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		<title>L’innovation au Sénégal: Entre capital humain, R&#038;D et technpôle pour bâtir une économie innovante</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Dec 2015 15:54:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Démocratie & Economie Numériques]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://thinktank-ipode.org/2015/12/28/linnovation-au-senegal-des-motifs-de-satisfaction-dans-la-mise-en-oeuvre-des-politiques-publiques-du-pse/fatimata-mohamed/" rel="attachment wp-att-12325"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" data-attachment-id="12325" data-permalink="https://thinktank-ipode.org/2015/12/28/linnovation-au-senegal-des-motifs-de-satisfaction-dans-la-mise-en-oeuvre-des-politiques-publiques-du-pse/fatimata-mohamed/" data-orig-file="https://i0.wp.com/thinktank-ipode.org/wp-content/uploads/2015/12/Fatimata-Mohamed.jpg?fit=1500%2C1500&amp;ssl=1" data-orig-size="1500,1500" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}" data-image-title="Fatimata Mohamed" data-image-description="" data-image-caption="" data-large-file="https://i0.wp.com/thinktank-ipode.org/wp-content/uploads/2015/12/Fatimata-Mohamed.jpg?fit=940%2C940&amp;ssl=1" class="alignleft size-thumbnail wp-image-12325" src="https://i0.wp.com/thinktank-ipode.org/wp-content/uploads/2015/12/Fatimata-Mohamed.jpg?resize=300%2C300&#038;ssl=1" alt="Fatimata Mohamed" width="300" height="300" srcset="https://i0.wp.com/thinktank-ipode.org/wp-content/uploads/2015/12/Fatimata-Mohamed.jpg?resize=300%2C300&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/thinktank-ipode.org/wp-content/uploads/2015/12/Fatimata-Mohamed.jpg?resize=620%2C620&amp;ssl=1 620w, https://i0.wp.com/thinktank-ipode.org/wp-content/uploads/2015/12/Fatimata-Mohamed.jpg?resize=940%2C940&amp;ssl=1 940w, https://i0.wp.com/thinktank-ipode.org/wp-content/uploads/2015/12/Fatimata-Mohamed.jpg?w=1500&amp;ssl=1 1500w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au mois de Septembre 2015, le Sénégal a gagné des places dans le classement des pays les plus innovants au monde et se retrouve premier en Afrique Subsaharienne. Cette progression est une source de satisfaction réelle pour notre pays. Aujourd’hui, l’importance de l’innovation comme stimulateur de développement n’est plus à démontrer, donc ce classement peut nous rassurer sur la trajectoire prise par notre économie. En se fondant sur le GII, General Index Innovation<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a>, 2015, le Sénégal totalise 31 points se classant ainsi comme premier en Afrique Sub-Saharienne et  au 84ième au rang mondial. Position tout à fait honorable au vu de notre rang dans l’économie mondiale.</p>
<p><span id="more-12322"></span></p>
<p>Au regard de cette performance, l’on peut considérer que l’action du Président Macky Sall à la tête de l’Etat commencent à donner des résultats satisfaisants dans les domaines de la gouvernance, de l’environnement des affaires et de notre capacité d’innovation dans divers  secteurs.</p>
<p>Notons que l’innovation technologique est facilitée dans un pays par des  innovations politiques, sociales et démocratiques, n’oublions pas que  » la réussite économique africaine est en grande partie due à l&rsquo;avancée de la démocratie sur le continent »<a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a>. Pour le futur le Sénégal peut faire beaucoup mieux dans ce classement pour aller chercher la première place africaine. C’est tout à fait à notre portée. Pour ce faire il faudra analyser et déterminer les domaines dans lesquels nous avons des marges de progression pour renforcer et améliorer nos politiques publiques et notre compétitivité.</p>
<p>Dans ce cadre le domaine de la « recherche et développement » R&amp;D et de son financement devraient faire l’objet d’une implication accrue de l’Etat  tout en veillant à améliorer sensiblement la qualité de l’enseignement supérieur comme le préconisent les 78 recommandations du rapport issu des travaux du Comité de Pilotage de la Concertation Nationale sur l’Avenir de l’Enseignement Supérieur (CNAES)<a href="#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a>. Dans ce rapport « la recherche et l’innovation »  est  l’un des cinq grands axes majeurs.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><u>I &#8211; Des enjeux du financement de la recherche au Sénégal et de la nécessité du renforcement de la qualité de notre enseignement supérieur </u></strong></p>
<p><strong>                            I-a          <u> Education, Recherche et prospérité</u></strong></p>
<p>L’éducation de qualité dispensée de façon durable, est indéniablement un des piliers de développement. Pour ce faire, elle devra se fonder, entre autre, sur la recherche. La recherche se fait de façon publique et privée. <strong>La recherche publique</strong>, fondamentale ou appliquée, fournit un cadre propice aux innovations et au développement d’idées pouvant aboutir à la mise  en place de véritables solutions, applicables et à large échelle. Ainsi, elle permet à terme de résoudre des problèmes à plusieurs niveaux. En effet, les moyens et les effets escomptés de la recherche publique répondent au principe de la mutualisation contrairement à la <strong>recherche privée</strong> qui elle-même est un bénéficiaire de la recherche publique même au sein des économies majeures (France, Etats Unis). Cette dernière est un  autre levier possible de développement, qui permet de répondre à des besoins ou de résoudre des problèmes individuels i.e. ceux des unités de production ou de consommation. Si la recherche dans les établissements supérieurs privés est presque inexistante, celle faite dans les entreprises est comptabilisable. Cependant, les améliorations réalisées ces dernières années sont à poursuivre et à intensifier pour que le Sénégal devienne une économie émergente.</p>
<p>Il est également à noter l’émergence d’une nouvelle forme de recherche privée qui est celle faite au sein des Cercles de Réflexion (Réservoirs d’idées), où de façon volontaire et gratuite, des citoyens réfléchissent sur des problèmes ou des choix cruciaux en vue d’apporter des éclaircissements et des solutions.</p>
<p>Pour que la recherche aboutisse, elle doit être financée.  Le financement de la  recherche est une question réelle pour tous les pays quel que soit leur niveau de développement. Le Sénégal n’est pas en reste.</p>
<p>Les organes de recherche devront intensifier leurs efforts pour trouver des ressources privées additionnelles.  L’effort de financement public de la recherche, sous forme de subventions, de bourses ou de fonds, devrait se poursuivre : estimé à 0,37% du PIB en 2008 par la Banque Mondiale, il est en progression et nous espérons le voir atteindre l’objectif de 1% de 2017. Nous pouvons cependant noter un début de réponse par la mise en place d’actions correctives.</p>
<p>La politique publique a défini les secteurs tels que l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’eau, l’énergie comme prioritaires pour le développement et la lutte contre la pauvreté. Ainsi, des instituts tels que l’ISRA (Institut Sénégalais de Recherche Agricole) l’ITA (Institut des Techniques Alimentaires) contribuent depuis très longtemps au développement agricole et agro-industriel.  La recherche agricole est en pleine expansion avec l’implication de partenaires privés et de multiples type de financement. La résultante sera, nous l’espérons, une réduction de l’insécurité alimentaire. Les innovations réalisées dans ce domaine ont certes contribué à la construction de la capacité innovatrice du Sénégal  si l’on se réfère aux résultats GII.</p>
<p><strong>                         I-b    <u> Lien entre recherche et qualité </u></strong></p>
<p>Le Rapport Général de la CNAES est en soit un bon début de réponse aux problèmes de l’Enseignement et de la Recherche dans la mesure où il dresse un état des lieux et conclut à la formulation de recommandations<a href="#_ftn4" name="_ftnref4">[4]</a>. Ce diagnostic devrait être une première étape dans la démarche stratégique. Pour que le Sénégal maintienne sa place de premier pays d’Afrique Subsaharienne en innovation, il faudra passer à l’étape suivante, i.e. à la mise en œuvre de réformes prioritaires et l’implémentation d’actions d’urgence en vue d’un enseignement de qualité et d’une recherche efficace. Aujourd’hui, la nécessité d’adopter une <strong>démarche qualité</strong>  est une évidence pour la majorité des organes de gouvernance et des établissements d’enseignement supérieur. Les résultats attendus d’un enseignement supérieur de qualité sont considérables, en particulier, un impact positif sur la capacité à innover et à produire des biens et services à haute valeur technologique. Les résultats escomptés d’une recherche efficace se résumeraient à l’amélioration du  niveau de vie des sénégalais. A terme, l’idéal serait de produire le cercle vertueux enseignement supérieur de qualité- recherche efficace pour la résolution des problèmes sociaux-économiques.</p>
<p><strong>          I-c   <u> Quels sont les avantages technologiques source d’innovations au Sénégal ?</u></strong></p>
<p>Une des grandes nouveautés du rapport de classement GII est que « des signes encourageants émergent en Afrique Sub-Saharienne qui comble son retard et dépasse cette année, la zone Asie Centrale et Sud sur trois piliers de l’innovation : les institutions, la maturité de l’environnement des affaires et la production créatrice». Premièrement, le cadre institutionnel totalise un score de 54,3%, soit le meilleur parmi les cinq facteurs considérés pour l’estimation de l’indice. Ceci est la traduction de la capacité du pays à formuler et à implémenter une politique d’ajustement du cadre institutionnel et légal. Citons en exemple, la réforme des institutions<a href="#_ftn5" name="_ftnref5">[5]</a> en cours au Sénégal. L’amélioration de l’indicateur institutionnel, prouve que les reformes ont contribué à une plus grande confiance pour le développement des affaires, la stabilité politique aidant. Une des résultantes de cet état est l’amélioration du marché des capitaux, qui s’est faite de façon significative (estimation en 2015 par le GII)  grâce à l’effet de levier induit par le volume important de prêts accordés  par les organismes de micro-finance<a href="#_ftn6" name="_ftnref6">[6]</a>. La disponibilité des crédits et autres sources de financement contribuent à une augmentation des investissements. Troisièmement, l’Afrique Subsaharienne réalise une progression significative en matière de résultats de l’activité technologique  en dépassant la plupart des pays de la sous-région. C’est également le cas pour notre capacité à recourir aux NTIC pour créer des modèles de gestion et d’organisation. En revanche, il reste beaucoup à faire au niveau de l’investissement en capital humain et dans la recherche : nous accusons un retard par rapport à nos voisins quant au financement de la R&amp;D, la formation dans les domaines scientifiques et technologiques et enfin au niveau de la durée des études. Ces résultats sont  corroborés par plusieurs sources, notamment, par le rapport CNAES et celui de la GII.</p>
<p>Au final, pour l’amélioration de notre capacité innovatrice, il nous faudra passer par la correction de nos points faibles, puis par la mise en œuvre des solutions préconisées par les experts. Ainsi nous continuerons à donner une impulsion à la croissance et au développement par le biais de l’innovation. Ceci n’est pas une utopie. Sur le plan continental, le champion de l’innovation, l’Ile Maurice a déjà fait ses preuves dans ce sens et continue sur sa lancée en investissant dans sa première technopole, le BioPark Mauritius, qui se veut un organe de recherche pointue en biotechnologies d’envergure internationale.</p>
<p><strong><u>II &#8211; La recherche et l’innovation en entreprise : une nécessaire implication de l’Etat et du secteur privé</u></strong></p>
<p>Dans un article consacré à la politique industrielle au Sénégal<a href="#_ftn7" name="_ftnref7">[7]</a> publié par le Think Tank Ipode, les auteurs proposaient :</p>
<ul>
<li>La mise en place d’un « crédit impôt innovation » et d’un « crédit impôt recherche » au Sénégal</li>
<li>La création de clusters<a href="#_ftn8" name="_ftnref8">[8]</a> en suggérant de mettre en synergie l’ADEPME<a href="#_ftn9" name="_ftnref9">[9]</a>, l’ASEPEX<a href="#_ftn10" name="_ftnref10">[10]</a> et la Bourse Nationale de Sous-traitance et de Partenariat pour que ces agences jouent pleinement leur rôle de soutien et de conseil aux entreprises et associations d’entreprises.</li>
<li>L’implication plus accrue de l’Etat dans l’investissement pour la recherche fondamentale mais surtout pour la recherche en entreprise afin d’augmenter la capacité d’innovation du Sénégal. Ceci, selon l’analyse des auteurs, passera nécessairement par l’augmentation de la capacité de conceptualisation et de création de produits innovants pouvant faire l’objet de brevets et de licences.</li>
</ul>
<p>Toutes ces initiatives, mises en œuvre devront permettre de booster l’innovation au Sénégal. Pourquoi cela nous semble-il si important ? Parce que l’innovation est à l’origine du profit dans la théorie économique, du moment qu’elle permet de rendre les produits meilleurs et plus compétitifs sur le marché.  Ainsi le degré d’innovation des économies est un facteur essentiel de l’émergence d’un pays. La recherche et le développement constituent donc un support non négligeable au service de l’innovation à travers du nombre de brevets déposés, de publications. On mesure la vitalité de la recherche et du développement, au nombre de brevets nationaux déposés, annuellement. Sur le continent, seule l’Afrique du Sud est capable de concurrencer les autres pays émergents. Notre ambition est de voir le Sénégal investir le domaine pour en être un acteur important à l’échelle africaine.</p>
<p>Pour la recherche fondamentale nous invitons l’Etat à s’impliquer davantage vu les coûts élevés de celle-ci car la plupart des entreprises ne peuvent financer un département de R&amp;D qui plus est, les résultats n’auront d’impact qu&rsquo;à long terme. Sur ce point l’exemple de la France est intéressant. La plupart des sociétés françaises, ayant un département de R&amp;D, exploitent les découvertes protégées par des brevets ayant été effectuées à des laboratoires universitaires ou des laboratoires publics nationaux du type CNRS. Le Sénégal pourrait s’inspirer de ce modèle en créant des ponts de collaboration entre nos laboratoires et les entreprises surtout dans le domaine scientifique et l’agroalimentaire.</p>
<p>Les enjeux économiques du renforcement de la recherche scientifique au Sénégal sont donc très importants. Le travail devrait essentiellement porter sur la mise au point de procédés de fabrication et de produits, pour une industrialisation et un passage en fabrication. Par exemple, le secteur de l’agriculture qui nécessite aujourd’hui une plus grande motorisation devrait faire l’objet d’un investissement considérable pour la mise au point de machines-outils et d’intrants de qualité. Nous saluons l’action esquissée par le gouvernement déjà entamée dans ce sens. Comme on le note dans le RCSA 2014 (Revue Conjointe du Secteur Agricole) l’équipement du monde rural lors de la campagne 2013/2014 a permis l’acquisition de 16 800 unités (7 000 semoirs, 9 000 houes, 800 charrues) ainsi que des équipements motorisés (50 tracteurs équipés et 185 groupes motopompes). Ces équipements ont été exclusivement destinés aux exploitations familiales. Pour ce qui concerne les équipements motorisés acquis, 100% des tracteurs soit 50 unités ont été livrés aux producteurs du Sud, du bassin arachidier et d’une partie de la vallée et 92,43% des groupes motopompes soit 171 unités ont été cédés aux producteurs de la vallée du fleuve Sénégal. Ceci permettra d’atteindre l’autosuffisance alimentaire du riz et de passer à l’étape d’exportation de masse pour enfin renverser notre balance commerciale et celle des paiements. Et pour pérenniser ces investissements il faudra assurer leur maintenance et stimuler l’innovation dans le domaine de la recherche agricole entre autre.</p>
<p>En définitive, s’il y’a un autre aspect qui caractérise les pays émergents c’est bien l’industrialisation de leurs économies et sur ce point le Sénégal accuse un retard certain auquel il faudra remédier de façon urgente et efficiente.</p>
<p><strong><u>III &#8211; Le rôle de l’innovation technologique en NTIC et l’urgence de la mise en place du volet Offshoring du PSE</u></strong></p>
<p>Remarquons que la plupart des pays africains figurant dans le classement ont nourri et mis en œuvre un ambitieux programme pour le développement des infrastructures et des services technologiques à travers des technopoles de grande valeur ajoutée. On citera  la Tunisie avec le Technopôle d’El Ghazala, le Maroc avec le CasaNearShore Park, l’Ile Maurice avec son BioPark Mauritius et l’Innovation Hub à Silvertone en Afrique du Sud. Le Sénégal en développant son offre d’offshoring, améliorera très sensiblement sa compétitivité dans ce domaine, d’autant plus que, les réformes de l’environnement des affaires sont très appréciées des acteurs du secteur et ont été efficaces comme en atteste notre classement au Doing Business ces dernières années.</p>
<p>A l’île Maurice, le ministre des finances a annoncé la construction de huit «smart cities<a href="#_ftn11" name="_ftnref11">[11]</a>», pour renforcer et conforter leur place de leader. Le chantier de six d’entre elles, dont la phase II d’Azuri, devrait s’ouvrir incessamment. Ces «<em>méga projets</em>» sont, en fait, des technopoles estimés à 120 milliards Rs soit un peu plus de 2000 milliards CFA. Ce qui atteste de la volonté forte des pouvoirs publics mauriciens à faire de leur pays un hub international incontournable en matière d’offshoring.</p>
<p>Cette volonté des pouvoirs publics mauriciens  devrait motiver nos autorités à accélérer le rythme dans la mise à disposition du technopole de Diamniadio qui devrait porter l’essentiel de l’offre offshoring du PSE. Diamniadio devra être conçu dans la volonté d’en faire une « smart city » de rang continental. L’idée n’est pas de reprendre exactement  ce qu’offrent déjà d’autres pays tels que le Maroc, la Tunisie ou l’Ile Maurice, mais d’aller au-delà, en termes d’innovation et de niches de services, ces pays ayant déjà pris une longueur d’avance sur nous sur les activités classiques. Nous devrons surtout explorer le terrain de l&rsquo;expertise en informatique logicielle ou beaucoup reste à faire dans notre continent en s’inspirant de l’expérience indienne qui elle-même est à parfaire. Plus précisément, il faut développer une expertise dans le secteur du développement mobile (Android, Ios, Windows phone). Dans ce domaine le marché est encore fécond, loin d’être saturé et la localisation du développeur n&rsquo;y a aucune importance tant qu&rsquo;il y a une grande capacité d&rsquo;innovation. Aujourd&rsquo;hui il suffit d&rsquo;avoir l&rsquo;étincelle d&rsquo;idée dans les applications mobiles, de pouvoir mener les développements à terme pour avoir un marché de plusieurs millions de clients. Ainsi pour ne pas rester en périphérie, il faudrait aussi préparer davantage nos élèves, étudiants et entrepreneurs dans les domaines des Tics et <strong>à la création de start-up<a href="#_ftn12" name="_ftnref12"><strong>[12]</strong></a></strong>. Par ailleurs, il faudra encourager la création puis le développement des starts-up et des clusters d’entreprises spécialisées dans les systèmes d’information, le digital et le développement à Diamniadio-smart city.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>                    III-a    <u> Les révolutions possibles avec Diamniadio-smart City :</u></strong></p>
<p>Les nouvelles technologies peuvent représenter un gisement potentiel d’emplois et de création de richesse surtout au Sénégal où le secteur des services représente une part importante de l’économie et où la capacité technique de développer de belles entreprises est largement présente.  A titre d’exemple on observe actuellement un peu partout en Afrique une vague d’innovation technologique liée aux domaines du e-banking et du e-health<a href="#_ftn13" name="_ftnref13">[13]</a> qui permettent à des populations auparavant exclues, de réintégrer la sphère des échanges et d’avoir accès à des services essentiels qui induisent un cercle vertueux sur la production globale du pays. Ces avancées sont d’autant plus intéressantes que le secteur des<strong> TICs</strong> par sa plasticité permet aux acteurs de développer des applications spécifiquement conçus pour répondre aux défis africains, certaines de ces innovations pouvant même faire l’objet de « <strong>reverse innovation</strong> <a href="#_ftn14" name="_ftnref14">[14]</a>» prouvant ainsi leur capacité à être exportées ; Cependant pour faire éclore de tels succès la mise en place d’incubateurs regroupant en un seul lieu l’ensemble des ressources nécessaires aux entrepreneurs (ressources techniques, légales, administratives et financières) est une étape nécessaire. <strong>Diamniadio</strong> devrait avoir entre autre, ce rôle dans le dispositif de développement de notre offre offshoring. Un tel environnement par  l’émulation qu’il suscitera sera un atout indéniable pour sécuriser les premières années de nos starts-up avant de permettre aux plus prometteuses d’entre elles d’atteindre la phase de <strong>scale-up</strong> ou elles pourront voler de leurs propres ailes. Une révolution dans nos méthodes de financement est aussi nécessaire pour favoriser la création de « <strong>venture capitalism</strong> ». C’est connu que les investissements dans les starts-up sont bien plus risqués que les investissements traditionnels consentis par les banques commerciales, pourtant avec un retour sur investissement plus élevé pour les starts-up. Les banques commerciales sont donc peu enclines à soutenir les projets des starts-up. Il est donc nécessaire de favoriser légalement et fiscalement la mise en place de fonds de « venture capitalism » dédié aux starts-up des TICs qui ont des modèles de financement en adéquation avec le profil de risque des jeunes pousses ainsi qu’avec leur <strong>timeline spécifique</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>                      III-b   <u> La nécessité d’aller plus vite dans la mise en place de l’offre offshoring du PSE</u></strong></p>
<p>Le pouvoir politique en place semble convaincu de l’importance des enjeux liés au développement d&rsquo;une « offre Sénégal » dans l&rsquo;offshoring des services informatiques et de <strong>BPO</strong><a href="#_ftn15" name="_ftnref15">[15]</a>. Notre pays a un avantage concurrentiel sans conteste dans ce domaine qu&rsquo;il faudra saisir. Cela engendrera des milliers d&#8217;emplois qualifiés. Ce serait une vraie bouffée d’oxygène pour notre politique d&#8217;emplois. Nos pouvoirs publics  semblent avoir la conviction et la volonté de le faire. Seulement la mise en œuvre tarde à se concrétiser. Même si certains signaux nous avaient bien rassurés:</p>
<p>&#8211; l&rsquo;arrivée de l’entreprise d&rsquo;Atos, avec un premier staffing de plus d&rsquo;un millier d&#8217;emplois annoncés par son président Thierry Breton en Janvier 2015.  <u>Pour cette année</u> et à l’horizon 2019 Atos table sur une dizaine de milliers d’emplois créés.</p>
<p>&#8211; La participation de la BAD au volet offshoring à hauteur de 60 milliards de francs pour le parc technologique numérique de Diamniadio<a href="#_ftn16" name="_ftnref16">[16]</a></p>
<p>&#8211; L&rsquo;évocation du « volet Offshoring du PSE » au plus haut niveau de l’Etat<a href="#_ftn17" name="_ftnref17">[17]</a>.</p>
<p>Il serait donc urgent que notre pays accélère la mise en place d’une offre concurrentielle face au remodelage de la carte offshoring mondial. Les études du Think Tank Ipode sur le sujet aussi satisfaisantes qu&rsquo;elles soient ont leurs limites dans le temps car ce secteur très dynamique est sujet à des changements continuels.</p>
<p><strong><u>Conclusion</u></strong></p>
<p>Au final, nous militons pour l’implémentation des différentes recommandations faite le long de cette analyse en vue du renforcement de la place du Sénégal en matière d’innovation en Afrique Subsaharienne. A terme nous pourrions aspirer légitimement à être champion continental. Le Sénégal a encore plusieurs cartes en main pour jouer dans la cour des grands, ceci passera également par d’autres réformes d&rsquo;envergure et la mobilisation de financements considérables pour l’élaboration des éléments clefs du succès de l’activité offshoring. Nous en attendons une plus grande capacité d’innovation et une hausse de l’emploi des jeunes dans notre pays. Sur l’échelle du continent le recul de la corruption et du clientélisme dans la mise en œuvre des politiques publiques, le renforcement de l’état de droit et la prise en compte de la bonne gouvernance sont des facteurs qui fondent notre espoir de voir le continent prendre un nouvel élan vers la prospérité, la paix sociale stable et durable.</p>
<p><strong>Par Mohamed Ly </strong>Ingénieur Miagiste spécialiste en Organisation et en système d’information &#8211; <strong>&amp; </strong></p>
<p><strong>Dr </strong><strong>Fatimata Ly-Baro</strong> &#8211; Docteure en Finance de l&rsquo;Université Paris-Dauphine<br />
Experte en Intelligence Stratégique et Assurance Qualité</p>
<p><strong>Pour le Think Tank Ipode</strong></p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Ce classement Global Index Innovation 2015, GII, est réalisé conjointement par l’Université Cornell, l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) et L’INSEAD. Il passe en revue 141 économies du monde entier, en se fondant sur 79 indicateurs de la capacité d’innovation d’un pays, dont la valorisation du capital humain, l’investissement dans la recherche, le perfectionnement des entreprises et les résultats dans le domaine de la création. Le Sénégal occupe le 6ème rang à l’échelle africaine devant le Botswana et le Kenya et derrière L’Île Maurice, qui  occupe le 1er rang à l’échelle africaine suivie de L’Afrique du Sud, des Seychelles, de la Tunisie et du Maroc.</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> Extrait de l’entretien de Mokhtar Diop vice-président pour l’Afrique de la Banque Mondiale au journal Libération : http://www.liberation.fr/evenements-libe/2015/10/05/l-afrique-peut-aller-plus-loin-et-plus-haut_1397786</p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> Ces travaux ont été dirigés par le Professeur Souleymane Bachir Diagne.</p>
<p><a href="#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a> Le Rapport General de la CNAES fait un état des lieux et conclut sur 78 recommandations, dont 15 spécifiques à la recherche.</p>
<p><a href="#_ftnref5" name="_ftn5">[5]</a> Réforme des institutions à laquelle le Think Thank IPODE a contribué en publiant une note reprenant ses 35 propositions</p>
<p><a href="#_ftnref6" name="_ftn6">[6]</a> Sur ce dernier point, le Sénégal dépasse d’au moins de 10 points la moyenne sous régionale.</p>
<p><a href="#_ftnref7" name="_ftn7">[7]</a> Article intitulé : «Sénégal : Pour une nouvelle politique de développement industriel innovant » https://thinktank-ipode.org/2013/10/21/senegal-pour-une-nouvelle-politique-de-developpement-industriel-innovant/</p>
<p><a href="#_ftnref8" name="_ftn8">[8]</a> Le cluster est un ensemble de décideurs qui créent et entretiennent un système relationnel leur permettant d’augmenter leurs opportunités d’affaires et de croissance. L’intérêt premier du cluster est de détecter dans son environnement les facteurs favorisant sa croissance</p>
<p><a href="#_ftnref9" name="_ftn9">[9]</a> Agence de Développement et d’Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises</p>
<p><a href="#_ftnref10" name="_ftn10">[10]</a> Agence Sénégalaise de Promotion des Exportations</p>
<p><a href="#_ftnref11" name="_ftn11">[11]</a> Wikipédia définit une ‘smart city’ comme une ville utilisant les technologies de l&rsquo;information et de la communication (TIC) pour « améliorer » la qualité des services urbains ou encore réduire ses coûts. Ce concept émergent — dont les acceptions sont mouvantes en français — désigne un type de développement urbain apte à répondre à l&rsquo;évolution ou l&rsquo;émergence des besoins des institutions, des entreprises et des citoyens, tant sur le plan économique, social, qu&rsquo;environnemental.</p>
<p><a href="#_ftnref12" name="_ftn12">[12]</a> Jeune entreprise innovante, dans le secteur des nouvelles technologies appelée aussi jeune pousse.</p>
<p>Les starts-up sont particulièrement représentatives de la « nouvelle économie », dont l&rsquo;essor va de pair avec celui de l&rsquo;Internet. La pérennité et la croissance de ces firmes étant encore aléatoires, elles bénéficient de sources de financement spécifiques. Ce sont des sociétés de capital-risque qui collectent les fonds nécessaires au développement de l&rsquo;entreprise ; elles sont associées à sa gestion et se rémunèrent quand elle a atteint sa maturité</p>
<p><a href="#_ftnref13" name="_ftn13">[13]</a> Ensemble des technologies de l&rsquo;information et de la communication (TIC) appliquées à la santé</p>
<p><a href="#_ftnref14" name="_ftn14">[14]</a> Ce terme désigne les conceptions faites dans les pays émergents par des équipes locales,  initialement pour répondre à des besoins locaux et qui s’inversent pour être produits et adaptés ensuite aux pays riches.</p>
<p><a href="#_ftnref15" name="_ftn15">[15]</a> Business Process Outsourcing : Selon l’EOA (European Outsourcing Association), le BPO (Business Process Outsourcing) peut être défini comme la délégation d’un ou plusieurs domaines d’activités, fonctions ou processus de l’entreprise à un fournisseur extérieur et indépendant de son client</p>
<p><a href="#_ftnref16" name="_ftn16">[16]</a> Annonce faite par le ministre des télécommunications en Décembre 2014.</p>
<p><a href="#_ftnref17" name="_ftn17">[17]</a> Bien qu’il n’y ait aucune littérature publique sur le volet offshoring  dans les documents officiels du PSE.</p>

]]></content:encoded>
					
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		<title>L’Offshoring une piste sérieuse pour un marché de milliers d’emplois au Sénégal</title>
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		<dc:creator><![CDATA[MO]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Feb 2013 19:56:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economie & Finances]]></category>
		<category><![CDATA[Emploi & Jeunesse]]></category>
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		<category><![CDATA[APIX offshoring]]></category>
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					<description><![CDATA[Il y a dans le secteur de l’offshore une niche de milliers d’emplois de haut niveau à créer au Sénégal dans quelques années en direction de notre jeunesse diplômée. Les rapports chiffrés sur la situation de l’offshoring dans un pays comme le Maroc démontrent que le secteur est très porteur. En effet, au Maroc le secteur offshore compte aujourd’hui environ 100 000 emplois et l’estimation du chiffre d’affaires est de 1,8 milliard d’euros d’ici à 2015. Le secteur de l’Offshore est alors en pleine expansion et cette dynamique place le Maroc en première position parmi les pays du continent. Pourtant en 2009 le cabinet américain de conseil en stratégie AT Kearney plaçait le Sénégal au 26ème rang mondial devant le Maroc qui n’était que 30ème.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong style="line-height: 1.5em;"><span style="font-size: 13px;">Par Mohame</span></strong><span style="font-size: 13px;">d LY</span><span style="line-height: 1.5em;"><br />
</span></p>
<p>A ce stade où la politique de l’emploi est un casse-tête pour nos pouvoirs publics et peine à trouver ses marques, j’invite nos autorités en la matière d’explorer la piste de proposer aux grandes multinationales un offshoring soutenant une offre de Business Process Outsourcing BPO<a title="" href="file:///D:/Documents%20and%20Settings/moly/Bureau/V2-%20L%E2%80%99Offshoring%20une%20piste%20s%C3%A9rieuse%20pour%20un%20march%C3%A9%20de%20milliers%20d%E2%80%99emplois%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.docx#_ftn1">[1]</a> de qualité au Sénégal.<span id="more-793"></span> Cet offshoring devrait aboutir à la mise en place d’une technopole à haute valeur ajoutée qui pourrait être adossée à la zone économique spéciale intégrée de Dakar. Le terme «Offshoring» qui désigne la délocalisation des activités de service et de production de certaines entreprises occidentales  dans des pays à moindre coût comme le nôtre est un secteur en plein essor et avec une concurrence très rude. Pour réussir ce projet, il faudra donc proposer un Offshoring de qualité et concurrentiel en terme de coût d’infrastructures et de services, de qualité de ressources humaines avec la mise en place d’un cadre de travail exceptionnel et d’un cadre fiscal incitatif spécial pour attirer les multinationales.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il y a dans le secteur de l’offshore une niche de milliers d’emplois de haut niveau à créer au Sénégal dans quelques années en direction de notre jeunesse diplômée. Les rapports chiffrés sur la situation de l’offshoring dans un pays comme le Maroc démontrent que le secteur est très porteur. En effet, au Maroc le secteur offshore compte aujourd’hui environ 100 000 emplois et l’estimation du chiffre d’affaires est de 1,8 milliard d’euros d’ici à 2015. Le secteur de l’Offshore est alors en pleine expansion et cette dynamique place le Maroc en première position parmi les pays du continent. Pourtant en 2009 le cabinet américain de conseil en stratégie AT Kearney plaçait le Sénégal au 26ème rang mondial devant le Maroc qui n’était que 30ème, ou encore l&rsquo;Afrique du Sud 39<sup>ème</sup> pour la cherté du coût de la vie et de la main d’œuvre. Et parmi les critères retenus il y a la structure financière, l&rsquo;environnement économique et la qualité de la main d&rsquo;œuvre. Le cumul de ces critères donne l&rsquo;index global, correspondant à l&rsquo;attractivité des pays, critère de choix pour l&rsquo;offshore. L&rsquo;analyse démontre que la main d&rsquo;œuvre des pays développés est toujours trop chère et que les multinationales sont toujours enclines à rechercher des solutions d’offshoring<a title="" href="file:///D:/Documents%20and%20Settings/moly/Bureau/V2-%20L%E2%80%99Offshoring%20une%20piste%20s%C3%A9rieuse%20pour%20un%20march%C3%A9%20de%20milliers%20d%E2%80%99emplois%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.docx#_ftn2">[2]</a>.</p>
<p>L’avance du Maroc sur le Sénégal dans l’Offshoring nous oblige à constater le retard considérable que nous accusons dans ce domaine. Ce retard est imputable à un manque de volonté politique. C’est ce retard que nous devons corriger et qui pourra nous faire gagner des milliers d’emplois. Pour réussir ce projet d’envergure, il faudra privilégier une vision stratégique de l’Etat qui soit construite et planifiée comme ça a été fait justement au Maroc dans le début des années 2000.</p>
<p><b>I &#8211; Le Sénégal et ses atouts dans le domaine de l’offshoring</b></p>
<p><a href="https://thinktank-ipode.org/2013/02/26/loffshoring-une-piste-serieuse-pour-un-marche-demplois-davenir/" rel="attachment wp-att-1165"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="alignleft wp-image-1165 size-medium" src="https://i0.wp.com/thinktank-ipode.org/wp-content/uploads/2013/09/offshoring-5.jpg?resize=300%2C157&#038;ssl=1" alt="offshoring 5" width="300" height="157" /></a></p>
<p>En 2011 le succès de notre pays dans le classement AT Kearney était dû à une combinaison de plusieurs facteurs qui attirent les investisseurs étrangers :</p>
<ul>
<li>Le coût de la main d’œuvre : Comparé aux pays du Maghreb, le Sénégal offre une main-d&rsquo;œuvre bon marché, avec un salaire annuel de 3 700 euros contre 5 500 euros au Maroc.</li>
<li>Des règles fiscales plus souples: L&rsquo;état sénégalais a simplifié et assoupli les procédures et règles fiscales, pour permettre une plus grande marge de manœuvre aux investisseurs étrangers. Ce geste est apprécié par les investisseurs d’autant plus que le dernier code fiscal de 2013 innove sensiblement en simplicité.</li>
<li>En plus de tous ces atouts notre pays possède l’un des réseaux téléphoniques les plus développés d&rsquo;Afrique et un secteur TIC de plus en plus performant et dynamique. Depuis 2011, de nombreux centres d&rsquo;appels, de télémarketing et de télé saisie se sont développés offrant des emplois à la jeunesse.</li>
</ul>
<p>Mais ce développement est en deçà de ce que l’on pourrait attendre de ce secteur si les pouvoirs publics en faisaient une priorité, comme ça a été le cas en Tunisie et au Maroc. Dans ces deux pays de nombreuses structures dédiées à l&rsquo;offshoring ont été créées ces dernières années. Les exemples les plus significatifs sont le Technopolis à Rabat, la technopole El Ghazala en Tunisie ou la technopole de Casablanca « CasaNearshore ».</p>
<p>Il est intéressant de relater le modèle d’investissement du Maroc pour montrer comment gagner des parts de marchés considérables dans l’offshoring et le BPO qui est devenu un de leurs  leviers les plus efficaces de lutte contre le chômage. Nous étudierons le cas du Maroc à travers la plateforme du CasaNearshore Park.</p>
<p><b>II &#8211; Les atouts du Maroc en offshoring: l’exemple du CasaNearShore Park</b></p>
<p><a href="https://thinktank-ipode.org/2013/02/26/loffshoring-une-piste-serieuse-pour-un-marche-demplois-davenir/" rel="attachment wp-att-1163"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="alignnone wp-image-1163 size-full" src="https://i0.wp.com/thinktank-ipode.org/wp-content/uploads/2013/09/offshoring-1.jpg?resize=500%2C334&#038;ssl=1" alt="offshoring 1" width="500" height="334" /></a></p>
<p>Le Maroc profite de sa proximité géographique et culturelle avec l&rsquo;Europe continentale, la qualité des infrastructures et les nombreuses incitations fiscales et financières pour réaliser les activités de  Nearshore<a title="" href="file:///D:/Documents%20and%20Settings/moly/Bureau/V2-%20L%E2%80%99Offshoring%20une%20piste%20s%C3%A9rieuse%20pour%20un%20march%C3%A9%20de%20milliers%20d%E2%80%99emplois%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.docx#_ftn3">[3]</a> qui ont fait de Casablanca la destination privilégiée des plus grandes multinationales pour la délocalisation de leurs activités de service. Le Maroc a décroché le titre de meilleure destination de l’offshoring pour l’année 2012. Cette consécration lui a été décernée le 27 juin dernier au siège de la Law Society à Londres, par l’Association européenne de l’outsourcing (EOA<a title="" href="file:///D:/Documents%20and%20Settings/moly/Bureau/V2-%20L%E2%80%99Offshoring%20une%20piste%20s%C3%A9rieuse%20pour%20un%20march%C3%A9%20de%20milliers%20d%E2%80%99emplois%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.docx#_ftn4">[4]</a>).</p>
<p>Les années 2000 ont été marquées pour le Maroc par le lancement du plan « Emergence », un plan qui vise à développer son offre Offshoring. D’ailleurs, on remarque que ce plan a apporté des résultats satisfaisants. En 2009, le secteur de l’offshoring au Maroc réalisait un chiffre d’affaires 500 Millions d’euros. Pour développer ses atouts, le Maroc compte lancer une politique de formation professionnelle de ses employés pour renforcer leurs compétences. Parmi les objectifs de ce programme, la formation des employés à maîtriser plusieurs langues est une des priorités. Cette aptitude permettra au pays de bénéficier aussi de contrats d’externalisation venant non seulement des pays francophones et hispaniques mais aussi anglophones.</p>
<p>Sur le plan des infrastructures et bien que le Maroc soit classé 75e au niveau mondial en termes d&rsquo;acquisition des NTIC, il propose un projet stratégique sous forme d&rsquo;un parc de 53 hectares CasaShore (filiale de la holding CDG<a title="" href="file:///D:/Documents%20and%20Settings/moly/Bureau/V2-%20L%E2%80%99Offshoring%20une%20piste%20s%C3%A9rieuse%20pour%20un%20march%C3%A9%20de%20milliers%20d%E2%80%99emplois%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.docx#_ftn5">[5]</a> Development du groupe CDG) qui répond en grande partie aux normes internationales autour des NTIC à des coûts très compétitifs (5300 francs cfa/m2).</p>
<p>Sur le plan fiscal, le Maroc propose un package très incitatif qui exonère les entreprises de l&rsquo;IS pendant les cinq premières années et un abattement de 50% par la suite, et aussi d&rsquo;un Impôt sur le Revenu de 20% pour l&rsquo;ensemble des employés travaillant dans le cadre de l&rsquo;Offshoring. Enfin, les différentes entreprises installées au Maroc dans ce cadre bénéficieront d&rsquo;une enveloppe dédiée à la formation continue d&rsquo;environ 3 Millions de francs cfa sur trois ans. Le Maroc a aussi mis en place une enveloppe budgétaire très importante, répondant aux attentes des entreprises. Il se traduit par le programme de formation Offshoring où participent une vingtaine d’établissements publics d&rsquo;enseignement supérieur, le programme 10000 ingénieurs et le programme de la formation continue. Le Maroc est très confiant avec des chiffres très encourageant sur la baisse du chômage avec un taux en dessous de 10% dû en grande partie à la création d&rsquo;environ de plus de 800 000 emplois depuis 2006 dont 350 000 dans les services. Les investissements étrangers ont dépassé 12 milliards de dollars durant les dix dernières années. C&rsquo;est dans ce contexte que plusieurs multinationales comme IBM, Steria, Accenture, Capgemini, ATOS, et Axa assurances etc. s’y sont installées.</p>
<p><b>Les chiffres clés de Casablanca NearShore Park en 2012:</b></p>
<ul>
<li>3.5 Millions d’euros d&rsquo;investissements</li>
<li>Site intégré au sein d&rsquo;un espace dédié de 50 hectares</li>
<li>Plus de 300 000 m2 d&rsquo;espaces de travail et de services à la pointe de la technologie</li>
<li>20 000 emplois sur site</li>
<li>5 Milliards de contribution au PIB marocain à l&rsquo;horizon 2015</li>
<li>Plus de 100 Multinationales installées</li>
<li>Selon l’Association marocaine de la relation client (AMRC), l’offshoring a permis à la fin de 2011, la création de 52.000 emplois et réalisé un chiffre d’affaires de 450 milliards de francs cfa. Les centres d’appels offrent à eux seuls, plus de 40.000 emplois au Maroc.</li>
<li>Le gouvernement table d’ici 2015, sur 100.000 emplois dans les diverses activités de l’offshoring, dont 70.000 actifs rien que dans les centres d’appels. Pour y parvenir, les efforts publics devraient désormais se focaliser sur le BPO (tâches fonctionnelles) particulièrement le client relationship management (CRM) et l’externalisation informatique ou ITO (IT Outsourcing)</li>
</ul>
<p><b>III &#8211; L&rsquo;Afrique bouscule la nouvelle carte de redistribution de l&rsquo;offshoring : Le Sénégal devrait jouer un rôle majeur</b></p>
<p><a href="https://thinktank-ipode.org/2013/02/26/loffshoring-une-piste-serieuse-pour-un-marche-demplois-davenir/" rel="attachment wp-att-1161"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="alignleft wp-image-1161 size-full" src="https://i0.wp.com/thinktank-ipode.org/wp-content/uploads/2013/09/offshoring-4.jpg?resize=300%2C211&#038;ssl=1" alt="offshoring 4" width="300" height="211" /></a></p>
<p>Il est évident qu&rsquo;une nouvelle carte de redistribution de l&rsquo;offshoring se redessine. Malgré le maintien de l&rsquo;Inde comme leader du marché avec 43 % des parts pour les prestations informatiques externalisées nous constatons que l’essoufflement de l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est permet à  l&rsquo;Afrique de percer dans ce secteur. Le Maroc joue sa partition et prend une option de leader avec comme nous l’avons vu plus haut une politique volontariste appuyée par leurs pouvoirs publics.</p>
<p>D&rsquo;après une étude comparative menée par le cabinet de conseil tunisien Audinet paru en 2011, le Maroc, la Tunisie et le Sénégal seraient les pays les plus performants en matière de centres d&rsquo;appels. Le nombre de télé-salariés marocains a été multiplié par 10 en 4 ans. En Tunisie, les centres d&rsquo;appels sont considérés parmi les plus importants pour la création d’emplois. Le Sénégal compte avec les sociétés comme le PCCI (plus de 1000 postes de travail), AFRICATEL AVS (+50 postes de travail) et Call-Me (+100 postes de travail). Il y manque la volonté de mettre en place une politique planifiée allant dans le sens de concurrencer le CasaNearShore ou la technopole El Ghazala en Tunisie. Nous considérons que notre pays a tous les atouts nécessaires pour prendre une plus grande part de marché dans le secteur de l’Offshore. Malgré les bonnes performances du PCCI, Call-Me, Africatel et autres sociétés d’outsourcing, les performances sont en deçà de nos capacités.</p>
<p>L’objectif du projet que nous souhaitons voir initier par nos pouvoirs publics n’est pas de développer seulement l’offre de centres d’appels téléphoniques. Cette seule offre est en deçà de ce que nous pouvons attendre comme activité économique. Nos atouts nous permettent de passer par cet offshoring de support pour aller vers la création d’une technopole concurrentielle, car nous avons une infrastructure de télécommunication d’une grande qualité et en termes de formation nous avons un enseignement de haut niveau reconnu de par le monde. L’ESP<a title="" href="file:///D:/Documents%20and%20Settings/moly/Bureau/V2-%20L%E2%80%99Offshoring%20une%20piste%20s%C3%A9rieuse%20pour%20un%20march%C3%A9%20de%20milliers%20d%E2%80%99emplois%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.docx#_ftn6">[6]</a> et l’UGB<a title="" href="file:///D:/Documents%20and%20Settings/moly/Bureau/V2-%20L%E2%80%99Offshoring%20une%20piste%20s%C3%A9rieuse%20pour%20un%20march%C3%A9%20de%20milliers%20d%E2%80%99emplois%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.docx#_ftn7">[7]</a> sont des références dans ce domaine.</p>
<p>Mais au-delà d’infrastructures adéquates et de l’incontestable qualité de nos ressources humaines, nous pouvons mettre en avant d’autres avantages concurrentiels. L’avantage de la distance n’est pas négligeable. Dakar est à une heure de moins de Paris, Berlin ou Bruxelles que de New Delhi et d’au moins de trois heures plus proche que de Bangalore et sur le Maghreb nous pourrons jouer la carte de la réduction des coûts pour nos futurs clients.</p>
<p>Il est important de réussir la mise en place d’infrastructures de qualité, afin de rassurer les clients qui viendront s’assurer de l’excellence de son état car le secteur qui est évoqué ici est plus complexe que celui de la téléphonie où des choses intéressantes ont été faites et sont à encourager depuis quelques années.</p>
<p><b>IV &#8211; Pourquoi choisir le Sénégal</b></p>
<p>Pour entrer dans le club fermé des destinations d’Offshoring reconnues dans le monde, il nous faut travailler sur l’attractivité de la destination Sénégal afin qu’elle soit considérée comme une option sérieuse dans les décisions d’offshoring des acteurs de référence du système d’information, des éditeurs, des télécoms et plus généralement du service.</p>
<p><b>a)   </b><b>Créer une offre dédiée Sénégal</b><b> </b><b></b></p>
<p>Afin d’exploiter ses potentialités, notre stratégie industrielle devra  viser à renforcer l’attractivité à travers la définition d’une offre dédiée articulée autour de cinq volets :</p>
<ul>
<li>Un cadre incitatif attractif autour d&rsquo;un Impôt sur le Revenu plafonné à un niveau concurrentiel discuté entre les partenaires sociaux le Minefi<a title="" href="file:///D:/Documents%20and%20Settings/moly/Bureau/V2-%20L%E2%80%99Offshoring%20une%20piste%20s%C3%A9rieuse%20pour%20un%20march%C3%A9%20de%20milliers%20d%E2%80%99emplois%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.docx#_ftn8">[8]</a> et le ministère de la promotion des investissements et des partenariats.</li>
<li>Une offre d’infrastructure performante en télécommunication</li>
<li>Une offre immobilière diversifiée et conforme aux meilleurs standards internationaux</li>
<li>Une offre  adaptée de cofinancement par rapport aux  besoins des investisseurs dans le secteur de l’Offshoring.</li>
<li> Un dispositif de développement des Ressources Humaines qualifiées, avec :</li>
</ul>
<p>&#8211;          Un plan de formation adapté aux besoins du secteur de l’Offshoring</p>
<p>&#8211;          Un système d’aide aux opérateurs dans leurs efforts de formation à l&#8217;embauche et en formation continue</p>
<p><b>b)       </b><b>Une forte compétitivité sur les coûts </b></p>
<p>Avec le faible coût de notre main-d’œuvre accompagné d’incitations économiques et fiscales  nous pouvons présenter  le Sénégal  comme un pays très attrayant sur le plan des coûts d’exploitation :</p>
<p>A titre indicatif la comparaison des coûts entre le Sénégal et le Maghreb pour le coût de main d’œuvre peut aller jusqu&rsquo;à -35 % à notre avantage. Il faudra créer un cadre incitatif comparable sur l’impôt sur les sociétés et les coûts de télécoms.</p>
<p>Sur l’ensemble des coûts notre avantage est chiffré à -25% par rapport aux pays du Maghreb.<b> </b></p>
<p><b>c)       </b><b>Un environnement favorable </b></p>
<p>Outre les mesures stratégiques à adopter pour renforcer l’attractivité de la destination Sénégal, notre pays  dispose d’atouts certains, favorables à l’émergence et à l’accroissement d’un secteur de l’Offshoring dynamique et compétitif :</p>
<p><a href="https://thinktank-ipode.org/2013/02/26/loffshoring-une-piste-serieuse-pour-un-marche-demplois-davenir/" rel="attachment wp-att-1162"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="alignright wp-image-1162 size-full" src="https://i0.wp.com/thinktank-ipode.org/wp-content/uploads/2013/09/offshoring-2.jpg?resize=340%2C148&#038;ssl=1" alt="offshoring  2" width="340" height="148" /></a></p>
<p>• Coûts de main d’œuvre considérablement compétitifs par rapport à la Roumanie, à l&rsquo;Egypte ou à l’Afrique du Sud, nos concurrents directs en Offshore. Les pays du Maghreb représentant du NearShore pour l’Europe , notre principal marché, sont tout autant moins compétitifs que nous sur le coût d’un travailleur<a title="" href="file:///D:/Documents%20and%20Settings/moly/Bureau/V2-%20L%E2%80%99Offshoring%20une%20piste%20s%C3%A9rieuse%20pour%20un%20march%C3%A9%20de%20milliers%20d%E2%80%99emplois%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.docx#_ftn9">[9]</a>.</p>
<p>• Ressources humaines abondantes, maîtrisant le français et l’anglais</p>
<p>• Proximité géographique par rapport à l’Europe de l’Ouest: 5h d’avion et 1 à 2h de décalage horaire.</p>
<p>• Stabilité politique avec un système démocratique mature et une culture d’ouverture et de tolérance</p>
<p>• Performance économique récente favorable</p>
<p>• Croissance basée sur des fondamentaux sains</p>
<p><b>d)       </b><b>Quelques recommandations pour des infrastructures et services répondant au standard international</b></p>
<p>Pour le site dédié qui devra être le socle du projet, l’APIX<a title="" href="file:///D:/Documents%20and%20Settings/moly/Bureau/V2-%20L%E2%80%99Offshoring%20une%20piste%20s%C3%A9rieuse%20pour%20un%20march%C3%A9%20de%20milliers%20d%E2%80%99emplois%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.docx#_ftn10">[10]</a> pourrait être mis à profit pour orienter la construction de la zone économique spéciale intégrée de Dakar afin de mettre à disposition certains prérequis par rapport aux points suivants.</p>
<p>•          Zone géographique dédiée au projet, installée à proximité du centre d’affaire de Dakar ou de la zone économique spéciale intégrée de Dakar.</p>
<p>•          Plateaux de bureaux prêts à l&#8217;emploi (pré câblés, climatisés, modulables)</p>
<p>•          Services d&rsquo;accompagnement performants : Business Center, Guichet Unique, Restauration, sport, téléphonie</p>
<p>•          Boucle télécoms « carrier grade »<a title="" href="file:///D:/Documents%20and%20Settings/moly/Bureau/V2-%20L%E2%80%99Offshoring%20une%20piste%20s%C3%A9rieuse%20pour%20un%20march%C3%A9%20de%20milliers%20d%E2%80%99emplois%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.docx#_ftn11">[11]</a> avec réseau VPN IP performant.</p>
<p>•          Infrastructure et services télécoms gérés par un opérateur dédié, avec connexion à débit garanti</p>
<p>•          Autonomie énergétique</p>
<p>•          Présence et intervention sur site 24h/24 et 7j/7</p>
<p>•          SLA<a title="" href="file:///D:/Documents%20and%20Settings/moly/Bureau/V2-%20L%E2%80%99Offshoring%20une%20piste%20s%C3%A9rieuse%20pour%20un%20march%C3%A9%20de%20milliers%20d%E2%80%99emplois%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.docx#_ftn12">[12]</a> spécial pour la zone dédiée au projet. Le non respect des délais est juste rédhibitoire dans la gestion des projets internationaux. Sur ce point une révolution culturelle est impérative dans le respect des deadlines pour les livrables projets.</p>
<p><b>V &#8211; Financement de l’Offshoring : l’argument du partenariat gagnant-gagnant</b></p>
<p>C’est lors de sa visite au Maroc, dans la première quinzaine de décembre 2012, que le Premier ministre français Jean Marc Ayrault a vanté les mérites de ce qu’il a appelé « colocalisation » en termes de « partenariat gagnant-gagnant ».  Car le premier ministre français en parlant de leur partenariat avec le Maroc, a déclaré qu’à l’inverse de la délocalisation, destructrice d’emplois, la « colocalisation » « si elle résulte d&rsquo;une analyse fine de la valeur ajoutée […] peut être bénéfique et soutenir l&rsquo;activité des deux côtés de la Méditerranée ».</p>
<p>Le secteur de l’IT est l’un des partenariats les plus forts entre la France et le Maroc. L&rsquo;Agence française de développement (AFD) octroie à la filiale de la Caisse des dépôts marocaine un prêt de 150 Millions d&rsquo;euros en faveur de <a href="http://www.ambafrance-ma.org/IMG/pdf/CP_-_MEDZ_et_AFD.pdf" target="_blank">MEDZ</a><a title="" href="file:///D:/Documents%20and%20Settings/moly/Bureau/V2-%20L%E2%80%99Offshoring%20une%20piste%20s%C3%A9rieuse%20pour%20un%20march%C3%A9%20de%20milliers%20d%E2%80%99emplois%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.docx#_ftn13">[13]</a> qui est en charge du développement des technopoles IT et BPO marocaines. Dans cette enveloppe, un prêt d’un montant de 100 Millions d&rsquo;euros est clairement destiné au refinancement des activités offshoring développées par la société CasaNearshore.</p>
<p>Ce qui nous fait dire que le projet de développer un offshoring de qualité malgré la demande de financement conséquent que cela demandera, s’il est bien conçu suscitera un fort intérêt pour nos partenaires au développement pour leur assurer la maintenance, l’exploitation et la qualité des systèmes d’information de leurs grandes sociétés de SI.</p>
<p><b>VI &#8211; Les  risques d’une politique d’offshoring low cost et sans valeur ajoutée:</b></p>
<p>Un projet d’envergure comme celui que nous décrivons est certes porteur d’emplois et d’espoir mais comporte aussi certains risques. Relever ces risques ne remet pas en question la pertinence du projet mais invite surtout les autorités étatiques, les investisseurs et les acteurs sociaux à essayer de les maîtriser au mieux. Il faut préciser que les emplois créés à travers l&rsquo;OffShoring risquent d&rsquo;être volatiles si certaines mesures d’accompagnement ne sont pas  prises. En effet, en perdant l&rsquo;un des facteurs clefs de succès de notre offre, on risquerait de voir certaines entreprises de services quitter notre pays vers d&rsquo;autres destinations. Si un autre pays, toute chose égale par ailleurs, propose par exemple un package fiscal beaucoup plus attractif que celui proposé par notre offre, nos investisseurs quitteront le pays.</p>
<p>Certes les investissements étrangers via l&rsquo;Offshoring permettent de répondre en grande partie au problème du chômage par la création de milliers d&#8217;emplois, mais nous devons veiller à ce que ces emplois (comme ceux dans le télémarketing qui sont à très faible valeur ajoutée) ne soient pas des emplois pérennes pour les employés diplômés de niveau bac+5/4 au risque de tuer une certaine capacité d’innovation et de créativité de nos cadres supérieurs. Nous devons être très vigilants dans l&rsquo;évaluation des différents enjeux de l&rsquo;Offshoring et tout mettre en œuvre pour converger vers une réelle société du savoir et pas une société qui met le savoir au rabais. Ces emplois pourraient être néanmoins très utiles pour les étudiants en cours de formation pour développer leur employabilité, leur pouvoir d’achat  et dans certains cas ils les aident à développer certaines aptitudes linguistiques (avec des contrats anglophones, hispaniques, lusophones ou arabes).Sur le plan social, nous devrons admettre l’idée d’une dynamique salariale contenue. Car il faudra veiller à ce que les salaires  n’atteignent pas des niveaux qui remettraient en cause notre  principal argument de justification de réduction des coûts pour les multinationales.</p>
<p><b>VII &#8211; Les 8 recommandations d’IPODE pour construire l’offre d’Offshoring au Sénégal</b></p>
<p>Si la volonté de prendre des parts de marché dans le secteur de l’offshoring est réelle, la décision doit en être vite prise et le projet piloté avec prudence et professionnalisme. Pour y arriver il nous faudra naturellement des axes d’amélioration sur certains points évoqués plus haut, pour faire de Dakar une future « Sillicon Valley » Ouest africaine attrayante et génératrice d’emplois durables et stables. Pour ce projet ambitieux nos recommandations sont les suivantes :</p>
<ol>
<li>Evaluer et allouer un budget conséquent pour nous doter  d’un campus de qualité à l’ESP qui sera une université aux normes internationales avec des infrastructures pédagogiques, sportives, culturelles et d’hébergement de haute qualité. Sur les aspects pédagogiques nous faisons toute confiance au corps professoral.</li>
<li>Demander à une agence comme l’APIX et au nouveau ministère de la promotion des investissements et des partenariats de faire une étude de marché bien ficelée et des études commerciales prospectives pour évaluer et améliorer notre compétitivité pour notre future offre de service d’offshoring.</li>
<li>Initier un partenariat Etat-entreprises de télécom (et prioritairement avec Orange Sénégal et la Sonatel) pour la maintenance de nos réseaux et pour assurer une évolution facile de notre infrastructure pour le campus et pour le futur site accueillant les entreprises. Ensuite veiller à être à niveau sur les standards de communication de pointe au niveau mondial. L’état devra investir pour soutenir les entreprises dans l’acquisition d’un très bon réseau VPN IP qui est un minimum opérationnel avec la mise en place d’une sécurité informatique et de télécommunication sans faille sur le site.</li>
<li>Nouer des partenariats avec les grandes entreprises majeures et propriétaires de solutions sur le marché mondial comme : Microsoft, Apple, Google, SAP, Delta, HP, Citrix  etc. pour un accès privilégié à leur hardware et software en année de formation pour les étudiants. Ainsi négocier avec ces derniers une participation conséquente dans le budget de Recherche &amp; Développement du Campus en mode gagnant-gagnant.</li>
<li>Lancer une négociation entre les travailleurs du secteur, les syndicats de patron et l’état pour travailler sur un pacte de stabilité sociale du secteur SSII adossée sur une convention collective avantageuse pour les travailleurs et une fiscalité attractive pour les investisseurs. Ceci pour deux raisons: le facteur de stabilité sociale et le coût de la main d’œuvre vont être les facteurs  clef de succès de notre offre. Sur le dernier point une étude de l’APIX faite en 2009 nous montre que nous avons un avantage non négligeable en la matière. L’étude nous renseigne que le salaire moyen annuel d&rsquo;un téléacteur est de 3700 euros (près de 308 euros/mois) au Sénégal contre 4200 (près de 350 euros/mois) en Île Maurice, 5200 (près de 433 euros/mois) en Tunisie et 5500 (près de 458 euros/mois) au Maroc.</li>
<li>Fournir au projet une autonomie en énergie. Ce projet ne devra pas dépendre des recherches de solutions entamées pour résoudre ce frein à l’investissement qu’est notre déficit énergétique chronique.</li>
<li>Demander au ministère de l’enseignement supérieur  de négocier un campus commun dans la capitale avec tous les acteurs de l’enseignement supérieur. Ce campus devra réunir toutes les écoles supérieures  accréditées et «diplomantes» pour une université unique afin d’avoir une uniformisation de la formation dans le domaine de l’informatique et des télécommunications. Cette unification nous dotera d’une université de renom et bien classée en Afrique tant la mutualisation des moyens et des compétences sera bien faite. La prolifération des écoles de formation supérieure sans véritable moyens dans ce domaine tend à déprécier le niveau global de notre pays.</li>
<li>La participation de l’état doit refléter son ambition affichée de faire de l’emploi des jeunes une priorité nationale et nous la chiffrons au moins à cinquante pourcent du budget. Le Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques « Fonsis » devra être le partenaire privilégié des investisseurs de ce projet en apportant les fonds propres nécessaires pour son démarrage.</li>
</ol>
<p><b>Conclusion :</b></p>
<p>De la mise en route de ces recommandations découlera une offre maîtrisée du Sénégal dans le marché de dizaines de milliers d’emplois qu’offrent l’offshoring et le BPO. Nous pourrons nous orienter ensuite dans la création d’entreprises de développement, d’édition de logiciel, de service de maintenance, d’assistance de niveau élevé et de déploiement de solutions intégrées au sein de la technopole. Notre ambition pour le Sénégal à travers ce projet, n’est pas de se contenter du seul marché francophone où nos avantages sont un peu plus évidents, mais de développer dans le programme pédagogique du futur campus les moyens nécessaires pour hisser le plus haut possible le niveau en anglais des étudiants pour être concurrentiel sur le marché mondial et d’aller explorer des parts de marché partout où les projets de grande envergure seront lancés. A cette fin des programmes d’échange semestriel dans les universités anglophones africaines seront une bonne expérience pour nos futurs cadres en leur ouvrant des horizons nouveaux en termes d’expérience de multi-culturalités et renforceront l’intégration africaine. Ce projet est d’autant plus accessible que nous sommes perçus dans le reste du monde comme un pays stable, avec une démocratie mature et un peuple tolérant et ouvert. D’ailleurs cet avantage est relevé dans la note du cabinet standard &amp; Poors du 16 Juillet 2012 confirmant le «B+» de notre dette en devise. Cette image que nous nous sommes construite est notre plus grande valeur ajoutée, un pays où il fait bon de vivre avec une sécurité des investissements est toujours attractif. Il faudra que notre marché du travail assure à nos futurs clients une stabilité sociale entre les différents acteurs sociaux pour qu’ils se projettent sainement et avec intérêt dans ce projet. Nous parions qu’en prenant le risque d’explorer cette voie, le régime en place fera gagner à notre pays avant les cinq prochaines années, des milliers d’emplois directs et indirects de haute qualité autour du secteur des services.</p>
<p>Au-delà du principe de délocalisation, il apparaît dernièrement une notion toute récente qu’est le « Bestshore » comme la nomme les américains. Cette notion renferme la meilleure localisation pour les multinationales compte tenu de différentes contraintes qui peuvent être financières, organisationnelles, culturelles ou géographiques. Notre offre d’offshore devrait être perçu finalement comme du Bestshore pour nos futurs partenaires tant elle sera attractive et maîtrisée.</p>
<p>M’adressant aux autorités de notre pays et à la majorité politique en place, je leur dirai que cette opportunité ne doit pas être négligée pour une stabilité sociale durable et pour un meilleur espoir dans l’avenir de notre jeunesse méritante.</p>
<p><strong>Mohamed LY pour le Think tank Ipode</strong></p>
<p><strong><a href="http://www.thinktank-ipode.org/">www.thinktank-ipode.org</a></strong></p>
<p><strong>twitter: @ly_mohamed</strong></p>
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<p><a title="" href="file:///D:/Documents%20and%20Settings/moly/Bureau/V2-%20L%E2%80%99Offshoring%20une%20piste%20s%C3%A9rieuse%20pour%20un%20march%C3%A9%20de%20milliers%20d%E2%80%99emplois%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.docx#_ftnref1">[1]</a> Business Process Outsourcing : Selon l&rsquo;EOA (European Outsourcing Association), le BPO (Business Process Outsourcing) peut être défini comme la délégation d’un ou plusieurs domaines d’activités, fonctions ou processus de l’entreprise à un fournisseur extérieur et indépendant de son client</p>
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<p><a title="" href="file:///D:/Documents%20and%20Settings/moly/Bureau/V2-%20L%E2%80%99Offshoring%20une%20piste%20s%C3%A9rieuse%20pour%20un%20march%C3%A9%20de%20milliers%20d%E2%80%99emplois%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.docx#_ftnref2">[2]</a> Selon Ray Lavitt, président  de la direction CORE, une société canadienne sans but lucratif qui soutient les entreprises dans la recherche de moyens d’externalisation, l’outsourcing peut permettre de résoudre le problème lié à la concurrence locale. Il soutient qu’en essayant de réduire ses coûts, une société qui choisit d’externaliser peut améliorer sa compétitivité que ce soit sur le marché local canadien ou international. Pour Ray Lavitt, une société externe peut réaliser avec des coûts réduits, ce qu’une entreprise peut faire elle-même.</p>
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<p><a title="" href="file:///D:/Documents%20and%20Settings/moly/Bureau/V2-%20L%E2%80%99Offshoring%20une%20piste%20s%C3%A9rieuse%20pour%20un%20march%C3%A9%20de%20milliers%20d%E2%80%99emplois%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.docx#_ftnref3">[3]</a> Le Nearshore Outsourcing désigne l’externalisation de services sur le même territoire ou sur un territoire proche géographiquement. Pour une société en France, le nearshore outsourcing concerne en particulier l’externalisation dans les pays du Maghreb ou d’Europe de l’Est. Aux USA, on parle de nearshore outsourcing lorsque les services sont réalisés au Mexique ou au Canada.</p>
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<p><a title="" href="file:///D:/Documents%20and%20Settings/moly/Bureau/V2-%20L%E2%80%99Offshoring%20une%20piste%20s%C3%A9rieuse%20pour%20un%20march%C3%A9%20de%20milliers%20d%E2%80%99emplois%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.docx#_ftnref4">[4]</a> European Outsourcing  Association</p>
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<p><a title="" href="file:///D:/Documents%20and%20Settings/moly/Bureau/V2-%20L%E2%80%99Offshoring%20une%20piste%20s%C3%A9rieuse%20pour%20un%20march%C3%A9%20de%20milliers%20d%E2%80%99emplois%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.docx#_ftnref9">[9]</a> Source institut Everest 2009</p>
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<p><a title="" href="file:///D:/Documents%20and%20Settings/moly/Bureau/V2-%20L%E2%80%99Offshoring%20une%20piste%20s%C3%A9rieuse%20pour%20un%20march%C3%A9%20de%20milliers%20d%E2%80%99emplois%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.docx#_ftnref10">[10]</a> L’APIX est l’agence pour les investissements et les grands travaux du Sénégal. Elle est chargée de superviser : (i) la mise en œuvre des stratégies et programmes d’impulsion de l’investissement privé</p>
<p>(ii) la réalisation d’infrastructures économiques de base.</p>
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<p><a title="" href="file:///D:/Documents%20and%20Settings/moly/Bureau/V2-%20L%E2%80%99Offshoring%20une%20piste%20s%C3%A9rieuse%20pour%20un%20march%C3%A9%20de%20milliers%20d%E2%80%99emplois%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.docx#_ftnref11">[11]</a> La technologie Carrier Grade Ethernet (CGE) est établie suivant  cinq critères la distinguant du LAN Ethernet : services standardisés, évolutivité, fiabilité, qualité de service et gestion des services. Ces attributs fournissent les capacités de classe exploitant pour convertir le LAN Ethernet traditionnel en technologie adaptée au déploiement chez les fournisseurs de service Metro et dans les réseaux étendus (MAN et WAN). Les fournisseurs peuvent utiliser des services métiers CGE pour offrir ces capacités tout en minimisant leurs coûts comparés aux autres technologies.</p>
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<p><a title="" href="file:///D:/Documents%20and%20Settings/moly/Bureau/V2-%20L%E2%80%99Offshoring%20une%20piste%20s%C3%A9rieuse%20pour%20un%20march%C3%A9%20de%20milliers%20d%E2%80%99emplois%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.docx#_ftnref12">[12]</a> Service Level Agreement ou SLA: est l’ensemble des  accords régissant une qualité de service. Ils sont définis contractuellement sur des points précis avec des pénalités en cas d’incident. Les SLA ne peuvent être définis et respectés qu’avec des outils permettant de surveiller et de mesurer efficacement les engagements  (performance des réseaux, etc.)</p>
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<p><a title="" href="file:///D:/Documents%20and%20Settings/moly/Bureau/V2-%20L%E2%80%99Offshoring%20une%20piste%20s%C3%A9rieuse%20pour%20un%20march%C3%A9%20de%20milliers%20d%E2%80%99emplois%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.docx#_ftnref13">[13]</a> MEDZ est une filiale de CDG Développement, MEDZ créée en 2002 sous le nom de Maroc Hôtels &amp; Villages (MHV), afin d’accompagner la « Vision 2010 » du secteur touristique. En 2005, elle saisit l’opportunité d’un Maroc en mouvement pour élargir son périmètre d’intervention à la conception, l’aménagement, le développement et la gestion de nouvelles zones d’activités spécialisées et intégrées.</p>
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