Dakar, les flammes de la défaillance


PapeOusmaneGueyeAvec une superficie de seulement 550 km², soit 0,28 % du territoire national, Dakar supporte près du  quart de la population totale du pays. L’anarchie dans les normes de construction et l’urbanisation sauvage augmentent considérablement les risques de perte de vie lors d’une catastrophe. La zone de Thiaroye qui est est un mixte d’habitat et d’usine y est particulièrement exposée avec une densité supérieure à 4000 habitants au km²  .

Dans la nuit du 8 au 9 Octobre une usine de fabrication de matelas a vu ses locaux dévastés par les flammes, les services de sécurité civile appelés sur les lieux auraient pu limiter les dégâts si seulement ils étaient arrivés avec de l’eau dans leur camion-citerne, malheureusement cela n’a pas été le cas: une vraie catastrophe! Il parait que l’eau de la ville était coupée dans la zone ce qui a permis aux flammes de finir leur travail dévastateur. Ces flammes sont celles de la défaillance d’un système, d’un état mal préparé, comme nous l’avions dit lors de la récente pénurie d’eau.

Les matelas mousses vendus sur le marché sont faits de mousse polyuréthane qui, en combustion dégage des gaz mortels tels que le cyanure d’hydrogène et le monoxyde de carbone. Un stock important de matelas mousse ayant pris feu, ces nuages de fumées mortels ont été inévitablement distillés dans les habitations alentours exposant ces habitants au danger.

Le risque sur la santé pour les habitations alentours est énorme. Il est impératif que devant l’urbanisation sans cesse croissante de nos villes que nous anticipions sur les catastrophes pouvant survenir résultant de la négligence humaine ou des forces de la nature.

Le Think tank Ipode lance de nouveau une alerte pour attirer l’attention du gouvernement sur les risques liés à l’absence d’une politique de sécurité civile appropriée face aux dangers auxquels les populations peuvent être confrontées. L’état doit prendre en charge ces questions de sécurité civile de façon proactive e efficace. Car nous devons pas nous permettre de laisser survenir des catastrophes que nous pouvons éviter. Nous devons prendre en compte ces risques et développer non seulement des capacités de prévision et de connaissance, mais également des services avec de réelles capacités de réaction.D’autant plus que la géopolitique de la sous-région a changé avec les risques d’attentat lié à Aqmi qui cherche à atteindre les intérêts français même si le Sénégal y a échappé jusque-là. Les changements climatiques ressentis un peu partout sur le globe, le risque de tsunami dans l’atlantique ne nous épargneront pas et ne devraient pas être négligés. Les stations d’essence au milieu des habitations, ainsi que les dépôts de gaz butane sont des questions qu’il faudra bien prendre en compte.

Cependant la léthargie déjà noté au sein des services de protection civile lors de la pénurie d’eau n’est pas un signe d’un état fort capable de prendre en charge les types de menace auxquels nous pouvons être confrontés. Et nous nous désolons de tous ces signaux qui caractérise cette léthargie. Car la sécurité doit faire face aux risques naturels, aux risques liés à la guerre et à ceux liés à l’activité humaine « normale ». Et au delà des sapeurs pompiers, des hôpitaux, des associations de bénévoles entre secourisme, aide humanitaire et aide sociale dont nous disposons la sécurité civile qui es par essence inter-ministérielle devrait aussi comprendre :

  • un réseau de surveillance de calamités ou d’accidents identifiés, par exemple épidémies, montée des eaux (cas de la ville de Saint Louis), accident de chemin de fer ou d’avion, accidents de la route ou carambolage, pollution, risque radiologique, accident chimique, séisme,etc.
  • des plans d’action en cas de catastrophe avec une gestion de la monté en puissance du dispositif : évaluation de la situation, renforts par exemple de l’armée et des associations, sirènes pour prévenir la population, radio du service public pour maintenir informées les populations.
  • la grandeur inter-ministérielle de la sécurité civile qui, par ailleurs n’est pas ressentie dans les cas de crise et dans la gestion des catastrophes…

Et sur ces derniers points constituant un bon dispositif de sécurité nous condamnons clairement nos autorités étatiques de leur manque d’efficacité manifeste. Il faudra y remédier et nous rassurer

Papa Ousmane Gueye Pour le Think tank Ipode.


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