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	<title>analyse PSE &#8211; IPODE &#8211; Think Tank Panafricain</title>
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	<description>Think Tank progressiste, indépendant et panafricain</description>
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		<title>Forum sur le Plan Sénégal Emergent/Plan Sénégal Indépendant</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Nov 2015 09:14:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Other]]></category>
		<category><![CDATA[analyse PSE]]></category>
		<category><![CDATA[Forum sur le Plan Sénégal Emergent/Plan Sénégal Indépendant]]></category>
		<category><![CDATA[PSE senegal]]></category>
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					<description><![CDATA[I)    Introduction Le «  Plan Sénégal Emergent » (PSE) est une option de Politique économique  pour rendre le Sénégal économiquement plus indépendant. Donc, le problème est de savoir,  est ce que&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="entry-content">
<ol>
<li>I)    Introduction</li>
</ol>
<p>Le «  Plan Sénégal Emergent » (PSE) est une option de Politique économique  pour rendre le Sénégal économiquement plus indépendant.</p>
<p>Donc, le problème est de savoir,  est ce que du point de vue de son financement et des secteurs visés, le PSE est il un plan pertinent pour atteindre cet objectif d’indépendance économique, sinon quel serait celui le plus approprié.</p>
<p><span id="more-12222"></span></p>
<ol>
<li>II) quels sont les objectifs économiques du PSE ?</li>
</ol>
<p>Avant toute chose, il faut se rappeler que le PSE a été conçu pour des objectifs de croissance plus ambitieux que le scénario tendanciel  basé sur le  « Programme Triennal d’Investissement Public » (PTIP) 2013-2015, révisé par celui de 2014-2016,  conformément au Programme « Instrument de Soutien de Politique Economique » (ISPE) retenu avec le FMI.</p>
<p>LE PSE intègre ainsi à ce scénario tendanciel, de nouveaux  projets et programmes pour 2014-2018  dans le cadre d’une programmation à long terme,  de 2015 à 2035, soit sur 20 ans.</p>
<p>Pour plus d’exclusivité  de la croissance, dans le PTIP 2016-2018, le secteur primaire, considéré comme un des maillons essentiels pour le développement économique et social du pays, est doté de 766,037 milliards (soit 20% du coût global de l’ensemble du programme), et le sous-secteur de l’agriculture va recevoir 72,2% de ce montant, soit 553,192 milliards FCFA.</p>
<p>Le secteur secondaire se taille les 19% du financement global.</p>
<p>Dors et déjà, l’on peut noter, dès 2015, l’année de démarrage effectif  du PSE, que les objectifs du PSE et l’ISPE n’ont pas été réalisés par le  gouvernement.</p>
<p>En effet, du point de vue du taux de croissance, l’ISPE prévoyait un taux de croissance de 5,5%  en 2015, alors que les réalisations du  gouvernement sont de 5,4% contre un objectif du PSE de 6,7%.</p>
<p>De même, les projections  de croissance pour 2016,   de l’ISPE sont de 5,5% et celles du gouvernement sont de 6%,  contre des objectifs du PSE de 7,6%  et ceci,  malgré  un contexte économique international extrêmement favorable avec une baisse du cours du baril de plus de 50% et des produits alimentaires de plus de 15%, avec une monnaie, arrimée à l’Euro plus compétitive par rapport au Dollar.</p>
<p>Le Sénégal, même avec le PSE,  peine encore à atteindre  ses objectifs de croissance pour aller vers  un taux de 7% qu’il considère comme critère d’émergence.</p>
<p>Même  s’il atteignait plus tard que prévu par le PSE, un taux de croissance stable moyen de 7%, peut il, pour autant  être  raisonnablement considéré comme « émergent », quand on sait que ces dernières années, alors que son taux de croissance moyen était de 4%, celui de  l’UEMOA était de 7% sans que l’on considère cette Zone comme « émergente »?</p>
<p>Le PSE  a donc, certes,  des objectifs de croissance plus ambitieux que l’ISPE, mais il aurait dû  viser des objectifs de croissance encore plus ambitieux en levant les obstacles qui l’empêchent d’être aussi performent que la moyenne de l’UEMOA.</p>
<p>Ces obstacles ne sont pas consécutifs à notre appartenance à la Zone Franc, puisque nous la partageons avec les autres pays membres de l’UEMOA.</p>
<p>Ces obstacles, spécifiquement Sénégalais, sont liés à notre politique budgétaire et à notre mode d’insertion dans l’Economie mondiale.</p>
<p>C’est pour cela, que la gestion du déficit budgétaire du pays et de son déficit commercial, est devenue les mécanismes clefs de la politique économique du Sénégal.</p>
<p>C’est par là que passe nécessairement la voie  pour parachever notre  Indépendance  nationale pour plus de souveraineté économique</p>
<p>III)  La  gestion du déficit budgétaire</p>
<p>Pour mieux faire face aux contraintes de gestion du déficit budgétaire, le gouvernement est parvenu, par l’intermédiaire du PSE, à éviter la politique «d’austérité budgétaire » que lui impose  le programme  «  Initiative de Soutien de Politique Economique » (ISPE) qu’il a signé avec le FMI.</p>
<p>En effet, le taux  du déficit budgétaire, l’ISPE l’a situé à 4,9% pour 2014,  à 3 ,9% en  2015  et à 3,7% en 2016. Pour atteindre 3% en 2018.</p>
<p>Donc  c’est un véritable programme d’austérité budgétaire  qu’impose l’ISPE pour atteindre une telle performance.</p>
<p>Cependant avec  le  PSE, le gouvernement est parvenu à faire adopter par la communauté de ses bailleurs de fonds, des objectifs moins austères de réduction du déficit budgétaire, avec un taux de 5,2%  en 2014, puis 5,1% en 2015, et 4,9% en 2016, un taux de  4,5% en 2017 et  de 3,9% en 2018.</p>
<p>Donc l’objectif de l’ISPE de ramener le déficit budgétaire  à 3% en 2018, a été reporté encore plus tard que  2018, donnant ainsi au gouvernement une large plage de manœuvre  dans ses dépenses publiques sur ressources propres.</p>
<p>C’est pour cela  qu’il a pu réaliser des  taux de déficit budgétaire   bien supérieurs à ceux retenus dans le cadre de l’ISPE,  avec   5,1% en 2014, puis  4,8% en 2015, et projette un  déficit à 4,2% en 2016, sans être sanctionné par le FMI !</p>
<p>Mais cette marge de manœuvre a été obtenue en contrepartie de l’engagement du gouvernement à mobiliser plus de recettes fiscales et à maîtriser son endettement.</p>
<p>C’est dans ce cadre que le Schéma du financement du PSE a été établi comme suit.</p>
<p>Les  besoins de financement  de la période de  2015 à 2035, ont été évalués à 9685 milliards,  et répartis en financement public pour 43,3%, en Subventions des partenaires techniques et financiers pour 14%, en Prêts pour 26,4%, et en financement direct privé pour 16,4%.</p>
<p>Donc ceux qui ont pensé que le PSE est financé principalement par l’endettement et l’investissement direct étranger devraient revoir leur copie.</p>
<p>Même ensemble, ces deux modes de financements ne représentent que 42,8% contre 43 ,3% de financement public sur ressources propres.</p>
<p>C’est par rapport à ce mode de financement  qui privilégie les ressources publiques et non le financement direct privé,  que la Directrice Générale du FMI est venue  à Dakar, du haut de la tribune de l’Assemblée nationale, exprimer  son désaccord, tout en recommandant la fin des subventions de l’Electricité, la réduction du poids de la Masse salariale sur les recettes fiscales,  et  la  baisse  de l’impôt sur les Sociétés à son niveau où Wade l’avait porté, c’est-à-dire à 25% au lieu des 30% en vigueur depuis la réforme de l’Impôt sur le Revenu.</p>
<p>Mais  le respect des engagements des Partenaires Techniques et Financiers, tant en matière de subventions que de prêts, dépend de la mise en œuvre de réformes structurantes comme celle du Foncier, de la Masse salariale et du Code du travail, pour créer un cadre plus attractif pour le financement privé.</p>
<p>Cependant, ces réformes ne sont pas incontournables pour le financement du PSE, pour peu que le gouvernement se tourne vers les BRICS. D’où l’importance stratégique de la rentrée de la Chine dans ce financement, et  de l’intérêt que la Turquie, et l’Inde ont manifesté.</p>
<p>L’obstacle budgétaire  auquel se heurte la capacité de croissance forte et durable ainsi allégé, il reste pour l’atteinte des objectifs de croissance du PSE, l’obstacle du déficit commercial qui résulte du mode d’insertion de notre Economie dans l’Economie mondiale.</p>
<ol>
<li>IV)  La gestion du déficit Commercial</li>
</ol>
<p>Cet obstacle est structurel du fait du poids exorbitant des entreprises Européennes, notamment Françaises dans l’Economie du Sénégal.</p>
<p>Ces Entreprises profitent de notre appartenance à la Zone Franc arrimée à l’Euro pour orienter nos importations principalement vers l’Europe, tans disque l’essentielle de nos exportations sont orientées vers l’Afrique de l’Ouest, où nos produits souffrent de manque de compétitivité- prix du fait de la sur évaluation de l’Euro  face au Dollar</p>
<p>Ainsi le Sénégal importe là où c’est plus cher, et exporte là où il est moins compétitif.</p>
<p>Ces handicapes consécutifs de cette manière dont  notre Economie nationale est insérée dans l’Economie mondiale, ont des conséquences négatives sur nos capacités de production et d’échange, de même que notre système productif, qui souffre  d’insuffisance de  productivité  avec de facteurs de production relativement plus chers importés d’Europe,  et de compétitivité avec  une monnaie relativement plus forte dans la sous région.</p>
<p>Cette situation va se renforcer avec la ratification des APE par notre pays, qui vont orienter davantage nos importations vers l’Europe, tout en inhibant nos exportations vers la sous région portant ainsi attente à terme à l’intégration économique sous régionale.</p>
<p>Cette tendance lourde d’accentuation de notre dépendance et de blocage de nos capacités de production, a subi, avec le PSE, des inflexions contraires qui tendent à restructurer les bases de l’Economie nationale, vers une plus grande diversification du système de production, et une plus grande diversification de partenaires économiques.</p>
<p>Cette trajectoire dessinée par le PSE, combinée,  au renforcement de notre marché  sous régional enclenché avec l’adoption d’un Tarif Extérieur Commun  (TEC),  qui augmente les Droits de Douanes avec une cinquième tranche de tarification à 35%,  qui prend le contre pied des APE qui sont basés sur la baisse progressive jusqu’à leur suppression, des Droits de Douanes, qui étaient plafonnés dans l’UEMOA à 20%</p>
<p>De même,  l’avènement de la Monnaie Commune de la CEDEAO  d’ici 2020,  devrait  mettre fin  au Fr CFA, donc à l’arrimage de notre monnaie à l’Euro, et  devrait  permettre  le retrait de nos avoirs extérieurs logés dans un Compte d’Opération du Trésor  Français.</p>
<ol>
<li>V) Conclusion</li>
</ol>
<p>Le mode de financement du PSE, dans le cadre de  l’engagement du Sénégal dans le processus  de parachèvement de l’intégration sous régionale avec l’entrée en vigueur du TEC de la CEDEAO, et l’agenda de l’avènement de sa monnaie commune, rentrent, tous les deux dans le cadre des «  Conclusions des Assises nationales »  qui préconisent le financement de l’Economie nationale prioritairement par l’épargne nationale, et le recouvrement de la souveraineté économique par l’intégration sous régionale et une monnaie commune CEDEAO.</p>
<p>Le PSE a usé de l’épargne publique à hauteur de 43,3%  pour  son financement, il  ne reste donc qu’à l’accompagner par une politique de mobilisation de l’épargne privée nationale pour qu’elle prenne une bonne place dans la part des 16,4% réservés à l’investissement privé  direct, et dans les 26,4% réservés  à l’emprunt.</p>
<p>Cette tendance lourde devrait permettre de transformer notre Dépendance actuelle,  en co-souveraineté régionale de nos peuples.</p>
<p>Donc, le PSE est  un pas, certes timide, vers plus d’indépendance nationale,  et plus de croissance économique mieux partagée, pour peu que les opportunités qu’il offre soient exploitées au maximum par le pouvoir.</p>
<p>Cependant, sans une politique d’accompagnement de la mobilisation de l’épargne nationale privée  et l’avènement de la monnaie unique de la CEDEAO en 2020, le PSE nous rendrait certes, moins dépendant du FMI et de la Banque mondiale, mais élargira notre dépendance vis à vis de l’extérieur par l’entrée de nouveaux partenaires étrangers non européens dans notre   Nationale.</p>
<p>Même si Castro disait, qu’avec l’avènement de la Perestroïka en Union Soviétique, qui réduisait sa coopération économique avec Cuba, «  diversifier sa dépendance c’est être plus souverain », dans le cas du Sénégal, ce serait perdre encore plus de souveraineté, compte tenu du poids économique des entreprises Françaises dans notre Economie, même s’il baisse relativement  avec l’entrée de  nouveaux partenaires non Européens.</p>
<p>Y a-t-il, dans le contexte actuel,  un «Programme de Sénégal Indépendant » (PSI)  plus crédible  et plus efficace, compte tenu de ce qui précède ?</p>
<p>J’attends  de voir ce qu’il en est.</p>
<p><strong>Ibrahima SENE PIT</strong></p>
</div>
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		<title>LE PSE ou notre mascotte à croissance « go slow »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jun 2015 19:03:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[analyse PSE]]></category>
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					<description><![CDATA[ Nous avons tous l’impression que nous devons nous suffire du Plan Sénégal Emergent (PSE) et en faire comme chez le religieux, notre livre sacré de chevet. Et qu’oser étaler ses&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong> </strong>Nous avons tous l’impression que nous devons nous suffire du Plan Sénégal Emergent (PSE) et en faire comme chez le religieux, notre livre sacré de chevet. Et qu’oser étaler ses insuffisances pousserait certains à crier au sacrilège.  <span id="more-11975"></span>Il ne s’agit pas ici, de porter un procès d’intention à ses initiateurs ou de ne pas reconnaître à nos leaders politiques la volonté de répondre positivement au concept de l’émergence qui, selon beaucoup d’analystes, trouve son meilleur crédit en Afrique et plus particulièrement au Sénégal. Nous pensons qu’il est important de montrer les limites du PSE et dépasser objectivement les frontières de l’apologie que nous offrent très souvent les mentors de la complaisance et de l’analyse facile.</p>
<p>La logique voudrait que l’Afrique profite de cette crise qui tend à être structurelle pour non seulement sortir la tête de l’eau, mais s’affirmer comme un continent puissant qui s’impose économiquement à la face du monde parce que détenant tous les atouts lui permettant de réussir un tel défi. L’on me dira qu’hormis sa forte démographie, ses ressources naturelles et l’authenticité de sa culture, elle ne présente pas encore toutes les évolutions positives sur le plan technique, industriel, scientifique et social. Mais force est de constater que si le développement économique est assimilé au progrès, nous pouvons confirmer sans hésitation que les changements structurels qui se sont opérés en Afrique et au Sénégal en particulier, doivent faire naître chez les élites politiques une ambition et un optimisme inébranlables surtout quand il s’agit de la prise en charge des destins nationaux. C’est pourquoi un pays stable, très attractif et ouvert sur l’extérieur ne peut pas se permettre de confier tout son destin à un seul programme qu’est le PSE, une continuité de la stratégie de croissance accélérée (SCA) du Président Wade, laquelle fut engagée en 2005 visant aussi à hisser le Sénégal au rang de pays émergent. Bien que ce dernier dépassa largement en terme de bilan son prédécesseur socialiste, ses magistères n’ont pas pu  recentrer les priorités dans la perspective de garantir durablement la stabilité économique, politique et sociale du Sénégal. Mieux, l’amélioration de la qualité du cadre macroéconomique enclenché depuis la dévaluation du franc CFA en 1994 même si elle a permis au Sénégal d’atteindre des taux de croissance de 4,9% à 5,8% à partir de 2000, présente un certain nombre de problèmes qui persistent jusqu’à nos jours. Il s’agit entre autres, des difficultés de compétitivité structurelle, de stagflation, d’accès précaire à un foncier aménagé, de financement ainsi que de mauvaise connaissance des marchés. Il s’y ajoute le phénomène lié à l’autosuffisance alimentaire, à la prédominance de l’économie de la traite arachidière, à la crise de l’enseignement supérieur qui met à genoux la recherche scientifique, sans oublier la concentration du système sanitaire dans la seule capitale qu’est Dakar. Des efforts ont été enregistrés mais il convient de souligner qu’ils demeurent insuffisants.</p>
<p>Des indépendances à aujourd’hui (ou de l’indépendance à la dépendance), la politique économique et sociale reste au creuset de quelques victoires et de beaucoup de déboires. Les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) à l’horizon 2015 est un projet très ambitieux car ils entendent lutter pour la baisse de la pauvreté (je suis pour la réduction des fortes inégalités sociales !), de la mortalité maternelle et infantile, permettre de promouvoir un environnement économique et social stable et durable. Cependant, si rien n’est fait, la léthargie du plan d’actions prioritaires (PAP) risque de fausser la nouvelle dynamique de croissance forte et inclusive de plus de 7% par an. Cette vision 2034 qui repose essentiellement sur la création de richesse et d’emplois ne peut être atteinte dans un pays où les acteurs politiques ont du mal à faire la part des choses entre une responsabilité nationale confiée ou héritée et l’envie de se hisser à un statut social enviable. Sans se soucier du contexte morose de l’économie mondiale qui n’est pas sans conséquence sur le quotidien des populations des pays du Sud et le sort des populations accroupies devant une montagne de souffrances, la bassesse politique et l’esprit réactionnaire freinent notre capacité à agir moralement pour l’intérêt national. Certains, soucieux de leur propre lendemain, sont allés jusqu’à réduire le champ politique en un simple sanctuaire du <em>veni, vidi, vici</em>, poussant même des <em>Seriñ fak taal</em> à devenir des <em>seriň lamb</em> confirmés. Ces derniers, de plus en plus nombreux à tomber dans le hameçonnage politique clientéliste, n’offrent plus ce cadre idéal basé sur une éthique capable d’orienter notre société malade vers les vraies responsabilités qui doivent animer leur existence. <em>Caaxaan, wax lu dul dëg ak naafekk</em> <em>lëmbè nañu rèewmi !</em></p>
<p>La brutale et catastrophique réduction de liquidité de 2008, le « <em>credit crunch</em> » ou l’effondrement du crédit oblige le marché financier à s’intéresser davantage à l’Afrique, un continent dont la réceptivité à la croissance est bien réelle. Cependant, aucun pays du monde n&rsquo;a connu un dynamisme économique, un niveau de vie élevé de sa population et une prospérité enviable en se basant essentiellement sur le prêt et l&rsquo;aide internationale. L&rsquo;effondrement de ce secteur de la finance n&rsquo;a pas tardé à mettre à genoux les pays qui connaissent un niveau d&rsquo;investissement anémique. Par conséquent, le développement a pour ciment, le pragmatisme national, le déploiement de toutes les forces vives pour défier les trajectoires de l&rsquo;histoire. L&rsquo;effet « pop-corn » à l&rsquo;échelle internationale a provoqué de facto, l&rsquo;insolvabilité des dettes des pays africains. Le passé et la réalité quotidienne doivent pousser à plus de rigueur et de prise en charge du destin national en partant d&rsquo;abord des facteurs endogènes : le génie créatif, le capital humain, les ressources naturelles, la restauration des valeurs chevaleresques chez les acteurs politiques et chez les citoyens. Le Sénégal n&rsquo;a plus droit à l&rsquo;erreur. Il faut agir vite, maîtriser les déficits budgétaires, le chômage alarmant des jeunes, profiter de l’atout du secteur informel, exploiter les terres arables pour une agriculture moderne et diversifiée, doter l’intérieur du Sénégal d’infrastructures sanitaires de qualité, régler définitivement le problème de l’éducation, de l’enseignement et de la recherche, sans oublier de lutter contre les contraintes extérieures liées à l’absence de parts de marché constantes au niveau international.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ne disposant pas d’une politique monétaire autonome, les périodes de surchauffe économique comme celle liée à l’inflation, n’épargnent pas les structures économiques et sociales. Face à cette situation, il est crucial de créer des espaces économiques sous régionaux en partant d’une monnaie unique permettant de recouvrer les mesures agissant sur les conditions de financement de nos économies respectives. Loin de tenter à critiquer inutilement le PSE, il s’agit tout simplement, face à l’urgence, de se montrer réaliste et pragmatique et de se dire que face aux maladresses nationales et à l’architecture défaillante de la zone UEMOA, il faut s’inscrire dans le cadre d’une remise en cause de ces concepts venus d’ailleurs qui vont souvent à l’encontre de nos réalités socio économiques.  Si rien n’est fait au niveau local grâce au réveil de nos élites politiques sur la base de facteurs endogènes mûrement réfléchis avec probité, sérieux et dignité, le PSE restera cette mascotte à croissance « <em>go slow</em> » qui servira de vache laitière.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Daouda Diop &#8211; Historien économiste</p>
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