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	<title>MNLA &#8211; IPODE &#8211; Think Tank Panafricain</title>
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	<description>Think Tank progressiste, indépendant et panafricain</description>
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		<title>Sommet France – Afrique de Paris sur la Paix et la Sécurité du continent africain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Dec 2013 12:42:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[La conquête de notre souveraineté est aujourd'hui plus que jamais posée à nos peuples comme l'atteste la tenue du récent Sommet France-Afrique sur la paix et la sécurité. Il urge, pour les patriotes en Afrique, de se serrer les coudes, pour reprendre la lutte, comme dans les années 50, pour parachever l’indépendance de nos pays et construire l’unité des peuples de notre continent,]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La France fait légitimer son projet de sujétion militaire de l’Afrique !<br />
<span id="more-1524"></span>La France s’est dotée en 2013 d’un Livre Blanc sur la Défense, où, comme l’ont fait les Etats Unis à l’égard des pays en développement, elle s’est octroyée de façon unilatérale, le droit d’intervention militaire en Afrique, au nom de sa propre sécurité, sous entendant la sécurité de ses compatriotes et des intérêts de ses grandes entreprises en Afrique, selon les termes mêmes de son Ministre de la Défense rapportés par l’Agence Française de Presse, en couvrant le récent Somment France-Afrique sur la paix et la sécurité dans ce continent.<br />
En attestent les révélations du journal « Le Monde » en date du 9 Décembre 2013.<br />
C’est ainsi que l’on découvre que, loin d’être une intervention improvisée dictée par l’urgence face aux avancées des jihadidtes vers la Capitale du Mali, le journal « Le Monde » informe que « la planification à froid de Serval a débuté en 2010 avec l&rsquo;opération « Requin », conçue par l&rsquo;armée de terre pour l&rsquo;Adrar des Ifoghas, en citant le général Patrick Brethous, commandant le Centre de planification et de conduite des opérations, qui est le coeur du système, à Paris.<br />
A cet effet, Plusieurs exercices, consacrés à des raids ou à l&rsquo;identification de groupes djihadistes, ont aussi été conduits en 2011 et en 2012 par la force Epervier basée au Tchad, bien avant la crise au Mali. Et l&rsquo;armée a réservé des bandes passantes satellitaires pour ses drones, au début 2012. »<br />
Ainsi, il est devenu maintenant très clair que l’agression française contre la Lybie était froidement programmée, de même que l’exfiltration des jihadistes, avec armes et bagages, de ce pays vers le Nord Mali.<br />
La doctrine d&#8217;emploi des forces, qui est « le guide des manoeuvres sur le terrain », est sans cesse actualisée comme le confirme cet autre extrait de l’article du journal « Le Monde » en ces termes : « Fin 2012, la réactualisation du guide du combat en milieu désertique a été opportunément révisée en direction de l’Opération Sangris destinée à la République Centre Africaine ».<br />
L’Opération Serval au Mali et l’Opération Sangris en République Centre Africaine ‘RCA) sont donc deux moments clefs du test de l’opérationnalité et de l’acceptabilité, par l’opinion africaine et mondiale, de la nouvelle Doctrine Française de défense de la sécurité de ses citoyens et des intérêts de ses entreprises en Afrique.<br />
Le rétablissement de « l’ordre constitutionnel » au Mali, et « l’assistance des populations locales vivant d’exactions et d’insécurité » n’ont été en fait que des alibis « démocratiques et humanitaires » devant couvrir la sale besogne menée par les Opérations Serval et Sangris au Mali et en RCA !<br />
C’est ainsi que, bien avant la situation de chaos en RCA, le journal « Le Monde » renseigne que « le 28 septembre, les unités qualifiées pour prendre l&rsquo;alerte l&rsquo;ont été sur un exercice dont le cadre était… la RCA » !!!<br />
L’intervention au Mali avec l’Opération Serval, relève ainsi sa véritable nature comme le premier test de cette nouvelle Doctrine pilotée par des Chefs d’Etat successifs de France durant la période, en usant de leur influence sur les Chefs d’Etat Africains de la sous – région.<br />
C’est ainsi que les Chefs d’Etat de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) furent utilisés pour embarquer la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans une intervention militaire au Mali, au nom d’un « rétablissement de l’ordre constitutionnel » avant toute libération du Nord Mali occupé par des Jahadistes, pour créer les conditions de la mise en œuvre de la nouvelle Doctrine française dans cette sous région, que les putschistes maliens qui faisaient de la libération du Nord de leur pays la priorité, entravaient largement.<br />
Cette Doctrine a motivé la France de ramener au Nord Mali, lors de l’Opération Serval, dans la région de Kidal, le Mouvement National de Libération de l’AZAWAD (MNLA), avec armes et bagages, dont l’irrédentisme avait ouvert la porte aux jahaddistes qui l’avaient soutenu au début avant de l’expulser du Mali vers le Burkina Fasso, pour régler les problèmes des otages Français, et assurer la sécurité de ses intérêts vitaux sur les mines d’Uranium au Niger et au Nord Mali.<br />
L’on se souvient que le MNLA avait aussi été exfiltré de Libye, avec armes et bagages, sous la bénédiction du gouvernement Français, pour déclencher un mouvement irrédentiste au Nord Mali, avec l’appui de groupes jihadistes qui l’avait accompagné.<br />
C’est cette expérience que la France veut étendre sur le continent tout entier, en convoquant le Sommet France- Afrique, malgré le cri du cœur du Président Malien, à cette occasion, mettant en cause la politique française à Kidal, devant l’indifférence totale de ses collègues africains.<br />
En effet, ce Sommet lui a permis de mettre en place une « Capacité Africaine de Réaction Immédiate « (CARIC), opérationnelle dès 2015, à l’image de la « Force d’Intervention Rapide » de la CEDEAO, dont le déploiement opérationnel au Mali a nécessité l’appui militaire massif de l’Armée Française à travers l’Opération Serval.<br />
Le Gouvernement Français sait que CARIC ne sera opérationnelle que là où elle le décide pour sauver les intérêts des Entreprises Françaises en Afrique.<br />
Nos Chefs d’Etat viennent de légitimer cette nouvelle Doctrine du Gouvernement Français expliquée, en marge de ce Sommet, par son Ministre de la Défense en ces termes : « Les pays africains doivent assurer eux-mêmes leur propre sécurité. Mais nous ne pouvons les laisser seuls face aux risques et aux menaces qui, à terme plus ou moins rapproché, nous concerneraient directement ».<br />
C’est cette Doctrine qui est en train d’être mise en œuvre en Centre Afrique, alors que l’ex Président de ce pays, démis de ses Fonctions par une rébellion armée, dont le pouvoir a été entériné par l’Union Africaine à travers un Gouvernement de Transition civile, était allé se refugier à Paris, en y déclarant publiquement sa volonté de retourner au pays pour restaurer son pouvoir.<br />
Depuis lors, le nouveau Gouvernement de Transition fait face à une insécurité grandissante, malgré le déploiement de troupes africaines envoyées, non pas pour aider le nouveau pouvoir à établir son autorité sur l’ensemble du pays en se mettant à sa disposition, mais pour assurer, elles mêmes la sécurité, notamment dans la capitale, avec l’aide de forces françaises qui s’y trouvaient déjà.<br />
En abritant sur son sol l’ex Président, devenu belligérant en Centre Afrique, la France est complice du cahot qui s’y développe, et qui lui permet aujourd’hui, au nom de la sécurité des populations dans ce pays, d’intervenir encore militairement dans notre continent dans le cadre de l’Opération Sangris ».<br />
Avec cette intervention, exactement comme à Kidal, au Mali, les forces africaines et françaises empêchent le gouvernement provisoire légitime du Tchad à assurer, avec leur appui, le rétablissent de l’autorité du pouvoir central sur toute l’étendue du pays, pour y assurer la paix, préserver son unité territoriale et sa sécurité.<br />
Le Tchad, comme le Mali, sacrifie ainsi sa souveraineté sur l’autel de la nouvelle Doctrine de la France de « défendre sa sécurité et celle de l’Europe » en mettant nos Etats sous tutelle directe du Conseil de Sécurité des Nations Unies, avec le consentement de nos Chefs d’Etat.<br />
Que va devenir notre pays, le Sénégal dans le cadre de cette nouvelle Doctrine ?<br />
Cette interrogation est légitime, si l’on prend en compte que le Sénégal vit, depuis plus de trente ans, l’irrédentisme en Casamance, initié par le Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC), dont les principaux leaders, qui ont aussi la nationalité française, dirigent ouvertement, depuis Paris, les attaques contre les forces armées et de sécurité du Sénégal dans cette région, et les exactions contre les populations civiles.<br />
Surtout, quand, sous le prétexte de « rétablissement de la paix en Casamance », les USA ont nommé, avec résidence à Dakar, un « Plénipotentiaire », et la France, dans le cadre de na nouvelle Doctrine, vient d’y faire accréditer « Un Représentant militaire », chargé de coordonner l’intervention de son armée en Afrique.<br />
La rébellion en Casamance place ainsi notre pays sous contrôle militaire direct des USA et de la France, avec tout le risque de nous imposer la partition de notre pays.<br />
Cette évolution de la situation laisse planer une véritable inquiétude sur l’issu des pourparlers de paix qui sont encours entre le gouvernement du Sénégal et le MFDC.<br />
L’implication militaire des Etats Unis et de la France, sous le couvert des Nations Unies, dans un pays donné, n’a jamais apporté la paix ou la sécurité des populations concernées, comme l’atteste la situation en Irak et en Afganistan, ou comme au Mali ou en République Démocratique du Congo. Partout où ils s’ingèrent, c’est la ruine des économies et la désolation des populations des pays concernés.<br />
Il urge donc, pour les patriotes en Afrique, de se serrer les coudes, pour reprendre la lutte, comme dans les années 50, pour parachever l’indépendance de nos pays et construire l’unité des peuples de notre continent, redevenu « l’eldorado » des grandes puissances qui se le disputent, à nouveau « à coups de canon » , et au prix de notre sang.</p>
<p>Ibrahima Sène PIT/SENEGAL</p>
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		<title>Leçons de la crise Malienne pour le Sénégal : l’inquiétante analyse du Dr Penda MBow</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Nov 2013 12:34:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Notre élite intellectuelle devrait être beaucoup plus modeste et analyser avec attention ce qui se passe dans notre sous-région afin d’en tirer les bonnes conséquences.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>[vc_row el_position= »last »][vc_column][vc_column_text]<img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="size-full wp-image-1842 alignleft" alt="HadyIpode" src="https://i0.wp.com/thinktank-ipode.org/wp-content/uploads/2013/11/HadyIpode.png?resize=150%2C149&#038;ssl=1" width="150" height="149" />Le Dr Penda MBow est une personnalité importante de ce pays. Historienne, Maitre-Assistante à l’université de Dakar, analyste politique et membre influente de la société civile sénégalaise, elle a participé à la chute du Président Wade.</p>
<p><span id="more-11339"></span></p>
<p>Elle a par ailleurs l’oreille du Président Macky Sall  Il est donc d’autant plus inquiétant qu’elle produise lors d’une rencontre tenue à Berlin, malgré l’éclairage de la crise malienne, une analyse extrêmement superficielle et, à notre avis, fausse des risques structurels de déstabilisation du Sénégal.</p>
<p>Mme Mbow exprime la certitude arrogante, partagée par le peuple et l’élite sénégalaise, que ce qui s’est passé au Mali n’aurait pas pu survenir au Sénégal parce que notre société serait intrinsèquement meilleure que la société malienne. Son analyse ne nous paraît cependant pas fondé sur autre chose que des préjugés.</p>
<p>Certes l’histoire institutionnelle des sociétés sénégalaises et maliennes n’est certainement pas la même. Notre système éducatif est meilleur, le Sénégal a presque toujours été une quasi-démocratie et notre élite est globalement plus valable que l’élite malienne. Mme Mbow a donc raison de pointer cette disparité de trajectoires. Elle ne semble cependant pas voir qu’il y a, entre le Sénégal et le Mali des ressemblances fortes mais surtout qu’une inflexion récente de la trajectoire sénégalaise a accentuée la fragilité de notre pays.</p>
<p>Le Dr Mbow commence par commettre une faute de raisonnement en partant d’un postulat non vérifié mais conforme à ce que les maliens disent d’eux-mêmes. Elle affirme en effet que la mobilité sociale est faible au Mali et que les élites maliennes actuelles sont les mêmes que du temps de Soundiata Keita. Elle y voit une des causes de la crise malienne. Une telle affirmation est probablement fausse. La mobilité sociale est une caractéristique de toutes les sociétés même si elle est plus ou moins forte. Déjà en 1948 dans <i>Dieu d’eau</i>, l’anthropologue français, spécialiste des dogons, Marcel Griaule montrait que ces derniers avaient changé à quelques années de distance leur mythe fondateur pour le conformer au nouvel ordre socio-économique de leur société pourtant jugée primitive. S’il y a mobilité et réorganisation sociale dans une petite communauté malienne, il est hautement improbable que ce ne fût pas le cas dans la société malienne prise dans son ensemble. D’ailleurs Madame Mbow devrait savoir que tout le regain d’intérêt pour la figure de Soundiata Keita est récent dans la société malienne, accompagnant la révolution de 1992 et la redécouverte subséquente de la Charte du Mandé.</p>
<p>Une autre cause de la crise malienne qu’identifie le Dr Mbow est que le Mali est un pays pauvre ayant un territoire immense qu’il peine à gouverner. Cette cause n’est pas aussi fallacieuse que celle invoquée précédemment. Elle est cependant à relativiser. Mme Mbow a raison de pointer les problèmes de gouvernementalité du Nord Mali. Il faut cependant signaler qu’à l’orée de la crise Malienne de 2012, le consensus parmi les chercheurs était qu’après la démocratisation de 1992, le Mali avait effectué un remarquable travail de décentralisation et que l’unité nationale était désormais préservée. Plus généralement, après vingt ans d’exercice démocratique à transitions pacifiques, le Mali était donné en exemple à l’ensemble du continent africain comme preuve qu’un État pauvre et multiethnique pouvait être pleinement démocratique.</p>
<p>Mme Mbow pointe enfin la fragilité de l’armée malienne qui n’a pas su faire face à l’attaque islamiste et la contraste avec la supposée qualité de notre armée qui aurait d’après elle tenu le coup face à un tel assaut. Il est toujours difficile d’évaluer des contrefactuels. Il faut cependant noter que cette supposée fragilité de l’armée malienne n’empêche pas que nous y envoyions nos soldats se faire former. L’armée malienne tout comme l’armée sénégalaise est une armée de métier contrairement à ce que suggère Mme Mbow et la nôtre n’arrive pas non plus à mettre un terme à la crise casamançaise malgré le fait que les rebelles du MFDC aient très peu de soutien international. L’affirmation du Dr Mbow selon laquelle notre armée aurait fait mieux que la malienne est donc, pour le moins, dénuée de fondement en l’absence d’agression effective contre le territoire sénégalais.</p>
<p>Ce que notre étude dans le cadre du Think Tank Ipode a montré c’est que les causes profondes de l’effondrement de la République malienne ne sont pas celles qu’identifie le Dr Mbow. Or si l’étude étiologique n’est pas bonne, il est impossible de comparer valablement les situations au point d’en conclure que le Sénégal ne pourrait s’effondrait comme le Mali. Qu’en est-il réellement ?</p>
<p>Dans l’étude d’Ipode, plusieurs causes avaient été tenues pour responsables de l’effondrement du Mali. Il y avait certes les problèmes de gouvernementalité au Nord avec l’irrédentisme touareg aggravé par la chute de Kadhafi. Il y a avait surtout plusieurs causes internes à la société malienne dont la principale était un effondrement généralisé du d’une part à la défiance de la population envers ses élites et d’autre part à la médiocrité d’élites politiques et militaires mal formées, peu soucieuses de l’intérêt général et corrompues. Le Sénégal pourrait-il suivre le même chemin ? Il est à tout le moins douteux que la réponse soit un non péremptoire comme semble le penser le Dr Mbow.</p>
<p>Tout comme le Mali d’avant la crise de 2012, le Sénégal apparaît comme un exemple de démocratie en Afrique mais il partage avec le Mali les mêmes problèmes structurels qui ont mené ce dernier pays à la catastrophe. Il y a au Sénégal comme au Mali d’avant 2012 une crise de basse intensité qui semble ne pas mettre en danger le pouvoir central. Depuis l’arrivée du Président Sall cette crise semble certes en passe de se résoudre. Ceci dit la Casamance est entourée de trois États en déliquescence (les deux Guinée et la Gambie) dont deux (la Gambie et la Guinée Bissau) sont des narco-États. Nous ne sommes donc pas à l’abri d’une explosion de la crise casamançaise à la faveur de l’implosion de l’un ou l’autre de ces États fragiles. Et ce d’autant moins que le Sénégal servirait lui-même, d’après certains experts, déjà de plaque tournante à certains cartels sud-américains.</p>
<p>Une deuxième ressemblance entre le Mali d’avant la crise et le Sénégal est l’apparition de fortunes colossales à coté d’une population globalement pauvre. Au Mali on avait parlé de « milliardaires de la démocratie ». Au Sénégal, depuis le règne du Président Wade, une élite politique et affairiste s’est considérablement enrichie et l’affiche. Tous les indicateurs montrent que le Sénégal est extrêmement inégalitaire avec un coefficient de Gini<a title="" href="file:///C:/Users/Mohamed%20LY/Desktop/Ipodesurlanalyse%20dePendaMbowsurleMali2.docx#_ftn1">[1]</a> de 39,2 (celui du Mali est de 39,0) et un ratio de la population pauvre en fonction du seuil de pauvreté national de 46,7% (43,6% au Mali) selon le rapport 2011 de la Banque Mondiale. Le Sénégal est donc plus inégalitaire que le Mali. Cette inégalité elle-même pourrait, comme dans le cas malien mener à deux conséquences désastreuses. La première est un développement de toutes sortes d’activités délictueuses ces dernières étant les seules à même d’assurer le niveau de vie désiré. Ces activités iraient du banditisme violent, source d’insécurité, à la corruption généralisée nuisible au fonctionnement des institutions étatiques. Une seconde conséquence possible du creusement des inégalités est une perte de légitimité d’élites politico-économiques perçues à tort ou à raison comme corrompues.</p>
<p>Une troisième ressemblance, plus grave à notre avis, est la médiocrité des élites sénégalaise et une dégradation généralisée du niveau d’éducation et culture républicaine dans la société sénégalaise en général. Tout le monde au Sénégal convient qu’il y a une dégradation extrêmement rapide de la qualité de notre enseignement du niveau primaire au niveau universitaire. Cette dégradation est cependant rarement pensée en termes de danger pour la société sur le plan institutionnel. La démocratie a pour condition de pérennité l’existence de citoyens informés et conscients des enjeux dont le vote contrebalance le pouvoir de la classe dirigeante. Vue la trajectoire que suit le système éducatif sénégalais depuis une trentaine d’années, ce sera  de moins en moins le cas dans le futur. Plus grave encore, l’élite sénégalaise elle-même ne paraît pas à la hauteur des enjeux comme le montre la pauvreté de l’analyse des enjeux de la crise du Mali pour le Sénégal et la misère de notre débat public. Le Dr Mbow peut se gausser de l’armée malienne et accuser la classe politique malienne d’endogamie pluriséculaire ; il ne nous paraît pas du tout évident que l’élite sénégalaise dont elle fait partie soit plus ouverte ou compétente. La communauté universitaire, à laquelle elle appartient a eu l’irresponsabilité de déserter les amphithéâtres pendant six mois en 2012, notre pouvoir judiciaire a grogné pour que lui soient alloués des fonds communs indexés sur les produits de décisions judiciaires qu’il rend, la hiérarchie policière vient de vivre un scandale sur fond d’accusations de trafic de drogue. Quant à notre classe politique, elle semble vivre dans une telle autarcie que l’on a du mal à distinguer une opposition à la coalition au pouvoir. Cette confusion est dangereuse en ce qu’elle prive le peuple d’un recours démocratique et pacifique en cas d’insatisfaction devant les politiques menées. De plus cette classe politique, société civile comprise, semble inapte à proposer des solutions concrètes aux problèmes que vivent les populations que ce soit l’approvisionnement en eau et en électricité ou les problèmes de l’emploi et de l’éducation. Elle ne nous paraît donc pas plus capable que la malienne de réagir avec intelligence et pensée stratégique à une crise imprévue du type de celle qu’a causée au Mali le renversement de Kadhafi. La gestion désastreuse de la mini-crise qu’a été la rupture du tuyau de Keur Momar Sarr n’est pas de nature à nous rassurer sur ce plan là.</p>
<p>Étant données les similitudes que nous avons relevées entre le Mali d’avant la crise et le Sénégal actuel, il nous semble que le Dr Penda Mbow est singulièrement malvenue de clamer que ce qui est arrivé au Mali ne pourrait arriver au Sénégal avec autant de légèreté dans l’analyse. Notre élite intellectuelle devrait être beaucoup plus modeste et analyser avec attention ce qui se passe dans notre sous-région afin d’en tirer les bonnes conséquences. Quoique Mme Mbow soit proche de notre président actuel, elle n’est pas son conseiller stratégique. Nous espérons que ceux qui conseillent le chef de l’état sur les questions de sécurité ne produisent pas des analyses aussi superficielles. Autrement, ce serait inquiétant.</p>
<p>Dr. Mouhamadou El Hady Ba,</p>
<p>Directeur général du Think tank Ipode.</p>
<p>Site: <a href="http://www.thinktank-ipode.org/">www.thinktank-ipode.org</a></p>
<p>twitter: <b>@hady_ba</b></p>
<p><b>Références: </b></p>
<p>Ba, Mouhamadou el Hady et Mbaye, Pierre-Amath : <i>La crise au Malie et ses leçons pour le Sénégal, </i>Ipode Working Paper N° 1, Dakar février 2013</p>
<p>Bussi, Michel, Lima, Stéphanie et Vigneron, David : « L’État-nation africain à l’épreuve de la démocratie, entre présidentialisation et décentralisation : l’exemple du Mali », <i>L&rsquo;Espace Politique</i> [En ligne], 7 | 2009-1, mis en ligne le 30 juin 2009, consulté le 19 novembre 2013. URL : <a href="http://espacepolitique.revues.org/1270">http://espacepolitique.revues.org/1270</a> ; DOI : 10.4000/espacepolitique.1270</p>
<p>Griaule, Marcel : <i>Dieu d’eau. </i><i>Entretiens avec Ogotemmêli</i>. Paris: Librairie Arthème Fayard, 1975, 224 pages. Première édition: 1948</p>
<p><i> </i></p>
<div>
<p>&nbsp;</p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div>
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Mohamed%20LY/Desktop/Ipodesurlanalyse%20dePendaMbowsurleMali2.docx#_ftnref1">[1]</a> L&rsquo;indice (ou coefficient) de Gini est un indicateur synthétique d&rsquo;inégalités de niveaux de vie dans une société donnée.</p>
</div>
</div>
<p>[/vc_column_text][vc_toggle open= »false » el_position= »last »]</p>
<p>[/vc_toggle][/vc_column][/vc_row]</p>
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		<title>Rétablissement de l’ « ordre constitutionnel » au Mali: Le «  piège »  des élections  du 7 Juillet 2013</title>
		<link>https://thinktank-ipode.org/2013/02/20/retablissement-de-l-ordre-constitutionnel-au-mali-le-piege-des-elections-du-7-juillet-2013/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[MO]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Feb 2013 09:34:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Cette obsession d’accéder au pouvoir, qui caractérise les couches moyennes africaines, a fait des « échéances électorales », un dogme, dont le respect devrait primer en tout temps, et en toutes circonstances.

C’est ce dogme  qui a fait privilégier la poursuite du processus électoral au Mali, au moment même  où ce pays vit une rébellion armée, doublée d’une agression extérieure qui a amputé une partie importante de son territoire.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le monde politique malien, à l’image de ses homologues dans d’autres pays d’Afrique,  est piégé par  l’ « électoralisme », que les grandes puissances occidentales, comme un virus, les ont  inoculés,  pour susciter en eux une soif inextensible d’accès au pouvoir.<span id="more-676"></span></p>
<p>Ils sont convertis à l’idée que le pouvoir s’acquiert par les urnes, donc, chacun se dit, pourquoi pas moi ?</p>
<p>Cette obsession d’accéder au pouvoir, qui caractérise les couches moyennes africaines, a fait des « échéances électorales », un dogme, dont le respect devrait primer en tout temps, et en toutes circonstances.</p>
<p>C’est ce dogme  qui a fait privilégier la poursuite du processus électoral au Mali, au moment même  où ce pays vit une rébellion armée, doublée d’une agression extérieure qui a amputé une partie importante de son territoire.</p>
<p>Même dans un Etat fort,  doté d’une puissante armée nationale, aucun patriote lucide, n’aurait privilégié la tenue de compétition électorale, à la place de la restauration de l’intégrité territoriale de son pays, et  du  rétablissement de la sécurité des populations.</p>
<p>C’est pour cette raison, que l’on devrait s’interroger gravement sur  la décision des Autorités de la transition,  de reprendre le processus électoral au Mali, pour aller aux élections présidentielles le 7 juillet 2013, au moment où le Nord du pays est encore sous occupation  d’« indépendantistes », et que la France décide de retirer progressivement ses troupes pour céder la place aux « forces de maintien de la paix » des Nations Unies.</p>
<p>Ce scénario, qui est en fait celui des USA, s’est donc finalement imposé au peuple malien.</p>
<p>I)                     Comment en est on arrivé là ?</p>
<p>C’est d’abord par une puissante campagne de « diabolisation » du Capitaine SANOGO, chef de la junte qui a renversé le Président, Amadou Toumany Touré (A.T.T), accompagnée par de vastes manœuvres  de  « crédibilisation » de la rébellion touareg, en faisant passé le Mouvement National de Libération de l’AZAWAD, pour des laïcs républicains, et Ansar Dine, pour des « islamistes modérés », qui, tous les deux,  luttent pour l’autodétermination de leur peuple d’un  « joug Bambara » qui gouvernerait le pays à partir du SUD,  de  Bamako la capitale.</p>
<p>Ensuite, c’est une puissante campagne pour isoler, dans l’opinion publique, l’intervention Française au Mali, taxée par une « gauche anti guerre »,  d’impérialiste et de néocoloniale, et par une Droite, de guerre  coûteuse pour les finances publiques en grave déficit, et présentée surtout, comme « une aventure solitaire » qui va s’enliser et aggraver la situation sécuritaire dans le Sahel.</p>
<p>II)                La « diabolisation » du Capitaine SANOGO et la « crédibilisation » de la rébellion</p>
<p>a)      La « diabolisation »  du Capitaine</p>
<p>Le retour à « l’ordre constitutionnel » a été, depuis le coup d’Etat du 21 mars, l’arme par laquelle, la France sous Sarkozy,  et les USA, ont cherché à utiliser la CEDEAO et les forces « anti putschistes » du Mali, pour faire partir ce Capitaine impénitent, en entravant toutes ses tentatives de reprise en main de l’armée nationale, pour aller à l’assaut des rebelles et libérer le Nord du pays, et en décidant d’étrangler économiquement ce peuple par l’embargo de la CEDEAO et la suspension de l’aide publique au développement .</p>
<p>Pour ce faire, il a été peint sous les couleurs de «  Laurent BAGDBO » par la presse Française puissamment relayée par la presse des autres pays occidentaux et de la CEDEAO.</p>
<p>Il était donc présenté comme l’obstacle à abattre, pour permettre aux civils de prendre le pouvoir à l’issue d’élections qu’il faillait organiser, sous prétexte de la nécessité de restituer au pays des institutions légitimes, seules habilitées à parler et  à agir en son nom.</p>
<p>La  question de la libération du Nord du  pays était associée à sa personne, alors que la France et les USA veulent des négociations avec les rebelles « non terroristes » !</p>
<p>L’obsession d’accès au pouvoir par les urnes le plus tôt possible a pris le dessus, au point d’occulter aux yeux des « anti- putschistes », que l’enjeu de ce scénario, est la partition de leur pays en deux entités distinctes : le Nord, et le SUD !</p>
<p>C’est cet aveuglement qui a détruit l’Etat malien sous le règne du Président  Amadou T.Touré.</p>
<p>Ils ne se sont même pas rendus compte, que des élections présidentielles par l’expression du suffrage du peuple est impossible, quand une partie du peuple en est exclue. Car ceux qui sont exclus,  pourront toujours refuser légitiment de reconnaître l’autorité de ce Président élu sans leur suffrage.</p>
<p>D’où le risque de légitimation électorale de la partition de fait, du pays, par la rébellion.</p>
<p>Cependant, pour faire avaler cette pilule amère à l’opinion publique internationale, il a fallu recourir aussi à la  « crédibilisation » de la rébellion.</p>
<p>b)       La « crédibilisation » de la rébellion</p>
<p>C’est à cet effet que le Ministre des Affaires Etrangères du Canada,  John Baird, qualifiait, à l’ONU, la rébellion au Mali, comme « une insurrection qui est en train de se produire sur le terrain ». Et il ajoutait «  j’aurais des inquiétudes à fournir une formation à des militaires qui ont mené un coup d’Etat et renversé un gouvernement démocratiquement élu »</p>
<p>En écho à cette campagne, Laurent Joffrin, dans son éditorial du « Nouvel Obs », intitulé :    «  Droit d’ingérence », soutenait qu’il «  faudra faciliter l’installation d’un Etat malien digne de ce nom, et rallier à cette tâche les populations touaregs qu’un antagonisme ancestral oppose aux habitants du Sud » !</p>
<p>En évoquant ainsi, un « antagonisme ancestral » qui opposerait le Nord et le SUD, l’on évacue subtilement  la « crise  »raciale » » au Nord, ou plus exactement phénotypique, entre  Touaregs blancs, Arabes et Noirs, sur le modèle du Soudan, avec son contenu esclavagiste.</p>
<p>Le caractère raciste et esclavagiste de la rébellion au Nord, est occulté, pour la présenter comme un « <b>mouvement de libération d’un peuple opprimé</b> », malgré les exactions et autres traitements dégradants exercés exclusivement sur les Noirs, sous couvert de la Charia !</p>
<p>III)             La campagne contre l’intervention Française au Mali.</p>
<p>Quand Sarkozy et les USA faisaient tout pour organiser une intervention militaire de la CEDEAO contre les putschistes pour rétablir l’ « ordre constitutionnel » au Mali en chassant la junte, des voix maliennes, d’Afrique et du monde, s’étaient élevées contre cette guerre qui allait définitivement disloquer le pays, et légitimer de facto sa partition  en deux.</p>
<p>Mais cette guerre, véritablement néocoloniale, était souhaitée chez les puissances occidentales, chez les « anti putschistes » maliens, et les victimes africains de l’ « électoralisme ».</p>
<p>Cependant,  lorsque le successeur de Sarkozy, après une courte période de continuité, a décidé de mettre la libération du Nord Mali en priorité par rapport au retour à l’ « ordre constitutionnel », les Etats Unis et les autres puissances occidentales ont manœuvré pour s’y opposer, et la « gauche anti guerre », a enfourché son cheval de combat contre le néocolonialisme Français, tandis que les « pro atlantistes » au sein du PS et de la Droite Française, y ont vu un divorce avec  la stratégie des USA qu’ils ont essayé de contrer, en avertissant contre l’ « isolement » de la France, et le risque d’un « enlisement » d’une guerre qui serait coûteuse pour les finances  publiques en pleine crise.</p>
<p>En France, l’on a semblé ignorer que l’intervention Française n’a pas été décidée pour défendre des intérêts Français au Mali, mais essentiellement, pour éviter qu’une guerre de la CEDEAO contre l’armée malienne, ne  risque de mettre en cause ses intérêts au Niger, si le Nord Mali est laissé entre les mains d’Ansar Dine, sur qui tablent les Américains, et qui est en position de force pour y avoir expulsé le MNLA, que la France a toujours considéré comme un allié.</p>
<p>L’on ne mentionne pas que la France a profité de cette intervention pour déployer ses « forces spéciales » au Niger, afin de  protéger les sites d’uranium exploités par Areva.</p>
<p>L’intervention française pour libérer le Nord Mali, c’est de l’impérialisme, du néocolonialisme, mais son occupation militaire d’une partie du territoire nigérien pour y défendre ses intérêts, c’est le mutisme le mieux partagé en France, où l’on exige son départ du Mali,  mais pas  du Niger !</p>
<p>Cette campagne contre l’intervention Française est d’autant plus dissuasive que, comme rapporté par Laurent Joffrin dans son éditorial cité plus haut, « les USA, selon le  Quai d’Orsay,  ne considèrent pas les groupes  terroristes (au Mali) comme une menace sur leurs intérêts ».</p>
<p>La position des USA sur la crise au Mali a été récemment réaffirmée par le nouveau Secrétaire d’Etat, John Kerry en ces termes : «  Nous exhortons le  gouvernement à poursuivre le processus de transition jusqu’à la tenue des élections, et à accélérer les négociations avec des groupes non extrémistes du Nord ».</p>
<p>IV)              Conséquences de cette anti intervention</p>
<p>La conjonction de ces pressions a amené la France  au compris avec les USA, ayant permis l’adoption d’une troisième résolution de l’ONU, le 20 Décembre 2013, autorisant une intervention militaire africaine pour libérer le Nord Mali, tout en demandant la tenue des élections en Mars –Avril au plus tard, sans pour autant fixer de calendrier pour le démarrage de cette intervention.</p>
<p>C’est la nature bancale de ce compromis, qui a fait dire au Représentant de la France aux Nations Unies, Bernard Arnaud, au sortir de la réunion du Conseil de Sécurité, d’un ton désabusé, qu’ « il est prématuré d’indiquer quand l’opération militaire aura lieu. En fait, la question est de savoir si cette intervention aura lieu ».</p>
<p>En fait, de cette résolution, il résultait que la guerre contre les « islamistes » pour libérer le Nord Mali, était remisée aux calendres grecs, puisque de graves incertitudes planaient encore sur  son « opportunité » et sa « faisabilité »,  même  au « printemps » 2013.</p>
<p>Cette résolution des Nations Unies a été perçue  par Ansar Dine et ses alliés islamistes, comme un encouragement à reprendre les hostilités, avec la conviction que le Sud du Mali allait  plonger dans la division politique et dans  la paralysie des Institutions de la République, comme ce fut le cas sous ATT,  à cause  des rivalités politiques qu’occasionne  la reprise du processus électoral.</p>
<p>D’où leur décision de prendre la localité de Bonna,  pour s’ouvrir les portes de Mopti, qui est une étape stratégique pour la conquête du Sud du Mali, mais aussi, un atout majeur dans d’éventuelles négociations de paix.</p>
<p>La réaction des Autorités de la transition et de l’Armée malienne, face à cette reprise des hostilités, en affrontant les troupes islamistes à Bonna,  a pris de court les stratèges des USA, qui n’avaient de cesse de ridiculiser l’armée malienne qu’ils jugent incapables, paralysées  et démoralisées.</p>
<p>Mais, le sous équipement de l’armée malienne face aux islamistes, malgré sa bravoure, sa combativité et sa détermination, l’a obligé à se retirer et à leur   laisser Bonna.</p>
<p>Il était donc devenu clair aux yeux du monde entier, que l’armée malienne, laissée seule dans son état, ne pourra pas empêcher les islamistes de prendre Mopti.</p>
<p>D’où la réaction rapide et surprenante de la France à l’appel du Président de la transition, pour venir en urgence épauler son armée.</p>
<p>En effet, le 9 janvier 2013, le Président de la transition au Mali,  écrivait au Président Français, une lettre pour lui demander une aide militaire en ces termes : «  Suite aux développements récents constatés sur le terrain et la menace qui se précise contre nos premières lignes de défense, une intervention aérienne immédiate s’impose. Celle-ci consiste à fournir un appui renseignement et un appui feu au profit de nos troupes. »</p>
<p>Le Président Français décida alors de lancer le 11 Janvier une opération aéroportée dénommée « Opération Serval », durant laquelle, la France perdit un pilote d’hélicoptère  au combat.</p>
<p>Cet évènement malheureux, dès le premier jour de cette intervention, a pu  convaincre le Président Français,  que l’appui aérien seul est très risqué, et qu’il faillait l’accompagner d’un engagement terrestre de combattants. Ce qu’il fit dès le lendemain 11  Janvier.</p>
<p>Cette réaction de la France  a pris le contrepied de la résolution de l’ONU, laborieusement  élaborée,  sur l’intervention militaire au Mali, mais  elle s’est inscrite parfaitement dans les dispositions de l’article 5 du  Chapitre II de la Charte des Nations Unies qui, en la matière, régit les rapports bilatéraux entre les Etats.</p>
<p>V)                Le revirement de F. Hollande</p>
<p>Les critiques et autres réserves des pays occidentaux, de la Droite et des Socialistes « pro atlantistes » Français, combinées à celles d’une partie de la gauche, ont obligé le Président Hollande à revoir l’objectif de son intervention, qui s’inscrit désormais dans le cadre d’envoie de «  troupes de maintien de la paix » de l’ONU, pour prendre le relais de ses troupes,  qui vont se désengager progressivement à partir de mars 2013, sans avoir, au paravent, parachever la libération totale du Nord Mali, qui était l’objectif initial  déclaré  de l’ « Opération Serval ».</p>
<p>Cependant, les premiers signes de ce retournement sont apparus avec le refus de la France, à la demande de la rébellion, de permettre à l’armée malienne de participer à la libération de Kidal et à la prise de  Tessalit, qui est un aéroport hautement stratégique vers la frontière algérienne, sous prétexte d’éviter d’éventuelles représailles contre les touaregs !</p>
<p>Cette attitude de la France l’a réconciliée avec le scénario des USA, au point de sceller solennellement les retrouvailles lors d’une visite officielle, à Paris,  du Vice Président US, Joe  Byden.</p>
<p>Désormais, le rêve du peuple malien, suscité par l’intervention française, de voir leur Etat exercer son autorité sur toute l’étendue du territoire, est lourdement handicapé par ce revirement du Président Français, qui est passé outre, l’objectif pour lequel le Président de la transition au Mali avait sollicité son intervention militaire.</p>
<p>Tout se passe comme si, une fois  assurée la sécurisation des sites d’uranium d’Areva au Niger par le déploiement de forces spéciales françaises, le Président Hollande n’a plus besoin d’exposer davantage ses forces armées dans la crise au Mali.</p>
<p>Ainsi, ceux de la gauche qui ont réclamé, à corps et à cri,  l’arrêt de l’intervention militaire Française, taxée d’impérialiste et de néocoloniale, n’auront plus d’arguments devant cette forfaiture.</p>
<p>C’est dans ces conditions, que les pressions conjuguées de la France, des USA et de la CEDEAO, ont amené le Président de la transition à décider de la tenue de  l’élection présidentielle le 7 Juillet 2013, avant la libération totale du Nord Mali, mais avec l’espoir que la présence des « forces de maintien de la paix » de l’ONU, la sécurité des citoyens serait assurée.</p>
<p>Cependant,  selon le site du « Monde.fr » du 13 Février 2013,  les «  autorités maliennes se sont montrées  réticentes  jusqu’à présent, de crainte qu’un tel déploiement n’entérine la  partition de fait du Mali, à l’image du Soudan ».</p>
<p>C’est dans ce contexte que la France et les USA manœuvrent pour dissiper ces appréhensions, et pour amener le Conseil de Sécurité des Nations Unies d’adopter une nouvelle résolution autorisant ce déploiement.</p>
<p>C’est ce que vient de confirmer le Secrétaire Général Adjoint des Nations Unies, Hervé Ladsons, le 12 Février,  en disant que «  le Conseil de Sécurité devrait  parvenir dans un délai de deux à trois semaines, à un accord sur le déploiement des casques bleus au Mali. Cela devrait se faire avant le 31 juillet ».</p>
<p>Le sort du Mali, sous occupation de forces étrangères, va ainsi être décidé!</p>
<p>C’est cette perspective qui donne toute la signification  à la prise de fonction officielle du Capitaine SANOGO longtemps retardée. Il est  installé à la tête du « Comité de réforme des formes Armées », pour que le Mali puisse se doter d’une armée en mesure  de défendre l’intégrité de son territoire et la souveraineté se son peuple.</p>
<p>Les Maliens devraient donc comprendre,  que la reprise du processus électoral, dans un pays où l’Etat n’exerce pas son autorité sur toute l’étendue du territoire, ou  même, une partie de son territoire est occupée par des forces étrangères, « dites de maintien de la paix », est un piège infernal, qui va plonger  immanquablement, dans la durée,  le pays dans l’instabilité, et le peuple dans l’insécurité et la violence.</p>
<p>C’est ce piège infernal de « l’électoralisme », comme l’expérience récente en Afrique, en la matière, l’illustre amplement, qui est, avec ce scénario des USA,  tendu au peuple malien.</p>
<p>VI)             L’expérience récente de l’Afrique.</p>
<p>L’obstination des grandes puissances occidentales, à imposer la tenue d’élections, même là où les conditions institutionnelles et politiques ne sont pas réunies, échappe à toute rationalité.</p>
<p>Elles imposent des calendriers électoraux artificiels dans des situations où la crise politique est consécutive à l’effondrement de l’Etat, et/ ou à  l’absence d’autorité de l’Etat sur une partie du territoire, souvent occupée par une rébellion.</p>
<p>Dans le premier cas, ce sont les « révolutions arabes »,  où l’effondrement de l’Etat continue de plonger ces pays dans l’instabilité, et leurs citoyens, dans l’insécurité, après la tenue d’élections qui ont fait émerger un pouvoir civil légitime, que ce soit en Tunisie, en Egypte ou en Lybie.</p>
<p>D’ailleurs pour la Lybie, l’instabilité et l’insécurité sont telles, que  les USA, l’ONU, la Ligue Arabe, l’Union Européenne, et l’Union Africaine, ont adopté « un plan de développement de la sécurité nationale » et un « plan de développement de la justice et de l’Etat de Droit », à la place des Autorités Libyennes démocratiquement élues, qui sont sensées incarner la souveraineté de leur peuple ! Cette mise sous tutelle de la Lybie vide  de tout sens, les élections imposées à ce  peuple pour se doter de représentants élus !</p>
<p>Dans le second cas où une partie du territoire national est hors de l’autorité de l’Etat, deux situations se sont présentées, à savoir : la Côte d’Ivoire, et la République Démocratique du Congo (RDC).</p>
<p>En Côte d’Ivoire, sous BAGDBO, la tenue d’élection, dans le cadre d’une absence totale de l’autorité de l’Etat sur le Nord occupé par la rébellion, en présence de « forces de maintien de la paix » des Nations Unies, a abouti à une intervention militaire Française pour installer au pouvoir le « Président élu », mais vivement contesté par les Autorités qui ont organisé ces élections !  En RDC, la tenue d’élection dans ces mêmes conditions, a abouti à aggraver la crise, que l’on faisait pourtant croire pouvoir surmonter par les urnes, avec une rébellion encore plus puissante sous le nom du M23, malgré la forte présence des « forces de maintien de la paix » de l’ONU. Le danger de partition de la RDC qui en est  résulté,  vient d’être dénoncé, dans un célèbre ouvrage de Professeurs Congolais, Justin Kankwenda et François Mukoka, intitulé « Le complot de balkanisation du pays ».</p>
<p>L’attitude des grandes puissances occidentales et de leur marionnette, la CEDEAO, dans cette crise malienne, est d’autant plus sujette à caution, quand on compare celle-ci avec la leur, face à la crise en Guinée Bissau. En effet, l’organisation des élections dans le cadre de cet Etat failli, a été militairement interrompue entre le premier et le second tour de l’élection présidentielle, sans aucun calendrier de leur reprise. Mais, face à cette forfaiture, ni la CEDEAO, encore moins l’Union Africaine, n’a sollicité les Nations Unies pour l’envoie de « forces de maintien de la paix ». Pourtant, cette situation en Guinée Bissau, est une menace réelle pour la sécurité et la stabilité du Sénégal, et de la République de Guinée ! Mais, comme au Mali, la crise en Guinée Bissau ne menace pas les intérêts américains, sur lesquels veille scrupuleusement AFRICOM, dans le Golfe de Guinée, où elle occupe une position stratégique de premier ordre.</p>
<p>C’est donc avec raison que les Autorités du Mali craignent pour l’intégrité territoriale de leur pays, la sécurité de leur population, et la stabilité de leurs institutions,  avec la tenue d’élections dans des conditions qui rappellent si  gravement celles qui étaient en vigueur en  Côte d’Ivoire, et  en  RDC.</p>
<p>VII)   Comment sortir le Mali de ce piège de l’ « électoralisme » ?</p>
<p>Il est d’abord impératif d’exiger de la France qu’elle se conforme à l’esprit et à la lettre de la requête du Président Diacounda Traoré du 9 Décembre, qui devrait l’obliger à appuyer l’armée malienne à recouvrer l’intégralité du territoire du pays,  avant de lui céder la place.Dans cet objectif, il faudrait dénoncer et combattre l’interdiction faite à l’Armée malienne, par la France, de participer à la libération de Kidal et de Tessalit, de même que le projet de substitution de l’Armée Française par une « force de maintien de la paix », que ce soit sous les couleurs de la CEDEAO ou  des Nations Unies.</p>
<p>Ensuite, il faudrait  « dégonfler  l’électoralisme » dont sont victimes les  anti-  putschistes qui restent encore à la remorque des stratégies  des grandes puissances occidentales dans leur projet de partition de leur pays. Cette campagne devrait être appuyée  par une exigence de soutien aux Autorités de la transition qui ont lancé un mandat d’arrêt contre les principaux dirigeants de la rébellion qui ont porté atteinte à l’intégrité territoriale de leur pays, exercé, sur les citoyens, des traitements inhumains et dégradants, et créé les conditions d’agression de leur pays par des Djihadistes  étrangers, et l’occupation de leur territoire national. Et en faire autant pour leur exigence de désarmement de tous ceux qui veulent négocier ou dialoguer pour le retour de la paix, et leur refus de se contenter de déclarations de «  rejet du terrorisme », ou de « respect de l’intégrité du territoire malien », comme le veulent la France et les USA.</p>
<p>Enfin, le retrait anticipé de la France avant la libération complète du Nord Mali, et le transfert de son contrôle effectif par l’Armée malienne, devrait être considéré comme un échec militaire et politique de l’« 0pération Serval », et une capitulation de la France face aux pressions des USA et de ses alliés.</p>
<p>De même, il faudrait en appeler à l’Union Africaine, pour qu’elle entreprenne, sans délai, des négociations avec les Autorités Maliennes, Algériennes, Sénégalaises, Mauritaniennes, Nigériennes et du Burkina, en vue de  constituer une véritable armée africaine de la sous région, dans le but, au Nord Mali, de la remplacer  à la MISMA et autres forces de l’ONU de « maintien de la paix », et au Niger, aux « forces spéciales » Françaises.</p>
<p>Le Mali et notre continent sont à la croisée des chemins. Et les patriotes pan africains, singulièrement de gauche, sont obligés de se rassembler et de se mobiliser pour sortir le Mali de ce « piège de l’électoralisme », ou d’assister en complices, puisqu’informés, de la partition de ce pays, comme c’est le cas du Soudan,  et /ou,  de son maintien dans l’insécurité et l’instabilité de longue durée, comme c’est aujourd’hui le cas en RDC.</p>
<p>Dans ces circonstances tragiques, nous sommes tous des Maliens !</p>
<p>Fait à Dakar le 20 Févier 2013</p>
<p>Ibrahima Sène  PIT/SENEGAL</p>
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		<title>Point de vue du Dr Hady Ba sur la guerre au Mali</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jan 2013 13:29:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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		<category><![CDATA[Amadou Toumani Touré]]></category>
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					<description><![CDATA[Hady  Ba est Docteur en sciences cognitives à l’Institut Jean Nicod. Il partage avec nous sa vision sur l'intervention française au Mali. son analyse est riche et sans complaisance avec des critiques objectives vis à vis de l'élite malienne. Il anticipe dans ce ticket le risque de voir une revanche des populations locales sur les touaregs. La prise en compte de cette alerte par la communauté internationale évitera la catastrophe des XXXX constatés en Irak après l'intervention de l'ONU dans la première et seconde guerre en Irak.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a plein de gens que j’aime bien qui affirment que l’opération française au Mali est motivée par les plus bas intérêts économiques. Ce serait parce que le Mali disposerait d’immenses réserves minières que la France y mène une guerre impérialiste destinée à mettre en place un régime néo-colonial à la botte de Paris.<span id="more-363"></span></p>
<p>Pour qui connaît l’histoire des relations franco-africaines, prêter des intentions malveillantes et cupides à la France n’est pas si irrationnel que ça. La France s’est arrangée pour maintenir son emprise sur les pays africains et piller leurs ressources bien au delà de nos théoriques indépendance. Ceci dit, il y a une contradiction fondamentale dans la théorie d’une France malveillante intervenant au Mali pour accaparer des minerais. Une France omnisciente, omnipotente et omnicupide aurait-elle en premier lieu laissé le Mali tomber dans l’escarcelle des islamistes ? Si vraiment la France était aussi cupide qu’on le dit et si le Mali était riche, pourquoi la France aurait-elle attendu une invasion islamiste avant d’exploiter les richesses maliennes ? La vérité est que le Mali est pays extrêmement pauvre. Ce n’est pas un de ces pays comme la Guinée ou le Gabon regorgeant de richesses, captées par une élite, mais dont la population croupit dans la misère la plus noire. Non, le Mali est vraiment pauvre.</p>
<p>D’abord le Mali se situe dans la partie nord du Sahel, ce qui signifie qu’une grande partie de son territoire est semi-désertique.  Ensuite, le pays n’a quasiment pas d’industries et l’agriculture occupe 70% de la population ce qui n’est jamais bon signe. Si la productivité agricole avait été bonne, elle n’aurait pas employée autant de mains et enfin le Mali est enclavé étant dénué de façade maritime. Pour avoir une idée de la pauvreté du pays, il faut savoir que l’argent envoyé par les émigrés maliens est l’une des principales sources de richesse du pays. Oui, je parle de l’ouvrier ou du balayeur que vous croisez en France ! Certes, le Mali extrait de l’or et est même le troisième producteur d’or d’Afrique mais d’une part elle n’en produit que 63 tonnes par an et d’autre part ses réserves seront épuisées en 2014. Et comme souvent en Afrique, cet or est exploité dans des conditions désastreuses et bénéficie très peu à l’État mais beaucoup à des compagnies étrangères<a href="http://hadyba.wordpress.com/2013/01/17/mon-avis-sur-le-mali/#_ftnref1">[1]</a>. Il y a également de l’<a href="http://www.citizen-nantes.com/article-falea-21-pour-un-controle-politique-et-citoyen-des-ressources-minieres-maliennes-55917138.html" target="_blank">uranium à Faléa</a> mais si vous jetez un coup d’œil à la carte ci-après, vous vous rendez aisément compte que cette zone est bien éloignée de la zone de conflit.</p>
<p>Et puis de toute manière, la France a déjà fait main basse sur l’uranium nigérien et peut laisser filer quelques miettes maliennes. Non, franchement, le Mali est vraiment très pauvre. À tous points de vue. S’il avait été riche, la France aurait beaucoup moins tardé à intervenir.</p>
<p>Une chose que ceux qui s’empressent d’accuser la France se refusent à envisager, c’est la médiocrité de l’élite malienne. Encore une fois, des gens qui se veulent bienveillants envers l’Afrique agissent comme si les africains étaient des pantins désarticulés mus de l’extérieur et n’ayant aucune responsabilité dans ce qui leur arrive. Cette bienveillance paternaliste ne me paraît pas moins insultante que le discours de Sarkozy je dois dire.</p>
<p>Si nous nous intéressons un moment à l’élite malienne, ce qui frappe, c’est une profonde médiocrité intellectuelle et politique de gens occupant des fonctions extrêmement importantes en temps de crise. Prenons l’ancien Président<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amadou_Toumani_Tour%C3%A9" target="_blank">Amadou Toumani Touré</a>. Il avait juste décidé d’abandonner de facto une partie de son territoire national (Le Nord Mali) à qui en voulait à condition que les Touaregs se calment. Du coup, Touaregs et islamistes se sont alliés pour enlever les touristes occidentaux en ballade dans la sous région et les garder en otage au Mali le temps de négocier des rançons conséquentes auprès des gouvernements français, italiens ou espagnols. Longtemps, ce stratagème a semblé satisfaire tout le monde : les Touaregs, trop occupés à s’enrichir en trafiquant des blancs avaient oublié leurs revendications territoriales de fiers hommes du désert. L’Algérie était assez contente qu’Aqmi ne l’emmerde plus tant que ça. Bamako n’avait plus à gérer de revendications d’indépendance ni à corrompre des leaders Touaregs qui avaient trouvé là un bien plus lucratif business. Seuls le Niger et la Mauritanie protestaient mais on s’en fichait un peu. Ce statut quo était de toute manière fragile et ce n’était qu’une question de temps avant que les Touaregs ne se souviennent qu’ils n’avaient aucune raison d’être « les seuls blancs au monde à être dirigé par des noirs »<a href="http://hadyba.wordpress.com/2013/01/17/mon-avis-sur-le-mali/#_ftnref2">[2]</a> . La recherche d’un territoire leur appartenant étant d’autant plus pressante que la mort de Kadhafi les avait laissé 1)  dépourvu de parrainage étatique 2) doté d’armes grâce au pillage de l’arsenal libyen et 3) libres de s’allier effectivement avec les islamistes, ce que leur interdisait plus ou moins leur souverain libyen. Le Niger et la Mauritanie étant solides, ils choisirent de s’allier aux islamistes pour s’attaquer au Mali et en occuper tout ou partie. On peut aisément pardonner à des Touaregs d’avoir fait entrer le diable islamiste dans les luttes maliennes… Ou on peut y voir une illustration du fait que l’élite touarègue est aussi stupide que le reste de l’élite malienne et avait cru qu’elle pourrait contracter avec des fous de Dieu !</p>
<p>D’une certaine façon, l’exaspération qui a poussée l’armée malienne à prendre le pouvoir pouvait se comprendre. Les soldats se faisaient tuer au Nord dans l’indifférence générale de l’élite dévoyée de Bamako. En plus ils ne recevaient pas régulièrement leur solde et les veuves de soldat n’étaient pas pris en charge correctement par le gouvernement. Le problème, c’est que la révolte des militaires a été menée par un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amadou_Haya_Sanogo" target="_blank">élément aussi médiocre</a> que l’élite politique en question et tout ce qu’ils ont réussi, c’est favoriser la partition de leur propre pays en prenant le pouvoir sans y être préparé face à des rebelles surarmés. Ils ont pris un pouvoir dont ils ne savaient que faire, se sont fait très vite mettre la pâtée au Nord puis sont revenus à Bamako se conduire en enfants gâtés tyrannisant les politiciens. On se serait attendu à ce qu’une fois le Mali attaqué il y ait une union sacrée pour reconquérir le pays. L’élite malienne, non seulement a été incapable de faire preuve d’un minimum de patriotisme, mais en plus a continué ses médiocres combines dans les salons de Bamako. Prenons l’une des personnes les plus célèbres du Mali :<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Aminata_Dramane_Traor%C3%A9" target="_blank">Aminata Dramane Traoré</a>. Elle aurait pu émerger comme un recours. Elle s’est contentée de plaquer sur la situation malienne un discours altermondialiste totalement hors contexte. Elle aurait pu rappeler ce fait simple que le Mali étant une démocratie, quels que soient les errements du président élu, l’armée n’avait aucun droit de prendre le pouvoir. Au lieu de ça, avec son groupe de pseudo intellectuels, elle a soutenu la junte dans un raisonnement surréaliste dont il ressortait que la mondialisation et l’ultralibéralisme étaient coupables. Au lieu de se focaliser sur la libération du Nord de leur pays, les politiciens maliens se sont perdus en intrigues de palais incompréhensibles et ont passé leur temps à accuser tout le monde (La France, la CEDEAO, l’Algérie) d’ingérence.</p>
<p>Le problème c’est que l’ingérence a justement trop tardée : le Mali est frontalier de trop de pays (9 si je compte bien) pour qu’on laisse le chaos s’y installer. Si la France n’en a rien à faire du Nord Mali et du Mali généralement, ni la France, ni les pays d’Afrique de l’ouest comme le Sénégal, le Niger, la Côte d’Ivoire etc… ne peuvent se permettre de laisser ce pays plonger dans le chaos. En tant que sénégalais, ça fait des mois que j’agonise en me demandant ce que nous attendions pour sonner la mobilisation. La vraie humiliation devrait être non pas l’intervention française mais le fait que nous ayons été incapables, un an durant de nous mettre d’accord sur un plan d’intervention et au moins de l’organiser à défaut de la financer et le mettre en œuvre. Encore une fois, nous nous sommes montrés incapables de nous prendre en main et nos pseudo intellectuels, se permettent de geindre et de crier à la néo-colonie quand une puissance occidentale défend son intérêt bien compris ; nous rendant au passage un énorme service. Bien sûr que la France est au Mali pour défendre ses intérêts mais cet intérêt n’est pas d’hypothétiques ressources minières, c’est la stabilité de toute l’Afrique de l’Ouest. La France a des investissements au Niger, au Sénégal, en Cote d’Ivoire… un Mali sous l’emprise des islamistes les menacerait. Sans parler du fait que si le Mali se transforme en Afghanistan, il est probable que des attentats auront facilement lieu en Europe via les filières d’immigration clandestines déjà existantes.</p>
<p>Maintenant que la France a décidé de prendre en main la situation, se posent deux questions : d’abord celle du l’unité du Mali et ensuite celle d’un éventuel enlisement français.</p>
<p>Pierre Haski <a href="http://www.rue89.com/2013/01/16/les-touaregs-du-nord-mali-possible-cle-de-la-guerre-238646" target="_blank">a posé hier le premier problème</a> et semble proposer une autonomie des Touaregs. Il ne serait pas surprenant que les français essaient de mettre en œuvre une solution semblable. Disons les choses comme elles sont, je crois que la seule raison pour laquelle les français en particulier et les occidentaux en général ont autant de sympathie pour les touaregs est ce que j’appellerait la « solidarité blanche » pour ne pas parler de racisme conscient ou inconscient (Oups, je l’ai fait <img data-recalc-dims="1" decoding="async" alt=":-)" src="https://i0.wp.com/s0.wp.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif?w=1170" /> ) Les sociétés touarègues sont des sociétés esclavagistes et ce qui énerve par dessus tout ces nomades, c’est d’être dirigé par des noirs. Ils trouvent que ce n’est vraiment pas dans l’ordre naturel des choses. Une indication de ce fait est que les touaregs algériens ou marocains ne pensent même pas à se révolter. Bizarrement les gens comme Pierre Haski ne semblent jamais voir cette dimension suprématiste de la lutte Touarègue. Tout ce qui les intéresse, c’est le fait que ces derniers sont des nomades dirigés par des sédentaires. C’est idiot : les peuls sont des nomades mais noirs. Ça ne choque personne au Sénégal ou ailleurs qu’ils soient dirigés par des sédentaires. De plus, si on procède à une partition, on fait quoi des Songhaïs noirs et sédentaires qui peuplent depuis des siècles et des siècles le Nord Mali et y sont d’ailleurs majoritaires ?</p>
<p>La seconde question est la crainte <a href="https://twitter.com/dmonniaux/status/291793069316132864" target="_blank">exprimée sur twitter par David Monniaux</a> que la France ne s’enlise. J’avoue que je ne crois pas trop à un enlisement français au Mali. Je pense que les islamistes vont soit repartir en Algérie, soit se faire massacrer jusqu’au dernier. Ceci dit, je ne suis pas un spécialiste des guerres et mes prévisions de non enlisement n’ont aucune valeur. Ce que je crains un peu plus par contre, c’est qu’une fois les islamistes repartis, il y ait une revanche des populations locales qui s’en prendrait à tout ce qui ressemble à un touareg. Le MNLA essaie de se racheter en proposant son aide à l’armée française. Je ne sais ce qui va être décidé mais des massacres de Touaregs dans les mois qui viennent ne m’étonneraient pas du tout.</p>
<p>Le vrai problème que je vois dans toute cette histoire est celui de l’élite malienne. Tant que les mêmes idiots règneront sur Bamako, je ne vois pas comment le Mali pourrait se stabiliser. C’est dans ce genre de moment qu’un cynique comme moi regrette un certain <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Foccart" target="_blank">Jacques Foccart</a> !</p>
<p><a href="http://hadyba.wordpress.com/2013/01/17/mon-avis-sur-le-mali/#_ftnref1">[1]</a> Non, ne vous écriez pas « Ah ha France ! », c’est plutôt AngloGold Ashanti les méchants dans l’histoire.</p>
<p><a title="" href="http://hadyba.wordpress.com/2013/01/17/mon-avis-sur-le-mali/#_ftnref2">[2]</a> Ce racisme (conscient chez les premiers, inconscient chez les seconds) est un élément essentiel de la révolte Touarègue au Sahel et du soutien romantique des occidentaux pour ce peuple à mon avis.</p>
<p>Hady BA Docteur en sciences cognitives à l’<a href="http://www.institutnicod.org/">Institut Jean Nicod</a></p>
<p>http://hadyba.wordpress.com/ twitter : @hady_ba</p>
<p>Think Tank Innovations Politiques et Démocratiques</p>
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