandises ou produits, se transporte généralement par les rails, sinon, ces gros porteurs doivent emprunter des autoroutes conçues à cet effet et non, sur des routes où ils se mélangent avec tous en genres de véhicules, dont certains, sont en principe, propres à la casse, ou bien des voitures hippomobiles, etc. On ne peut, certes, nier l’importance des autoroutes lorsqu’il s’agit de rouler vite ou avec plus de fluidité. Mais, quand il s’agit d’utilité sociale et de rentabilité économique, c’est sans commune mesure avec les chemins de fer. Pour cette raison, en lieu et place de l’autoroute Ila Touba, il aurait mieux valu, c’est évident, économiquement, socialement et sécuritairement pour les populations, implanter un chemin de fer. Mais, l’Etat a t-il oublie que ce sont les mêmes conducteurs avec leur indiscipline caractérisée qui l’emprunteront et y circuleront ? Moralité. On le voit bien, on implante plus les infrastructures nationales, en tout cas routières, en fonction de leur utilité sociale ou rentabilité économique, mais pour faire plaisir, satisfaire des doléances privées ou le prestige du chef de l’Etat. Voilà pourquoi je soulignais dans le même article cité plus haut ce qui suit : « Il est démontré aujourd’hui dans le monde entier, que seuls les réseaux ferroviaires modernes peuvent satisfaire convenablement toutes les sortes de besoin en transport, qu’il s’agisse des produits agricoles, miniers, hydrocarbures, du bétail en grande quantité etc. Et tout cela est toujours transporté, en toute sécurité, jusque chez les consommateurs ou usines de transformation. Il est impensable, voire rare, de trouver aujourd’hui, un pays au monde, qui se respecte, sans disposer d’un réseau ferroviaire performant, moderne, confortable et très rapide. Par-dessus cela, le réseau dispose d’une grande capacité et d’un volume de transport voyageurs, ainsi que de toutes les autres formes de transport marchandises, allant des phosphates, minerais de fer, hydrocarbures, etc. Il offre en outre, plus de sécurité donc, de loin, moins d’accidents par rapport à la route et aux transports en commun routiers, qui ne cessent de tuer chaque jour.

Et, si par ailleurs le matériel roulant est bien entretenu, répond à la performance requise, est au diapason des progrès scientifiques et techniques actuels et se modernise constamment au fil du temps, il est certain que, dans ces conditions-là, la Régie offrira à ses voyageurs, tout le confort et le luxe nécessaires souhaités. »

Il faut noter par ailleurs, que certains secteurs vitaux d’activité qui jouent un rôle important de service public ne doivent pas être privatisés, aux fins d’assurer leur régularité et permanence. Et je le faisais remarquer ainsi dans l’article précité: « Les chemins de fer sont un service de transport public de premier ordre. Et, à ce titre, ils doivent relever exclusivement de la souveraineté de l’Etat. Ils doivent donc rester sous son contrôle strict, et être gérés dans les règles de l’art, avec une extrême rigueur et compétence à toute épreuve. Ceci pour des raisons bien simples, qui tiennent à son importance économique capitale et stratégique pour le développement d’un pays. Et également, pour la place centrale qu’ils doivent occuper dans le dispositif sécuritaire, d’assurer le transport des personnes et des marchandises en toute sécurité jusqu’à l’arrivée à bon port. Par ailleurs, comme tous les services publics tels que la Santé, l’école de la République, la sécurité publique, le transport public routier, à l’image de Dakar Dem Dik…, par conséquent, ils ne doivent en aucune façon, être entre les mains de privés, quels qu’ils soient. »

Mais, il ne faudrait point que l’on se voile aussi la face. Pour régler cette question épineuse, comme d’autres d’ailleurs, tels que la délinquance, le grand banditisme, la corruption, l’indiscipline caractérisée, l’incivisme et tous ces méfaits en général, l’Etat est tenu de faire face aux contrevenants, frontalement, avec vigueur et rigueur, en s’appuyant sur la force de loi. Cela va de soi et l’Etat devrait être le premier à le comprendre. Rappelons le bien au passage, que l’on ne lutte pas contre des délinquants dangereux et puissants, ou un mal, surtout pernicieux, avec simplement des paroles ou discours, fussent-ils les plus virulents. Il faut plutôt et nécessairement, prendre courageusement des mesures draconiennes concrètes, accompagnées d’une rigueur implacable. Car, les gens avec qui l’Etat a à faire, ne sont pas des enfants de cœur. Et la situation, relative à ces graves accidents, s’empire chaque jour davantage et devient insupportable et extrêmement grave.

Enfin, nous pensons utile de faire ce rappel historique, qui milite aussi amplement en faveur du retour de la Régie des chemins de fer sur l’ensemble de l’étendue  du territoire national. Oui, parce qu’elle avait effectivement contribué à désenclaver certaines localités et favoriser l’intégration nationale des populations, par la libre et facile circulation des marchandises et des personnes en toute sécurité. En effet, il est incontestable que la Régie des chemins de fer a joué historiquement un rôle très important dans la marche de notre pays, tant pendant la colonisation que durant les premières années de notre indépendance. Elle a beaucoup contribué au développement économique, social et culturel du pays, nonobstant à l’emploi d’une abondante main d’œuvre, qu’elle faisait nourrir avec leurs familles. Et, c’est bien davantage encore aujourd’hui, qu’elle pourrait encore contribuer à la réduction du chômage chronique chez nous, surtout au niveau des jeunes. Là où, nos transporteurs n’emploient que le minimum nécessaire de travailleurs. Et encore, ceci non dans les règles de l’art ni au respect du code et de la législation du travail. Par ailleurs, comme moyen de transport public sécurisant, la Régie offre, sans commune mesure, au-delà de la sécurité, des prix abordables, ainsi qu’une facilité de la circulation correcte et régulière des personnes et des marchandises à travers son réseau. Un réseau implanté sur ses voies ferrées excentrées par rapport aux agglomérations, par mesure de sécurité. Elle avait relativement, contribué également, au rapprochement des localités distantes, les unes par rapport aux autres.

Est-il besoin de rappeler aussi, que l’axe Dakar Bamako, qui fut relié par le chemin de fer avec un train express, a beaucoup servi économiquement et socialement, même pendant la brouille entre les deux pays. Et, jusqu’à présent, malgré le nombre important des gros porteurs routiers maliens et sénégalais en circulation, ils n’arrivent pas encore à suppléer le chemin de fer, tant en capacité qu’en volume de transport en toute sécurité.

Vivement, le retour de la Régie des chemins de fer du Sénégal, modernisée et dans les meilleurs délais.

Mandiaye Gaye

[1] http://www.lequotidien.sn/a-qui-la-faute-de-ces-nombreux-et-graves-accidents-mortels-dans-le-pays/

[2] http://www.dakaractu.com/En-dehors-d-un-reseau-ferroviaire-moderne-dans-un-pays-il-est-utopique-d-y-pretendre-l-emergence-economique-_a88199.html

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