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	<title>M23 &#8211; IPODE &#8211; Think Tank Panafricain</title>
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	<description>Think Tank progressiste, indépendant et panafricain</description>
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		<title>Alternance du 25 Mars 2012 : Qu’elle évaluation un an après ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[MO]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Apr 2013 17:45:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[destabilisation Sénégal]]></category>
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		<category><![CDATA[M23]]></category>
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					<description><![CDATA[L’année 2013 est donc, pour les nouvelles Autorités, l’année de tous les dangers qu’il faut conjurer à tout prix, en renforçant la cohésion au sein de BBY, et au sein du M23, en levant les équivoques dans la gestion de la « traque des biens mal acquis », en organisant, dans les plus brefs délais, une large concertation nationale sur l’Ecole et l’Université, et en réformant, avant les élections locales, la Constitution héritée de Wade dans l’esprit des Conclusions des Assises nationales.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’évaluation de l’Alternance du 25 Mars, pour être exhaustive,  devrait se faire de plusieurs points de vue. Mais dans cet article, l’on se contentera du point de vue économique et social, et du point de vue politique,  pour tenter de déceler les tendances lourdes en œuvre.<span id="more-951"></span></p>
<p>I)                    L’évaluation du point de vue économique.</p>
<p>Cette évaluation porte, d’une part, sur les résultats macroéconomiques et sociaux de l’année 2012 et des deux premiers mois de 2013, et, d’autre part, sur les mesures de politiqsue économique et sociale prises durant la période.</p>
<p>a)      Les résultats macroéconomiques et sociaux</p>
<p>Le taux de croissance du PIB est  de 1,7%  en termes réels, base 100 de 1999, contre un taux de croissance démographique de 2,5% !</p>
<p>Le déficit budgétaire, dons compris, est de 5,9% du PIB comme prévu dans l’engagement du Gouvernement dans le cadre de l’accord ISPE avec le FMI, mais, sans les dons, il  atteint réellement 8,7% du PIB,  en passant de 605 Milliards en 2011 à 629,9 milliards en 2012.</p>
<p>La « prime »  à notre démocratie a porté les dons de 150 milliard en 2011 à 205,9 milliards en 2012, avec des dons budgétaires qui passent de 30 milliards à 51,8milliards !</p>
<p>Les dons masquent ainsi la réalité de la gravité de notre crise budgétaire, que l’UEMOA vient de sanctionner en demandant au Gouvernement de revoir son cadrage macroéconomique.</p>
<p>Quant aux échanges extérieurs, le déficit du Compte courant est passé 7,9% en 2011 à 10,5% en 2012, contre un plafond UEMOA de 6% !</p>
<p>Cependant, L’Indice Harmonisé  des Prix à la Consommation (IHPC) est passé de 3,6% en 2011, à 1,4%  en 2012, mais avec un renchérissement des prix des céréales non transformées, dont l’indice est passé de 3,8% en 2011 à 6,9% en 2012 ; ce  qui justifie les incriminations des ménages en la matière.</p>
<p>En Janvier et en Février 2013, l’IHPC est respectivement de moins 1%, traduisant une tendance inquiétante à la déflation.</p>
<p>Le taux de la masse salariale sur les recettes fiscales, qui est un autre critère de mesure des performances macroéconomiques, est de 34,7% contre 33,25% en 2011, et un objectif 32,6% retenu avec le FMI dans le cadre de l’ISPE. De sorte que, par rapport au plafond de 35% fixé par l’UEMOA, les marges budgétaires sont étroites  pour pouvoir contribuer à réduire  significativement le chômage.</p>
<p>Dans le secteur privé moderne, au quatrième trimestre de 2012, l’emploi salarié a augmenté de 3,7%, dont +0,3% dans le secteur secondaire, et +6,5% dans le secteur tertiaire qui est composé  des Services et du Commerce.</p>
<p>Donc, c’est le secteur secondaire qui est en panne en matière de création d’emploi, notamment les BTP qui ont enregistré – 5,7% d’emploi, là où l’Industrie est  à  + 2,1%.</p>
<p>Ainsi,  le tendon d’Achille  de l’emploi dans le secteur moderne est bel et bien les BTP, du fait de l’ostracisme, hérité de Wade,  dont les entrepreneurs nationaux font encore l’objet dans l’accès aux marchés publics.</p>
<p>Le secteur secondaire est donc une véritable niche d’emploi à sortir de sa crise, dont les contraintes  ont été  identifiées dans l’enquête d’opinion  des entrepreneurs, publiée en Décembre 2012 par la Direction de la Planification et des Etudes Economiques (DPEE) du Ministère de l’Economie et des Finances. Ces contraintes sont d’une part,  la fraude et la concurrence déloyale, donc des crimes économiques, et d’autre part, le non recouvrement des créances dues par l’Etat, donc délinquance d’Etat, qui s’explique par ses problèmes budgétaires réels, que l’on aurait tord d’occulter.</p>
<p>Même le secteur tertiaire gorge encore de potentialités d’emploi,  s’il ne subissait pas, en plus de ces deux contraintes du secteur secondaire, le poids de la fiscalité et de l’insuffisance de la Demande.</p>
<p>Ce qui est remarquable dans cette enquête, c’est que nulle part les entrepreneurs n’ont incriminé la législation du travail parmi les contraintes à leur activité, alors que la Banque mondiale s’échine à le faire croire à l’Etat.</p>
<p>Il ne faudrait donc pas croire, que seul le secteur primaire recèle des niches d’emploi. Et ce serait une erreur de penser pouvoir exploiter de manière significative ces niches, avec des emplois stables, durables, et une rémunération décente, sans accompagner le redressement du secteur primaire par celui du secteur secondaire.</p>
<p>Le secteur secondaire devrait être le véhicule de la modernisation du secteur primaire, pour son équipement pour la production, pour la transformation industrielle des produits agricoles en produits finis, et sans résoudre l’enclavement des zones à haute potentialité de production par la levée des contraintes qui maintiennent les BTP dans une crise profonde.</p>
<p>Au plan du financement de l’Economie, la  politique du taux d’intérêt  de la BCEAO en vigueur ne favorise pas le financement bancaire de la petite et moyenne entreprise, et des exploitations agricoles familiales. Elle a permis plutôt de financer les emprunts budgétaires de l’Etat qui émet des Bons de Trésor et des Obligations pour résoudre ses problèmes de trésorerie, et aux Banques de la place, qui accumulent d’énormes réserves leur servant à spéculer sur le marché financier.</p>
<p>La création de la Banque Nationale de Développement (BND) par la transformation du « Fonds de Promotion Economique » (FPE) avait suscité un espoir de sortir de ce détournement de l’épargne des Sénégalais par les Banques de la place, dont elle constitue plus de 75% des avoirs sur lesquels elles travaillent.</p>
<p>Mais malheureusement, la Loi qui a institué cette Banque Nationale de Développement,  a réduit la participation de l’Etat à 25% de son Capital, pour respecter les engagements de Wade auprès des Institutions de Breton Woods, la transformant ainsi en une vulgaire Banque privée, à côté de celles déjà en place, et  en la détournant son objet.</p>
<p>La création du « Fonds National de Garantie de l’Investissement Prioritaire » (FONSGIP) destiné aux petites et moyennes entreprises,  et aux exploitations agricoles familiales,  ne fera pas mieux, en la matière, que le FPE  que l’on vient de transformer en BND.</p>
<p>En effet, il serait illusoire de croire que le privé, majoritaire dans cette Banque, aura un comportement différent de ceux qu’il a trouvé en place.</p>
<p>Au total, l’Alternance a hérité de Wade une situation macroéconomique et sociale catastrophique. Mais la première année de l’Alternance n’a pas mis en évidence des tendances lourdes pour s’en sortir. Au contraire, les craintes d’une crise économique et sociale aggravée  semblent se dessiner comme une tendance lourde.</p>
<p>L’on a donc assisté, dans ce domaine macroéconomique et social, à une continuité, et non à la rupture attendue.</p>
<p>b)      Les mesures de politique économique et sociale</p>
<p>Les mesures de politique économique et sociale d’un Gouvernement sont étroitement liées à la nature sociale des forces au pouvoir, et aux marges de manœuvre que leur offre la conjoncture.</p>
<p>C’est pour cette raison, que les mesures  de politique économique et sociale sont le plus souvent ambivalentes, voire contradictoires, et c’est pour cela, qu’il est nécessaire de les analyser à travers les intérêts des diverses forces qui contrôlent le pouvoir.</p>
<p>Ainsi, dans les mesures de politique économique et sociale prises par le pouvoir durant cette première année de l’Alternance, il y  en a que l’on pourrait qualifier de «  Gauche »,  et d’autres,  de « Droite ».</p>
<p>Une telle situation résulte objectivement de la nature sociale de l’ère ouverte par le 25 mars, qui est une période de Transition entre l’ « ancien régime», hérité de Wade et des Socialistes, et le « nouveau régime»,  porté par les Conclusions des Assises nationales, auxquelles toutes les forces, qui ont réalisé l’Alternance du 25 mars,  ont adhéré ou déclaré solennellement s’en référer.</p>
<p>Ces forces sont constituées de couches sociales qui se réclament de « Gauche »,  de « Droite », ou du « Nationalisme économique »,  mais qui se sont regroupées sous la bannière de la Défense de la République Démocratique et Citoyenne, portée par les Conclusions des Assises nationales.</p>
<p>C’est cette situation objective, non suffisamment assimilée, qui a amené la plus part  du temps, à évaluer cette première année du point de vue des forces économiques et sociales dont ces couches sociales  portent les intérêts, et non pas du point de vue des exigences de cette  Transition et de ses contraintes.</p>
<p>1)      Les mesures de type de «Gauche »</p>
<p>Au plan économique, la baisse de l’Impôt sur le  Revenu, et la hausse de l’Impôt sur les Sociétés, la révision encours du Code minier pour en tirer un meilleur profit pour les populations des sites concernés et pour l’Etat, la remise en cause des situations de rente et de monopôle par la levée des protections indues sur le sucre, le blé et la tomate industrielle, sont incontestablement des mesures de « Gauche » que l’on ne trouve ni en Afrique, ni en Europe, encore moins dans les conditionnalités des Institutions de Bretton Woods.</p>
<p>De même, les mesures prises en faveur du monde rural ont contribué, avec un bon hivernage, à augmenter considérablement les revenus des producteurs, et leur degré d’autosuffisance alimentaire.</p>
<p>Au plan institutionnel, l’activation de la CREI pour traquer les « biens mal acquis », la création de l’OFNAC pour traquer ceux qui abusent des biens sociaux,  et le renforcement des compétences de la Commission de lutte contre la corruption et la concussion, avec un « Droit d’auto saisine », et le renforcement de celles de la Cours des Comptes, sont autant de leviers pour atteindre le premier objectif politique de la Transition, qui est  celui de mettre un terme au «  régime  despotique, patrimoniale et néolibéral » de Wade, qui privilégie les intérêts économiques et stratégiques des grandes puissances et de leurs entreprises transnationales, en s’appuyant sur une « nouvelle classe d’entrepreneurs » artificiellement créée à partir des « marchés publics »,  et de la spéculation foncière et immobilière.</p>
<p>Au plan de la politique extérieure, l’on a assisté à l’émergence  d’une tendance lourde d’une volonté plus nette d’affirmation de l’indépendance de notre pays en matière de géostratégie, et  de politique d’intégration   sous régionale,  qui transcende les barrières de coopération de l’UEMOA.</p>
<p>Cela est illustré par la position dégagée par le Président  de la République sur la crise malienne,  qui vaut à notre pays une plus grande considération du peuple malien par rapport aux pays membres de l’UEMOA et de la CEDEAO.  Il s’est, dès le départ,  démarqué des positions de la France et des USA, que prenaient en charge ces deux organisations sous régionales, et il a recentré courageusement  nos relations diplomatiques vers nos voisins immédiats, avec un encrage plus marqué dans les objectifs intégrateurs de l’Union Africaine, portés par le NEPAD, qui a mis l’accent sur l’intégration par les « programmes », à la place de l’intégration par les «  marchés » en vigueur à l’UEMOA et à la CEDEAO, et que Wade avait cherchée, en vain, à imprimer au NEPAD.</p>
<p>Cette inflexion de la politique extérieure du Sénégal, dans le contexte de l’affirmation d’une alternative aux politiques des Institutions de Breton Woods incarnée de plus en plus par le BRICS, ouvre de larges perspectives à l’aspiration des peuples d’Afrique à une plus grande Indépendance vis-à-vis des grandes puissances occidentales, pour une plus grande intégration de nos Etats menant vers l’Unité des peuples du continent.</p>
<p>L’on a donc assisté, avec ces mesures, à une véritable politique de rupture.</p>
<p>Cependant, à côté de ces mesures  de rupture hautement saluées, subsistent encore d’autres, qui sont  héritées du régime de Wade, et qui donnent un caractère de «  Droite » à l’action du Gouvernement dans la période, laissant apparaître  un sentiment de continuité.</p>
<p>2)      Les mesures de « Droite », ou de continuité</p>
<p>Ces mesures découlent du retard pris dans la réforme des Institutions comme prévue dans les Conclusions des Assises nationales, et dans la reconduction des programmes économiques que les Institutions de Breton Woods avaient ficelé sous le régime de Wade.</p>
<p>En effet, le maintien des pouvoirs exorbitants hérités de Wade est à la base des dérives dénoncées de plus en plus dans la nomination aux emplois civils et militaires, et dans les relations avec les collectivités locales.</p>
<p>Cette réforme des Institutions qui devrait  approfondir la Révolution Républicaine et Démocratique de Février –Mars 2012, en jetant les bases de la  Révolution citoyenne en gestation dans la Transition encours, risque d’être portée aux calendes grecques, si elle n’intervient pas avant les élections locales de Mars 2014.</p>
<p>En effet, le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif, et le pouvoir local, les relations entre eux et avec les citoyens, risquent d’être reconduits tels qu’ils sont  hérités de Wade,  durant tout ce qui reste du mandat du Président Macky Sall.</p>
<p>Ce risque est d’autant plus à prendre au sérieux, que des velléités de reproduction du Parti Etat se font déjà jour au sein du parti du Président de la République et au sein de la coalition qui a porté sa candidature au premier tour de l’élection présidentielle le 26 Février. Ces velléités sont  aussi confortées par la tentation du recours à la « transhumance » pour  « massifier le parti » du Président de la République, en vue de la  conquête de la majorité des collectivités locales en 2014, dans la perspective des élections  présidentielles de 2017.</p>
<p>En outre, les accords avec les Institutions de Breton Woods, sous Wade, concernant la privatisation de la terre, empêchent, jusqu’ici,  la mise en œuvre des engagements pris pour restituer, aux collectivités locales, les terres indument accaparées par les tenants de son  régime,  et celles bradées aux investisseurs étrangers.  A cet égard, l’audit encours du  foncier et le gèle des constructions sur le site de l’aéroport,  devraient être étendus dans toutes les collectivités locales pour prépare cette restitution.</p>
<p>De même, la gestion de la crise dans l’Education se heurte aux engagements pris en matière de « précarisation » de la fonction enseignante, et de la privatisation de l’Enseignement Supérieur, que va renforcer l’orientation, par l’Etat, de bacheliers vers ce secteur, à la place de renforcer le secteur public de l’Enseignement Supérieur en infrastructures et en ressources humaines.</p>
<p>II)                  L’Evaluation du point de vue politique</p>
<p>L’Alternance du  25 mars 2012 a porté au pouvoir une large coalition de forces politiques et de la société civile, autour du Candidat Machy Sall, pour répondre aux attentes des Sénégalais.</p>
<p>Celles-ci, au plan politique, se résument en la consolidation de la République Démocratique, la promotion de la Démocratie citoyenne par la  « participation et le contrôle citoyen », la fin de l’impunité et plus de justice sociale, pour éradiquer les bases sociales du Parti &#8211; Etat.</p>
<p>Cette forte demande politique a été portée du 23  Juin 2011  jusqu’au premier tour de l’élection présidentielle, le 26 Février 2012, par le M23, et à partir de cette date,  par la coalition Benno Book Yakaar (BBY) qui a amené, le 25 mars, le Candidat Macky Sall, à la Présidence de la République.</p>
<p>C’est cette coalition qui a composé le Gouvernement de l’Alternance,  et qui constitue  la majorité à l’Assemblée nationale.</p>
<p>Cependant, la majorité présidentielle ne se résume pas à BBY, mais elle  compte aussi les autres composantes du M23 qui l’ont accompagné à la conquête du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif.</p>
<p>Donc, il s’est  posé la nécessité d’une double concertation au sein de la majorité présidentielle : une concertation au sein de BBY, et une concertation au sein du M23, dont BBY est partie intégrante.</p>
<p>La cohésion de la majorité présidentielle est donc une nécessité pour préserver la stabilité du pays, afin de créer les conditions les meilleures, pour répondre aux attentes des populations.</p>
<p>Mais,  à l’évaluation de cette première année, les reflexes partisans, et les prétentions personnelles de carrière dans l’appareil d’Etat, ont pollué l’atmosphère au sein de cette majorité présidentielle,  et porte, aujourd’hui, les germes de son éclatement probable.</p>
<p>Cette situation est le reflet de la cohabitation, dans cette majorité,  entre les partisans de la reproduction des fondements institutionnels du Parti-Etat, et les partisans de sa refondation sur des bases républicaines, démocratiques et citoyennes, telles que prévues par le large consensus autour des Conclusions des Assises nationales.</p>
<p>Cette cohabitation est antérieure à l’avènement du M23 et de BBY ; elle remonte à la création de « Benno Siggil Senegaal » (BBS),  à l’issu des Assises nationales, en perspective des élections locales de Mars 2009.</p>
<p>L’exercice du pouvoir a accentué ce clivage, au point de porter un très grave préjudice à la visibilité de l’action gouvernementale, et de favoriser la prise de mesures économiques aux antipodes des aspirations du peuple.</p>
<p>C’est ainsi que les entrepreneurs nationaux, qui se sont mobilisés dans la tenue des Assises nationales, et qui se sont engagés physiquement dans la lutte pour le triomphe de cette Alternance, commencent à s’opposer à la reconduction de certaines pratiques de Wade dans la gestion des marchés publics,  qui continue  à les marginaliser.</p>
<p>De même, l’organisation du monde rural la plus représentative et la plus impliquée dans cette lutte,  continue de se voir marginalisée dans la définition et la mise en œuvre des politiques et programmes destinés à ce secteur. C’est ce  qui a permis de reconduire la politique  de campagne agricole de Wade,  qui a consisté à fournir des intrants et des semences subventionnés, à maintenir le système du « carreau usine » pour la commercialisation des arachides, et la libéralisation de leur exportation.</p>
<p>Mais, contrairement à ce qui s’était passé sous Wade, cette politique de campagne agricole a connu un succès franc, grâce à la combinaison d’une bonne pluviométrie et de très hauts cours mondiaux des huiles alimentaires.</p>
<p>Cependant, cette politique est ruineuse pour le monde rural, dès que les prix mondiaux chutent.  Et cela risque d’être le cas en 2013, où le prix mondial du Soja, qui sert de référence aux cours mondiaux des huiles alimentaires,  a amorcé une tendance à la chute, avec une « baisse de 4,6% en Février par rapport à Février 2012 ».</p>
<p>De sorte que, ces  deux catégories de membres  de la majorité présidentielle, qui  se sont confrontées sans merci avec le régime de Wade,  continuent encore à exiger  le « patriotisme économique » et la « concertation », au nom desquelles  elles se sont alliées  avec les autres forces vives de la Nation, pour  contribuer au changement démocratique dans notre pays.</p>
<p>De même,  de larges franges de la petite bourgeoisie intellectuelle, qui ont combattu le népotisme de Wade et son clientélisme viscéral érigés en mode de gestion des ressources humaines, continuent encore de les dénoncer dans les pratiques du Gouvernement de BBY, au point de jeter carrément une frange de celle-ci,  dans une opposition ouverte à la majorité présidentielle.</p>
<p>Cette grave évolution dans les composantes de la majorité présidentielle, risque de s’accentuer,  si l’on n’instaure pas au plus vite,  des mécanismes de concertation en son sein.</p>
<p>C’est dans cette perspective que la «  formalisation » du M23, qui va devenir une « organisation d’utilité publique », devrait être le creuset d’un dialogue fécond au sein de la majorité présidentielle,  et un espace d’interpellation des Gouvernants, des Elus, et de l’Administration, dans le processus de mise en œuvre de la Démocratie citoyenne.</p>
<p>De même,  le Groupe parlementaire de BBY devrait jouer la même fonction, en organisant des espaces de concertation et d’interpellation au sein de cette coalition,  entre les Gouvernants et les Cadres des organisations membres.</p>
<p>Le M23 et le Groupe parlementaire de BBY devraient prendre rapidement conscience de leur responsabilité historique dans la réalisation des changements auxquels aspire le peuple sénégalais, et qui ne peuvent se faire que dans une plus forte cohésion des rangs de la majorité présidentielle.</p>
<p>Ils sont en effet le seul recours  face aux tendances lourdes de dislocation de la majorité présidentielle, puisqu’ils sont les  porteurs de la « Démocratie consensuelle », dont la  base est l’ « expression libre et sans entrave des opinions de ses membres », en vue de dégager des « consensus autour des politiques et programmes » portés par le Gouvernement.</p>
<p>Les Sénégalais ne sont pas encore familiers à cette forme de Démocratie, car ils sont habitués  à « l’alignement », ou au combat entre « pouvoir et opposition ».</p>
<p>Le Sénégal a donc, avec le M23 et le Groupe BBY,  l’opportunité historique d’encrer la « Démocratie consensuelle » dans nos mœurs politiques, afin de réduire les risques de déstabilisation du pays, et de  dévoiement des aspirations du peuple, que va entraîner l’éclatement de la majorité présidentielle.</p>
<p>III)                Conclusion</p>
<p>La première année da l’Alternance du 25 mars a été incontestablement l’année des urgences et de prise en main de l’Etat. C’est cette circonstance qui a créé le retard dans la prise de conscience des Gouvernants, que nous étions entrés au début d’une une période de Transition, dont les tenants et aboutissants restaient encore à définir.</p>
<p>Le fait d’avoir étouffé le débat sur la Transition au sein de BSS, dès après les élections locales de mars 2009, nous a rattrapé dès notre accès au pouvoir.</p>
<p>L’on découvrait petit à petit, avec étonnement, une coexistence entre des « éléments de rupture » et des « éléments de continuité » que l’on avait du mal à accepter.</p>
<p>Cela a créé, petit à petit, des frustrations, puis des récriminations qui se sont amplifiées en direction des Législatives, pour devenir des invectives au sein des composantes de BBY.</p>
<p>Cependant, cette première année a accouché de réels motifs de satisfaction et d’espoir de changement pour lequel le peuple nous a fait confiance, mais aussi, de réels motifs de crainte d’un retour en arrière, avec des défis énormes en matière économique et sociale, en souveraineté nationale et  en stabilité.</p>
<p>C’est pour cette raison, que  l’année 2013 devrait être l’année d’une plus grande cohésion au sein de la majorité présidentielle, et celle des réformes venues en maturité, notamment au plan institutionnel, au plan économique et financier, dans le secteur primaire, et à l’Education nationale.</p>
<p>Déjà une Commission de réforme des Institutions a été créée depuis plus de six mois, de même qu’une Commission de réforme foncière, un Comité de pilotage des concertations sur l’Enseignement Supérieur, une réforme projetée du système de rémunération des agents de l’Etat après l’audit du fichier de la Fonction publique.</p>
<p>Toutes ces réformes devraient aboutir en 2013,  pour que 2014 soit l’année du début de la mise en œuvre de leurs Conclusions qui devraient marquer, dans ces domaines, les ruptures attendues par le peuple.</p>
<p>Mais, ces Réformes, pour qu’elles aboutissent à ces objectifs, ne devraient pas être exclusivement l’ « affaire » de technocrates, mais aussi, l’ « affaire » du M23 et de BBY, qui devraient y apporter la dimension politique et sociale, sans lesquelles les Réformes n’ont jamais obtenu l’adhésion des populations pour qui elles sont sensées se faire.</p>
<p>Le M23 et BBY devraient, sans délai, prendre l’attache de ceux qui dirigent ces différentes Commissions, pour organiser des séances de concertation dans les domaines qui leur a été confié par le Chef de l’Etat.</p>
<p>La  Bureaucratie d’Etat, à travers les encouragements des Partenaires techniques et financiers, a toujours contourné la volonté des peuples en ayant recours exclusif et systématique aux « technocrates », pour définir des politiques et programmes qui, en définitive,  s’avèrent être aux antipodes de leurs aspirations, mais qui sont toujours  en cohérence avec les objectifs des Institutions de Breton Woods.</p>
<p>Notre Révolution Républicaine Démocratique et Citoyenne, dont le moteur est le M23 et BBY,  devrait rompre avec cette pratique, qui fait le lit des pouvoirs despotiques, présentés à tord comme  des « pouvoirs forts », sous prétexte le Chef de l’Etat est  élu par le suffrage  universel direct du peuple.</p>
<p>En outre, l’année 2013 est aussi l’année de la question des subventions de l’énergie.</p>
<p>En effet, Le FMI n’a eu de cesse de pointer le doigt  sur les conséquences budgétaires de cette subvention, et sur leur nature qui serait inéquitable, puisqu’elles seraient plutôt bénéfiques aux riches.</p>
<p>Cette rengaine du FMI a amené le Gouvernement à opter pour une suppression de cette subvention en 2014, tout  en rehaussant les tarifs de l’électricité pour les « nantis ».</p>
<p>Quel homme de « Gauche » n’aurait il pas applaudi à cette politique de « faire payer les plus riches en épargnant les plus pauvres ».</p>
<p>Mais cette rhétorique du FMI vient d’être démentie par une Etude réalisée en Janvier 2013 par la Direction de la Planification et des Etudes Economiques(DPEE) de notre Ministère de l’Economie et des Finances, qui vient d’être publiée en Mars 2013.</p>
<p>En effet, cette Etude a conclu, qu’au plan macroéconomique  « le retrait des subventions améliore le solde budgétaire, mais alimente l’inflation sans stimuler la croissance, et entraîne une perte de compétitivité » de notre Economie.</p>
<p>Au niveau des ménages, «  le retrait de la subvention a des effets globalement négatifs, surtout à Dakar et en milieu rural », et « détruit l’emploi, notamment dans le secteur de l’électricité, de l’eau et du gaz, avec des pertes de 3,73% en première année, de 2,63% en deuxième année, de 6,7% en troisième année, et de 1,23% en quatrième année ».</p>
<p>Ainsi, une question se pose : au nom du redressement du solde budgétaire, faudrait-il sacrifier la croissance, l’emploi, la compétitivité et le pouvoir d’achat ?</p>
<p>Il n’y a que des technocrates apatrides, qui rêvent d’une carrière au sein des Institutions de Breton Woods, qui pourraient répondre affirmativement à cette inquiétante question.</p>
<p>Cependant, la problématique du solde budgétaire et de l’inflation devraient aussi être considérée  parmi les défis à relever en 2013.</p>
<p>Dans cette perspective, la réduction du déficit budgétaire devrait être recherchée  dans la réduction des Dépenses fiscales de l’Etat et des Dépenses de train de vie, dans la lutte systématique contre les surfacturations  des marchés publics, et dans l’élimination des investissements de prestiges.</p>
<p>La lutte pour la maîtrise de l’inflation devrait  passer  par celle des produits locaux qui constituent pour  70,6% le « panier de la ménagère ».</p>
<p>Cependant, les publications de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie «(ANSD) du Ministère de l’Economie et des Finances, ont montré, que l’Indice Harmonisé des Prix à la Consommation (IHPC)  est déconnecté de l’Indice des prix des céréales non transformées qui dépendent du cours mondial du riz.   Par conséquent, le pouvoir d’achat des salariés devrait être indexé sur celui du prix  du riz  pour le préserver, plutôt que de prendre  comme repaire,  l’IHPC qui est toujours en dessous de l’Indice du prix du riz.</p>
<p>L’année 2013  est donc un tournant décisif de l’Alternance du 25 mars 2012, dont dépend ce qui adviendra à notre peuple dans ce qui reste du mandat du Président Macky Sall. Il ne faudrait donc  pas que les perspectives des élections locales de 2014 nous fassent rater ce tournant historique.</p>
<p>Dakar le 2 Avril 2013</p>
<p>Ibrahima Sène PIT /SENEGAL</p>
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		<title>La conjoncture politique actuelle et les risques de déstabilisation  au Sénégal</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Mar 2013 13:11:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[destabilisation Sénégal]]></category>
		<category><![CDATA[M23]]></category>
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					<description><![CDATA[L’année 2013 est donc, pour les nouvelles Autorités, l’année de tous les dangers qu’il faut conjurer à tout prix, en renforçant la cohésion au sein de BBY, et au sein du M23, en levant les équivoques dans la gestion de la « traque des biens mal acquis », en organisant, dans les plus brefs délais, une large concertation nationale sur l’Ecole et l’Université, et en réformant, avant les élections locales, la Constitution héritée de Wade dans l’esprit des Conclusions des Assises nationales.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La conjoncture politique actuelle du Sénégal est plombée par le malaise qui prévaut au sein de Benno Bokk Yakaar (BBY) et du M23, qui risque, à terme, de déstabiliser le pays.<span id="more-906"></span> Cette situation est illustrée non seulement par diverses tentatives de remise en cause de leur existence, mais aussi, par une amorce inquiétante de divorce entre les composantes (politique et société civile) du Mouvement des Assises nationales et du M23. Il urge donc de mettre fin à cette crise politique latente, par une plus grande cohésion au sein de ces vastes rassemblements et entre eux, afin de créer de meilleures conditions de prise en charge des attentes du peuple, dans un environnement sous régional lourd de menaces de déstabilisation des pays, de remise en cause de leurs acquis démocratiques, et même de leur partition.</p>
<p>I) En finir avec le malaise au sein de BBY<br />
Ce malaise résulte du piège que contient le mode d’élection du Président de la République au suffrage universel à deux tours, que les différents protagonistes politiques n’ont pas pris la pleine mesure dans l’élaboration de leur stratégie électorale.<br />
En effet, le piège du second tour est celui du ralliement autour du candidat le mieux placé de l’opposition qu’il engendre pour être en mesure de battre le candidat sortant. Ce qui renforce, chez le vainqueur ainsi soutenu, le sentiment d’être élu pour sa vision et son programme propres, du fait que le temps imparti entre les deux tours, ne permet aucune négociation sérieuse de programme commun.<br />
C’est cette situation pleine d’équivoques, qui fonde la nécessité, dans un système politique pluraliste, d’avoir un programme commun dans une coalition la plus large possible dès le premier tour, pour maximiser ses chances être qualifié au second tour, et pour assurer les conditions d’une cohésion politique et programmatique des alliés victorieux.<br />
C’est ce que BSS a été incapable de réaliser au premier tour de l’élection présidentielle du 26 Février, et qui l’a obligé à s’allier à la coalition Macky 2012 au second tour, pour construire les rapports de force nécessaires à la réalisation de l’aspiration du peuple à une seconde alternance, par la défaite de Wade.<br />
Et c’est ce qui s’était passé en 2000, quand l’étroite base sociale de la CA2000, avec le refus de l’AFP de l’intégrer pour aller ensemble au premier tour face au candidat du PS, a permis, certes, à la CA2000 d’être qualifiée au second tour, mais a aussi créé les conditions de ralliement de l’AFP, pour réunir les conditions de battre Diouf au second tour.<br />
Mais la différence entre 2000 et 2012 réside sur le poids électoral de chacune des coalitions qui a accédé au second tour. En 2000, Wade avait obtenu 31% contre 41% pour Diouf, et 17% pour Niass, alors que Macky, en 2012, n’ a obtenu que 26% contre 35% pour Wade , et les deux composantes de BSS qui se sont ralliées à Macky, totalisaient un score de 25%, égalisant presque le sien, et Idrissa Seck suivait avec 8%. Ce score de 33% des trois coalitions qui ont soutenu Macky au second tour, dépassait donc largement le sien, et avoisinait celui du Président sortant.<br />
Voilà pourquoi, ces rapports de forces n’ont pas permis pas à Macky d’agir comme Wade en 2000, qui était parvenu à s’approprier l’exclusivité du pouvoir en se séparant de Niass, sans aucune crainte de conséquences politiques quelconques.<br />
Mais aujourd’hui, malgré les velléités d’hégémonisme qui affleurent au sein de l’APR et de Macky 2012, nostalgiques de l’exploit de Wade en 2000, le Chef de l’Etat a pleine conscience de ces rapports de force inédits, qui font que le temps d’un retour au monopole exclusif du pouvoir en faveur de sa propre coalition, ou de son parti, est révolu, et que toute tentative dans ce sens lui est politiquement suicidaire.<br />
Mais, il a toutes les difficultés du monde à le faire comprendre à son parti ; et c’est ce qui menace l’avenir de BBY et la poursuite du mandat de Macky dans la paix civile et la stabilité. Toutes les trois grandes coalitions qui participent à BBY l’ont dit clairement ; il n’est pas question qu’elles sacrifient leurs intérêts politiques à l’aune de ceux de la coalition de Macky, singulièrement, en perspective des élections locales.<br />
Dans ces conditions, tous ceux qui militent pour l’avènement des ruptures pour lesquelles le Sénégal avait plébiscité le Président Macky, devraient se rendre compte, que sans la stabilité politique et la paix civile, ces ruptures ne pourront pas être réalisées. La cohésion de BBY est donc l’une des garanties d’un climat politique de stabilité, qui permet ces ruptures pour une prise en charge significative de la demande sociale des citoyens, et de la demande économique des nos entrepreneurs nationaux et de nos exploitations agricoles familiales.</p>
<p>II) En finir avec le malaise dans le M23<br />
L’autre garantie d’un climat politique de stabilité, c’est la cohésion du M23, qui est une coalition de Partis politiques, d’Organisations de la société civile et de Personnalités indépendantes, qui, le 26 Février 2012, a su imposer à Wade, un second tour historique, qui a permis à sa composante politique de créer BBY, pour accéder au pouvoir sous la direction de Macky Sall.<br />
La cohésion du M23 est donc vitale à la stabilité politique de notre pays, et elle passe par la restauration du climat de confiance entre ses diverses composantes, singulièrement entre les partis politiques et la société civile, confiance qui a été le levain de l’organisation des Assises nationales, et de la création du M23.<br />
La restauration de ce climat de confiance est d’autant plus à la portée de la composante politique du M23, que la société civile n’est pas intéressée par des positions de pouvoir, comme « Y en a marre » l’a récemment exprimé de façon claire, nette et audible.<br />
Ce qui intéresse cette composante du M23, c’est l’adéquation des actions des politiques, qu’elle a contribué à porter au pouvoir, avec les attentes des Sénégalais qu’elle a incarnées depuis les Assises nationales jusque, dans les luttes du M23 qui ont enfanté le second tour le 26 Février 2012. Ce qui intéresse cette composante et lui fait se poser des questions est amplement reflétée dans le deuxième « Rapport du Groupe Technique de Suivi » des Assises nationales, que le Chef de l’Etat et son Premier Ministre ont bien reçu.</p>
<p>Dans ce « Rapport » on peut lire : « Au-delà de ces annonces, il n’est pas facile de se rendre compte, à l’heure actuelle, de l’évidence des Résultats tangibles. Il convient néanmoins de souligner ici que l’audit physique des personnels de la fonction publique a effectivement démarré. « L’assainissement » annoncé au niveau des Agences n’est également pas allé au bout de sa logique. On note la récurrence de certaines collisions et duplications entre Agences et Directions. De même, seules 9 (neuf) agences ont été effectivement supprimées sur près de soixante structures concernées par l’annonce (dont en fait 31 agences et 21 structures assimilées) 24.<br />
Concernant le budget, celui de 2012 avait déjà été voté au moment de l’arrivée des nouvelles autorités.<br />
L’opportunité offerte par les lois de finances rectificative ne semble pas avoir été mise à profit pour faire montre d’une volonté significative de réorientation. Le projet de budget 2013 tel qu’annoncé, ne semble pas non plus avoir pris en charge ces préoccupations. »</p>
<p>A ces préoccupations qui n’ont pas encore connu de solutions appropriés, se sont ajoutées celles liées à l’ « Administration publique », telles que décrites dans le « Rapport » en ces termes :<br />
« Concernant l’administration publique<br />
Les mesures préconisées par les AN (appel à candidature, etc.) ne sont pas encore à l’ordre du jour. Puisque les règles actuelles n’ont pas encore été révisées dans ce sens. Mais les principes consacrés 25 ne sont pas respectés dans le cadre de la nomination aux fonctions dirigeantes des services publics, des entreprises publiques et agences: les critères de professionnalisme, de neutralité, n’ont pas été promus, tandis que ceux liés à l’appartenance politique ont été manifestement mis en avant26. Pis, beaucoup de profils semblent être souvent très loin des compétences requises par les postes. Dans ces conditions, la rigueur et le professionnalisme voulus risquent de ne pas être au rendez-vous de l’action administrative, les critères de légitimité participant d’un autre ordre. »</p>
<p>C’est donc le non respect, parmi d’autres, de ces attentes, qui commence à envenimer les rapports entre composante politique et composante société civile du M23, qu’un véritable dialogue en son sein devrait pouvoir aplanir, d’autant plus que le Chef de l’Etat, en créant un « Comité de réforme des Institutions » placé sous l’autorité du Président des Assises nationales, a donné ainsi un signal fort à assumer ces ruptures attendues.<br />
Mais ces rapports délétères, se sont davantage détériorés par la manière dont est géré la « traque des biens mal acquis », et les discours contradictoires, à chaque étape de l’évolution de cette « traque », qui laisse un avant gout d’amateurisme qui exaspère autant la composante civile du M23, que celle politique alliée à Macky dans BBY.<br />
En effet, il est difficilement concevable, qu’un citoyen, non inculpé dans une affaire judiciaire, puisse être l’objet d’interdiction de sortie du territoire national, au point de créer les conditions d’une implication, dans la procédure, de notre juridiction sous régionale.<br />
S’il y a des faits probants, mais qui nécessitent des investigations supplémentaires, pourquoi ne pas inculper le présumé coupable, et le mettre, si nécessaire, sous contrôle judiciaire qui lui enlève automatiquement le droit de sortir du territoire national, et même de s’éloigner, sans autorisation préalable, de son domicile habituel ?<br />
Pourquoi donc, user d’artifices qui nous mettent à dos les organisations de la société civile, singulièrement celles de Défense des Droits Humains, qui nous ont accompagnés, dans le M23, tout le long de notre lutte contre l’arbitraire et la violation des Droits des citoyens, et même de la Constitution ?<br />
Ce serait d’une maladresse inqualifiable, si la manière, dont cette « traque » est gérée, ne serait motivée, comme il est susurré dans les milieux judiciaires, que par le souci du pouvoir d’éviter que les présumés coupables ne puissent être assistés par leurs avocats lors de leurs auditions, comme cela devrait être, en cas de leur inculpation.<br />
Il serait donc temps de mettre fin à ces artifices judiciaires qui commencent à ternir l’image de notre régime, en inculpant les présumés coupables pour les mettre en détention, ou sous contrôle judiciaire selon le cas, pour leur permettre de jouir de leur droit d’être assisté par un avocat de leur choix.<br />
De même, cette société civile qui conçoit bien la « médiation pénale » comme procédure normalement utilisée par nos juridictions pour régler un différent d’ordre financier, faisant l’objet d’une procédure judiciaire, ne peut pas comprendre que dans la « traque des biens mal acquis », qu’il ait une entorse à la pratique encours qui exige le remboursement intégral du préjudice.<br />
Au nom de quoi une barre de 80% de remboursement devrait elle servir à la « médiation pénale » avec les présumés coupables de « biens mal acquis » ?<br />
La cacophonie entretenue à ce sujet par de hautes autorités de l’Etat, commence à faire douter l’opinion de la volonté du pouvoir d’en finir avec les pratiques de « protocole de Rebeus » de Wade de triste mémoire.<br />
A cet égard, il urge de restituer à l’Agence judiciaire de l’Etat, toutes ses prérogatives légales et réglementaires, et lui doter de ressources financières appropriées, et de ressources humaines de qualité, notamment en lui affectant des magistrats qualifiés et de notoriété morale avérée, pour défendre au près des tribunaux, les intérêts de l’Etat dans toutes les procédures judiciaires où il est financièrement ou légalement impliqué. Il est temps donc de mettre fin à cette pratique de Wade de « privatisation » de la défense des intérêts matériels de l’Etat, par le recours à des cabinets privés à cet effet.<br />
C’est donc toutes ces interrogations qui mettent en mal les deux composantes (politique et société civile) du M23, dans un contexte ou un risque d’implosion de BBY plane sur le pouvoir en place.<br />
Cette conjoncture, pleine de risque de déstabilisation, est aussi alimentée par les retards<br />
enregistrés dans l’organisation d’une « Concertation nationale sur l’Ecole et l’Université », promise par le Chef de l’Etat, et que les « Concertations sur le Supérieur » qui sont encours, risquent de vider de tout contenu, en mesure d’apporter des solutions consensuelles de stabilité durable dans notre système scolaire et universitaire.<br />
Ces tensions politiques, hautement explosives, n’ont pas permis de faire prendre largement conscience aux populations, des avancées réelles dans la satisfaction de la demande sociale, avec la hausse des revenus des salariés à la suite de la Réforme du Code des Impôts, et la hausse spectaculaire des revenus des ruraux, boostés par un prix au producteur d’arachides fortement valorisé, et par une production record de céréales de 1663830 tonnes, soit une augmentation de plus de 51% par rapport à 2011, et une hausse très significativement supérieure à la moyenne des cinq dernières années, qui est de 1440860 tonnes . Et tout cela, dans un environnement marqué par un taux d’inflation de 1,3% en 2012, et un Indice négatif des prix à la consommation au mois de Janvier 2013.<br />
L’année 2013 est donc, pour les nouvelles Autorités, l’année de tous les dangers qu’il faut conjurer à tout prix, en renforçant la cohésion au sein de BBY, et au sein du M23, en levant les équivoques dans la gestion de la « traque des biens mal acquis », en organisant, dans les plus brefs délais, une large concertation nationale sur l’Ecole et l’Université, et en réformant, avant les élections locales, la Constitution héritée de Wade dans l’esprit des Conclusions des Assises nationales.<br />
Des mesures urgentes et vigoureuses de restauration de la confiance entre partenaires au sein de BBY et du M23, que devraient prendre le Chef de l’Etat, sont nécessaires afin que le climat politique et social soit approprié, pour faire face aux exigences de la campagne agricole qui pointent déjà le nez en mars, celles d’une année scolaire et universitaire apaisée, et d’une bonne gestion des inondations, sans lesquelles, la tenue des élections locales de mars 2014 risque de jeter notre pays dans une crise de déstabilisation aux conséquences inimaginables.</p>
<p>Fait à Dakar le 7 mars 2013<br />
Ibrahima Sène PIT/SENEGAL</p>
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