Échec des « politiques »: nous en appelons à plus de lucidité pour un Sénégal serein

By in Actualités on mai 27, 2013

Les récents événements de notre vie politique sont très riches en émotion et en contre vérités ou mal information. Certains choisissent tant bien que mal le silence sur la gestion du temps médiatique imposé par des logiques divergentes. Je pense qu’on peut garder le silence devant cette illisibilité  car il y a des moments mieux vaut  se boucher le nez et les oreilles si on le peut ! Tellement le débat est au niveau des caniveaux. De l’affaire de sortie du territoire de Mr Sarr, à l’audition de Mme Gaye, en passant par les marches tout azimuts du PDS avec leurs répliques Apristes , sans oublier l’affaire de Melle Tall à L’UNESCO, du mouvement « apolitique » de Cissé Lo, du traitement politique du zig zag du Rewmi ou du rapport de Amnesty Sénégal  accablant à tort notre pays etc…. Il y’a de quoi avoir le tournis.

Les sujets et préoccupations que nous imposent la classe politique et ses leaders nous forcent à nous boucher le nez pour un moment, même s’il y a beaucoup de choses à dire et à redire sur tous ces événements. Car tous les matins un scandale, une actualité sensationnelle ou une erreur… en chasse un autre dans les médias… 

Le pays vit des soubresauts. Entre la volonté affichée de déstabilisation par les opposants et un manque de doigté du pouvoir en place on s’y perd en conjecture.

Cette situation est néanmoins un classique, dans une démocratie où on fait partir du pouvoir une classe dirigeante violente revancharde  et menacée par la traque des biens mal acquis comme le PDS qui en plus a gardé tout son pouvoir de nuisance. Pour la faire remplacer par un pouvoir qui a du mal a trouver ses marques et son autorité. En France Hollande en fait les frais, la droite n’a jamais trouvé la gauche légitime au pouvoir dans ce grand pays démocratique. Aux Etats unis l’entrée en matière de Obama fut difficile avec un bilan de première mandature très discuté. Dans le cas de notre pays, tout ceci tient à une erreur congénitale, liée au processus de composition de la majorité hétéroclite dirigeante. Et plus grave encore le président et ses alliés l’ont fait sur une base politique « peu claire ». Il n’aurait pas fallu arrêter de faire de la Politique après les présidentielles ! C’était juste le moment où ils devaient  commencer à en faire.

Nous payons alors en partie le prix du compromis des législatives et d’un consensus « secret » entre états majors politiques si ce n’est qu’entre leaders politiques d’ailleurs. Ces leaders se sont substitués à leurs appareils et ont scellé des accords dont on ne sait ni le contenu ni les compromis et si une chose risque de perdre cette majorité, c’est bien cette démarche qui est d’un autre temps et que les républicains ont fustigé tous !

 
Cet imbroglio que nous vivons, nous en avons alors pour quelques mois encore. Espérons seulement que l’essentiel sera sauvé par la volonté du chef de l’état. Je pense tout de suite à la réforme des institutions qui devrait être un moment fort de réflexion et de consensus dans notre pays, si le Président de la République mène la concertation de façon ouverte et courageuse. D’autres enjeux s’en suivront bien évidemment et qui auront plus d’importance dans la vie de la nation que toutes ces manoeuvres qui voudraient qu’on se désolidarise du Président élu qu’on a plébiscité il y’a moins de deux ans à 65%.
Gardons leur toute notre solidarité et tout notre soutien, en gardant bien évidemment notre liberté de ton et de critique ! Je suis persuadé qu’entre Abdoulaye Wade et Macky Sall nous gagnons au change. Par nos alertes et critiques essayons de leur éviter des scandales et dérives dont nous ne pourrions nous accommoder.Le pays tangue et plus que jamais la lucidité devrait être de mise, au lieu de réagir au sensationnel et à l’événement au gré des publications médiatiques, j’invite à prendre du recul et à juger la majorité qui gouverne sur l’essentiel et sur les orientations majeures qu’ils prendront comme option: suppression du Sénat, instauration prochaine du quinquennat, non cumul des mandats avec une matrice d’incompatibilité des postes prenant en compte les conflits d’intérêt, auto saisine de l’Ofnac, indépendance et moyens financiers accrus pour la cour des comptes, et tant d’autres sujets qui relèvent d’une volonté politique à soutenir et à encourager. Pour le reste, le droit et la légalité s’en occuperont.
 
Mohamed Ly Président think tank Ipode
site: thinktank-ipode.org
twitter: @ly_mohamed

Laisser un commentaire