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	<title>Politique Economique de l’Etat du Sénégal &#8211; IPODE &#8211; Think Tank Panafricain</title>
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	<description>Think Tank progressiste, indépendant et panafricain</description>
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		<title>La « crise du marché du sucre » au Sénégal</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jan 2014 20:37:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[La Compagnie Sucrière du Sénégal (CSS), créée en 1972, a été dotée de 17 000 hectares (ha) à aménager pour produire du sucre de canne afin de couvrir les besoins du pays. A cet effet, le « Casier Rizicole » de Richard Toll de 6000 ha, qui était destiné à produire du riz ...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" class="alignleft size-full wp-image-1824" alt="L'USINE-AVEC-LE-CONDITIONNEMENT-DU-SUCRE-EN-MORCEAUX" src="https://i0.wp.com/thinktank-ipode.org/wp-content/uploads/2014/01/LUSINE-AVEC-LE-CONDITIONNEMENT-DU-SUCRE-EN-MORCEAUX.png?resize=300%2C225&#038;ssl=1" width="300" height="225" />La Compagnie Sucrière du Sénégal (CSS), créée en 1972, a été dotée de 17 000 hectares (ha) à aménager pour produire du sucre de canne afin de couvrir les besoins du pays.</p>
<p><span id="more-1796"></span></p>
<p>A cet effet, le « Casier Rizicole » de Richard Toll de 6000 ha, qui était destiné à produire du riz pour réduire notre dépendance à l’importation de ce produit, lui a été cédé afin de lui permettre de minimiser ses coûts d’aménagement, d’installation et de production.</p>
<p>Il lui a été aussi garanti le monopôle de l’importation du sucre avec, comme clause, qu’elle la remplace, progressivement, par sa production locale.</p>
<p>Il se trouve que jusqu’à nos jours, soit plus de 30 ans après, la CSS n’a aménagé que 10.000 ha. Elle bloque sa production locale de sucre de canne à environ 80.00 tonnes(t) et importe le reliquat de la demande en sucre du marché sénégalais, estimée à 150.000 t par an.<br />
C’est ainsi qu’elle a produit de Janvier à Mai, (sa période de production), selon « Repères Statistiques » de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), 80.200t en 2010, 75.000t en 2011, 74.400t en 2012, et 73.200t en 2013 !</p>
<p>Ce qui lui a permis de régulièrement importer du « sucre roux » à raffiner en « sucre blanc » sous forme de « morceaux » et de « poudre » pour satisfaire la demande nationale. La CSS s’était tellement complu dans cette situation de rente, qu’elle fut soupçonnée même de « frauder » , en important du « sucre blanc » pour le vendre directement dans le marché sénégalais, comme l’avait révélé le scandale du « sucre roux d’aspect blanchâtre » qui avait valu au Groupe SUD un retentissant procès que la Compagnie sucrière lui avait intenté…<br />
C’est contre cette situation de rente- qui fait de l’Industriel un importateur de « produits finis » &#8211; que les Commerçants Sénégalais, regroupés au sein de l’UNACOIS, se sont soulevés depuis le « Programme d’Urgence » de 1992. Pourtant, ce n’est que récemment, avec le Gouvernement du Président Macky Sall, sous la conduite de l’ancien Premier Ministre Abdoul Mbaye, que la décision a été prise, en pleine « crise du sucre » entre la CSS et l’UNACOIS en Juin 2012, d’exclure celle-ci de l’importation du sucre blanc pour qu’elle se consacre exclusivement à sa fonction de production pour satisfaire le marché sénégalais.</p>
<p>Ainsi, et dans ce cadre, le Journal SUD Quotidien du 25 Juin 2012 relate l’accord, intervenu entre le Gouvernement, la CSS et les Commerçants, accord permettant l’importation de 55000t de sucre pour combler le gap entre l’offre de la CSS et la demande nationale, répartie entre la CSS pour 30.000t et les Commerçants pour 25000t.<br />
Il était clairement indiqué que pour 2013, la CSS ne devait plus importer du sucre, en contre partie de quoi aucune importation ne serait autorisée avant épuisement de la production de cette même CSS.<br />
Tous se souviennent de ce que cet accord a produit en matière de « cabales » dans la Presse contre l’Ancien Premier Ministre Abdoul Mbaye, dont le départ, quelques mois plus tard de la Primature, a été souvent lié à cet épisode.<br />
En clair, nombre de Sénégalais ont pensé qu’il avait payé par son départ, pour avoir eu l’audace de mettre fin à la situation de rente dont jouissait la CSS jusque là…</p>
<p>Il n’est pas inutile de rappeler que pour faire face aux contraintes de cet accord qui l’oblige à respecter ses engagements historiques de produire du sucre pour satisfaire la demande du marché sénégalais, la CSS avait exhibé un Projet dénommé « KT 150 » pour produire 150000 t par an, avec un investissement de 90 milliards !<br />
Dans la foulée, elle avait demandé l’octroi de 4000 nouveaux ha dans la Communauté rurale de MBane, dont la superficie totale est de 190.000 ha, dont 100.000ha aménageables. Une surface aménageable qui a été déjà l’objet d’attribution de 232.000 ha à des personnes physiques et morales !</p>
<p>L’on se souvient que selon le « Mémorandum » du Président de la Communauté rurale de MBane de l’époque, sur ces 232.000 ha, 200.000 furent attribués entre 2008 et 2009, en plein essor de la GOANA et du PLAN REVA!<br />
Voilà donc la CSS qui réclame 4000ha dans cette localité, tout en étant, jusqu’ici, incapable d’aménager les 7000 ha qui lui restent encore de sa dotation initiale de 17.000 ha.<br />
Ainsi, avec cette demande de 4000 ha à MBane, le prétexte d’un « obstacle foncier » pour la réalisation du Projet « KT 150 » est vite trouvé, afin de permettre à la CSS de continuer à bloquer sa production à 73.200t de 2013, et d’exiger l’arrêt des importations « en évoquant l’accumulation d’un stock de sa production de sucre invendu de 20.000t »!</p>
<p>Ce qui est le plus étonnant dans cette exigence, c’est le fait qu’en 2011, malgré la baisse, par rapport à 2010, de sa production qui est passée de 80.200t à 75.700t et une hausse spectaculaire des importations qui sont passées, selon le « Le Bulletin du Commerce Extérieur » de l’ANSD, de 105.372t à 124.056t, la CSS n’avait pas crié au « risque de faillite » dû à l’importation, du seul fait qu’elle ne subissait pas, dans l’importation, une concurrence significative des Commerçants !<br />
Cette situation s’était traduite par une hausse des prix du « sucre en moreaux » de 725 Frs en 2010 CFA à 773 Frs CFA le kilogramme en 2011, et du « sucre en poudre » de 603 Frs CFA à 714 Frs CFA !<br />
Cependant et contradictoirement elle n’a pas hésité à agiter le spectre de la « faillite » et de « menace sur l’emploi » dès 2012, malgré une baisse de sa production à 74.400t, avec une baisse concomitante des importations à 96.817t, du seul fait de l’entrée massive des Commerçants dans l’importation du sucre que le Gouvernement de Abdoul Mbaye avait autorisée, pour agir sur les prix à la consommation et les faire baisser !<br />
De sorte que les prix du sucre à la consommation dans l’Agglomération de Dakar sont passés, pour le « sucre en morceaux » (qui est resté le monopôle de la CSS) de 773 Frs CFA le Kilogramme en 2011 à 820 Frs CFA en 2012, tandis que pour le « sucre en poudre », où se livre une forte concurrence entre la CSS et les Commerçants, les prix ont baissé de 714 Frs CFA à 672 Frs CFA, car bénéficiant de la baisse des cours mondiaux du sucre qui sont passés de 28 Cents la Livre en 2011, à 22,6 Cents en 2012!</p>
<p>L’intervention des Commerçants dans l’importation du sucre en 2013 a continué à pousser à la baisse le prix du « sucre en poudre » sur le marché local, qui est passé de 672 Frs CFA, à 636 Frs CFA, répercutant ainsi la baisse des cours du sucre qui sont passés de 22,6 Cents en 2012 à 17,5 Cents en 2013, alors que le « sucre en morceaux » restait quasiment au niveau de 2012 en passant de 820 à 821 Frs CFA !<br />
Ainsi, que les importations augmentent comme en 2011, ou baissent, comme en 2012, ou qu’elles remontent comme en 2013, cela n’empêche pas la CSS de baisser sa production, pour profiter de la baisse tendancielle des cours du sucre, pour pouvoir importer le maximum possible.<br />
C’est cette stratégie qui lui a permis de hausser les prix intérieurs du sucre entre 2010 et 2011, et qui est, depuis 2012, contrée par l’entrée significative des commerçants dans l’importation du sucre, qui a entraîné à la baisse les prix intérieurs du segment de marché du « sucre en poudre ».<br />
C’est donc cette « intrusion » qui casse la situation de rente dont elle a toujours joui qui a poussé la CSS à menacer de « faillite » et de « perte massive » d’emplois.<br />
Il est donc temps de mettre fin à cette stratégie de la CSS qui use de « menaces sur l’emploi » comme moyen de chantage, afin de préserver cette « situation de rente ».<br />
A cet effet, le Gouvernement du Sénégal dispose de moyens juridiques appropriés pour enrayer ce « chantage récurent » d’un autre âge.</p>
<p>Il lui suffit de « porter plainte devant les juridictions nationales, contre la CSS, pour « manœuvres de faillite frauduleuse » et pour « exercice d’un chantage à l’emploi » sur l’Etat, à des fins de préservation d’une situation de rente, que rien, économiquement et socialement, ne justifie plus.<br />
Cette plainte devrait être accompagnée d’une demande de « mise sous administration provisoire » de la CSS, et de « mise sous séquestre » des « biens du PCA et du DG » de l’entreprise, en attendant que la Justice vide le Contentieux qui l’oppose à l’Etat.</p>
<p>Ces deux mesures d’accompagnement de la plainte de l’Etat vont préserver aussi bien ses intérêts que les emplois que cette entreprise utilise comme « monnaie de singe à échanger contre le maintien de sa situation de rente » !<br />
Le Chef de l’Etat qui disait, fort opportunément, en s’adressant à l’Armée nationale et au peuple, lorsqu’ il rendait hommage à nos deux soldats tués à Kidal, au Mali, que le « Sénégal sera toujours debout », ne devrait donc pas perdre de vue, qu’il devrait aussi le rester au plan économique et financier, en combattant sans états d’âme, le « chantage » que des « intérêts privés » exercent sur l’Etat, à des fins de préservation de privilèges indus.<br />
Par rapport à ce défi lancé par la CSS et qu’il faut relever, les Centrales syndicales présentes dans cette entreprise, les Républicains et Démocrates de ce pays, qu’ils soient au pouvoir, dans l’opposition ou de la Société civile, sont interpelés au premier chef. Ils doivent soutenir pareille action judiciaire de l’Etat, afin de restaurer toute son autorité, face aux pouvoirs d’argent et de leurs affidés dans la Presse, qui piétinent quotidiennement, par le chantage, l’honorabilité du Sénégal. Telle est ma conviction</p>
<p>Ibrahima Sène</p>
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		<title>L’analyse de la Politique Economique de l’Etat du Sénégal</title>
		<link>https://thinktank-ipode.org/2013/12/11/lanalyse-de-la-politique-economique-de-letat-du-senegal-a-la-fondation-rosa-luxembourg/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Dec 2013 13:09:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[La Politique économique du Sénégal s’inscrit  dans un modèle de développement inspiré par les Institutions de Bretton Woods,  qui s’articule autour de la promotion des exportations, la privatisation en faveur des grandes Entreprises étrangères (Partenaire stratégique),  et de l’Agrobusiness,  et d’un « climat des affaires » attractif, pour créer les conditions d’une bonne attraction de  l’IDE.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La Politique économique du Sénégal est définie à partir de notre <b>ancrage dans la Zone Euro</b>, qui perpétue la Zone Franc, comme en atteste une Etude de la DPEE intitulée : « Différentiel d’inflation dans une Union Monétaire : le cas de l’UEMOA » publiée en Août 2010.</p>
<p><span id="more-1528"></span></p>
<p>Selon la  DPEE : « <b>l’ancra</b><b>ge à la zone Euro qui a un taux d’inflation bas et un niveau de développement plus élevé,  n’est pas de nature à stimuler la croissance économique de l’UEMOA </b>» ?</p>
<p>Elle fonde ce constat sur ce qui suit : « <b>En réalité, l’écart entre la zone Euro et les pays de l’UEMOA est tellement important, qu’il est impossible qu’un processus concurrentiel se crée entre les deux systèmes productifs. Le schéma actuel veut que l’UE vende aux pays de l’UEMOA des biens à contenu de travail qualifié, tandis que ceux-ci lui fournissent des biens primaires ou de première transformation ».</b></p>
<p>Cette situation risque  d’empirer pour nos Etats, si l’UE parvient à nous imposer la signature des APE.</p>
<p>Et le FMI lui-même de noter, dans son rapport de Juin 2010 sur l’ « Evaluation du Programme ‘’Instrument de Soutien à la Politique Economique ‘’ (ISPE) », que <b>«  depuis 2004, le Sénégal connaît un ralentissement plus marqué de la croissance dans l’Union Economique et Monétaire Ouest Africain (UEMOA),  et un déficit budgétaire plus prononcé, malgré des ressources publiques sur PIB plus élevées » </b>!</p>
<p>Ce n’est donc pas <b>nos maigres performances</b> dans la croissance économique, qui expliquent le <b>haut niveau relatif</b> de nos recettes publiques, de même que la cause de notre <b>plus grand déficit budgétaire </b>au sein de l’UEMOA  n’est pas due  à une  <b>faiblesse</b>  relative des recettes publiques au sein de cette Union.</p>
<p>En fait, il est aujourd’hui établi, que nos maigres performances en termes de croissance économique sont consécutives à notre appartenance à la Zone Euro, à la mauvaise gestion des finances publiques  qui engendre de lourds déficits, au poids exorbitant de la fiscalité sur les coûts de production  et la consommation des ménages.</p>
<p>Notre handicap dans la zone Euro vient d’être illustré par un rapport de la Banque mondiale cité par le Directeur du Laboratoire de Recherches Economiques et Monétaires (LAREM) qui établit, <b>que le taux de croissance moyen de l’Afrique Francophone de 2000 à 2009 est de 3,2% contre 6,2% pour les pays d’Afrique anglophone moins l’Afrique du SUD, tandis que le PIB moyen est de 9%  de celui de l’Afrique Subsaharienne, contre 47%  pour les pays anglophones moins l’Afrique du SUD !</b></p>
<p>Ce handicap que nous partageons avec les pays de la zone franc est aggravé  par notre  taux élevé de pression fiscale (<b>19%</b> contre un plafond de <b>17%</b> qui  repose, surtout,  sur la fiscalité intérieure (Taxes et TVA) qui constituent, en moyenne <b>63%</b>  des recettes fiscales totales en 2008 et 2009, alors que la norme UEMOA  est fixée à <b>55 % !</b>.</p>
<p><b>Ainsi, le renchérissement du coût de la vie  et de la production intérieure, par cette politique  de recettes  fiscales, met le peuple sénégalais en contradiction avec l’Etat, </b>alors qu’en Europe, ce sont les politiques de<b> réduction des dépenses publiques pour résoudre leur grave crise de déficit budgétaire,</b>  qui mettent  leurs Etats en contradiction avec leurs peuples.</p>
<p>En effet, le déficit budgétaire est passé de <b>163 milliards </b>en 2007, pour  en 2008, s’établir à <b>273,6 milliards</b>, et à <b>286,1milliards</b> en 2009,  en pleine crise de «  Dépenses extra budgétaires ». La deuxième Loi De Finances Rectificatives, pour l’année 2010, que le Parlement vient d’adopter, a projeté ce déficit à <b>306 milliards</b>  pour 2010, mais en fin novembre, il a déjà atteint <b>320 milliards</b> !</p>
<p>Ces déficits  budgétaires sont engendrés  par une option de Dépenses publiques volontariste, qui, selon les conclusions de l’Etude de l’ANSD sur les « <b>Déterminants de l’investissement au Sénégal »</b> (Août 2008) peuvent « <b>entraîner des effets cumulatifs importants qui ne reflètent plus que le résultat de l’auto développement de la Bureaucratie »</b>.</p>
<p>Ainsi, paradoxalement, cette politique volontariste de Dépenses publiques grâce au niveau relativement élevé  des  recettes fiscales,  et qui s’accompagne de lourds déficits budgétaires, n’a pas entraîné la croissance économique, comme une politique économique keynésienne l’aurait produit, mais a engendré un processus d’auto développement de la Bureaucratie !</p>
<p>C’est ainsi que, par la gestion du Budget, des marchés publics, la privatisation des Entreprises publiques,  la dilapidation de celles non encore privatisées, et  la spéculation foncière et immobilière, Wade s’est  construit sa « <b>nouvelle classe sociale</b> », qu’il a substituée à la « <b>Bourgeoisie Bureaucratique</b> »  sociale démocrate qui a dirigé le pays 40 ans durant.</p>
<p>Cette politique économique a amorcé le développement du Capitalisme dans le monde rural sénégalais avec  son lot de prolétarisation et de paupérisation  qui, désormais, caractérise nos campagnes.</p>
<p>En effet, les prolétaires ruraux constitués « d’ouvriers et d’employés sans qualification »,  et  les masses paupérisées « vivant en dessous du seuil de pauvreté », ont été bien identifiés à partir de documents officiels de l’Etat Sénégalais.</p>
<p>C’est ainsi que la catégorie sociale d’ <b>« ouvriers et d’employés sans qualification</b> » est passée de <b>9,7%</b> de la population rurale en 1994-95 selon  «  <b>l’Enquête Sénégalaise Auprès des Ménages </b>» (ESAM I),  à <b>11,8%</b> en  2005-06 selon ESAM II.</p>
<p>Pour les ménages ruraux, en 2005-06, les <b>« ouvriers et employés non qualifiées</b> » constituaient  <b>13,3%</b> de l’effectif.</p>
<p>Par rapport à la terre, en 1998-99,  les ménages avec moins d’un hectare dans  les zones de cultures pluviales  étaient de <b>19,8%,</b> selon le  « Recensement Général de la Population et de l’Habitat »,  et en 2005-06, ils ont atteint <b>24, 6%, </b>selon  « <b>l’Enquête de Suivi de la Pauvreté au Sénégal</b> » (ESPS I).</p>
<p>Pour ce qui est de l’équipement rural, selon ce même Recensement en 1994-95, les chefs de ménage sans aucun équipement  à traction animale  étaient de <b>35,2%,</b> tandis que ceux dépourvus de tout animal de trait étaient de  <b>33,1%</b> !</p>
<p>La paupérisation du monde rural en plus de cette prolétarisation s’est traduite par un taux de pauvreté  la population de  <b>33%</b> en 1991-92, selon « <b>l’Enquête Sur les Priorités</b> » (l’ESP) de la même année<b>, </b>pour atteindre<b>   57,1%</b> en 2005-06, et dans les ménages ruraux,  le taux de pauvreté est  passé de <b>57,5%</b> en 2001-02  à   <b>57,3%</b> en 2011, selon ESPS I et ESPS II respectivement !</p>
<p>Mais la politique économique du Sénégal a fait que le développement de ce Capitalisme autochtone en milieu rural est handicapé par la persistance, voire même l’aggravation de son déficit du Compte courant qui maintient notre pays sous la dépendance économique.</p>
<p>C’est ainsi que selon l’Etude de l’Agence Nationale des Statistiques et de la Démographie,  sur les « <b>Déterminants du  déficit structurel Solde du Compte Courant du Sénégal</b> », il a été décelé que  « <b>la tendance générale du niveau solde du compte courant hors transferts officiels du Sénégal au regard du seuil fixé par l’UEMOA pour ce solde, est le dérapage</b> ».</p>
<p>En effet, elle  précise que  « <b>les déficits importants et structurels du Compte Courant du Sénégal s’expliquent par l’élargissement du différentiel commercial entre le Sénégal et le reste du monde (taux d’importation trop élevé), une appréciation du</b></p>
<p><b>Franc CFA par rapport au Dollar (compétitivité change) et enfin un dynamisme de</b></p>
<p><b>l’invéstissement par rapport à la faiblesse de l’épargne</b> ».</p>
<p>Ce qui est encore une illustration des conséquences néfastes de notre politique fiscale, dont les recettes dépendent du  poids de nos importations dans l’Economie nationale grâce à la fiscalité intérieure (<b>Taxes intérieures et TVA</b>), et extérieure (<b>TVA à l’import</b>) et, accessoirement, aux Droits de Douanes, de même que notre appartenance à la Zone Euro sur la <b>compétitivité de nos exportations.</b></p>
<p>Ainsi,  la Politique Economique du Sénégal est de nature à générer une tendance lourde  au déficit budgétaire et du Compte Courant.</p>
<p>C’est la gestion de ces  déficits  budgétaire  et du Compte Courant, qui nous met sous la coupe des Institutions de Bretton Woods pour  leur financement,  à travers une politique d’endettement et d ‘attraction de l’Investissement Direct Etranger, sous leur supervision.</p>
<p>De cette manière, la Politique économique du Sénégal s’inscrit  dans un modèle de développement inspiré par les Institutions de Bretton Woods,  qui s’articule autour de la promotion des exportations, la privatisation en faveur des grandes Entreprises étrangères (<b>Partenaire stratégique</b>),  et de l’Agrobusiness,  et d’un « <b>climat des affaires</b> » attractif, pour créer les conditions d’une bonne attraction de  l’IDE.</p>
<p>C’est le modèle « Tunisien » que les Institutions de Bretton Woods et l’Union Européenne donnaient en exemple aux pays sous Ajustement structurel comme le Sénégal, et que le peuple de Tunisie vient, par la <b>« rue</b> », de jeter dans la poubelle de l’histoire.</p>
<p>Le peuple Sénégalais, en se <b>débarrassant  </b>du régime « socialiste »  en 2000, et de celui « libéral » de Wade en 2012, <b>n’exprimait il pas, par les « urnes »,</b>  son rejet de ce même modèle que les Programmes d’ajustement structurel imposaient à nos Etats ?</p>
<p><em>Cette analyse de la Politique Economique de l’Etat du Sénégal a été faite par <strong>Ibrahima Séne</strong> à la Fondation Rosa Luxembourg au mois de  Décembre 2013.</em></p>
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