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	<title>analyse senegal Mali &#8211; IPODE &#8211; Think Tank Panafricain</title>
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		<title>Sommet France – Afrique de Paris sur la Paix et la Sécurité du continent africain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Dec 2013 12:42:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[La conquête de notre souveraineté est aujourd'hui plus que jamais posée à nos peuples comme l'atteste la tenue du récent Sommet France-Afrique sur la paix et la sécurité. Il urge, pour les patriotes en Afrique, de se serrer les coudes, pour reprendre la lutte, comme dans les années 50, pour parachever l’indépendance de nos pays et construire l’unité des peuples de notre continent,]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La France fait légitimer son projet de sujétion militaire de l’Afrique !<br />
<span id="more-1524"></span>La France s’est dotée en 2013 d’un Livre Blanc sur la Défense, où, comme l’ont fait les Etats Unis à l’égard des pays en développement, elle s’est octroyée de façon unilatérale, le droit d’intervention militaire en Afrique, au nom de sa propre sécurité, sous entendant la sécurité de ses compatriotes et des intérêts de ses grandes entreprises en Afrique, selon les termes mêmes de son Ministre de la Défense rapportés par l’Agence Française de Presse, en couvrant le récent Somment France-Afrique sur la paix et la sécurité dans ce continent.<br />
En attestent les révélations du journal « Le Monde » en date du 9 Décembre 2013.<br />
C’est ainsi que l’on découvre que, loin d’être une intervention improvisée dictée par l’urgence face aux avancées des jihadidtes vers la Capitale du Mali, le journal « Le Monde » informe que « la planification à froid de Serval a débuté en 2010 avec l&rsquo;opération « Requin », conçue par l&rsquo;armée de terre pour l&rsquo;Adrar des Ifoghas, en citant le général Patrick Brethous, commandant le Centre de planification et de conduite des opérations, qui est le coeur du système, à Paris.<br />
A cet effet, Plusieurs exercices, consacrés à des raids ou à l&rsquo;identification de groupes djihadistes, ont aussi été conduits en 2011 et en 2012 par la force Epervier basée au Tchad, bien avant la crise au Mali. Et l&rsquo;armée a réservé des bandes passantes satellitaires pour ses drones, au début 2012. »<br />
Ainsi, il est devenu maintenant très clair que l’agression française contre la Lybie était froidement programmée, de même que l’exfiltration des jihadistes, avec armes et bagages, de ce pays vers le Nord Mali.<br />
La doctrine d&#8217;emploi des forces, qui est « le guide des manoeuvres sur le terrain », est sans cesse actualisée comme le confirme cet autre extrait de l’article du journal « Le Monde » en ces termes : « Fin 2012, la réactualisation du guide du combat en milieu désertique a été opportunément révisée en direction de l’Opération Sangris destinée à la République Centre Africaine ».<br />
L’Opération Serval au Mali et l’Opération Sangris en République Centre Africaine ‘RCA) sont donc deux moments clefs du test de l’opérationnalité et de l’acceptabilité, par l’opinion africaine et mondiale, de la nouvelle Doctrine Française de défense de la sécurité de ses citoyens et des intérêts de ses entreprises en Afrique.<br />
Le rétablissement de « l’ordre constitutionnel » au Mali, et « l’assistance des populations locales vivant d’exactions et d’insécurité » n’ont été en fait que des alibis « démocratiques et humanitaires » devant couvrir la sale besogne menée par les Opérations Serval et Sangris au Mali et en RCA !<br />
C’est ainsi que, bien avant la situation de chaos en RCA, le journal « Le Monde » renseigne que « le 28 septembre, les unités qualifiées pour prendre l&rsquo;alerte l&rsquo;ont été sur un exercice dont le cadre était… la RCA » !!!<br />
L’intervention au Mali avec l’Opération Serval, relève ainsi sa véritable nature comme le premier test de cette nouvelle Doctrine pilotée par des Chefs d’Etat successifs de France durant la période, en usant de leur influence sur les Chefs d’Etat Africains de la sous – région.<br />
C’est ainsi que les Chefs d’Etat de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) furent utilisés pour embarquer la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans une intervention militaire au Mali, au nom d’un « rétablissement de l’ordre constitutionnel » avant toute libération du Nord Mali occupé par des Jahadistes, pour créer les conditions de la mise en œuvre de la nouvelle Doctrine française dans cette sous région, que les putschistes maliens qui faisaient de la libération du Nord de leur pays la priorité, entravaient largement.<br />
Cette Doctrine a motivé la France de ramener au Nord Mali, lors de l’Opération Serval, dans la région de Kidal, le Mouvement National de Libération de l’AZAWAD (MNLA), avec armes et bagages, dont l’irrédentisme avait ouvert la porte aux jahaddistes qui l’avaient soutenu au début avant de l’expulser du Mali vers le Burkina Fasso, pour régler les problèmes des otages Français, et assurer la sécurité de ses intérêts vitaux sur les mines d’Uranium au Niger et au Nord Mali.<br />
L’on se souvient que le MNLA avait aussi été exfiltré de Libye, avec armes et bagages, sous la bénédiction du gouvernement Français, pour déclencher un mouvement irrédentiste au Nord Mali, avec l’appui de groupes jihadistes qui l’avait accompagné.<br />
C’est cette expérience que la France veut étendre sur le continent tout entier, en convoquant le Sommet France- Afrique, malgré le cri du cœur du Président Malien, à cette occasion, mettant en cause la politique française à Kidal, devant l’indifférence totale de ses collègues africains.<br />
En effet, ce Sommet lui a permis de mettre en place une « Capacité Africaine de Réaction Immédiate « (CARIC), opérationnelle dès 2015, à l’image de la « Force d’Intervention Rapide » de la CEDEAO, dont le déploiement opérationnel au Mali a nécessité l’appui militaire massif de l’Armée Française à travers l’Opération Serval.<br />
Le Gouvernement Français sait que CARIC ne sera opérationnelle que là où elle le décide pour sauver les intérêts des Entreprises Françaises en Afrique.<br />
Nos Chefs d’Etat viennent de légitimer cette nouvelle Doctrine du Gouvernement Français expliquée, en marge de ce Sommet, par son Ministre de la Défense en ces termes : « Les pays africains doivent assurer eux-mêmes leur propre sécurité. Mais nous ne pouvons les laisser seuls face aux risques et aux menaces qui, à terme plus ou moins rapproché, nous concerneraient directement ».<br />
C’est cette Doctrine qui est en train d’être mise en œuvre en Centre Afrique, alors que l’ex Président de ce pays, démis de ses Fonctions par une rébellion armée, dont le pouvoir a été entériné par l’Union Africaine à travers un Gouvernement de Transition civile, était allé se refugier à Paris, en y déclarant publiquement sa volonté de retourner au pays pour restaurer son pouvoir.<br />
Depuis lors, le nouveau Gouvernement de Transition fait face à une insécurité grandissante, malgré le déploiement de troupes africaines envoyées, non pas pour aider le nouveau pouvoir à établir son autorité sur l’ensemble du pays en se mettant à sa disposition, mais pour assurer, elles mêmes la sécurité, notamment dans la capitale, avec l’aide de forces françaises qui s’y trouvaient déjà.<br />
En abritant sur son sol l’ex Président, devenu belligérant en Centre Afrique, la France est complice du cahot qui s’y développe, et qui lui permet aujourd’hui, au nom de la sécurité des populations dans ce pays, d’intervenir encore militairement dans notre continent dans le cadre de l’Opération Sangris ».<br />
Avec cette intervention, exactement comme à Kidal, au Mali, les forces africaines et françaises empêchent le gouvernement provisoire légitime du Tchad à assurer, avec leur appui, le rétablissent de l’autorité du pouvoir central sur toute l’étendue du pays, pour y assurer la paix, préserver son unité territoriale et sa sécurité.<br />
Le Tchad, comme le Mali, sacrifie ainsi sa souveraineté sur l’autel de la nouvelle Doctrine de la France de « défendre sa sécurité et celle de l’Europe » en mettant nos Etats sous tutelle directe du Conseil de Sécurité des Nations Unies, avec le consentement de nos Chefs d’Etat.<br />
Que va devenir notre pays, le Sénégal dans le cadre de cette nouvelle Doctrine ?<br />
Cette interrogation est légitime, si l’on prend en compte que le Sénégal vit, depuis plus de trente ans, l’irrédentisme en Casamance, initié par le Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC), dont les principaux leaders, qui ont aussi la nationalité française, dirigent ouvertement, depuis Paris, les attaques contre les forces armées et de sécurité du Sénégal dans cette région, et les exactions contre les populations civiles.<br />
Surtout, quand, sous le prétexte de « rétablissement de la paix en Casamance », les USA ont nommé, avec résidence à Dakar, un « Plénipotentiaire », et la France, dans le cadre de na nouvelle Doctrine, vient d’y faire accréditer « Un Représentant militaire », chargé de coordonner l’intervention de son armée en Afrique.<br />
La rébellion en Casamance place ainsi notre pays sous contrôle militaire direct des USA et de la France, avec tout le risque de nous imposer la partition de notre pays.<br />
Cette évolution de la situation laisse planer une véritable inquiétude sur l’issu des pourparlers de paix qui sont encours entre le gouvernement du Sénégal et le MFDC.<br />
L’implication militaire des Etats Unis et de la France, sous le couvert des Nations Unies, dans un pays donné, n’a jamais apporté la paix ou la sécurité des populations concernées, comme l’atteste la situation en Irak et en Afganistan, ou comme au Mali ou en République Démocratique du Congo. Partout où ils s’ingèrent, c’est la ruine des économies et la désolation des populations des pays concernés.<br />
Il urge donc, pour les patriotes en Afrique, de se serrer les coudes, pour reprendre la lutte, comme dans les années 50, pour parachever l’indépendance de nos pays et construire l’unité des peuples de notre continent, redevenu « l’eldorado » des grandes puissances qui se le disputent, à nouveau « à coups de canon » , et au prix de notre sang.</p>
<p>Ibrahima Sène PIT/SENEGAL</p>
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		<title>Leçons de la crise Malienne pour le Sénégal : l’inquiétante analyse du Dr Penda MBow</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Nov 2013 12:34:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Notre élite intellectuelle devrait être beaucoup plus modeste et analyser avec attention ce qui se passe dans notre sous-région afin d’en tirer les bonnes conséquences.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>[vc_row el_position= »last »][vc_column][vc_column_text]<img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="size-full wp-image-1842 alignleft" alt="HadyIpode" src="https://i0.wp.com/thinktank-ipode.org/wp-content/uploads/2013/11/HadyIpode.png?resize=150%2C149&#038;ssl=1" width="150" height="149" />Le Dr Penda MBow est une personnalité importante de ce pays. Historienne, Maitre-Assistante à l’université de Dakar, analyste politique et membre influente de la société civile sénégalaise, elle a participé à la chute du Président Wade.</p>
<p><span id="more-11339"></span></p>
<p>Elle a par ailleurs l’oreille du Président Macky Sall  Il est donc d’autant plus inquiétant qu’elle produise lors d’une rencontre tenue à Berlin, malgré l’éclairage de la crise malienne, une analyse extrêmement superficielle et, à notre avis, fausse des risques structurels de déstabilisation du Sénégal.</p>
<p>Mme Mbow exprime la certitude arrogante, partagée par le peuple et l’élite sénégalaise, que ce qui s’est passé au Mali n’aurait pas pu survenir au Sénégal parce que notre société serait intrinsèquement meilleure que la société malienne. Son analyse ne nous paraît cependant pas fondé sur autre chose que des préjugés.</p>
<p>Certes l’histoire institutionnelle des sociétés sénégalaises et maliennes n’est certainement pas la même. Notre système éducatif est meilleur, le Sénégal a presque toujours été une quasi-démocratie et notre élite est globalement plus valable que l’élite malienne. Mme Mbow a donc raison de pointer cette disparité de trajectoires. Elle ne semble cependant pas voir qu’il y a, entre le Sénégal et le Mali des ressemblances fortes mais surtout qu’une inflexion récente de la trajectoire sénégalaise a accentuée la fragilité de notre pays.</p>
<p>Le Dr Mbow commence par commettre une faute de raisonnement en partant d’un postulat non vérifié mais conforme à ce que les maliens disent d’eux-mêmes. Elle affirme en effet que la mobilité sociale est faible au Mali et que les élites maliennes actuelles sont les mêmes que du temps de Soundiata Keita. Elle y voit une des causes de la crise malienne. Une telle affirmation est probablement fausse. La mobilité sociale est une caractéristique de toutes les sociétés même si elle est plus ou moins forte. Déjà en 1948 dans <i>Dieu d’eau</i>, l’anthropologue français, spécialiste des dogons, Marcel Griaule montrait que ces derniers avaient changé à quelques années de distance leur mythe fondateur pour le conformer au nouvel ordre socio-économique de leur société pourtant jugée primitive. S’il y a mobilité et réorganisation sociale dans une petite communauté malienne, il est hautement improbable que ce ne fût pas le cas dans la société malienne prise dans son ensemble. D’ailleurs Madame Mbow devrait savoir que tout le regain d’intérêt pour la figure de Soundiata Keita est récent dans la société malienne, accompagnant la révolution de 1992 et la redécouverte subséquente de la Charte du Mandé.</p>
<p>Une autre cause de la crise malienne qu’identifie le Dr Mbow est que le Mali est un pays pauvre ayant un territoire immense qu’il peine à gouverner. Cette cause n’est pas aussi fallacieuse que celle invoquée précédemment. Elle est cependant à relativiser. Mme Mbow a raison de pointer les problèmes de gouvernementalité du Nord Mali. Il faut cependant signaler qu’à l’orée de la crise Malienne de 2012, le consensus parmi les chercheurs était qu’après la démocratisation de 1992, le Mali avait effectué un remarquable travail de décentralisation et que l’unité nationale était désormais préservée. Plus généralement, après vingt ans d’exercice démocratique à transitions pacifiques, le Mali était donné en exemple à l’ensemble du continent africain comme preuve qu’un État pauvre et multiethnique pouvait être pleinement démocratique.</p>
<p>Mme Mbow pointe enfin la fragilité de l’armée malienne qui n’a pas su faire face à l’attaque islamiste et la contraste avec la supposée qualité de notre armée qui aurait d’après elle tenu le coup face à un tel assaut. Il est toujours difficile d’évaluer des contrefactuels. Il faut cependant noter que cette supposée fragilité de l’armée malienne n’empêche pas que nous y envoyions nos soldats se faire former. L’armée malienne tout comme l’armée sénégalaise est une armée de métier contrairement à ce que suggère Mme Mbow et la nôtre n’arrive pas non plus à mettre un terme à la crise casamançaise malgré le fait que les rebelles du MFDC aient très peu de soutien international. L’affirmation du Dr Mbow selon laquelle notre armée aurait fait mieux que la malienne est donc, pour le moins, dénuée de fondement en l’absence d’agression effective contre le territoire sénégalais.</p>
<p>Ce que notre étude dans le cadre du Think Tank Ipode a montré c’est que les causes profondes de l’effondrement de la République malienne ne sont pas celles qu’identifie le Dr Mbow. Or si l’étude étiologique n’est pas bonne, il est impossible de comparer valablement les situations au point d’en conclure que le Sénégal ne pourrait s’effondrait comme le Mali. Qu’en est-il réellement ?</p>
<p>Dans l’étude d’Ipode, plusieurs causes avaient été tenues pour responsables de l’effondrement du Mali. Il y avait certes les problèmes de gouvernementalité au Nord avec l’irrédentisme touareg aggravé par la chute de Kadhafi. Il y a avait surtout plusieurs causes internes à la société malienne dont la principale était un effondrement généralisé du d’une part à la défiance de la population envers ses élites et d’autre part à la médiocrité d’élites politiques et militaires mal formées, peu soucieuses de l’intérêt général et corrompues. Le Sénégal pourrait-il suivre le même chemin ? Il est à tout le moins douteux que la réponse soit un non péremptoire comme semble le penser le Dr Mbow.</p>
<p>Tout comme le Mali d’avant la crise de 2012, le Sénégal apparaît comme un exemple de démocratie en Afrique mais il partage avec le Mali les mêmes problèmes structurels qui ont mené ce dernier pays à la catastrophe. Il y a au Sénégal comme au Mali d’avant 2012 une crise de basse intensité qui semble ne pas mettre en danger le pouvoir central. Depuis l’arrivée du Président Sall cette crise semble certes en passe de se résoudre. Ceci dit la Casamance est entourée de trois États en déliquescence (les deux Guinée et la Gambie) dont deux (la Gambie et la Guinée Bissau) sont des narco-États. Nous ne sommes donc pas à l’abri d’une explosion de la crise casamançaise à la faveur de l’implosion de l’un ou l’autre de ces États fragiles. Et ce d’autant moins que le Sénégal servirait lui-même, d’après certains experts, déjà de plaque tournante à certains cartels sud-américains.</p>
<p>Une deuxième ressemblance entre le Mali d’avant la crise et le Sénégal est l’apparition de fortunes colossales à coté d’une population globalement pauvre. Au Mali on avait parlé de « milliardaires de la démocratie ». Au Sénégal, depuis le règne du Président Wade, une élite politique et affairiste s’est considérablement enrichie et l’affiche. Tous les indicateurs montrent que le Sénégal est extrêmement inégalitaire avec un coefficient de Gini<a title="" href="file:///C:/Users/Mohamed%20LY/Desktop/Ipodesurlanalyse%20dePendaMbowsurleMali2.docx#_ftn1">[1]</a> de 39,2 (celui du Mali est de 39,0) et un ratio de la population pauvre en fonction du seuil de pauvreté national de 46,7% (43,6% au Mali) selon le rapport 2011 de la Banque Mondiale. Le Sénégal est donc plus inégalitaire que le Mali. Cette inégalité elle-même pourrait, comme dans le cas malien mener à deux conséquences désastreuses. La première est un développement de toutes sortes d’activités délictueuses ces dernières étant les seules à même d’assurer le niveau de vie désiré. Ces activités iraient du banditisme violent, source d’insécurité, à la corruption généralisée nuisible au fonctionnement des institutions étatiques. Une seconde conséquence possible du creusement des inégalités est une perte de légitimité d’élites politico-économiques perçues à tort ou à raison comme corrompues.</p>
<p>Une troisième ressemblance, plus grave à notre avis, est la médiocrité des élites sénégalaise et une dégradation généralisée du niveau d’éducation et culture républicaine dans la société sénégalaise en général. Tout le monde au Sénégal convient qu’il y a une dégradation extrêmement rapide de la qualité de notre enseignement du niveau primaire au niveau universitaire. Cette dégradation est cependant rarement pensée en termes de danger pour la société sur le plan institutionnel. La démocratie a pour condition de pérennité l’existence de citoyens informés et conscients des enjeux dont le vote contrebalance le pouvoir de la classe dirigeante. Vue la trajectoire que suit le système éducatif sénégalais depuis une trentaine d’années, ce sera  de moins en moins le cas dans le futur. Plus grave encore, l’élite sénégalaise elle-même ne paraît pas à la hauteur des enjeux comme le montre la pauvreté de l’analyse des enjeux de la crise du Mali pour le Sénégal et la misère de notre débat public. Le Dr Mbow peut se gausser de l’armée malienne et accuser la classe politique malienne d’endogamie pluriséculaire ; il ne nous paraît pas du tout évident que l’élite sénégalaise dont elle fait partie soit plus ouverte ou compétente. La communauté universitaire, à laquelle elle appartient a eu l’irresponsabilité de déserter les amphithéâtres pendant six mois en 2012, notre pouvoir judiciaire a grogné pour que lui soient alloués des fonds communs indexés sur les produits de décisions judiciaires qu’il rend, la hiérarchie policière vient de vivre un scandale sur fond d’accusations de trafic de drogue. Quant à notre classe politique, elle semble vivre dans une telle autarcie que l’on a du mal à distinguer une opposition à la coalition au pouvoir. Cette confusion est dangereuse en ce qu’elle prive le peuple d’un recours démocratique et pacifique en cas d’insatisfaction devant les politiques menées. De plus cette classe politique, société civile comprise, semble inapte à proposer des solutions concrètes aux problèmes que vivent les populations que ce soit l’approvisionnement en eau et en électricité ou les problèmes de l’emploi et de l’éducation. Elle ne nous paraît donc pas plus capable que la malienne de réagir avec intelligence et pensée stratégique à une crise imprévue du type de celle qu’a causée au Mali le renversement de Kadhafi. La gestion désastreuse de la mini-crise qu’a été la rupture du tuyau de Keur Momar Sarr n’est pas de nature à nous rassurer sur ce plan là.</p>
<p>Étant données les similitudes que nous avons relevées entre le Mali d’avant la crise et le Sénégal actuel, il nous semble que le Dr Penda Mbow est singulièrement malvenue de clamer que ce qui est arrivé au Mali ne pourrait arriver au Sénégal avec autant de légèreté dans l’analyse. Notre élite intellectuelle devrait être beaucoup plus modeste et analyser avec attention ce qui se passe dans notre sous-région afin d’en tirer les bonnes conséquences. Quoique Mme Mbow soit proche de notre président actuel, elle n’est pas son conseiller stratégique. Nous espérons que ceux qui conseillent le chef de l’état sur les questions de sécurité ne produisent pas des analyses aussi superficielles. Autrement, ce serait inquiétant.</p>
<p>Dr. Mouhamadou El Hady Ba,</p>
<p>Directeur général du Think tank Ipode.</p>
<p>Site: <a href="http://www.thinktank-ipode.org/">www.thinktank-ipode.org</a></p>
<p>twitter: <b>@hady_ba</b></p>
<p><b>Références: </b></p>
<p>Ba, Mouhamadou el Hady et Mbaye, Pierre-Amath : <i>La crise au Malie et ses leçons pour le Sénégal, </i>Ipode Working Paper N° 1, Dakar février 2013</p>
<p>Bussi, Michel, Lima, Stéphanie et Vigneron, David : « L’État-nation africain à l’épreuve de la démocratie, entre présidentialisation et décentralisation : l’exemple du Mali », <i>L&rsquo;Espace Politique</i> [En ligne], 7 | 2009-1, mis en ligne le 30 juin 2009, consulté le 19 novembre 2013. URL : <a href="http://espacepolitique.revues.org/1270">http://espacepolitique.revues.org/1270</a> ; DOI : 10.4000/espacepolitique.1270</p>
<p>Griaule, Marcel : <i>Dieu d’eau. </i><i>Entretiens avec Ogotemmêli</i>. Paris: Librairie Arthème Fayard, 1975, 224 pages. Première édition: 1948</p>
<p><i> </i></p>
<div>
<p>&nbsp;</p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div>
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Mohamed%20LY/Desktop/Ipodesurlanalyse%20dePendaMbowsurleMali2.docx#_ftnref1">[1]</a> L&rsquo;indice (ou coefficient) de Gini est un indicateur synthétique d&rsquo;inégalités de niveaux de vie dans une société donnée.</p>
</div>
</div>
<p>[/vc_column_text][vc_toggle open= »false » el_position= »last »]</p>
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