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	<title>Mody niang &#8211; IPODE &#8211; Think Tank Panafricain</title>
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	<description>Think Tank progressiste, indépendant et panafricain</description>
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		<title>Sénégal : Deux alternances ratées et continuité dans la mauvaise gestion socialiste</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Apr 2016 12:01:03 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[gestion socialiste au Sénégal]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 19 mars 2000, le peuple sénégalais tournait une nouvelle page de l’histoire politique du pays. Ce jour-là, les électeurs portèrent au pouvoir le candidat Abdoulaye Wade en lui accordant&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 19 mars 2000, le peuple sénégalais tournait une nouvelle page de l’histoire politique du pays. Ce jour-là, les électeurs portèrent au pouvoir le candidat Abdoulaye Wade en lui accordant 58,49 % de leurs suffrages. Le candidat sortant, Abdou Diouf, était pratiquement confiné dans son score du premier tour, passant de 41,30 % à 41,51 %. Il perdait ainsi le pouvoir après 40 ans de présence au cœur de l’Etat socialiste.<span id="more-12380"></span></p>
<p>D’emblée, je me démarque des compatriotes qui affirment, qu’après 40 ans de règne sans partage, les Socialistes n’ont pratiquement rien fait au Sénégal. Le dernier Premier Ministre du président Abdou Diouf, Mamadou Lamine Loum, a fait l’état du pays dans son livre « <strong><em>Le Sénégal au 1<sup>er</sup> avril 2000</em></strong><em> »</em>, publié en mars 2001. Ce livre n’a fait l’objet d’aucune contestation sérieuse, en tout cas pas à ma connaissance. Deux économistes, les professeurs Abdoulaye Diagne et Gaye Daffé l’ont conforté dans leur étude « <strong><em>Le Sénégal en quête d’une croissance durable</em></strong><em> »</em>, Crea, Karthala, 2002. Le président Abdoulaye Wade lui-même, interrogé par « <strong><em>Jeune Afrique</em></strong><em> »</em> répondait ceci : « <strong><em>En vérité, je n’ai pas trouvé des caisses vides</em></strong>. » Je renvoie aussi le lecteur intéressé à mon livre « <strong><em>Abdou Diouf : 40 ans au cœur de l’Etat socialiste au Sénégal</em></strong> », L’Harmattan, juin 2009, chapitre V (150-181).</p>
<p>Les Socialistes nous ont laissé une situation économique qui était loin d’être catastrophique, une Nation forte et une bonne administration, malgré quelques insuffisances. Ils ont donc fait du bon, mais ils ont fait aussi du moins bon, même du mauvais, parfois du très mauvais. C’est cette mauvaise gestion qui explique, pour l’essentiel, avec l’usure du pouvoir, leur défaite cuisante du 19 mars 2000. Cette gestion se manifestait par la récurrence de scandales de plus en plus insupportables, surtout dans les années 90. On se rappelle ainsi ceux intervenus à la Poste, au Coud, à la Lonase, à la Caisse de Péréquation et de Stabilisation des prix, à la Croix Rouge sénégalaise, etc.  La mauvaise gestion était facilitée, encouragée par l’absence de contrôle et, partant, de sanctions. Celui qui était alors tout puissant Ministre d’Etat, Ministre des Services et Affaires présidentiels y a beaucoup contribué par certaines de ces déclarations lors de ses tournées politiques. Ainsi, en tournée dans le Département de Mbour en juillet 1998, il lançait, en direction de ceux qui dénonçaient la mauvaise gestion dans les sociétés nationales : « <strong><em>Je voudrais leur confirmer ici </em>(à ceux qui dénonçaient<em>) que les</em> <em>directeurs nationaux ont la confiance du Président de la République et c’est ça seulement qui compte</em>.</strong> » Réagissant alors à cette invite directe à la mauvaise gestion, je fis publier une contribution dans le « <strong><em>Sud</em> <em>quotidien</em></strong><em> » </em>du jeudi 18 juillet 1998. Dans cette contribution parue à la <em>Une</em> du journal et intitulée « <strong><em>Enrichissez-vous</em></strong> ! », je faisais remarquer ce qui suit :</p>
<p>« <strong><em>Aux yeux du Ministre d’Etat, aucune autre considération (que la confiance du Président de la République) n’est importante. Le feu vert est donc donné par une voix autorisée, la plus autorisée après celle du Président de la République. Les directeurs nationaux peuvent donc s’en donner à cœur joie et Dieu sait qu’ils ne feront pas la fine bouche, ils ne se feront pas prier. Déjà, pendant que le feu vert était seulement implicite et officieux, ils n’y allaient pas de main morte</em></strong>… ».</p>
<p>Ils n’y sont pas effectivement allés de main morte et nos sociétés nationales en ont terriblement souffert.</p>
<p>A Ngoundiane (petite localité dans la Région de Thiès), où il était allé présider un meeting du Parti socialiste (PS), il s’adressait en ces termes à son camarade, Directeur général (Dg) de la Société nationale des Chemins de fer du Sénégal (Sncfs) : « <strong><em>Le Président de la République est au courant de ce que vous faites et vous félicite. Et moi de même</em></strong><em>. </em>» Ce Dg était considéré comme le financier du PS. Il s’était surtout rendu célèbre par ses grandes libéralités dont il disait que c’était du « social ». Après l’avènement de l’alternance, le rapport d’audit du cabinet Ernst et Young qui sanctionnait sa longue gestion, faisait état d’un détournement de 7 milliards.</p>
<p>Deux instruments très « corruptogènes » venaient aggraver la gestion des Socialistes. C’est d’abord le décret 97-632 du 18 juillet 1997 qui créait le Projet de Construction d’immeubles et de Réhabilitation du Patrimoine bâti de l’État (Pcrpe). Il autorisait la procédure de l’entente directe jusqu’à 100 millions de francs CFA pour les études et les fournitures, et jusqu’à 150 millions pour les constructions neuves.  Le Pcrpe avait à sa tête un proche du Ministre d’Etat Ministres des Services et Affaires présidentiels et était logé à la Présidence de la République. Sa gestion a donné lieu à de graves dérives.</p>
<p>C’est aussi un décret qui autorisa les proches collaborateurs du président Diouf à recourir aux fameux accords secrets de pêche pour financer – c’était le prétexte – la réalisation de certaines infrastructures dans le cadre de la préparation de Sénégal 92. Notre pays devait organiser, cette année- là, la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de football. Ces accords, qui sont restés en vigueur plusieurs années après la CAN 92, ont été pour beaucoup dans le pillage de nos maigres ressources halieutiques. Ils ont aussi trop facilement enrichi des Socialistes alors proches du président Diouf. Rien d’étonnant donc à ce que, l’usure du pouvoir aidant, le peuple leur infligeât la cuisante défaite du 19 mars 2000.</p>
<p>Le vainqueur, Me Abdoulaye Wade, est officiellement installé le 1<sup>er</sup> avril 2000, après 26 ans d’opposition. Pendant cette longue période, il a promis ciel et terre au point de susciter chez le peuple du 19 mars, d’immenses espoirs d’une meilleure gouvernance, d’une gouvernance de rupture totale par rapport à sa devancière. Dès sa première adresse à la Nation, l’homme allait le conforter dans ses espoirs, tout en sachant qu’il allait faire tout le contraire de ce qu’il s’engageait à réaliser.</p>
<p>Nous nous souvenons encore de la tonalité de son discours du 3 avril 2000. Il y affirmait avec force (une force en réalité feinte) : « <strong>(…) <em>Je veux que le Gouvernement du nouveau régime soit différent de l’ancien régime qui était celui des improvisations et des approximations (…) Je ne saurais tolérer les pratiques de commissions occultes, de corruption ou de concussion, sous quelque forme que ce soit. Je veux que soient bannies de l’espace sénégalais ces pratiques qui, dans ma pensée, appartiennent désormais au passé</em>.</strong> » Et le président du « changement » et de la « rupture » d’assurer le peuple (alors aux anges) de sa volonté de « <strong><em>faire la lumière sur la gestion écoulée </em></strong>(celle des Socialistes défaits)<strong><em> en remontant aussi loin que le permet la loi </em>» </strong>et de sa décision de<strong> « <em>procéder à un audit de l’Etat et de ses démembrements, des sociétés d’Etat et des sociétés nationales dans lesquelles l’Etat détient des intérêts, ainsi que des collectivités locales</em></strong> (…). »</p>
<p>Il fera effectivement, par des audits, la lumière sur la gestion écoulée. De nombreux directeurs de sociétés nationales seront gravement épinglés. Au lieu d’être sévèrement sanctionnés, pratiquement tous se retrouveront avec un surprenant non-lieu, et seront recyclés dans le PDS.</p>
<p>On se souvient aussi que le Président du « SOPI » (du « changement ») s’était engagé, une fois élu, à abroger le fameux décret du 18 juillet 1997 et à délocaliser sans délai le Pcrpe de la Présidence de la République. On connaît la suite : élu et officiellement installé, le nouveau Président de la République maintient la structure « corruptogène » à la Présidence et la renforce même notablement. Il y confirme, après l’avoir recyclé, l’homme qui y était déjà en service. Les marchés de gré à gré qui ne dépassaient pas le montant de 150 millions du temps des Socialistes, crèvent tous les plafonds. C’est ce Pcrpe qui construisait dans une nébulosité totale les bassins de rétention, les cases des tout petits, les tribunaux départementaux, les écoles, les centres de santé, les hôpitaux, etc. Après neuf ans de festin et de bamboula, le Président de la République prend en catimini le décret n° 2009-1253 du 11 novembre 2009 pour dissoudre le Pcrpe et met en place, sans autre forme de procès, une commission de liquidation le 29 décembre 2009.</p>
<p>La longue gouvernance de l’homme sera jalonnée de scandales de toutes sortes, mais qui ne seront jamais punis. Ils seront, au contraire, entretenus, encouragés, comme ils l’étaient du temps des Socialistes. Quelques exemples parmi de nombreux autres suffiront à l’illustrer.</p>
<p>Lors de la Rentrée solennelle des Cours et Tribunaux le 10 janvier 2007, le président Wade donnait cette réponse renversante à une question d’un journaliste sur les actes de corruption qui éclaboussaient certains magistrats : « <strong><em>Ces scandales que l’on dénonce sont une preuve de vitalité démocratique. Ils existent dans tous les pays. Ce sont des accidents de parcours qui finiront par être absorbés dans l’évolution du Sénégal</em></strong>. »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le même homme, présidant les travaux de l’Assemblée générale de l’Association nationale des présidents de Conseils ruraux, le 9 janvier 2007 au Méridien Président leur lançait : « <strong><em>Vous vendez des terres sans en avoir la compétence. Si j’avais suivi la loi, certains d’entre vous iraient en prison</em></strong>. » Ce n’est pas tout.  Le mardi 19 mai 2009, il reviendra à la charge pour les rappeler encore à l’ordre de façon plus surprenante encore : « <strong><em>Arrêtez</em></strong><em> <strong>de vendre des terres. Trop de présidents de communautés rurales ont vendu des terres à des étrangers. Je ne vais plus arrêter les dossiers judiciaires. Vous n’avez pas le droit de vendre des terres</strong></em>. »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Notre homme ne s’arrête pas d’ailleurs en si bon chemin. En tournée « économique » dans le Département de Mbour le lundi 17 mars 2009, il réunit, en « séance de travail », à la préfecture, les frères ennemis libéraux et leurs responsables, pour recoller les morceaux avant les élections locales du 22 mars 2009. Ces derniers s’accusant mutuellement de sorcellerie, il tranche net les accusations et contre-accusations en ces termes : « <strong><em>Taisez-vous ! D’ailleurs, n’eût été ma magnanimité, vous tous devriez vous retrouver derrière les barreaux.</em></strong><em> </em>»</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Tout au long de sa longue gouvernance donc, c’est l’impunité, c’est la corruption, la fraude et les détournements de deniers publics entretenus et encouragés au niveau le plus élevé de l’Etat. Sans compter nos institutions qui étaient piétinées et mises au service de son clan. N’en pouvant plus, le peuple le sanctionna à la mesure de ses fautes gravissimes, le 25 mars 2012. Faute de mieux, il porta son choix sur son « fils » Macky Sall.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Comme le « père », le « fils » avait pris beaucoup d’engagements. Comme le « père », il n’en respecta pratiquement aucun. Ai-je besoin de m’attarder sur tous ses <strong><em>wax waxeet</em></strong> ? Si ce texte n’était pas déjà long, je consacrerais au moins une page à l’illustration de chacun d’eux. Je retiendrai en tout cas le reniement de son engagement plusieurs fois répété à écourter le mandat présidentiel de sept à cinq ans et à se l’appliquer, s’il était élu. Ce <strong><em>wax waxeet</em></strong> serait fatal à tout homme ou à toute femme politique dans une démocratie qui se respecte. La gouvernance transparente, sobre et vertueuse, ainsi que le gouvernement de 25 membres qu’il avait en bandoulière ont connu le même sort. Il en est de même de son slogan « <strong><em>La Patrie avant le Parti</em></strong> ». La gouvernance que nous met en œuvre l’homme né après les indépendances est nébuleuse, outrancièrement partisane et follement dépensière. Elle est surtout à mille lieues de la vertu. Celle-ci est incompatible avec le non respect de la parole donnée, l’achat de consciences et la bénédiction de la détestable transhumance. L’homme la pratique sans état d’âme et à ciel ouvert. Ainsi, le 15 avril 2015, à Fatick, il a déclaré sans sourcilier: « <strong><em>La transhumance est un terme péjoratif qui ne devrait jamais être utilisé en politique. Moi, en tout cas, mon mot d&rsquo;ordre c&rsquo;est l&rsquo;ouverture. Par tous les moyens et partout où vous pouvez convaincre les Sénégalais, amenez-les pour qu&rsquo;ils accompagnent l&rsquo;action du Président de la République. Je n&rsquo;ai aucun problème à recevoir des opposants  dans mon parti</em></strong>. » Donc, lui, ne fait pas de différence entre le bon et le mauvais Sénégalais, entre le corrompu jusqu’aux os et le vertueux, l’essentiel pour lui étant de massifier son parti.  On comprend qu’il ne soit pas gêné le moins du monde d’aller chercher des compatriotes connus comme Djibo Ka, Ousmane Ngom, Awa Ndiaye (je reviendrai sur le cas de celle-là) et consorts. En tout cas, au rythme où il débauche, il va faire de l’APR un PDS bis, s’il n’y est pas arrivé déjà. Ce PDS bis sera de plus en plus renforcé dans la Coalition <em>Bennoo Bokk Yaakaar</em> par le Parti socialiste. Ils ont pour dénominateur commun la mauvaise gestion et rien d’étonnant qu’ils s’entendent comme larrons en foire dans cette coalition. D’ailleurs, les militants de l’APR (PDS bis) peuvent dormir comme des marmottes : quelque trois ou quatre Socialistes défendent rageusement leur mentor, mieux qu’ils le ne feraient tous réunis. Ce bloc mettra tout en œuvre pour gagner les prochaines législatives et, deux ans après, l’élection présidentielle. C’est pourquoi j’ai appelé à la mise en place d’un Front républicain pour leur faire face. Malheureusement, des compatriotes mal inspirés et qui ne lisent qu’épisodiquement mes écrits, ont tôt fait d’interpréter mon initiative comme un clin d’œil à « <em>ceux qui ont pillé notre pays</em> ». Ils n’ont vraiment rien compris. Pendant quarante ans que j’interviens dans l’espace public, mon camp a toujours été, sans équivoque, celui de la bonne gouvernance, de la gestion vertueuse de nos maigres ressources publiques. Je croyais sincèrement que mes compatriotes l’avaient compris.</p>
<p><strong>       </strong></p>
<p><strong>MODY NIANG</strong></p>
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<p><strong> </strong></p>
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]]></content:encoded>
					
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		<title>Mal gouvernance et impunité : deux plaies béantes qui laissent de marbre nos « Assisards » de la Mouvance présidentielle</title>
		<link>https://thinktank-ipode.org/2015/12/04/mal-gouvernance-et-impunite-deux-plaies-beantes-qui-laissent-de-marbre-nos-assisards-de-la-mouvance-presidentielle/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Dec 2015 11:23:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Gouvernance]]></category>
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					<description><![CDATA[Lecteurs, chers compatriotes, dans ma précédente contribution, j’ai essayé de passer en revue avec vous quelques cas flagrants de mal gouvernance toujours restés impunis. Vous vous rappelez qu’en conclusion, je&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Lecteurs, chers compatriotes, dans ma précédente contribution, j’ai essayé de passer en revue avec vous quelques cas flagrants de mal gouvernance toujours restés impunis. Vous vous rappelez qu’en conclusion, je posais une question aux leaders de Bennoo Bokk yaakaar (BBY) et m’engageais à continuer l’exercice dans une ou deux contributions ultérieures.<span id="more-12281"></span></p>
<p>Pour cette contribution, deux cas retiennent mon attention : l’Université du Futur africain (UFA) et le fameux Festival mondial des Arts nègres (FESMAN). Avant d’aller plus loin, je rappelle que je m’inspire toujours du Rapport 2014 de l’IGE. L’Université du Futur africain (UFA) est née de idée de l’ancien Président de la République (PR) de « doter l’Afrique d’une institution académique de classe internationale, ayant pour vocation de former des cadres africains de haut niveau, en partenariat avec des universités de renom comme Harward University, Massachussetts Institut of Technology, Columbia University de New York, l’Université de Paris-Dauphine, l’Université de la Sorbonne, Tokyo University, Beijing University, entre autres ».</p>
<p>D’un coût initial de vingt-quatre milliards cinquante et un millions trois cent quatre-vingt-sept mille neuf cent quatre-vingt-dix (24. 051. 387. 990) francs, CFA, le projet démarrera avec une enveloppe financière de quinze millions neuf cent dix mille trois cent soixante-six (15.910.366) dollars US tirés de Fonds taïwanais (nous en connaissons d’autres, à peu près du même montant, qui se sont volatilisés). C’est le Projet de Construction de Bâtiments administratifs et de Réhabilitation du Patrimoine de l’Etat (PCRPE) qui en était le Maître d’Ouvrage. Ce choix n’était certainement pas fortuit car le PCRPE était l’un des sièges de la mal gouvernance entre 2000 et 2010 ou 2011, année de sa suppression pour cacher les malversations gravissimes qui y étaient opérées au quotidien. Les contrôleurs de l’IGE ont révélé, dans ce projet, des dysfonctionnements et des incohérences, notamment le défaut de textes législatifs et réglementaires portant création de cette fameuse université. Les règles de la commande publique étaient piétinées par de nombreuses opérations financières. « Les études architecturales, de même que les travaux de construction ont été attribués par entente directe, sans concurrence, en dehors des procédures d’appel d’offre prévues en la matière ». On a aussi abusé des dispositions dérogatoires du Décret n° 97-632 du 18 juin 1997, portant réglementation des marchés du PCRPE. Ce décret a fait tellement mal pendant de longues années !</p>
<p>Les mêmes abus ont été constatés au niveau des avenants qui ne tenaient compte d’aucune règle. Ces manquements graves ont ainsi largement profité à des cabinets d’architecture, à des entreprises et à des bureaux de contrôle bien connus. Ainsi, un cabinet d’architecture a pratiquement exigé un avenant, remettant en cause et sans raison valable le montant des honoraires du contrat initial, qui les fixait à cinq cent vingt-neuf millions quatre mille cinq cents (529.004.500) francs CFA en novembre 2001. Six mois plus tard, en juin 2002, l’avenant monte en flèche pour être porté à un milliard quatre cents millions (1.400.000.000) de francs CFA. Soit 2,6 fois plus le montant du contrat initial et pour le même objet, précisent les contrôleurs de l’IGE.</p>
<p>L’UFA nous aura donc coûté des milliards pour presque rien car, quand l’ancien PR quittait le pouvoir, les chantiers étaient envahis par les herbes. Il y a surtout que, quand l’idée lui vint de créer cette université mondiale, celle de Dakar étouffait avec ses plus de 60 000 étudiants. Il illustrait ainsi admirablement le proverbe walaf selon lequel « ku sab sèr jotul, doo tala boot ay gámb ». Le second cas de mal gouvernance qui retient mon attention, c’est le Festival mondial des Arts nègres (FESMAN), qui a dépassé vraiment les bornes.</p>
<p>D’emblée d’ailleurs, les contrôleurs de l’IGE constatent « de nombreuses irrégularités et des pratiques se situant aux antipodes des lois et règlements, ainsi que de la bonne gouvernance ». Outre la nature juridique de l’entité chargée de cette manifestation qui n’a jamais été précisée, « la direction du FESMAN n’a pas correctement exercé ses fonctions managériales et, à cet égard, n’a élaboré ni manuel de procédures, ni documents de planification de son action ». Et ce, malgré la présence en son sein d’un expert-comptable.</p>
<p>Le recrutement et la rémunération du personnel, dont aucun contrôle n’était exercé sur les actes posés, ont occasionné de nombreuses violations de la Loi n° 61-33 du 15 juin 1961 portant statut général des fonctionnaires (modifiée) et de la Loi n° 97-17 du 1er décembre 1997 portant Code du Travail. Il a été aussi noté, relativement à l’exécution financière et comptable, que « des intervenants ont réalisé des recettes et des dépenses sans aucune habilité à cet effet » et que « (des) fonctions d’ordonnateur et de comptable ont été souvent cumulées, en violation des dispositions légales en vigueur ». Tout était confusion, dérive dans cette manifestation dont l’équipe managériale ne pensait peut-être pas devoir rendre compte un jour. Ainsi, on a abusé des décrets d’avance pour financer le FESMAN et gaspillé énormément de « ressources publiques engagées dans des opérations exécutées, au surplus, dans l’illégalité la plus manifeste ». Sans compter que, dans le cadre de cette manifestation, « toutes les transactions ont été marquées par une violation flagrante du Code des Marchés publics, aucune mise en concurrence n’ayant été organisée ». C’était vraiment du maa tey, la pratique à outrance du yaa ma neex. En d’autres termes, on faisait ce qu’on voulait et à la tête du client, du client bien choisi.</p>
<p>Ce qui soulève encore plus la surprise et l’indignation, c’est que le Ministère de l’Economie et des Finances était de la partie. « (Des) pratiques inédites et malsaines, perpétrées avec (son) aval, ont été relevées à l’occasion des opérations dites de clôture ». Oui, le Ministère l’Economie et des Finances.</p>
<p>Terrible ! Oui, terrible, bien terrible ! « Un simple particulier, constatent les contrôleurs de l’IGE, a été constitué comptable public de fait, et chargé de manipuler des deniers publics mis à disposition par une banque privée de la place, dans le cadre d’un prêt consenti au FESMAN, d’un montant de quinze milliards (15 000 000 000) de francs CFA ». Quinze milliards de francs CFA virés dans le compte de ce particulier (très ami à l’ancien PR et proche de Touba) ! Quinze milliards issus, semble-t-il, d&rsquo;un prêt de la Banque islamique de Développement (Bid) au Trésor public et, que le pauvre contribuable va payer, sans en avoir seulement vu la couleur !</p>
<p>L’homme d’affaires sulfureux avait théoriquement pour rôle de désintéresser des tiers créanciers du FESMAN. Il semble qu’il ait eu toutes les peines du monde pour justifier la destination de ces 15 milliards devant les enquêteurs de l&rsquo;IGE. Pour seule explication, il aurait soutenu que l’argent a été  » utilisé (&#8230;) pour les frais de déménagement du village-Fesman  » (c’est mon commentaire, pas celui de l’IGE). En tous les cas, « de nombreux paiements ont été effectués par remises directes d’espèces, pour des montants particulièrement élevés, en violation flagrante de l’article premier de l’arrêté n° 6055 MEF/DGCPT du 22 août 2003 », précisent les contrôleurs de l’IGE. Ils font ensuite état « de fortes présomptions de fraudes, de corruption et de blanchiment d’argent » découlant d’« une certaine opacité voulue et entretenue dans les transactions financières du FESMAN ».</p>
<p>L’ancien PR est apparu alors, aux yeux des contrôleurs, comme « un acteur principal du FESMAN, en choisissant des entreprises devant effectuer des travaux, tout comme en se constituant ordonnateur et exécutant de dépenses, même étrangères à cette manifestation, pour un montant de six milliards quatre cent vingt-cinq millions huit cent trois mille six cent quarante-six (6 425 803 646) francs CFA ». Terrible ! Encore terrible ! Trahison peut-elle être plus haute ?</p>
<p>Ce n’est pas tout. Les contrôleurs signalent la contribution d’un pays ami du Sénégal d’un montant d’un milliard (1 000 000 000) de francs CFA qui lui a été remise par un plénipotentiaire de ce pays. Aucune trace, nulle part, de l’encaissement de cette somme qui s’est pratiquement volatilisée, comme de nombreux autres milliards d’ailleurs. Peut-être, a-t-elle servi à l’achat, par l’ancien PR et à titre personnel, d’un terrain sis à Ngor d’une superficie de cinq mille quatre cent trente-cinq (5435) mètres carrés, pour justement un montant d’un peu plus d’un milliard (1 000 000 000) de francs CFA. Ce terrain devait servir, justifiait-il, à réaliser deux sites pour héberger les festivaliers.</p>
<p>Naturellement, cette transaction frauduleuse (c’est moi qui la qualifie ainsi et elle l’est) est marquée par des « irrégularités fiscales, les droits d’enregistrement, la taxe sur la plus-value immobilière et les pénalités pour  objet tardif n’ayant pas été acquittés, pour des montants respectifs de cent soixante-dix-sept millions trois cent sept mille quatre cent quarante-neuf (177 372 549) francs CFA et quatre-vingt-quatorze millions six cent vingt et un mille sept cent vingt et un (94 621 721) francs CFA »1. Terrible, encore terrible !</p>
<p>Ah ! S’il s’agissait d’un citoyen lambda, une lourde sanction ne tarderait pas à s’abattre sur lui. 1 Certaines sources avancent qu’il s’est acquitté de ces taxes. J’en douterai, jusqu’à preuve du contraire. Les contrôleurs de l’IGE soupçonnent aussi de grosses surfacturations dans la réalisation des sites d’hébergement des festivaliers. Les experts les estiment à cinq milliards quatre cent soixante millions neuf cent trente-trois mille quatre-vingt-neuf (5 460 933 089) francs CFA. Ils terminent par pointer du doigt les grosses failles qui ont entaché l’organisation du FESMAN tout au long du processus : absence de démarche planifiée et improvisations à chaque étape du déroulement des procédures et opérations, le tout conduisant directement à « un constant pilotage à vue qui a érigé en règle la mal gouvernance ».</p>
<p>Rien de vraiment étonnant donc que la participation du Sénégal à l’organisation du FESMAN qui était prévue au départ pour coûter cinq milliards (5 000 000 000) de francs CFA, nous a coûté finalement quatre-vingts milliards (80 000 000 000) de francs CFA. Sans compter des sommes importantes encore « dues » à de nombreux créanciers qui continuent de réclamer le paiement de leurs « prestations ». En attendant une ou deux autres contributions pour continuer l’exercice, essayons de tirer des leçons des deux cas de mal gouvernance que je viens de passer en revue. Le lecteur doit s’interroger avec moi sur le calme, le silence lourd que s’imposent nos gouvernants, malgré l’extrême gravité des actes de mal gouvernance que les contrôleurs de l’IGE ont mis en évidence. Comment un Ministre de l’Economie et des Finances, qui doit être la sentinelle vigilante de nos maigres deniers publics, peut-il avaliser sans état d’âme certains actes défiant tous les textes de loi et de règlement qui sont à la base d’une ouvernance publique de qualité? C’est le contraire qui eût étonné, si on considère son compagnonnage de onze (11) ans avec l’ancien PR. On le présente d’ailleurs comme au moins aussi riche que Crésus. Il se la coule douce dans un grand et beau pays du Nord, depuis la défaite de son acolyte. Quant à l’ancien PR, il est responsable de tout. C’est lui qui orchestrait tous les mauvais coups. Pour que son mauvais exemple ne prospère pas, la haute trahison devrait être clairement définie. Son départ du pouvoir n’a en tout cas pas fondamentalement changé le mode de gouvernance. Au contraire, sûrs de l’impunité, les nouveaux tenants du pouvoir se signalent par des actes qui sont aux antipodes de la bonne gouvernance. Le dernier rapport de l’ARMP l’illustre parfaitement. Ils continueront sûrement le massacre, puisque personne ne dit pratiquement plus rien : ni le Président de la République, ni nos « Assisards » de la mouvance présidentielle, ni certains rescapés de la Société civile qui sont de moins en moins audibles.</p>
<p>Mody Niang</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Encore lui, l’homme de notre mardi noir du 14 mars 2000 </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Sep 2015 09:20:07 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Djibo ka l'homme du mardi noir]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 17 août dernier, le leader de l’Union pour le Renouveau démocratique (URD), Djibo Leïty Ka, répondait sans équivoque à l’invitation du politicien Macky Sall à rejoindre la majorité présidentielle.&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 17 août dernier, le leader de l’Union pour le Renouveau démocratique (URD), Djibo Leïty Ka, répondait sans équivoque à l’invitation du politicien Macky Sall à rejoindre la majorité présidentielle. Un peu plus de deux semaines après, cet événement – si on peut l’appeler ainsi – alimente encore les médias sénégalais.<span id="more-12135"></span> Quelques membres de l’Alliance pour la République (APR) se félicitent de cette nouvelle « recrue ». De nombreux compatriotes, quant à eux, expriment encore leur étonnement, leur surprise, voire leur indignation. Je pensais sincèrement que mes compatriotes étaient déjà suffisamment familiers avec les volte-face de cet homme-là, pour n&rsquo;avoir plus besoin de s’en étonner ou de s’en indigner. C’est peut-être l’occasion de rappeler quelques épisodes de la longue « odyssée » politique de celui que j’appelle « <strong>l’homme du 14 mars 2000 </strong>».</p>
<p>Il a été pendant de longues années un apparatchik du Parti Socialiste (PS). Il a été ainsi, notamment, directeur de cabinet du président Senghor puis, sans désemparer, ministre du président Diouf de 1981 à 1995. Il rompra définitivement les amarres avec le PS, après que le président Abdou Diouf l’eut traité publiquement d’hypocrite, le 14 mars 1998, un 14 mars prémonitoire. Un peu moins de trois mois après, le 5 juin, il créa l’URD. Auparavant, il avait présenté une liste, sous la bannière de <em>L’Alliance</em> <em>Jëf Jël</em> (Parti de Talla Sylla et consorts), aux élections législatives du 24 mai 1998 et fait élire onze députés. Le 27 février 2000, le leader de l’URD, ragaillardi par son bon score aux dernières législatives, se présente à l’élection présidentielle. S’ouvre alors, devant lui, une longue et tumultueuse aventure.</p>
<p>De la date de la création de son Parti, le 5 juin 1998, au 14 mars 2000, M. Djibo Ka proclamait sans équivoque son appartenance au camp de l’alternance, du changement. Nous invitons le lecteur à suivre patiemment cet épisode de sa vie politique mouvementée.</p>
<p>Le 11 septembre 1999, à l’occasion de la cérémonie d’installation du « Comité de pilotage, de gestion et de coordination » de son Parti pour la campagne électorale de février 2000, il déclarait nettement :</p>
<p>« <em>Nous voudrions réaffirmer solennellement que si par extraordinaire, dans une hypothèse irréelle, le candidat du Ps était présent au deuxième tour, et que celui du Renouveau n’y était pas, nous apporterions notre soutien au candidat de</em> <em>l’opposition, donc celui de l’alternance</em>. »</p>
<p>C’était clair et sans équivoque et nous invitons le lecteur à retenir cet engagement, en attendant les déclarations qui vont suivre. Moins de deux mois plus tard, il réaffirmera, avec la même « détermination », son appartenance au camp de l’alternance et du changement. Il s’exprimait alors fermement ainsi :</p>
<p>« <em>Nous luttons pour l’alternance et le changement. L’alternance se fera par le Renouveau et les forces du progrès, les forces démocratiques. J’ai dit que tous ceux qui luttent pour l’alternance et le changement sont nos alliés naturels</em>. » (<em>Sud quotidien</em> n° 1974 du 2 novembre 1999).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pendant qu’il proclamait urbi et orbi son attachement indéfectible et sans faille au camp de l’alternance et du changement, il menait secrètement des négociations avec le Premier Ministre Habib Thiam, en vue de son retour dans le giron socialiste, avant la date fatidique du 27 février 2000. M. Thiam confirme ces négociations dans son excellent livre (« <em>Par devoir et par amitié</em> », pp. 206-207). Il écrit ceci :</p>
<p>« <em>Depuis plus de six mois, par l’entremise de mon neveu, Mayoro Wade, j’avais pu établir le contact avec Djibo Ka. Je voulais le rapprocher d’Abdou. Je l’ai reçu plusieurs fois chez moi, en présence de Mayoro. Finalement, il a donné son accord pour laver le linge sale en famille, Djibo étant un parent d’Abdou et m’ayant dit que ce dernier serait le meilleur président pour le Sénégal ainsi que sa détermination à voter et faire voter pour lui au second tour</em>… »</p>
<p>Que le lecteur se reporte à l’engagement de M. Ka, que nous lui demandions un peu plus haut de retenir, et qu’il le compare à cette autre position qui vient d’être révélée !</p>
<p>L’ancien Premier Ministre Thiam a indiqué également que de nombreuses autres personnes avant lui avaient tenté d’organiser sans succès une rencontre Abdou-Djibo. Il reconnaît surtout avoir perdu beaucoup de temps pour organiser cette rencontre. Le président Abdou Diouf « <em>fixa la date, l’heure et toutes les procédures pour amener M. Ka, la nuit, au palais de la République en ma présence et celle de Mayoro Wade. La veille, exactement la veille, Djibo m’appela pour me dire qu’il fallait renoncer à la réunion, des fuites ayant eu</em> <em>lieu</em> ». Malgré l’insistance de M. Thiam et tous les arguments qu’il a pu développer, Djibo Ka campa sur ses positions, non sans lui avoir donné au moins l’assurance, en présence de l’expert comptable Mayoro Wade, que « <em>si lui n’était pas au second tour, il se rallierait à Abdou Diouf</em> ».</p>
<p>Voilà le Djibo Ka d’avant 27 février 2000 ! Il proclame sur tous les toits son ancrage sans équivoque dans le camp du changement et de l’alternance et donne en même temps, entre quatre murs, l’assurance qu’il voterait pour Abdou Diouf au second tour.</p>
<p>Les électeurs se rendent aux urnes le jour J, 27 février 2000. A l’issue de ce premier tour de scrutin, Abdou Diouf et Abdoulaye Wade sortaient respectivement premier et deuxième. Pendant que les tractations allaient bon train, Djibo Ka réaffirmait toujours son attachement au camp du changement et de l’alternance. Il entra en négociations avec Me Wade. Celles-ci ne donnant apparemment pas les résultats escomptés, il est reçu en audience le 2 mars 2000, à 19 heures, par le président Abdou Diouf. Au sortir de cette audience, il fit la déclaration suivante, qui donna la chair de poule aux Socialistes et à leurs souteneurs :</p>
<p>« <em>Je lui ai demandé de ne pas se présenter au second tour, ….parce que c’est la demande populaire la plus partagée</em>. » « <em>Le pays a besoin de changement</em> », poursuivit le renversant Djibo Ka qui ajouta, comme pour donner le coup de grâce à Abdou Diouf et aux siens :</p>
<p>« <em>Son départ est le premier acte de changement dans ce pays. C’est le meilleur service qu’il peut rendre au pays. »</em></p>
<p>La cause semblait donc entendue et l’ancien Premier Ministre Habib Thiam en resta coi. « <em>Je fus rarement aussi stupéfait que ce jour-là</em> », reconnut-il, désabusé, vraiment désabusé.</p>
<ol>
<li>Thiam et ses compatriotes n’étaient pas d’ailleurs au bout de leur peine et de leur surprise car, en ce mémorable 14 mars 2000, ce mardi funeste qui a marqué d’une pierre noire l’histoire politique de notre pays, Djibo Ka est de nouveau reçu par le président Abdou Diouf. Au sortir de cette audience, il lâche sa terrible bombe qui fait encore trembler nombre de Sénégalaises et de Sénégalais :</li>
</ol>
<p>« <em>Je demande aux militants et aux sympathisants du Renouveau démocratique,  aux électeurs et aux électrices qui m’ont accordé leur confiance le 27 février 2000, de porter leurs suffrages sur le candidat Abdou Diouf le 19 mars, pour que nous apportions la preuve que le Renouveau est la clé du changement dans notre pays</em>. »</p>
<p>Malgré ce retournement spectaculaire du caméléon Djibo Ka, le candidat Abdou Diouf fut nettement battu au second tour, le 19 mars 2000. Le Sénégal connut alors, pour la première fois depuis son indépendance, l’alternance par les urnes. Une page était tournée et nous allions découvrir, dans la période qui va du 19 mars 2000 au 21 avril 2004 d’autres facettes de Djibo Ka.</p>
<p>Nous avons d’abord découvert un Djibo Ka assumant son choix du 14 mars 2000 et très critique à l’endroit du Gouvernement de l’alternance et de son chef, le tout nouveau Président Wade. Ce sera ensuite un Djibo très accommodant et tout d’un coup très amoureux de Me Wade et de son Parti. Au cours de cette dernière période, le très  versatile et très renversant leader de l’URD s’est signalé par des déclarations renversantes, aussi contradictoires les unes que les autres. Nous en évoquerons seulement quelques-unes, pour ne pas trop nous attarder sur cette page trop sombre de l’histoire politique du Sénégal.</p>
<p>Nous avons vu, dès l’installation du Gouvernement de l’alternance, un Djibo Ka se délecter des premiers couacs, trébuchements et maladresses des nouveaux gouvernants. Dans une interview accordée au quotidien national <em>Le Soleil </em>du vendredi 17 mai 2002, il parlait d’« <em>overdose électorale</em> », pour caractériser l’attitude du Gouvernement qui ne travaillait pas. « <em>Or, ils</em> (les nouveaux gouvernants) <em>étaient là pour régler les problèmes des Sénégalais. Leurs problèmes sont intacts ; ça s’aggrave. Les paysans, les pasteurs, les pêcheurs et les travailleurs le savent</em>. » M. Ka aborde ensuite les Finances publiques qu’il qualifie d’exsangues, l’inflation qui était maîtrisée et qui est repartie aux environs de 3 %, le malheureux (c’est de lui) taux de croissance qui a été bouffé par l’inflation, etc. Le leader de l’URD poursuit son réquisitoire, en mettant en cause la compétence de Me Wade et sa capacité de gouverner :</p>
<p><em>« C’est la manière de gouverner de Me Wade qui pose problème. Il a beaucoup de bonnes idées, trop nombreuses à mon goût et qui s’entrechoquent pêle-mêle. Il n’y a pas de fil conducteur</em>. »</p>
<p>On en apprend encore sur Djibo quand il parle du Cadre permanent de Concertation (CPC). Pour rappel, ce Cadre regroupait les partis de l’opposition la plus significative, y compris l’Urd. Et voici en quels termes « forts » il en parlait :</p>
<p>« <em>Je considère que le CPC est aujourd’hui comme une alternative possible au pouvoir en place (sic). Nous allons donc travailler à son renforcement et à sa cohésion, pour que cette nouvelle espérance puisse s’incruster dans un projet politique majeur (…) Nous sommes aujourd’hui une opposition démocratique qui montre aux Sénégalais l’alternative. Parmi ceux qui nous gouvernent aujourd’hui, il y a des individualités remarquables, mais il y a un problème de ligne politique et de gestion. Celui qui gouverne ce pays n’a pas de ligne (sic). Avec le CPC, demain, il fera jour</em>. »</p>
<p>C’est bien lui, Djibo Ka, qui s’exprimait ainsi, sans ambages. Naturellement, en apparence seulement. Que le lecteur retienne bien ces critiques acerbes contre le Président Wade et son gouvernement ! Qu’il n’oublie surtout ces mots « prophétiques » de Djibo Ka : « <em>Avec le CPC, demain, il fera jour</em>. »</p>
<p>Donc, le leader de l’URD ne ratait aucune occasion pour clouer au pilori la gestion des Libéraux et les traiter de « <em>cuune </em>» (d’amateurs, d’incompétents). Il reprochait souvent au Président de la République « <em>son manque d’orientation et de vision politique et économique</em> », comme nous venons d’en avoir l’illustration. Dans une interview à <em>Walfadjri </em>du mercredi 31 décembre 2003, il déclarait, à propos de son fameux choix du 14 mars 2000 :</p>
<p>« <em>Lorsque le 14 mars 2000, j’avais pris la décision historique de ne pas m’embarquer  dans une aventure (sic), beaucoup de Sénégalais n’avaient pas perçu le sens de mon message. Ceux qui ont gagné les élections de 2000 ne pouvaient pas gouverner, les Sénégalais ne pouvaient pas le comprendre. Ils étaient si fatigués qu’ils voulaient du « jooni jooni ». Mais la politique, ce n’est pas le jooni jooni, c’est la réflexion, la prospective ; c’est le sens du réel (…) Aujourd’hui, les faits m’ont donné raison puisqu’on constate avec regret que ceux qui nous gouvernent sont incapables de faire face</em>… »</p>
<ol start="2003">
<li>Ka se faisait aussi le plaisir de brocarder la politique économique – si on pouvait parler de politique – du Gouvernement libéral. Dans le domaine de l’agriculture et de l’élevage en particulier, il ne concédait rien et réfutait les résultats « tripotés ». Le « petit berger peul » constate que « <em>l’élevage est oublié (et) même en voie de disparition ».</em>L’arachide et le niébé n’allaient guère mieux. Quant au maïs,<em> « (il) aura été une arnaque officielle ». </em>Il fait le même constat pour ce qui concerne le taux de croissance de 6,6 % annoncé par le Gouvernement pour l’année 2003. Il le trouve « <em>ridicule</em>» et le considère, lui aussi, comme « <em>une arnaque officielle</em>» (<em>Walfadjri</em> du 6 janvier 2003).</li>
</ol>
<p>Il s’est montré surtout impitoyable avec cette fameuse production de 500 000 tonnes de maïs en 2003. Pour réfuter formellement ce résultat affectionné alors par les <em>vuvuzela</em> libéraux, il se lance dans une longue, très longue explication abondamment argumentée (<em>Walf</em> du 6 janvier, page 7) sur cette fameuse production annuelle de 500 mille tonnes de maïs.</p>
<ol>
<li>Ka poursuit son implacable réquisitoire contre les prétentions folles du Gouvernement qui « <em>a distribué des</em> <em>semences fourragères » </em>aux paysans<em>. </em>Le résultat pour notre virevoltant Djibo Ka, c’est que<em> « beaucoup de plantes ont poussé, longues de 3 mètres, mais sans épi ou avec des épis hybrides </em>», qui servent plus pour l’alimentation des animaux que pour celle des personnes.<em> « Si on dit qu’on a eu 150 000 ou 200 000 t de maïs, c’est une bonne chose. Mais qu’on n’invente pas des chiffres », </em>conclut notre tortueux Djibo Ka.</li>
</ol>
<p>Nous allons encore être davantage convaincus de la tortuosité de l’homme en prenant connaissance de sa réponse à l’avant dernière question (du même Quotidien) portant sur la gauche sénégalaise, dont il se réclamait – que le lecteur le note bien ! Voici la réponse, après un rire moqueur : « <em>Vous savez, moi, j’aime bien le président Wade. Vous savez pourquoi ? Parce qu’il est clair. Il a dit l’autre jour, très clairement et c’était peut-être la première fois, en parlant de ses ministres, que le programme qui est appliqué, c’est le programme du Pds, un programme libéral. Il ajoute : ″Il ne faut pas l’oublier″. Tout de suite, j’ai enlevé mes lunettes pour me demander comment vont faire les gens de gauche qui sont avec M<sup>e</sup> Wade. Il y a des formations politiques qui, pendant longtemps, nous ont fatigués avec leur pôle de gauche et qui, aujourd’hui, sont au pouvoir pour appliquer le programme du libéralisme qui est l’antithèse de la gauche</em>. » Notre caméléon ajoute, et c’est ce qui est plus intéressant encore : « <em>Moi, Djibo Leyti Ka, je ne connais que la Social-démocratie qui va nourrir le monde. La gauche est l’avenir du monde, surtout avec l’alter mondialisation. C’est le régime de partage et il est opérationnel</em>. » C’est clair et net : c’est un homme de gauche qui n’appliquera pas un programme libéral ! Le lecteur a bien compris et prendra note pour la suite.</p>
<p>Un peu plus d’un an après, le 21 avril 2004 exactement, nous découvrons un autre Djibo Ka, à la faveur de la formation d’un nouveau Gouvernement, avec Macky Sall comme Premier Ministre. Promu Ministre d’État, Ministre de l’Économie maritime, il devient tout autre et tient un tout autre discours sur Me Wade, devenu entre-temps « <em>un très grand visionnaire que l’Afrique et le monde reconnaissent</em> ». A une question sur son nouveau compagnonnage avec Me Wade, il répond sans sourcilier :</p>
<p>« <em>Nous l’admirons beaucoup, nous travaillons à ses côtés parce qu’il est l’exemple de la ténacité, le type modèle d’endurance et de patience…. Quand je lis Léopold Sédar Senghor et j’écoute Me Abdoulaye Wade, j’avoue, je suis ému, je retrouve des voix et des voies de salut</em>. »</p>
<p>Quelques mois plus tard, en procédant à la réouverture de la permanence de son Parti à Thiès fermée depuis belle lurette pour défaut de paiement (sic), il renvoie la balle à qui de droit en ces termes :</p>
<p>« <em>Me Wade est un gor (loyal) qui ne sera pas plus gor que nous. Aujourd’hui, il s’est fait jour. Nous nous sommes retrouvés avec le chef charismatique </em>(depuis quand ?)<em> du Sopi qui se battait aussi pour le changement. Notre convergence programmatique avec le président Wade est une convergence philosophique, structurelle et de méthode (« Taxi Le Journal »</em> du mardi 14 septembre 2004, page 4).</p>
<p>Le lecteur se rappelle qu’il avait prédit ceci : « <em>Avec le CPC, demain, il fera jour</em> ». La prédiction s’est révélée exacte : « <em>Aujourd’hui, il s’est fait jour</em> ». Il a atteints ses objectifs politiciens. Sacré personnage !</p>
<p>Notre sacré personnage déclarera, par la suite, que <em>« jamais le Sénégal n’a été aussi bien gouverné que du temps de Me Wade</em> ». Et il a choisi la période la plus incertaine et la plus tumultueuse de l’histoire politique de notre pays pour faire cette surprenante déclaration.</p>
<p>Terrible tout cela ! Le lecteur se rappelle-t-il encore les méchantes railleries à l’endroit du Président Wade et de son Gouvernement, du 19 avril 2000 à cette période de quelques mois avant le 21 avril 2004 ? J’ai toujours du mal à m’imaginer le face à face Wade-Djibo, lors de la réunion de leur premier Conseil des Ministres.</p>
<p>En tous les cas, voilà Djibo Leïty Ka, dont je n’ai utilisé ici que quelques morceaux  choisis – parmi de très nombreux autres –, pour illustrer ses volte-face, ses revirements, ses reniements et ses renoncements. Toujours pour le pouvoir et ses lustres, en dehors duquel il lui manque manifestement de l’oxygène. Ses interminables va-et-vient ne devraient donc plus étonner, surprendre ou indigner personne. C’est ainsi  que notre CRÉATEUR l’a créé.</p>
<p>Le problème, ce n’est donc pas Djibo Ka, mais plutôt le politicien Macky Sall, qui lui a fait un clin d’œil à l’occasion de l’inauguration du siège de la Sonatel, et qui est allé nuitamment le débaucher chez lui. Ce n’était sûrement pas pour effectuer de telles démarches politiciennes que les électeurs l’ont hissé à la magistrature suprême le 25 mars 2012. Ils ne s’attendaient vraiment pas à ce qu’il bénisse publiquement la détestable transhumance qui n’a rien de vertueux. Au contraire. Ce ne sont pas des femmes et des hommes amortis comme Djibo Ka, Awa Ndiaye, Baïla Wane, Modibo Diop, Sitor Ndour, Bécaye Diop, Me Ousmane Ngom et d’autres de leur acabit, qui font gagner une élection. Celle-ci se gagne par un bilan convaincant. C’est ma forte conviction. Je l’ai exprimée d’ailleurs dans une contribution publiée au lendemain de l’éclatante victoire de Khalifa Ababacar Sall à Dakar, à l’issue des élections locales du 29 juillet 2014. Le titre en était : <strong>« </strong><strong><em>Un bon bilan, bien plus convaincant que mille artifices politiciens</em></strong><em> !<strong> </strong></em><strong>» </strong>Le Président Macky Sall ferait fausse route, s’il ne comptait que sur la massification de son Parti par la détestable transhumance pour se faire réélire. Les Sénégalaises et les Sénégalais ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre. Ils sont surtout dotés de bon sens qui leur permet de faire lucidement la part entre la bonne graine et l’ivraie. En d’autres termes, entre le travail, seulement le travail, et la tonitruante politique politicienne qui ne trompe plus personne.</p>
<p><strong>MODY NIANG</strong></p>
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		<title>Fonds politiques, source d&#8217;enrichissements illicites</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Aug 2014 08:07:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Affaires Politiques, sociétales et Institutions]]></category>
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					<description><![CDATA[« Tout le monde a demandé de l’argent au président Abdoulaye Wade, y compris Macky Sall ». C’est la réplique facile que Me Amadou Sall a faite à son confrère&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="color: #000000;"><strong>« Tout le monde a demandé de l’argent au président Abdoulaye Wade, y compris Macky Sall ». C’est la réplique facile que Me Amadou Sall a faite à son confrère Yérim Thiam, qui appelait ironiquement Karim Wade « Papa m’a donné », en souvenir du « Papa m’a dit » de Jean-Christophe Mitterrand. Pour ajouter à la confusion et à la surprise, une voix a alors été entendue pour demander à Papa Samba Mboup (ancien ministre chef de cabinet de Wade) de décliner la liste de tous les bénéficiaires de la générosité sans limite du Crésus sénégalais. Cette générosité est devenue une sorte de rempart, de parade pour tous les dignitaires de l’ancien régime qui seraient suspectés d’enrichissement illicite. C’est elle qui a alimenté toutes les fortunes.</strong><span id="more-11578"></span></p>
<p style="color: #000000;">Ainsi, en marge de l’arrestation de Karim Wade ou d’un événement lié à cette arrestation, un journaliste a demandé à l’ancien Premier Ministre Souleymane Ndéné Ndiaye s’il n’avait pas peur, lui aussi, d’être arrêté pour délit d’enrichissement illicite. Il a répondu sans ambages, si mes souvenirs sont exacts, qu’il n’avait aucune raison d’avoir peur. Le journaliste revient à la charge : « Vous n’êtes pas pauvre, monsieur le Premier Ministre ! » M. Ndiaye répond, plus sûr de lui que jamais : « Je ne peux pas être pauvre. En tant que Premier Ministre pendant trois ans, j’avais un salaire mensuel de 4 millions de francs Cfa, encore que ce salaire ne puisse pas enrichir vraiment. » Et l’ancien Premier Ministre du vieux prédateur d’enfoncer le clou en révélant que ce dernier lui donnait périodiquement beaucoup d’argent. Afin que nul n’en ignore, il ajoute, ironique : « Demandez à l’actuel Président de la République ! Il a été Premier Ministre avant moi et en sait quelque chose. »</p>
<p style="color: #000000;">L’actuel Président de la République reconnaîtra, lui aussi, avoir bénéficié des larges privilèges du régime du plus vieux président. Quelques années auparavant, un autre Premier Ministre, Idrissa Seck, avouera publiquement, lui aussi, avoir bénéficié de la générosité légendaire du vieux prédateur. Ainsi, invité à l’Emission « Grand Jury » de Mamoudou Ibra Kane le dimanche 29 octobre 2006, M. Seck  répond ceci à une question sur l’origine de sa fortune : « Je ne me suis pas enrichi à la faveur du pouvoir. Les seules ressources que mon passage au pouvoir a mises à ma disposition et qui renforcent mes moyens d’intervention politique et sociale, ce sont les fonds politiques que le président de la République lui-même m’a alloués de façon discrétionnaire.» C’est aussi de façon discrétionnaire, tout naturellement, que notre Crésus national a alimenté les comptes de son fils à Monaco.</p>
<p style="color: #000000;">Combien de milliards de francs Cfa notre vieux prédateur a-t-il brassés, dans le cadre de ses fonds dits politiques ? Le temps n’est-il vraiment pas venu de s’arrêter un peu sur ces fameux fonds ? Comment ont-ils été alimentés et utilisés, pendant douze longues années, par notre vieux président?</p>
<p style="color: #000000;">Nous sommes plus familiers avec le concept de « Fonds politiques ». Il s’agit, en réalité de « Fonds spéciaux » qui comprennent : les fonds politiques, les fonds secrets et le fonds d’aide à l’unité africaine. Nous entendons aussi souvent dire que les Fonds spéciaux sont laissés à la discrétion du Président de la République et qu’il en dispose comme bon lui semble. Nous avons besoin, avant de revenir sur cette « prérogative discrétionnaire », d’être édifiés sur le montant de ces fonds. Chaque année, à l’occasion du vote du Budget, une autorisation de l’Assemblée nationale alloue au Président de la République une somme qui se situait, jusqu’au 19 mars 2000, autour de 640-650 millions de francs Cfa. Cette autorisation est annuelle, il convient de le signaler avec force. Avec notre vieux prédateur, le montant a crevé tous les plafonds et a atteint 8 milliards de francs Cfa au moment où il quittait le pouvoir. En l’espace de douze années donc, il l’a multiplié par plus de dix. Pour important que fût ce montant d’ailleurs, il ne suffisait pas à assouvir son immense appétit financier. Ces 8 milliards, qui sont laissés à la discrétion du Président de la République, n’ont vraiment rien à voir avec ceux sur la gestion desquels l’ancien Premier Ministre Idrissa Seck a été interrogé le 11 novembre et le 23 décembre 2005 par la Commission d’Instruction de la Haute Cour de Justice.</p>
<p style="color: #000000;">On se souvient que M. Seck était traduit devant la Haute Cour de Justice, suite à une résolution de mise en accusation votée promptement par l’Assemblée nationale. A l’occasion donc, M. Seck, à qui la gestion des fonds était confiée, nous édifie en faisant des révélations fracassantes. Ces révélations, terrifiantes pour la République, la Démocratie et la Bonne Gouvernance, étaient largement relayées par les quotidiens de la place, notamment par Le Quotidien du 17 janvier 2006 (page 5) et Walfadjri du 20 janvier de la même année (page 3). Je rappelle que, concernant les Fonds spéciaux, l’autorisation annuelle de l’Assemblée nationale était, au lendemain du 19 mars 2000, de l’ordre de 650 millions de francs Cfa. Or, dans ce cadre, plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de milliards ont été gérés à travers des comptes ouverts notamment à la Cbao, à la Sgbs et en France. Ces terribles révélations de l’ancien Premier ministre concernant ces fameux mouvements ont été chaque fois confirmées par les autorités des deux banques. C’est du moins ce qu’affirmaient formellement les deux quotidiens et bien d’autres encore, dans les mêmes termes, sans avoir jamais été démentis.</p>
<p style="color: #000000;">D’autres rappels qui ont vraiment un sens par les temps qui courent : Le 23 décembre 2005, Idrissa Seck révèle devant la Commission d’Instruction qu’un certain Victor Kantoussan a touché, « en l’espace d’une semaine, cinq chèques d’un milliard chacun ». Interrogé par la Commission, ce M. Kantoussan répond tout naturellement : « Je suis un coursier et j’agis sur instruction de mon patron ». Son patron était fort justement l’omniprésent Karim Wade, dont il était le garde de corps. Le directeur général de la Cbao interrogé reconnaîtra également avoir consenti à la présidence de la République un prêt de 2 milliards, pour acheter des véhicules Peugeot 607, destinés à renouveler le Parc de la présidence (ce parc devait être vraiment fourni !). Le prêt sera soldé six mois après grâce à des fonds koweitiens. En effet, interrogé le 11 novembre 2005 par la Commission d’Instruction, l’ancien Premier Ministre Idrissa Seck révèle qu’un chèque d’un milliard 200 millions d’euros offerts par le Koweït au Sénégal, « avait été directement remis au Président de la République qui l’aurait fondu dans ses fonds politiques », exactement dans les comptes hébergés par la Cbao.</p>
<p style="color: #000000;">La même banque consentira deux prêts d’un milliard chacun à un certain Ibrahima Abdoul Khalil dit Bibo (le déjà gros morceau), avec une caution et une garantie de Karim Wade (toujours lui) et de Papa Diop, alors président de l’Assemblée nationale. Les deux prêts seront, eux aussi, remboursés les 26 et 29 juin 2001 par des fonds en provenance de l’étranger (encore !). De nombreux autres prêts complaisants contractés à titre personnel par des « personnalités » du régime libéral et des particuliers seront épongés dans le cadre des comptes de la Cbao et de la Sgbs, qui abritaient les Fonds spéciaux du président de la République.  C’est avec ces milliards, plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines – qui sait ? –, qui n’ont vraiment rien de commun avec les Fonds spéciaux réguliers, que Wade et son clan  alimentaient leur indécente générosité. C’est avec ces mêmes milliards empoisonnés qu’ils arrosaient abondamment officiers généraux et supérieurs, hauts magistrats, ministres, proches collaborateurs, chefs religieux qui n’étaient pas le moins du monde gênés par ces milliards dont ils ne savaient rien de l’origine.</p>
<p style="color: #000000;">Le vieux prédateur reconnaît aujourd’hui avoir versé des chèques dans ses comptes et dans ceux de son fils. Des chèques, tout le monde le sait, libellés au nom de l’Etat du Sénégal et détournés, partant, de leur place naturelle : le Trésor public.</p>
<p style="color: #000000;">Je ne suis pas, loin s’en faut, un spécialiste des Finances publiques ni, par ailleurs, un juriste. Cependant, mon sentiment est que les différents comptes du vieux prédateur devraient être audités. On me rétorquera encore facilement que ce n’est pas possible, que ces Fonds spécifiques sont hors de tout contrôle, puisque laissés à la discrétion du bénéficiaire. Je n’ai pas cette compréhension facile des choses. Les fonds qui ne seraient soumis à aucun contrôle – et encore – sont ceux régulièrement autorisés par l’Assemblée nationale.  Quant aux autres, les centaines, voire les milliers de milliards qui ont transité par ses nombreux comptes et qui proviendraient de chèques  libellés au nom de l’Etat du Sénégal, ils devraient faire l’objet d’un audit profond. Nos autorités nous doivent de nous éclairer sur ces milliards derrière lesquels s’abritent confortablement nos nouveaux riches pour expliquer leurs fortunes. Je les interpelle aussi, elles, la classe politique, la société civile, quant à la nécessité de poser sur la place publique la question des Fonds spécifiques, de leur montant annuel et de leur utilisation.</p>
<p style="color: #000000;">Huit milliards (8) de francs Cfa de fonds annuels, c’est exorbitant pour le petit Sénégal qui traîne encore lourdement les pieds parmi les pays les plus pauvres et les plus endettés de la Planète. A ce rythme, le Président Macky Sall  flambera 40 milliards à la fin de son mandat, en 2017. Quarante milliards, soit 40000 millions de francs Cfa dont personne, lui-même et ses proches exceptés, ne saura jamais comment ils auront été dépensés. Pendant qu’il est question de réformes profondes de nos institutions, que la transparence gouvernementale est sur toutes les lèvres, il convient d’envisager sérieusement la baisse notable des Fonds spécifiques et l’encadrement serré de leur utilisation. Ils sont quand même constitués de l’argent du contribuable et ont notamment pour vocation à faciliter au Président de la République l’exercice de son importante fonction. En particulier, ils ne devraient, sous aucun prétexte, servir à financer des activités partisanes et des fondations intéressées, entretenir une clientèle politique et religieuse, etc. Leur montant actuel est surtout incompatible avec la politique sobre qui nous a été promise avant le 25 mars 2012.</p>
<p style="color: #000000;">Mody Niang</p>
<p style="color: #000000;">Président comité Ethique du Think Tank Ipode</p>
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		<title>Fatou Diop, ne vous en déplaise, Mody Niang a raison</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Aug 2014 10:14:29 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Madame Diop,</p>
<p>Il m&rsquo;a été insupportable de finir votre contribution publique sur l&rsquo;article de Mr Mody Niang titré  » Réponse à Mody Niang : « Idrissa Seck est le seul à dire qu’aucun centime des fonds politiques n’a intégré son patrimoine privé » ( par Fatou Diop) ». Par votre langage ordurier et manipulateur et votre manque de respect qui dépasse l&rsquo;entendement vous en avez choqué plus d&rsquo;un des lecteurs du débat national autour de la question des fonds secrets. Votre article n&rsquo;a été d&rsquo;aucune valeur ajoutée et vos insultes caractérisent votre échelle de valeurs, détestable.<span id="more-11589"></span></p>
<p>Mr Niang n&rsquo;a pas été le seul à dire que l&rsquo;ancien Premier Ministre, Idrissa Seck a eu à justifier son enrichissement par l&rsquo;utilisation des fonds secrets mis à sa disposition lors de son passage au pouvoir. Et je le soutiens une nouvelle fois ici, pour l&rsquo;avoir déjà dit dans mon article intitulé  » Senegal &#8211; Les fonds politiques : Entre nécessité, réglementation et controle » publié le 9 Décembre 2012. madame Diop, l&rsquo;argument disculpant Idrissa Seck de tout détournement du fait de sa non inculpation par la justice de notre pays, est rendu inopérant et inefficace par l&rsquo;existence du fameux deal appelé le « protocole de Rebeus ». D&rsquo;ailleurs pour tenir en respect Idrissa Seck, l&rsquo;arme la plus redoutable entre les mains du pouvoir en place reste le ralliement de Mme Nafissatou Diop Cissé ( yalla nafi yagueu téh weur), celle là même qui a négocié pour Seck le fameux protocole qui incarne la turpitude de celui pour qui, vous êtes encline à insulter toute personne aussi respectable et respectée soit elle, comme Mr Mody Niang. Son éthique, son engagement, sa sincérité et sa disponibilité pour les causes nobles et les combats justes dans notre pays force le respect, n&rsquo;en déplaise le Rewmi et son leader suite à sa belle tribune dont je suis solidaire dans toute sa portée et son aspect pédagogique et avant gardiste. Quand on a rien à se reprocher comme Mr Seck, on ne négocie pas sa liberté, pour nous faire des sorties médiatiques pleurnichardes à fleur de peau. Non quand c&rsquo;est le cas, on reste ferme et on est droit dans ses bottes ! Si vous voulez ouvrir le débat sur l&rsquo;enrichissement de Mr votre ami Idrissa Seck, on en prendra le temps et les moyens pour le vider.</p>
<p>Pour finir, je vous invite Mme Fatou Diop, à un débat public, radio télévisé, si vous y consentez, à tout moment, ou vous voudrez, pour parler des deux personnes que sont Mody Niang et Idrissa Seck, de leur enrichissement et de l&rsquo;exemplarité de leurs parcours, ca évitera toute polémique veine par articles interposés, et les sénégalais pourront être mieux édifiés encore de notre désaccord profond tant dans le fond quand dans la forme sur ce sujet. S&rsquo;il est à choisir une école entre les deux, le mien est fait, je suis de l&rsquo;ecole Niang. L&rsquo;humilité, la recherche de la vérité, la probité intellectuelle, l&rsquo;honnêteté et le courage y font bon ménage et ceci nous suffit amplement. L&rsquo;essentiel étant de vivre et mourir « digne », ce qui semble vous être étranger, dans votre école.  Aprés nak, riche ou pauvre, li ci dess yefi weurseuk leu, ci lokho yalleu késsé la nék.</p>
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