Une définition de think tank (inspiré de Jean François Hugues)

By in Actualités on février 4, 2013

Chers amis,

Il m’a été demandé de définir le concept de think tank. Pour se faire je m’inspirerai volontiers de la définition de Jean François Hugues que je trouve très claire et complète (ce texte est adapté pour en donner une portée pédagogique):

Les think tanks sont des réservoirs à idée et  sources d’influence, en principe ils sont indépendants et parfois de véritables créateurs d’opinion en politique, typiques de nos sociétés, marquées par l’influence. On en compte plus de 2.000 aux USA (un tiers du total mondial) et une centaine en France qui sont plus des clubs de réflexion et d’influence.

Un think tank, littéralement «réservoir de pensée», est une organisation, en principe de droit privé, indépendante, réunissant des experts, vouée à la recherche  d’idées ou solutions politiques nouvelles, et cherchant à peser sur les affaires publiques. L’expression provient du vocabulaire militaire. Le think tank était une sorte de bunker où l’état-major faisait ses plans.

La plupart des définitions des think tanks soulignent qu’ils fournissent des solutions relatives au bien commun, sans participer directement au pouvoir politique ni tenter de le conquérir. Leur fonction est donc d’inspiration et d’influence. Ces organisations ne sont, en principe, efficaces et puissantes que par leur séduction intellectuelle  et par la pertinence de leurs analyses. Même si on sait qu’en pratique qu’elles sont souvent des réseaux d’influence.

S’ajoutent d’autres critères touchant la fonction d’innovation à l’égard des intérêts privés ou publics, au financement (par exemple aux USA, les think tanks bénéficient d’un article du code fiscal, ce qui permet plus facilement de les identifier)…  A noter que la recherche au sein d’un think tank a une fin qui n’est ni universitaire ni d’enseignement.

Dans la pratique, il y a deux écoles :

– les uns baptisent généreusement « think tank » tout cercle de réflexion, même dépourvu de chercheurs permanents, pourvu qu’il propose des analyses ou des suggestions d’ordre stratégique, politique ou économique. Comme le terme est prestigieux et un peu mystérieux beaucoup d’organismes plus proches du cabinet de consultant, de la cellule de brainstorming ou du club philosophico-politique  (quand ce n’est le fan club d’un candidat aux élections de son parti) aiment à s’en parer.

– les autres, les puristes, réservent cette dénomination à des organisations dotées d’une certaine surface, d’un certain personnel, d’une certaine indépendance et produisant des publications de haute facture, des interventions dans le débat des idées, et des consultations à l’endroit des décideurs.

Nous aspirons à être reconnu par la deuxième école.

Mohamed LY

Président de Ipode


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