Politiques publiques de RSE et transformation structurelle de la RDC


« Enjeux de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) dans le contexte congolais » tel est le thème de notre intervention lors du forum sur la RSE organisé le 19 et 20 juin à Kinshasa par le Ministère du Commerce et de l’Industrie de la République Démocratique du Congo (RDC) et la Chambre du Commerce, de l’Industrie, des Métiers et de l’Artisanat (CCIM-RDC).

La RDC est un pays immense (deuxième territoire le plus vaste d’Afrique après l’Algérie) confrontée encore aujourd’hui à une carence de reconnaissance malgré ses performances.

D’après les dernières perspectives économiques du Fonds Monétaire International (FMI) publiées ce mois, le pays a affiché en 2013 un Produit Intérieur Brut (PIB) réel de 8,5 %. C’est la deuxième meilleure performance de l’Afrique derrière l’Ethiopie et devant la Côte d’Ivoire avec des PIB respectifs de 9,7 % et 8,1 %. Et l’avenir est promoteur.

Selon les prévisions du FMI avec un PIB de 8,7 % la RDC occupera cette année la première place en Afrique devant le Mozambique 8,3 %, la Côte d’Ivoire 8,2 % et la République du Congo 8,1 %.

Elle gardera cette position l’année prochaine. Avec un PIB de 8,5 % attendu en 2015 la RDC sera la seule économie africaine à franchir la barre des 8 % devant le Mozambique 7,9 %, la Côte d’Ivoire 7,7 % et l’Ethiopie 7,5 %.

Ces performances économiques exceptionnelles ne méritent-elles pas une reconnaissance et une communication positive dans les médias ?

Pour cela, analystes et journalistes devraient regarder la RDC avec d’autres lunettes que celles d’un pays confronté aux luttes pour ses immenses ressources à la source des conflits.

Après la tectonique des plaques, il est vrai que le pays est un scandale géologique : 1 100 substances minérales, 30 % des réserves mondiales de diamant, 75 % de tantale et 60 % de cobalt.

Les industries minières sont donc particulièrement interpellées par la RSE. L’implémentation de stratégie RSE ambitieuse dans le secteur minier (88 % des recettes d’exportation du pays en 2012) est indispensable pour la mutation de l’économie de la RDC. Mais pour avoir une vision claire des enjeux de la RSE dans l’optique de sa transformation structurelle, la sortie de la mine est parfois indispensable pour une meilleure vue des opportunités des autres secteurs d’activités.

Comme le rappelle les dernières perspectives économiques en Afrique publiées par la Banque Africaine de Développement, le Cendre de Développement de l’OCDE, la Commission Economique pour l’Afrique, le Programme des Nations Unies pour le Développement ainsi qu’un réseau de think tanks et de centres de recherche africains « l’agriculture et le secteur minier sont les principaux moteurs de l’activité économique depuis 1960. Ces deux secteurs ont toujours représenté environ 50 % du PIB. En 2012, l’agriculture représente 40 % du PIB et les industries extractives, 12 %. Environ 70 % de la population vit en milieu rural et dépend de ces activités. »

Quels sont donc les enjeux, les secteurs d’activités et la stratégie pour positionner la RSE comme la locomotive de la transformation structurelle de la RDC ?

Quelques éléments de réflexion seront proposés lors du forum du 19 et 20 juin à l’hôtel Memling de Kinshasa.

Plusieurs intervenants nationaux et internationaux de haut niveau apporteront également leur expertise sur les questions centrales de la RSE en RDC.

On peut noter citer l’utilisation du guide référence ISO 26 000 en Afrique, les opportunités de la valorisation des déchets, le dialogue parties prenantes pour passer de la confrontation à la concertation, les relations et conditions de travail, l’intérêt de la normalisation pour les artisans, les droits de l’Homme et la bonne gouvernance, le développement local et la promotion de l’investissement socialement responsable.

Politiques publiques de RSE, informel, protection sociale et emploi des jeunes

Avec plus de 77 millions d’habitants, la RDC est parmi les pays les plus peuplés d’Afrique. Cependant près de 50 % de la population est au chômage.

La situation professionnelle des jeunes urbains de 15-24 ans est encore plus critique. Plus de 70 % d’entre eux sont au chômage ou dans l’emploi informel.

Moins de 100 étudiants sur les 9 000 sortis chaque année des universités congolaises trouvent du travail.

Pour l’absorption des primo demandeurs d’emplois, la Banque Mondiale mentionne la nécessité d’une création annuelle de 2 à 4 millions d’emplois.

D’après le Document de la Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSCRP 2), le gouvernement affiche un objectif ambitieux de création de 900 000 nouveaux emplois pour les jeunes chaque année.

Pour l’amélioration de la protection sociale des travailleurs, les entreprises doivent désormais reverser 8,5 % des salaires à l’Institut National de Préparation Professionnelle (INPP) et s’affilier obligatoirement à l’Institut National de Sécurité Sociale (INSS)

Face à ces immenses défis de l’emploi des jeunes, de l’informel et de la protection sociale, nous apporterons un éclairage sur la contribution des politiques publiques ambitieuses de RSE dans le contexte de la RDC.

Thierry Téné, Directeur de l’Institut Afrique RSE


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