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	<title type="text">IPODE &#8211; Think Tank Panafricain</title>
	<subtitle type="text">Think Tank progressiste, indépendant et panafricain</subtitle>

	<updated>2026-04-27T12:31:06Z</updated>

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		<author>
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		<title type="html"><![CDATA[Attaques jihadistes au Mali : une guerre asymétrique qui menace toute l’Afrique de l’Ouest]]></title>
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		<updated>2026-04-27T12:31:06Z</updated>
		<published>2026-04-27T12:17:44Z</published>
		<category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Affaires Etrangéres" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Other" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="attaques jihadiste" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="jihadiste mali" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="mohamed ly mali" />
		<summary type="html"><![CDATA[Depuis deux jours, le Mali est attaqué. En tant que voisin, frère siamois du Sénégal et panafricain, il m’est impossible de rester silencieux. J’exprime ici mon soutien plein et entier&#8230;]]></summary>

					<content type="html" xml:base="https://thinktank-ipode.org/2026/04/27/attaques-jihadistes-au-mali-une-guerre-asymetrique-qui-menace-toute-lafrique-de-louest/"><![CDATA[
<p data-start="68" data-end="398">Depuis deux jours, le Mali est attaqué. En tant que voisin, frère siamois du Sénégal et panafricain, il m’est impossible de rester silencieux. J’exprime ici mon soutien plein et entier au peuple malien, confronté à une nouvelle vague de violences qui marque un tournant inquiétant dans la nature des menaces sécuritaires au Sahel.</p>
<p data-start="400" data-end="784">Les groupes jihadistes doivent être combattus sans ambiguïté, et ces attaques doivent être condamnées de partout. La <span class="hover:entity-accent entity-underline inline cursor-pointer align-baseline"><span class="whitespace-normal">Communauté économique des États de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest</span></span> est appelée à suivre la situation de très près. Au-delà des institutions, c’est toute la région qui doit faire bloc. Aux Maliens, j’adresse un message de résilience et d’unité : c’est dans ces moments que les nations se révèlent.</p>
<p data-start="786" data-end="1253">Les attaques récentes témoignent d’une mutation préoccupante. Après avoir ciblé, fin 2025, les circuits de ravitaillement en produits pétroliers, les groupes armés s’attaquent désormais directement aux symboles et aux leviers de la souveraineté malienne. Les offensives coordonnées, menées sur plusieurs fronts, combinent des modes opératoires variés : véhicules piégés, assauts simultanés, et, de plus en plus, l’usage de technologies accessibles comme les drones. les attaques auraient impliqué l’usage de drones selon plusieurs sources, illustrant l’évolution technologique des groupes armés.</p>
<p data-start="1255" data-end="1670">Nous sommes face à une guerre asymétrique. Des groupes non étatiques, mobiles, adaptatifs, capables d’exploiter des moyens relativement légers mais efficaces, affrontent un État contraint par des structures plus lourdes. Cette asymétrie n’est pas seulement militaire ; elle est aussi informationnelle, logistique et financière. Elle permet à ces groupes de frapper vite, fort, et souvent là où on ne les attend pas.</p>
<p data-start="1672" data-end="2126">Les armes et les moyens déployés interrogent. Ils suggèrent l’existence de soutiens qui dépassent les seules dynamiques locales. Il est légitime de s’interroger sur les réseaux internationaux – financiers, logistiques, voire politiques – qui permettent à ces groupes d’opérer à ce niveau. Le Mali semble faire face à des adversaires puissants, dont l’intérêt est de maintenir une instabilité chronique, voire de favoriser une fragmentation du territoire.</p>
<p data-start="2128" data-end="2427">Dans ce contexte, la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme doit être considérablement renforcée. Aucun dispositif sécuritaire ne pourra être pleinement efficace si les flux financiers qui alimentent ces groupes ne sont pas identifiés, traqués et asséchés avec rigueur.</p>
<p data-start="2429" data-end="2900">Il serait par ailleurs naïf d’ignorer les enjeux économiques sous-jacents. Le Mali, riche de ressources minières considérables, affirme de plus en plus sa souveraineté sur son territoire et ses richesses. Cette dynamique vient bousculer des équilibres anciens et des intérêts établis. Dans bien des cas, les conflits contemporains ne se jouent pas uniquement sur des lignes idéologiques, mais aussi autour du contrôle des ressources et des chaînes de valeur stratégiques.</p>
<p data-start="2902" data-end="3352">Dans un article à paraître dans la <em data-start="2937" data-end="2953">Revue de Dakar</em>, consacré aux impacts des tensions au Moyen-Orient – notamment autour de l’<span class="hover:entity-accent entity-underline inline cursor-pointer align-baseline"><span class="whitespace-normal">Iran</span></span> – sur le continent africain, j’alertais déjà sur le risque d’une extension des conflits et sur l’émergence de formes d’attaques hybrides. Les événements actuels au Mali semblent confirmer que nos États ne sont pas encore pleinement préparés à ces nouvelles configurations de la guerre.</p>
<p data-start="3354" data-end="3745">Face à cela, l’Afrique de l’Ouest doit franchir un cap. Il ne s’agit plus seulement de coopérer, mais de mutualiser réellement les moyens, de renforcer les dispositifs communs et d’avancer vers une capacité régionale crédible de défense et de sécurisation des frontières. La souveraineté ne peut être effective sans sécurité, et la sécurité ne peut être durable sans une approche collective.</p>
<p data-start="3747" data-end="3860" data-is-last-node="" data-is-only-node="">Rester silencieux aujourd’hui serait une faute. Parler, analyser, alerter et proposer : c’est une responsabilité.</p>
<p data-start="3747" data-end="3860" data-is-last-node="" data-is-only-node=""><strong>Mohamed LY</strong><br /><strong>Président Think Tank IPODE</strong></p>




]]></content>
		
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		<title type="html"><![CDATA[Entretien avec Mohamed Ly sur Radio Alger]]></title>
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		<updated>2025-12-22T21:24:16Z</updated>
		<published>2025-12-22T21:21:06Z</published>
		<category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Actualités" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Audio-video" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Internationnal" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Interviews" />
		<summary type="html"><![CDATA[Entretien de Mohamed LY du Mardi 2 décembre  sur une radio algérienne.
On y parle multilatéralisme, financement des États en Afrique et rôle croissant du continent dans la nouvelle architecture financière mondiale.
Un sujet essentiel pour comprendre les enjeux économiques des prochaines années]]></summary>

					<content type="html" xml:base="https://thinktank-ipode.org/2025/12/22/entretien-avec-mohamed-ly-sur-radio-alger/"><![CDATA[
<figure class="wp-block-video"><video height="352" style="aspect-ratio: 624 / 352;" width="624" controls src="https://thinktank-ipode.org/wp-content/uploads/2025/12/WhatsApp-Video-2025-12-02-at-23.51.35.mp4"></video></figure>




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		<title type="html"><![CDATA[Afrique : souveraineté économique, multilatéralisme et nouvelle architecture financière — une recomposition stratégique nécessaire]]></title>
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		<updated>2025-12-18T13:55:25Z</updated>
		<published>2025-12-12T08:37:52Z</published>
		<category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Actualités" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Démocratie &amp; Economie Numériques" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Gouvernance" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Institutions" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Mohamed Ly" />
		<summary type="html"><![CDATA[  Par Mohamed El Madanillou Ly, CEO de KFT Capital et Président du Think Tank IPODE La Banque Africaine de Développement BAD devrait donc jouer un rôle central. Son actionnariat,&#8230;]]></summary>

					<content type="html" xml:base="https://thinktank-ipode.org/2025/12/12/afrique-souverainete-economique-multilateralisme-et-nouvelle-architecture-financiere-une-recomposition-strategique-necessaire/"><![CDATA[
<p style="font-weight: 400;"> </p>
<p style="font-weight: 400;">Par Mohamed El Madanillou Ly, CEO de KFT Capital et Président du Think Tank IPODE</p>
<p><strong>La Banque Africaine de Développement BAD devrait donc jouer un rôle central. Son actionnariat, composé à environ 60 % de pays africains et 40 % d’actionnaires non africains, lui confère un mandat légitime mais une marge de manœuvre encore trop contrainte</strong>.</p>
<p>Le multilatéralisme global se transforme. Les rapports de force économiques, la compétition entre blocs régionaux et la transition énergétique redéfinissent les priorités internationales. Dans ce contexte, l’Afrique ne peut plus rester une périphérie du système mondial : elle doit devenir le principal lieu où se décident les financements et les priorités qui la concernent. Cela passe par une souveraineté économique assumée fondée sur trois leviers : diversifier les partenariats, renforcer l’intégration continentale et refonder l’architecture financière africaine.</p>
<p>La diversification n’est pas conjoncturelle mais stratégique : travailler avec l’Europe, l’Asie, les États du Golfe, l’Inde ou les économies émergentes doit répondre à une logique d’intérêt mutuel et non d’alignement. L’entrée de l’Union africaine au G20 ouvre une opportunité : porter une position continentale structurée autour de la transformation industrielle, de l’énergie et de l’investissement stratégique.</p>
<p>Le deuxième pilier est l’intégration économique. La ZLECAF, marché de 1,3 milliard de consommateurs, doit devenir un accélérateur d’industrialisation, de commerce intra-africain et de chaînes de valeur régionales. Il est urgent de développer davantage le commerce interafricain sur le continent.</p>
<p>Le troisième pilier, le plus structurant, est la refondation de notre architecture financière. L’Afrique doit disposer d’un système capable de financer ses propres ambitions et non dépendre d’outils conçus au siècle dernier.</p>
<p>Dans cette recomposition, la Banque africaine de développement (BAD) doit changer d’échelle. Son mandat est clair, mais ses marges sont encore limitées. Elle doit devenir une véritable banque d’investissement panafricaine, capable de lever massivement des ressources sur les marchés et de cofinancer des projets stratégiques avec les grandes banques africaines -UBA, Ecobank, Attijari, BOA- dont la présence est aujourd’hui continentale.</p>
<p><strong>La Banque Africaine de Développement BAD devrait donc jouer un rôle central</strong></p>
<p>Son actionnariat, composé à environ 60 % de pays africains et 40 % d’actionnaires non africains, lui confère un mandat légitime mais une marge de manœuvre encore trop contrainte. Les États occidentaux (États-Unis, France, Allemagne, Japon, Canada) détiennent individuellement plus de poids que la plupart des États africains, ce qui limite la souveraineté financière du continent dans les orientations stratégiques qui devraient être endogènes. Nous invitons la BAD à devenir une véritable banque d’investissement panafricaine, capable de lever davantage de ressources sur les marchés et de cofinancer des projets stratégiques avec les grandes banques africaines. Renforcer le rôle de la BAD ne s’arrête pas au seul fait de vouloir augmenter son capital mais  il sera aussi question de transformer sa capacité opérationnelle. Une banque ne prête pas seulement ce qu’elle possède ; elle prête ce qu’elle est capable de garantir et de refinancer. La BAD doit utiliser ses actifs, ses garanties souveraines et sa notation pour élargir son bilan, comme le permettent les accords de Bâle. La décision de la BCE, dès 2026, d’intégrer les actifs verts comme collatéraux préférentiels montre l’évolution : ces actifs deviennent des multiplicateurs de crédit.</p>
<p>L’Afrique doit suivre cette trajectoire. Les banques centrales africaines devraient ouvrir des guichets de refinancement dédiés, où banques commerciales, fonds souverains et acteurs publics déposent des actifs — infrastructures, énergie renouvelable, minerais transformés ou logistique — en échange de lignes de financement à long terme. Produire, transformer et financer sur le continent — avant d’exporter — doit devenir la règle.</p>
<p>Dans cette perspective, l’Algérie dispose d’un levier stratégique : son fonds souverain estimé entre 40 et 50 milliards de dollars. Ce potentiel pourrait soutenir des projets structurants comme l’énergie solaire, les interconnexions électriques régionales, la logistique ou Simandou en Guinée.</p>
<p>L’expérience d’acteurs africains déjà présents — Attijariwafa Bank, Bank of Africa, BMCE, Groupe Banque Populaire, ainsi que les institutions nigérianes UBA, Access Bank, Zenith Bank, ou sud-africaines Standard Bank, FirstRand, Absa, Nedbank, ou le Fonds Africain de Garantie et de Coopération Économique FAGACE — montre qu’un capital africain investi en Afrique crée des résultats immédiats : financement des PME, commerce intra-africain, montée en gamme industrielle et investissements long terme.</p>
<p><strong>Un modèle africain puissant est possible</strong></p>
<p>Des institutions comme Afreximbank démontrent déjà qu’un modèle africain puissant est possible, capable de soutenir commerce, infrastructures, énergie et industrialisation. L’Afrique ne manque ni de capitaux ni de vision : elle doit désormais activer sa propre puissance financière pour transformer son potentiel en influence et prospérité collective. La question n’est plus : <em>le continent est-il légitime ?</em> Mais, sommes-nous prêts à bâtir l’architecture financière adaptée à nos ambitions?</p>
]]></content>
		
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		<title type="html"><![CDATA[Sénégal — De la crise budgétaire aux perspectives politiques : les conditions du redressement ]]></title>
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		<updated>2025-10-23T08:51:08Z</updated>
		<published>2025-10-23T08:51:48Z</published>
		<category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Actualités" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Démocratie" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Mohamed Ly" />
		<summary type="html"><![CDATA[Ayant reçu de nombreuses réactions et remarques sur la part des dépenses extrabudgétaires entre 2021 et 2024, nous revenons ici compléter notre précédente analyse. Car s’il y a eu opacité&#8230;]]></summary>

					<content type="html" xml:base="https://thinktank-ipode.org/2025/10/23/senegal-de-la-crise-budgetaire-aux-perspectives-politiques-les-conditions-du-redressement/"><![CDATA[
<p style="font-weight: 400;">Ayant reçu de nombreuses réactions et remarques sur la part des dépenses extrabudgétaires entre 2021 et 2024, nous revenons ici compléter notre précédente analyse. Car s’il y a eu opacité dans la gestion publique récente, elle ne réside pas dans le reclassement des dettes parapubliques, qui relève d’une mise en conformité comptable comme nous avons eu à l&rsquo;expliquer. La vraie opacité relève bien dans la part indécente des dépenses engagées en dehors du cadre légal dans les budgets 2021-2024.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>I &#8211; Dépenses extrabudgétaires 2021-2024 : une dérive coupable du pouvoir de Macky Sall</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Durant la période 2021–2024, plusieurs ministères et agences ont engagé des dépenses non budgétées sous prétexte de « gestion de crise » : aides post-COVID, subventions énergétiques, dépenses sécuritaires ou interventions d’urgence. Or, selon la Cour des comptes, dans son rapport de février 2024 sur la situation des finances publiques, nombre de ces engagements ont été effectués sans autorisation préalable du Parlement ni inscription dans une Loi de Finances Rectificative (LFR). Et là réside le vrai scandale, couvert par l&rsquo;ancien président Macky Sall et ses différents ministres des Finances, en l&rsquo;occurrence feu Moustapha Bâ et Abdoulaye Daouda Diallo.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le rapport de la Cour précise que certains de ces montants ont même été couverts par des surfinancements ou des emprunts bancaires temporaires, en dehors du circuit normal du Trésor. Ces pratiques constituent, selon les termes mêmes de la Cour, des « irrégularités budgétaires majeures », contraires à l’article 14 de la Loi organique n° 2011-15 relative aux lois de finances (LOLF), qui impose que toute dépense publique soit préalablement autorisée par le Parlement.</p>
<p style="font-weight: 400;">Affirmer donc que la crise budgétaire procède plutôt du reclassement n’autorise absolument pas à minimiser ou à relativiser cette grave faute de gestion que représente la pratique des dépenses extrabudgétaires, dont le pouvoir BBY a usé et abusé dans les dernières années de l’exercice du pouvoir.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>II &#8211; Prédation des deniers publics : quand l’exception est érigée en règle</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Ce glissement progressif vers des dépenses extrabudgétaires traduit une perte de discipline budgétaire au sommet de l’État. Cela traduit aussi une prédation de nos deniers par un pouvoir finissant dont les membres étaient habitués à l&rsquo;impunité, le président Macky Sall les ayant habitués à mettre certains rapports « sous le coude », comme il l&rsquo;a exprimé publiquement à la télévision nationale lors de son « grand entretien avec la presse » du 31 décembre 2020.</p>
<p style="font-weight: 400;">Ce qui devait être une exception justifiée par l’urgence sanitaire ou énergétique est devenu un mode de gestion parallèle, où les arbitrages politiques et la cupidité ont primé sur la transparence et la reddition des comptes. La Cour des comptes souligne d’ailleurs que ces dépenses, souvent justifiées a posteriori, ont affaibli la fiabilité des comptes de l’État et compromis la lisibilité de la dette publique. Ceci ne devrait pas rester sans conséquence juridique.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>III &#8211; Un manque d’éthique et de responsabilité politique du pouvoir BBY</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Il faut le dire : ces manquements traduisent un manque flagrant de sérieux et de responsabilité de la part du précédent régime. Engager des milliards de francs CFA sans base légale ni contrôle parlementaire, c’est contourner les procédures et ouvrir la porte au détournement de deniers publics. Il ne s’agit donc pas seulement d’un problème de méthode comptable, mais d’une forme de prédation des deniers publics, opérée sous couvert d’action publique.</p>
<p style="font-weight: 400;">Une telle pratique appelle des enquêtes administratives et judiciaires, pour établir les responsabilités des ordonnateurs et comptables publics impliqués. C’est une exigence de justice et de confiance citoyenne, mais aussi vis-à-vis de nos créanciers, afin de rétablir la crédibilité de notre signature financière.</p>
<p style="font-weight: 400;">Cette exigence n’est pas une demande de poursuite contre les responsables de l&rsquo;ancien régime pour de l’arbitraire ou de chasse aux sorcières. Il s’agit d’une nécessité de restaurer la crédibilité financière de l’État. Voici ce qu’attendent du Sénégal le FMI et le monde de la finance internationale. La dénonciation et la démarche d&rsquo;engager la transparence, comme le fait le nouveau pouvoir du Pastef, étaient nécessaires, mais cela ne suffit pas à rassurer les agences de notation, à faciliter la restauration de nos équilibres budgétaires et à la relance de notre économie qui a perdu son dynamisme ces deux dernières années..</p>
<p style="font-weight: 400;">Il faut certes consolider et conforter la trajectoire budgétaire qui permettra le retour du déficit et de la dette dans les critères communautaires d’ici 2027, et s’y atteler avec rigueur. Mais aussi il faudra engager une vraie réforme budgétaire qui passera par la publication intégrale des engagements extrabudgétaires constatés, leur intégration systématique dans une LFR pour rétablir la traçabilité, si ce n&rsquo;est fait et surtout veiller à ce que ces dérives ne puissent être reproduites, en corsant les règles d’accès à ce type de contournement des principes de gestion publique. Les finances publiques ne doivent plus pouvoir être gouvernées avec cette légèreté, en période d&rsquo;urgence permanente et sans garde-fou comme l&rsquo;ont fait les derniers gouvernements de Macky Sall.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>IV &#8211; Nécessité d&rsquo;une projection politique et sociale pour construire de lendemains meilleurs</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Nos dernières suggestions consistent à exhorter le gouvernement à faire une cure sévère de son fonctionnement, plutôt que de céder à l’approche néo-libérale classique des grandes institutions, qui demandent principalement l’arrêt des subventions sur l’énergie. Ce pays gazier et pétrolier que nous sommes en train de devenir n’acceptera pas que, sous couvert de redresser nos comptes, on pressurise nos populations par une fiscalité excessive et une gestion ultra-libérale insensible aux réalités sociales.</p>
<p style="font-weight: 400;">L’opinion peut accepter, dans un élan de solidarité, de ne pas voir les prix de l’essence, du gazole ou des factures de la Senelec baisser, et de continuer à les payer plus chers que le Mali ou le Burkina, mais jamais elle n’acceptera leur augmentation, ils trouveront cela indécent. Les Sénégalais sont prêts à consentir des efforts et des sacrifices, à condition de voir l’État se “désembourgeoiser”.</p>
<p style="font-weight: 400;">Ils ne comprennent pas non plus, de vivre aux côtés de cadres de l’administration financière devenus millionnaires, voire milliardaires, sans que leurs salaires ne justifient rationnellement de tels niveaux de richesse. La lutte contre la corruption devrait être une grande cause nationale dans ce nouveau Sénégal du <em>Jub, Jubal, Jubbunti.</em></p>
<p style="font-weight: 400;">Avec tous les scandales liés au foncier et au Trésor, qui inondent notre actualité, nos compatriotes ne comprennent pas qu’on ne voie pas une opération “mains propres” de grande envergure dans ces corps si essentiels à la crédibilité et à l’efficacité de l’État, et dans d’autres aussi dont la perception de corruption est très grande au sein des populations. Une lutte contre cette corruption, à l’instar des grandes opérations menées ailleurs dans le monde, s’impose.</p>
<p style="font-weight: 400;">On pense à la purge courageuse de la police new-yorkaise dans les années 1970, lorsque la commission Knapp, puis le scandale révélé par l’agent Frank Serpico, mirent au jour un système de pots-de-vin généralisé entre policiers et trafiquants de drogue, une lutte qui brisa des carrières, provoqua des menaces de mort, mais restaura la confiance du public.</p>
<p style="font-weight: 400;">On pense aussi à l’opération “Mani Pulite” en Italie dans les années 1990, conduite par le juge Antonio Di Pietro, qui fit tomber tout un pan de la classe politique et révéla les liens structurels entre affaires, partis et marchés publics, au prix du sang de magistrats comme Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, assassinés par la mafia pour avoir osé défier le « système ».</p>
<p style="font-weight: 400;">Et comment ne pas rappeler la lutte opiniâtre d’Eva Joly en France, magistrate d’origine norvégienne, qui osa s’attaquer aux réseaux politico-financiers de l’affaire Elf, à une époque où la corruption d’État semblait intouchable, au prix de campagnes de dénigrement et d’isolement professionnel.</p>
<p style="font-weight: 400;">Ces exemples montrent qu’aucune nation ne peut se réformer sans courage ni vérité. Ce n’est pas en couvrant les abus que l’on redresse un État, mais en les affrontant avec rigueur et exemplarité surtout. Évitons de donner la mauvaise perception d’une « République des copains » par nos compatriotes. Ce que les Américains, les Italiens ou les Français ont fait par patriotisme, notre patriotisme proclamé devrait nous le permettre tout aussi aisément.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Notre intime conviction </strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Notre pays a donné mandat à Bassirou Diomaye Faye et à Ousmane Sonko pour assainir la gestion publique. Les populations ont cru à leur promesse de remettre de l’ordre dans ce pays et l’ont validée dès le premier tour d&rsquo;une alternance, ce qui est un fait inédit. Mais dix-huit mois après leur installation, il n’y a eu aucun électrochoc réel pour restaurer la discipline ni dans la République ni dans la rue publique.</p>
<p style="font-weight: 400;">La corruption va bon train, au vu et au su de tous. Sur la voie publique, des agents prennent des billets de banque pour laisser partir des automobilistes en infraction. L’espace public de nos villes est occupé de façon anarchique, et nos grandes artères ressemblent à des souks à ciel ouvert.</p>
<p style="font-weight: 400;">Certes, les difficultés financières de l’État sont réelles et nous en sommes conscients. Mais elles ne sauraient justifier l’absence de changement structurel. Les Sénégalais attendent une révolution administrative et organisationnelle. Ils ne prennent pas les devants pour des raisons sociologiques que nous n’aborderons pas ici, mais ils sont prêts à répondre à l’appel du changement si on les y invite. Ils ont fait leur part, ils ont fait partir le pouvoir « Benno Bok Yaakar » au prix de dizaines de morts lors de différentes manifestations. Qui peut le plus peut le moins, des populations qui ont payé une demande de changement au prix de leur vie, peuvent le faire aux prix de leurs poches et de leurs mauvaises habitudes.</p>
<p style="font-weight: 400;">Nous parions qu&rsquo;ils soutiendront même l’ingratitude qui pourrait accompagner de telles réformes. </p>
<p style="font-weight: 400;">Chers gouvernants, allez-y franchement !  nos compatriotes ont « le Pastef au coeur ».</p>
<p style="font-weight: 400;"> Un dépit amoureux pourrait nous être fatal.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Mohamed LY</strong></p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Président du Think Tank IPODE</strong></p>
<p style="font-weight: 400;"> </p>
]]></content>
		
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			<name>Moha</name>
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		<title type="html"><![CDATA[Sénégal – Dette publique : « Dette cachée » ou correction comptable, quand la politique politicienne s’en mêle]]></title>
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		<updated>2025-10-20T13:46:27Z</updated>
		<published>2025-10-20T13:49:30Z</published>
		<category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Actualités" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Economie &amp; Finances" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Dette cachée Sénégal" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Mohamed ly dette senegal" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="quand la politique politicienne s’en mêle" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Sénégal – Dette publique : « Dette cachée » ou correction comptable" />
		<summary type="html"><![CDATA[Les récentes déclarations de l’ancien ministre Habib Sy, aujourd’hui président du conseil d’administration de la Senelec, sur la prétendue « dette cachée » du Sénégal, ont relancé un débat qui, sur le&#8230;]]></summary>

					<content type="html" xml:base="https://thinktank-ipode.org/2025/10/20/senegal-dette-publique-dette-cachee-ou-correction-comptable-quand-la-politique-politicienne-sen-mele/"><![CDATA[
<p style="font-weight: 400;">Les récentes déclarations de l’ancien ministre Habib Sy, aujourd’hui président du conseil d’administration de la Senelec, sur la prétendue « dette cachée » du Sénégal, ont relancé un débat qui, sur le plan technique, ne devrait pourtant plus exister.</p>
<p style="font-weight: 400;">Ce qu’il présente comme une dissimulation d’engagements financiers n’est en réalité qu’un reclassement comptable conforme aux normes internationales de transparence budgétaire, notamment le GFSM 2014<a href="applewebdata://DBD405DA-4E33-493E-A5B6-EB4CD0FD6C94#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a> du FMI et, à titre de référence, le SEC 2010<a href="applewebdata://DBD405DA-4E33-493E-A5B6-EB4CD0FD6C94#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a>, utilisé dans l’Union européenne.</p>
<p style="font-weight: 400;">Lien : https://thinktank-ipode.org/2025/10/20/senegal-dette-publique-dette-cachee-ou-correction-comptable-quand-la-politique-politicienne-sen-mele/</p>
<p style="font-weight: 400;"> </p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Un débat qui n’aurait jamais dû exister</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Ces standards précisent dans quels cas une entreprise publique doit être incluse dans la dette souveraine : lorsqu’elle dépend structurellement du budget de l’État pour fonctionner, ou lorsque ses dettes sont garanties explicitement par l’État. Autrement dit, les dettes de structures telles que Sénélec, SONES, AIBD, APIX ou AGEROUTE n’étaient pas « cachées », mais hors bilan, car ces entités disposent d’une personnalité juridique propre et de revenus autonomes. En 2023-2024, le Sénégal a décidé de reclasser ces dettes parapubliques dans la dette souveraine consolidée, dans un souci de transparence. Ce choix, effectué par les nouvelles autorités, est à la fois courageux et louable, mais il a été mal expliqué au grand public et à l’opinion internationale.</p>
<p style="font-weight: 400;">Sous l’effet d’une communication politique maladroite, cette opération technique a été instrumentalisée, et elle porte aujourd’hui préjudice au pays sur le plan financier. La première conséquence a été une hausse mécanique du ratio dette/PIB, passé d’environ<span class="gmail-Apple-converted-space"> </span><strong>74 %</strong>  à environ 119 % (132% selon le FMI en fin 2024, justement en incluant les entreprises publiques comme le révèle Bloomberg dans une dépêche publiée jeudi 16 octobre<a href="applewebdata://DBD405DA-4E33-493E-A5B6-EB4CD0FD6C94#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a>) , sans qu’un seul franc nouveau n’ait été emprunté pour autant.</p>
<p style="font-weight: 400;">Ce ratio, suivi de près par l’UEMOA et les institutions internationales, a immédiatement placé le Sénégal hors des critères de convergence communautaire, rendant l’accès au marché financier plus coûteux — ce qui a mis le pays sous tension budgétaire depuis lors.<br />S’y sont ajoutées une suspension du programme avec le FMI, du fait des accusations infondées de complicité de fraude, ainsi qu’une dégradation successive de la note souveraine du Sénégal par les agences de notation. En politisant un sujet technico-stratégique, le gouvernement a affaibli la perception de solvabilité du pays et augmenté ses coûts d’emprunt.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong> </strong></p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Un choix de transparence mal expliqué : </strong><strong>Un choc comptable devenu choc politique</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Il faut rappeler que le régime de Macky Sall, au pouvoir jusqu’en 2024, n’avait pas procédé à ce reclassement et que l’État du Sénégal publiait alors un ratio de dette à 73 et 77 % du PIB selon les documents transmis au FMI et à l’UEMOA. Ce choix n’était pas illégal : il répondait à une logique de gestion budgétaire prudente, cherchant à préserver la capacité d’endettement de l’État, donc de meilleures marges de manœuvre, et à maintenir la confiance des marchés.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le nouveau pouvoir du Pastef, arrivé au pouvoir en 2024, a opté pour un reclassement et a évoqué publiquement une « dette cachée », laissant entendre une dissimulation volontaire de la part de l’ancien régime. Cette approche a eu un effet déstabilisateur sur la perception du pays par les bailleurs et les agences de notation, entraînant la suspension du programme du FMI le temps de corriger le<span class="gmail-Apple-converted-space"> </span>misreporting. S’il y a eu opacité dans le passé, elle concernait plutôt certaines dépenses extrabudgétaires engagées en dehors du cadre légal, et non la consolidation des dettes parapubliques. Notamment durant la période 2021-2023, où plusieurs ministères ont procédé à des dépenses non budgétées sous couvert de gestion de crise (état d’urgence, aides post-COVID, subventions énergétiques, etc.). Les rapports récents de la Cour des comptes font d’ailleurs état de lacunes de transparence sur ces points. Ces lacunes ne relèvent pas du reclassement de la dette, mais de la pratique de dépenses extrabudgétaires : des engagements financiers effectués sans intégration dans une Loi de Finances Rectificative (LFR), donc en dehors du contrôle parlementaire. Ce type de manquement constitue une irrégularité budgétaire au regard de l’article 14 de la Loi organique relative aux lois de finances (LOLF, n° 2011-15), qui impose que toute dépense publique soit autorisée préalablement par le Parlement. De tels écarts affaiblissent la crédibilité de la gouvernance financière et la transparence de l’action de l’État.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Un impact majoritairement lié au reclassement</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Les éléments publics disponibles laissent à penser que l’essentiel de la hausse du ratio dette/PIB est lié au reclassement des dettes parapubliques dans le périmètre souverain, plus que par les quelques dépenses extrabudgétaires repérées<a href="applewebdata://DBD405DA-4E33-493E-A5B6-EB4CD0FD6C94#_ftn4" name="_ftnref4">[4]</a>.  Ces dernières, bien que problématiques sur le plan de la gouvernance, restent marginales en volume comparées à l’impact statistique du reclassement global.<br />Par conséquent, le débat actuel sur la « dette cachée » relève davantage d’une mauvaise lecture comptable et politique que d’une réalité financière nouvelle<a href="applewebdata://DBD405DA-4E33-493E-A5B6-EB4CD0FD6C94#_ftn5" name="_ftnref5">[5]</a>. Les données antérieures montrent que près des deux tiers de la hausse ont résulté du reclassement en 2019. Pour 2023-2024, la part exacte n’est pas encore ventilée publiquement ; cependant, les premières indications montrent que le reclassement reste un facteur majeur, même si d’autres éléments (dépenses extrabudgétaires, arriérés, retards) semblent intervenir.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Une pratique internationale, pas un cas sénégalais isolé</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Le reclassement des dettes parapubliques n’est ni une innovation sénégalaise ni une manipulation politique. Des pays comme la France maintiennent, par exemple, la dette d’EDF (environ 70 milliards €) hors de la dette publique tant que l’entreprise reste solvable et capable d’assurer seule son financement, contrairement à ce qu’insinue M Habib Sy lors de l’émission <em>Point de Vue</em> sur la RTS, le 5 octobre 2025. En revanche, lorsqu’une recapitalisation est décidée, comme en 2022 lors de la renationalisation complète d’EDF, la dette est intégrée au bilan de l’État.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le Sénégal a simplement appliqué la même logique : rendre visibles des engagements garantis par l’État, sans créer de nouvelle dette. Loin d’être la découverte de détournements ou de vols commis par les responsables de l’ancien régime, ce reclassement est un acte de transparence budgétaire, salué par les bailleurs de fonds.</p>
<p style="font-weight: 400;">À titre de comparaison, la Côte d’Ivoire, qui centralise dès l’origine les dettes de ses entreprises publiques dans le budget de l’État, n’a pas eu besoin de reclassement. Sa comptabilité budgétaire étant déjà intégrée, le choc statistique observé au Sénégal ne s’y est pas produit. Concernant le Togo, ce pays n’a pas encore procédé à une telle consolidation complète. Les dettes de ses entreprises publiques et garanties d’État demeurent partiellement hors bilan, ce qui crée un risque latent pour la soutenabilité budgétaire, même si leur poids relatif reste modéré. Quant à la Guinée, elle n’a pas encore mis en place de mécanisme systématique d’intégration de ces dettes dans la dette souveraine, entretenant une incertitude sur son niveau réel d’endettement. Ainsi, le Sénégal se distingue par une démarche de transparence plus avancée dans l’application des normes internationales, l’inscrivant dans un processus vertueux d’amélioration continue.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Une polémique au détriment de la crédibilité nationale</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Qualifier cette opération de « dette cachée » relève donc d’un amalgame coupable entre politique et technique. Il ne s’agit ni d’une fraude ni d’une manipulation comptable, mais d’une mise à jour statistique alignée sur les standards internationaux. Le processus a été public, documenté et validé par la Cour des comptes et le FMI. Cet accroissement de la dette concerne des engagements connus des bailleurs, de l’État et des institutions communautaires, jusque-là laissés hors bilan de la dette centrale.</p>
<p style="font-weight: 400;">L’enjeu aujourd’hui n’est pas de blâmer un régime ou un autre, mais de renforcer la gouvernance des entreprises publiques, d’améliorer la discipline budgétaire et d’assurer la soutenabilité de la dette à long terme.<br />Le Sénégal doit sortir du registre de la polémique pour revenir à celui de la rigueur, de la transparence et de la pédagogie économique. Nous regrettons que le reclassement des dettes parapubliques, qui a mécaniquement gonflé le ratio dette/PIB du Sénégal sans créer un franc nouveau d’endettement, soit devenu, dans un contexte de transition politique, l’objet d’une controverse où la pédagogie budgétaire a cédé la place au soupçon et à la rhétorique partisane.</p>
<p style="font-weight: 400;"> </p>
<p style="font-weight: 400;"> </p>
<p style="font-weight: 400;">Mohamed LY</p>
<p style="font-weight: 400;">Président Think Tank IPODE</p>
<p style="font-weight: 400;"> </p>
<p><a href="applewebdata://DBD405DA-4E33-493E-A5B6-EB4CD0FD6C94#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Le <strong>GFSM 2014</strong> est <strong>le cadre international de référence</strong> élaboré par le <strong>Fonds monétaire international (FMI)</strong> pour : mesurer, classer, et présenter les finances publiques (recettes, dépenses, dettes, actifs) de manière <strong>standardisée et comparable</strong> entre pays.</p>
<p> </p>
<p><a href="applewebdata://DBD405DA-4E33-493E-A5B6-EB4CD0FD6C94#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> Le <strong>SEC 2010</strong> est un <strong>cadre comptable harmonisé</strong> adopté par l’Union européenne pour mesurer : la production économique (PIB), les revenus, les dépenses publiques, et la <strong>dette publique consolidée</strong>. Il s’applique à <strong>tous les États membres de l’Union européenne</strong> et vise à garantir que les données transmises à <strong>Eurostat</strong>(l’office statistique européen) soient comparables, fiables et transparentes.</p>
<p><a href="applewebdata://DBD405DA-4E33-493E-A5B6-EB4CD0FD6C94#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> Bloomberg, “IMF Raises Senegal Debt Estimate as New Program Talks Kick Off”, 16 octobre 2025, Zijia Song, Jorgelina Do Rosario &amp; Katarina Hoije.</p>
<p><a href="applewebdata://DBD405DA-4E33-493E-A5B6-EB4CD0FD6C94#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a> Un article Reuters du 24 juillet 2025 donne des chiffres clés : « A Court of Auditors review in February calculated that overall debt at the end of 2023 was equivalent to 99.7% of GDP, compared with the previously reported 74.41%. » confirme noir sur blanc que l’écart — plus de<strong>25 points de PIB</strong> — résulte d’un recalcul comptable et d’une meilleure couverture du périmètre de la dette, et non d’un nouvel endettement massif.</p>
<p><a href="applewebdata://DBD405DA-4E33-493E-A5B6-EB4CD0FD6C94#_ftnref5" name="_ftn5">[5]</a> Senegal – Joint World Bank–IMF Debt Sustainability Analysis, January 2019 : Because of the expanded coverage starting in 2017, the end-2017 debt stock has increased by 10.8 percentage points of GDP to 60.6 percent of GDP, compared to central government debt of 49.8 percent of GDP</p>
<p> </p>
]]></content>
		
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		<title type="html"><![CDATA[Sénégal : l’heure des réformes courageuses pour redonner du sens à la dépense publique]]></title>
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		<updated>2025-10-15T21:57:22Z</updated>
		<published>2025-10-15T19:00:55Z</published>
		<category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Actualités" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Blog" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Economie &amp; Finances" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Other" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Moody&#039;s Senegal" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Notation moody&#039;s Sénégal" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Réformer" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Sénégal : l’heure des réformes courageuses pour redonner du sens à la dépense publique" />
		<summary type="html"><![CDATA[Une notation n’est pas une punition. C’est un miroir. Et tant que nous préférerons casser le miroir plutôt que de nous regarder dedans, nous continuerons à répéter les mêmes erreurs. Oui, la faillite est à craindre si rien ne change. Mais une note coupée peut être remontée si le gouvernement applique des réformes crédibles.]]></summary>

					<content type="html" xml:base="https://thinktank-ipode.org/2025/10/15/senegal-lheure-des-reformes-courageuses-pour-redonner-du-sens-a-la-depense-publique/"><![CDATA[


<p></p>



<p>Depuis que l&rsquo;agence de notation Moody’s a abaissé la note du Sénégal pour une 3ᵉ fois, je vois passer des réactions indignées sous des airs de théorie du complot populiste. Beaucoup cherchent à discréditer l’agence, à la présenter comme un outil occidental qui complote contre l’Afrique. C’est une erreur, une hérésie.</p>



<p>Les agences de notation ne font que mesurer ce que le marché voit déjà : une économie fragilisée, des comptes publics dégradés, une confiance entamée. Ce ne sont pas les agences de notation qui ont creusé notre déficit, ni alourdi la dette du Sénégal, ni multiplié les dépenses sans impact. Les agences ne font qu’allumer la lumière là où nous avons préféré rester dans l’ombre.<br>La vérité, c’est que cette dégradation doit être un signal d’alerte, pas une occasion de victimisation.</p>



<p>Le Sénégal n’a pas besoin d’attaquer les institutions qui la notent. Nous avons juste besoin de rassurer les investisseurs, de reconstruire la crédibilité de notre signature, et surtout de relancer une économie au ralenti.</p>



<p>Les chiffres parlent d’eux-mêmes : à fin juin 2025, les dépenses en capital (investissements publics) ont été exécutées pour 581,9 milliards de francs CFA, soit 30,1 % des prévisions du budget. Les investissements sur ressources internes s’élèvent à 186,6 milliards de francs CFA, soit 31,8 % de leur objectif. En valeur absolue, le montant de 581,9 milliards en 2025 est inférieur à celui de 648,4 milliards en 2023 (premier semestre) pour les dépenses en capital. Le niveau d’investissement réel est beaucoup plus bas, en pourcentage des crédits ouverts, comparé à 2023 (30,1 % vs ~39,7 %), et c’est là que le problème réside.</p>



<p>Pendant ce temps, on entretient des caisses noires à la présidence, à la primature et à l’Assemblée nationale, dont les montants réels sont astronomiques au vu de la situation du pays. On maintient un train de vie d’État qui ne correspond plus à la réalité, héritage d’un clientélisme d’une autre époque.</p>



<p>Aucune des « Big Three » (Standard &amp; Poor’s, Moody’s ou Fitch) n’a inventé la crise budgétaire sénégalaise. Elles la constatent. Et elles disent au monde ce que tout investisseur, tout banquier, tout bailleur sait déjà : la trajectoire actuelle n’est pas soutenable sans réforme, sans effort, sans discipline et sans audace.</p>



<p>Alors, au lieu de se réfugier dans un réflexe nationaliste de façade, notre pays, à travers le régime en place, ferait mieux de prendre le taureau par les cornes : réduire les dépenses superflues, rationaliser la gestion publique, réinvestir massivement dans l’économie réelle — production, énergie, industrie, agriculture — bref, dans tout ce qui crée de la valeur, de l’emploi et de la confiance.<br>Une notation n’est pas une punition. C’est un miroir. Et tant que nous préférerons casser le miroir plutôt que de nous regarder dedans, nous continuerons à répéter les mêmes erreurs. Oui, la faillite est à craindre si rien ne change. Mais une note coupée peut être remontée si le gouvernement applique des réformes crédibles. D’ailleurs, le marché l’a compris : malgré la dégradation, le Sénégal a levé 450 milliards de CFA sur les marchés financiers, avec une demande dépassant 150 % de l’offre (source : Ecofin Agency). Cela montre que certains investisseurs croient encore en notre potentiel — mais exigent des garanties sérieuses.</p>



<p>L’un des premiers indicateurs d’un pays aspirant à l’autonomie est une dépendance réduite vis-à-vis de l’étranger. Et à cet égard, les chiffres du Bulletin Mensuel des Statistiques du Commerce Extérieur de l’ANSD relaient des évolutions baissières des exportations et haussières des importations — un déséquilibre qui constitue un véritable signal d’alarme pour la balance commerciale.<br>En effet, selon l’ANSD, en juillet 2025, les importations du Sénégal ont crû de +16,6 % (par rapport à la même période antérieure), quand les exportations ont baissé de -16,1 % sur la même période.</p>



<p>Ce décalage illustre parfaitement un affaissement de notre appareil productif et le manque de compétitivité de notre économie réelle. À ce rythme, nous importons ce que nous devrions produire et exportons de moins en moins ce que nous savons faire. Voilà le vrai nœud du problème : notre dépendance grandissante fragilise notre souveraineté économique et pèse sur nos équilibres extérieurs.<br>Et qui dit balance commerciale déficitaire, dit besoin accru de devises pour financer ces importations — ce qui exerce une pression directe sur nos réserves et in fine, sur la stabilité macroéconomique du pays. C’est une spirale qui, si elle n’est pas enrayée, affaiblira encore davantage notre économie réelle et notre capacité à financer le développement par nous-mêmes.</p>



<p>Il est temps que le gouvernement s’occupe de la souffrance des Sénégalais, de la paupérisation des couches les plus vulnérables, du ralentissement du secteur du BTP, de notre souveraineté agricole et de l&rsquo;assainissement de nos villes et adopte pour finir, une rigueur de gestion pour corriger la trajectoire budgétaire du pays.</p>



<p>Mohamed LY<br>Président du THINK TANK IPODE</p>
]]></content>
		
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			<name>Moha</name>
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		<title type="html"><![CDATA[Pas d&#8217;amnésie sous couvert d’amnistie]]></title>
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		<updated>2025-04-03T17:00:22Z</updated>
		<published>2025-04-03T16:43:43Z</published>
		<category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Other" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="amnistie senegal" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="loi d&#039;interprétation amnistie" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Mohamed Ly" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Réformer" />
		<summary type="html"><![CDATA[Ma position sur l’amnistie est publique. Je l’ai exposée sur les ondes, dans la presse nationale. Et il n’était pas facile de le faire si je n’avais pas le courage&#8230;]]></summary>

					<content type="html" xml:base="https://thinktank-ipode.org/2025/04/03/pas-damnesie-sous-couvert-damnistie/"><![CDATA[
<p style="text-align: left;"><span style="color: #000000; font-family: georgia, serif;">Ma position sur l’amnistie est publique. Je l’ai exposée sur les ondes, dans la presse nationale. Et il n’était pas facile de le faire si je n’avais pas le courage de mes convictions chevillées au corps.</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: georgia, serif;">En février 2024, j’avais demandé à ce que l’amnistie ne soit pas votée. Ensuite, j’ai demandé à ce que les effets de l’amnistie n’empêchent pas que la vérité triomphe dans la recherche de justice sur les tragiques événements que nous avons vécus entre 2021 et 2024. Plusieurs solutions juridiques ont été proposées et suggérées à cette fin.</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: georgia, serif;">La majorité actuelle a proposé une loi interprétative qui, selon eux, suffira pour faire jaillir la vérité et punir les auteurs des actes criminels. Elle a été votée et je garde l’espoir de voir justice rendue, pour mes compatriotes tués, mutilés, éborgnés et/ou martyrisés.</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: georgia, serif;">Et je ne m’associerai à aucun moment à ces fossoyeurs de l’APR et de leurs anciens alliés qui ont cautionné et voté cette amnistie et plus d’une décennie d’impunité. Ils ont été aussi les acteurs du naufrage démocratique de la dernière présidentielle. Eux, ne sont pas devenus mes alliés par tactique — non, je refuse cette facilité. C’est tout ce que les Sénégalais détestent : le « Ôte-toi de là que je m’y mette ».</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: georgia, serif;">L’APR et leur gouvernance de 12 ans sont à la source de tous nos malheurs actuels, une gouvernance que nous avons combattue avec véhémence et conviction.</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: georgia, serif;">La majorité des citoyens a fait le choix de faire confiance à PASTEF, qui incarne depuis novembre 2024 la nouvelle majorité parlementaire, portée par une promesse de justice et de transparence. Il leur revient désormais de traduire ces engagements en actes concrets. Leur action sera évaluée à l’aune des résultats obtenus. Cette confiance demeure — tant que leur gouvernance continuera d’en être digne.</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: georgia, serif;">Notre pays a besoin de justice dans la fermeté, de célérité, et aussi d’être apaisé. De cet apaisement éclora une société focus sur le travail, sur l’essentiel, c’est-à-dire sur les résultats.</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: georgia, serif;"><strong>Bonne fête du 4 avril.</strong><br><strong>Bonne fête d’indépendance.</strong><br><strong>Mohamed Ly – Président du Think Tank IPODE</strong></span></p>



<p><span style="color: #000000; font-family: georgia, serif;">Ma position sur l’amnistie est publique. Je l’ai exposée sur les ondes, dans la presse nationale. Et il n’était pas facile de le faire si je n’avais pas le courage de mes convictions chevillées au corps.</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: georgia, serif;">En février 2024, j’avais demandé à ce que l’amnistie ne soit pas votée. Ensuite, j’ai demandé à ce que les effets de l’amnistie n’empêchent pas que la vérité triomphe dans la recherche de justice sur les tragiques événements que nous avons vécus entre 2021 et 2024. Plusieurs solutions juridiques ont été proposées et suggérées à cette fin.</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: georgia, serif;">La majorité actuelle a proposé une loi interprétative qui, selon eux, suffira pour faire jaillir la vérité et punir les auteurs des actes criminels. Elle a été votée et je garde l’espoir de voir justice rendue, pour mes compatriotes tués, mutilés, éborgnés et/ou martyrisés.</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: georgia, serif;">Et je ne m’associerai à aucun moment à ces fossoyeurs de l’APR et de leurs anciens alliés qui ont cautionné et voté cette amnistie et plus d’une décennie d’impunité. Ils ont été aussi les acteurs du naufrage démocratique de la dernière présidentielle. Eux, ne sont pas devenus mes alliés par tactique — non, je refuse cette facilité. C’est tout ce que les Sénégalais détestent : le « Ôte-toi de là que je m’y mette ».</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: georgia, serif;">L’APR et leur gouvernance de 12 ans sont à la source de tous nos malheurs actuels, une gouvernance que nous avons combattue avec véhémence et conviction.</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: georgia, serif;">La majorité des citoyens a fait le choix de faire confiance à PASTEF, qui incarne depuis novembre 2024 la nouvelle majorité parlementaire, portée par une promesse de justice et de transparence. Il leur revient désormais de traduire ces engagements en actes concrets. Leur action sera évaluée à l’aune des résultats obtenus. Cette confiance demeure — tant que leur gouvernance continuera d’en être digne.</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: georgia, serif;">Notre pays a besoin de justice dans la fermeté, de célérité, et aussi d’être apaisé. De cet apaisement éclora une société focus sur le travail, sur l’essentiel, c’est-à-dire sur les résultats.</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: georgia, serif;"><strong>Bonne fête du 4 avril.</strong><br><strong>Bonne fête d’indépendance.</strong><br><strong>Mohamed Ly – Président du Think Tank IPODE</strong></span></p>
]]></content>
		
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			<name>Moha</name>
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		<title type="html"><![CDATA[Sénégal : De la crise budgétaire au choc de confiance]]></title>
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		<id>https://thinktank-ipode.org/?p=12868</id>
		<updated>2025-03-03T15:01:28Z</updated>
		<published>2025-03-02T18:21:33Z</published>
		<category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Economie &amp; Finances" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Other" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="crise budgétaire senegal" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="crise dette senegal" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="degradation note souveraine senegal" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="rapport cour des comptes agence notation" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Sénégal : De la crise budgétaire au choc de confiance" />
		<summary type="html"><![CDATA[  Les nations ne remboursent jamais entièrement leur dette publique, elles la refinancent en permanence. Pourtant, beaucoup n&#8217;évoquent la dette qu&#8217;à travers deux indicateurs : 3 % de déficit annuel&#8230;]]></summary>

					<content type="html" xml:base="https://thinktank-ipode.org/2025/03/02/senegal-de-la-crise-budgetaire-au-choc-de-confiance/"><![CDATA[
<p style="font-weight: 400;"> </p>
<p style="font-weight: 400;">Les nations ne remboursent jamais entièrement leur dette publique, elles la refinancent en permanence. Pourtant, beaucoup n&rsquo;évoquent la dette qu&rsquo;à travers deux indicateurs : 3 % de déficit annuel (nouvelle dette) et 70 % du PIB (stock total). Mais trois autres critères sont bien plus déterminants pour la dynamique économique<a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a>.</p>
<p style="font-weight: 400;">D’abord, les critères de convergence ne sont pas des plafonds stricts, mais des régulateurs<a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a> conçus pour prévenir les dérives. À l’image d’un régulateur de vitesse en voiture, ils ajustent la trajectoire sans freiner la progression. L’essentiel est d’avoir une stratégie de retour à l’équilibre claire et partagée. Il convient de rappeler que ces critères s’appliquent uniquement dans un espace communautaire partageant une même monnaie, dans le but d’harmoniser les économies des pays membres. Les États Unis, la chine ne sont pas soumis à des critères de convergence.</p>
<p style="font-weight: 400;">Prenons un exemple : une dette représentant 100 % du PIB avec un taux d’intérêt de 1 % pèse cinq fois moins sur les finances publiques qu’une dette de 50 % du PIB à un taux de 10 %. Le coût réel de la dette dépend donc davantage du taux d’intérêt que de son volume<a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a>.</p>
<p style="font-weight: 400;">Un pays peut ainsi refinancer 1 000 milliards de dette à 1 %, plutôt que de puiser dans ses réserves, et réinvestir l’épargne réalisée dans des secteurs générateurs de croissance. En quelques années, le PIB augmente, le poids relatif de la dette diminue et les recettes fiscales s’améliorent. L’essentiel n’est donc pas de rembourser, mais de refinancer intelligemment tout en stimulant la croissance.</p>
<p style="font-weight: 400;">Cependant, chaque refinancement entraîne des coûts. Une dette renouvelée tous les deux ans coûte bien plus cher sur 30 ans qu’un emprunt unique à long terme.</p>
<p style="font-weight: 400;">Ainsi, nous devons nous concentrer sur trois leviers essentiels. D’abord, investir en priorité dans des secteurs à rendement rapide<a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftn4" name="_ftnref4">[4]</a>, comme l’énergie et les infrastructures, qui génèrent rapidement des revenus permettant ensuite de financer des domaines à impact plus long, comme l’éducation et la santé. Ensuite, maximiser la production interne : plus nous produisons, plus le PIB croît, et plus la TVA augmente mécaniquement, renforçant ainsi nos finances publiques<a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftn5" name="_ftnref5">[5]</a>. Enfin, il est crucial de planifier et d’expliciter clairement notre stratégie de croissance. Une vision cohérente et lisible rassure les marchés et les agences de notation, facilitant ainsi l’accès à des financements à moindre coût et sur des durées plus longues.</p>
<p style="font-weight: 400;">Enfin, les critères de convergence ont été définis à une époque de taux élevés. Aujourd’hui, avec des taux bas, ils doivent être interprétés avec souplesse, dès lors que la nouvelle dette finance des investissements productifs.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Nécessité de surmonter la crise budgétaire par un choc de confiance</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Sans une gouvernance économique rigoureuse et une vision stratégique claire, aucune nation ne peut se développer. Le Sénégal, confronté à une crise budgétaire sans précédent, n’échappe pas à cette règle. Avec un déficit budgétaire dépassant 12 % du PIB et une dette publique frôlant les 99 %, l’État sénégalais se trouve à un tournant décisif. Il peut choisir la voie de l’austérité, qui risque d’étouffer l’économie, ou celle d’une relance intelligente, fondée sur un choc de confiance capable de restaurer la crédibilité des institutions et de relancer la dynamique économique.</p>
<p style="font-weight: 400;">La première erreur serait de céder à la panique et d’adopter des mesures précipitées, telles que la réduction des salaires des fonctionnaires, ou la suppression des subventions sur l’électricité et l’eau de façon indifférenciée. Dans un contexte marqué par la flambée des prix des biens essentiels et l’érosion du pouvoir d’achat, de telles décisions ne feraient qu’exacerber les tensions sociales. L’histoire récente nous l’a appris : lorsqu’un État opte pour des solutions purement comptables sans en mesurer les implications sociales, il s’expose à une explosion des contestations, à des grèves paralysantes et, au pire, à une crise de confiance généralisée. L’exemple des émeutes de l’électricité, qui avaient embrasé le pays par le passé, doit servir de leçon.</p>
<p style="font-weight: 400;">Plutôt que de chercher des boucs émissaires, il est urgent, dans un premier temps, d’agir sur deux fronts : la stabilisation macroéconomique ainsi que la relance ciblée de la consommation et de l’investissement. La stabilisation doit commencer par une négociation habile avec les créanciers internationaux. Nos partenaires techniques et financiers peuvent convenir que le Sénégal ne peut pas rembourser sa dette au détriment de sa propre croissance<a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftn6" name="_ftnref6">[6]</a>. Ils pourraient donc accepter des mécanismes tels que la mise en place de moratoires, des rééchelonnements de la dette et, pourquoi pas, des conversions de notre dette en investissements<a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftn7" name="_ftnref7">[7]</a>. Pour y parvenir, il est impératif de rassurer les marchés, les bailleurs et surtout le FMI et les agences de notation. Le ministre des Finances semble s’y atteler en communiquant sur sa stratégie de rassurer les bailleurs et les partenaires financiers en leur présentant il y a une semaine les mesures correctives et les réformes d&rsquo;ores et déjà mises en œuvre ou envisagées, par le gouvernement, pour renforcer la gestion des finances publiques. Dans cette démarche, il faut rappeler qu’il est essentiel de convaincre les agences de notation, car elles jouent un rôle déterminant dans la perception des marchés financiers. Les notes de Moody’s et S&amp;P Global Ratings qui viennent de dégrader notre note souveraine (respectivement B3 et B avec des perspectives négatives) influencent directement les conditions d’emprunt de notre pays, notamment les taux d’intérêt et la confiance des investisseurs. Mais derrière ces agences rappelons qu’il y a aussi l’influence du Fonds Monétaire International (FMI), dont les évaluations et les recommandations sont largement prises en compte par les agences. En raison de son expertise avérée sur nos pays et de ses recherches économiques scientifiquement crédibles<a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftn8" name="_ftnref8">[8]</a>.</p>
<p style="font-weight: 400;"> </p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>L’un des éléments clés à comprendre est que le problème n’est pas la dette en soi, mais la trajectoire de croissance qui l’accompagne.</strong> Le Sénégal peut contracter de nouveaux emprunts tant qu’il est en mesure de démontrer que cet argent sera utilisé pour stimuler la croissance et accroître le PIB. En d’autres termes, la priorité n’est pas de freiner la dette à tout prix, mais plutôt de s’assurer que le PIB (le dénominateur du ratio dette/PIB) croît plus rapidement que la dette elle-même. C’est pourquoi il est crucial de présenter un plan sur un horizon de trois années, de retour à la normale aux agences de notation. Ce plan doit être cohérent et montrer comment les investissements que le gouvernement veut réaliser permettront d’augmenter la production et les revenus futurs du pays<a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftn9" name="_ftnref9">[9]</a>. Même si ces investissements nécessitent un endettement supplémentaire à court terme, ils doivent être justifiés par une perspective de croissance qui, à terme, réduira mécaniquement le poids de la dette dans l’économie<a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftn10" name="_ftnref10">[10]</a>.</p>
<p style="font-weight: 400;">Les agences de notation ne jugent pas seulement <strong>la situation actuelle d’un pays, mais surtout</strong><strong> sa trajectoire et sa capacité à honorer ses engagements à l’avenir</strong>. Dès lors que notre pays démontre une dynamique positive, sa perspective de notation s’améliorera, ce qui se traduira par une baisse des taux d’intérêt, un allongement des maturités de remboursement et une marge budgétaire accrue pour financer son économie<a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftn11" name="_ftnref11">[11]</a>. <strong>La clé pour restaurer la confiance du FMI, des agences de notation et des investisseurs n’est pas de limiter la dette, mais de démontrer</strong><strong> via un plan d’actions</strong> une trajectoire de croissance solide et crédible<a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftn12" name="_ftnref12">[12]</a>. </p>
<p> </p>
<p style="font-weight: 400;">Dans le même temps, il faut éviter l’effondrement de la demande intérieure. L’économie sénégalaise repose largement sur une fiscalité basée sur la consommation, la TVA représentant près de 50 % des recettes fiscales. La TVA est la principale ressource du pays. Une baisse brutale du pouvoir d’achat entraînerait donc une diminution des recettes, aggravant encore le déficit budgétaire. Plutôt que de réduire les dépenses de manière indiscriminée, l’État doit cibler ses ajustements budgétaires en supprimant les dépenses de prestige, en rationalisant les agences publiques et en éliminant les dépenses improductives de fonctionnement. Il doit également soutenir les ménages fragiles à travers des mécanismes tels que le renforcement et l’élargissement des bourses familiales. Le gouvernement devra aussi poursuivre les efforts entamés pour réduire les prix des produits de première nécessité. Ceci aidera les ménages les plus modestes à supporter les périodes difficiles en attendant les premiers résultats du choc de confiance préconisé.</p>
<p style="font-weight: 400;">Les pays comme les nôtres ne peuvent se développer sans infrastructures modernes et compétitives. C’est pourquoi la relance ne peut être envisagée sans une stratégie d’investissement clairvoyante. L’État, disposant de marges de manœuvre budgétaires limitées, doit mobiliser le secteur privé à travers des partenariats public-privé (PPP) et l’intervention du Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (FONSIS) ainsi que de l’Agence de Promotion des Investissements et Grands Travaux (APIX), pour alimenter l’économie grâce aux nouvelles recettes issues du pétrole, du gaz et de l’or. Ce mécanisme permettrait d’assurer la poursuite des projets d’infrastructures essentiels, tels que l’extension du réseau du Train Express Régional (TER), du Bus Rapid Transit (BRT) et la réalisation dans les délais du port de Ndayane, tout en limitant l’impact sur le budget public via les mécanismes de dettes classiques. Ces efforts nécessiteront des mesures exceptionnelles, comme la suspension temporaire de la loi du 19 avril 2022 encadrant la gestion et la répartition des revenus issus de l’exploitation des hydrocarbures, pour une période de deux ans, le temps de faire face à notre situation budgétaire critique.</p>
<p style="font-weight: 400;">L’avenir économique du Sénégal repose sur des secteurs stratégiques tels que l’exploitation des minerais<a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftn13" name="_ftnref13">[13]</a> (or, phosphates, zircon et ilménite) du pétrole et du gaz, les énergies renouvelables, le numérique, ainsi que des secteurs historiques comme le tourisme, l’artisanat, la culture et l’agriculture à haute valeur ajoutée, avec en support l’émergence du secteur de l’intelligence artificielle. Mais pour attirer les investisseurs, il faut plus que de simples incitations fiscales : un environnement des affaires stable, transparent et prévisible est essentiel.</p>
<p style="font-weight: 400;">Enfin, le succès de cette relance repose sur une transparence absolue<a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftn14" name="_ftnref14">[14]</a> du gouvernement dans la gestion des comptes publics. Il ne suffit pas de prendre de bonnes décisions, encore faut-il les expliquer et les faire accepter.</p>
<p style="font-weight: 400;">Chers compatriotes, le Sénégal n’est pas en faillite, mais il traverse une crise sérieuse. Nous vivons une tension de trésorerie, suivie de l’abaissement de notre notation souveraine par les agences de notation. Toute crise peut être surmontée du moment où le pays dispose d’un leadership politique éclairé, de discipline et d’une vision de long terme. Aujourd’hui, l’opportunité est là : transformer cette crise en un tournant décisif pour le développement national. Pour cela, nous devons oser un choc de confiance, redonner aux citoyens et aux investisseurs une perspective claire et mettre en œuvre des réformes courageuses. Ce n’est pas une option, c’est une nécessité.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Pour le Think Tank IPODE</strong></p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Abdoul Aziz Wane, </strong>Sénior consultant en Finance &amp;</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Mohamed LY – </strong>Président Think Tank IPODE</p>
<p><a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> <em>Reinhart &amp; Rogoff, dans</em> This Time Is Different: Eight Centuries of Financial Folly <em>(2009</em></p>
<p><a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> <em>Paul De Grauwe, dans</em> The Economics of Monetary Union <em>(2020)</em></p>
<p><a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> <em>Blanchard &amp; Leigh, dans leur rapport du FMI</em> Growth Forecast Errors and Fiscal Multipliers <em>(2013)</em></p>
<p><a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a> <em>Banerjee &amp; Duflo, dans</em> Good Economics for Hard Times <em>(2019)</em></p>
<p><a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftnref5" name="_ftn5">[5]</a> <em>Piketty, dans</em> Capital et Idéologie <em>(2019)</em></p>
<p><a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftnref6" name="_ftn6">[6]</a> Wissem Ajili, <em>La gestion de la dette publique selon les approches économique, institutionnelle et financière</em>, 2015.</p>
<p><a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftnref7" name="_ftn7">[7]</a> Jean-Claude Masangu Mulongo, <em>Dette publique extérieure et croissance économique en RDC</em>, 2018.</p>
<p><a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftnref8" name="_ftn8">[8]</a> FMI, <em>Finances &amp; Développement : L’impact des agences de notation sur les économies émergentes</em>, 2016.</p>
<p><a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftnref9" name="_ftn9">[9]</a> Banque Mondiale, <em>Sénégal Economic Update &#8211; Boosting Productivity for Accelerated Growth</em>, 2023.</p>
<p><a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftnref10" name="_ftn10">[10]</a> Ha-Joon Chang, <em>Kicking Away the Ladder: Development Strategy in Historical Perspective</em>, 2002.</p>
<p><a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftnref11" name="_ftn11">[11]</a> Thomas Piketty, <em>Capital et Idéologie</em>, 2019.</p>
<p><a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftnref12" name="_ftn12">[12]</a> FMI, <em>Sustainable Debt and Growth Strategies for Emerging Economies</em>, 2022.</p>
<p><a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftnref13" name="_ftn13">[13]</a> En 2022, les revenus extractifs du Sénégal ont atteint 275,33 milliards de FCFA (environ 419,7 millions d&rsquo;euros), avec le secteur minier représentant 85,61 % de ce total, soit 235,71 milliards de FCFA (environ 359,3 millions d&rsquo;euros). Selon https://www.teamfrance-export.fr/fiche-marche/infrastructures/mines/SN</p>
<p><a href="applewebdata://E51722A6-2CFD-4A8E-AC31-902791CBA4F3#_ftnref14" name="_ftn14">[14]</a> <em>Tanzi &amp; Schuknecht, dans</em> Public Spending in the 20th Century <em>(2000)</em></p>


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			<name>Moha</name>
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		<title type="html"><![CDATA[Raffinage de notre pétrole par la SAR : un bond en avant qualitatif pour le Sénégal]]></title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://thinktank-ipode.org/2025/02/13/raffinement-de-notre-petrole-par-la-sar-un-bond-en-avant-qualitatif-pour-le-senegal/" />

		<id>https://thinktank-ipode.org/?p=12861</id>
		<updated>2025-10-15T21:59:39Z</updated>
		<published>2025-02-13T08:10:42Z</published>
		<category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Other" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="exploitation pétrole sénégal" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Gas to power" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="mix energetique senegal" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="Mohamed Ly" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="RAFFINAGE DE NOTRE PÉTROLE PAR LA SAR : UN BOND EN AVANT QUALITATIF POUR LE SÉNÉGAL" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="raffinement pétrole sénégalais" /><category scheme="https://thinktank-ipode.org" term="sar raffine" />
		<summary type="html"><![CDATA[  Depuis ce vendredi 6 février, la Société Africaine de Raffinage (SAR), fondée en 1961, a franchi une étape historique en raffinant, pour la première fois, du pétrole brut extrait&#8230;]]></summary>

					<content type="html" xml:base="https://thinktank-ipode.org/2025/02/13/raffinement-de-notre-petrole-par-la-sar-un-bond-en-avant-qualitatif-pour-le-senegal/"><![CDATA[
<p style="font-weight: 400;"> </p>
<p style="font-weight: 400;">Depuis ce vendredi 6 février, la Société Africaine de Raffinage (SAR), fondée en 1961, a franchi une étape historique en raffinant, pour la première fois, du pétrole brut extrait d’un gisement national. Jusqu’à présent, la SAR traitait exclusivement du pétrole importé. Désormais, le brut national sera transformé en produits finis à destination du marché local, marquant ainsi un tournant décisif pour nos stratégies énergétiques, industrielles ainsi que pour notre balance commerciale.</p>
<p style="font-weight: 400;">Rappelons que le Nigeria, premier producteur de pétrole d&rsquo;Afrique, exploite son pétrole depuis 1958. Cependant, il n’a commencé à raffiner de manière significative que très récemment, notamment avec la mise en service de la raffinerie Dangote en octobre 2024. Des décennies durant, ce paradoxe a empêché l’économie du Nigeria de tirer pleinement profit de ses ressources pétrolières, rendant le pays vulnérable aux fluctuations des cours mondiaux et aux crises de devises. En effet, l’absence d’infrastructures de raffinage suffisantes obligeait le pays à exporter son brut, puis à réimporter des produits raffinés à un coût bien plus élevé, ce qui pesait lourdement sur sa balance commerciale, fragilisait sa monnaie et impactait négativement son économie.</p>
<p style="font-weight: 400;">Il ne suffit pourtant pas d’avoir contourné cet écueil pour crier victoire. La réussite de cette première étape ne doit pas nous faire perdre de vue les défis qui restent à relever pour pérenniser cet acquis et éviter d’autres déséquilibres structurels dans notre secteur énergétique.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le Gabon, autre pays producteur de pétrole, a quant à lui lancé son industrie pétrolière en 1961. Sa principale raffinerie, la SOGARA, ne traite qu’une fraction de la production nationale, obligeant le pays à dépendre d’importations coûteuses en devises pour couvrir ses besoins internes. Face à cette réalité, le Gabon a récemment envisagé la construction d’une nouvelle raffinerie d&rsquo;une capacité de 700 000 tonnes par an, dans l’objectif de réduire sa dépendance aux importations et d’améliorer sa souveraineté énergétique.</p>
<p style="font-weight: 400;">C&rsquo;est en cela que le Sénégal réalise une avancée majeure en mettant en place, dès le début de son exploitation pétrolière, un circuit de raffinage local. Contrairement au Nigeria et au Gabon, qui ont longtemps peiné à valoriser leur production, nous évitons by design ces écueils en ayant mis en place une capacité de raffinage suffisante, adaptée à nos besoins.</p>
<p style="font-weight: 400;">S’ouvre alors un boulevard d’opportunités pour notre économie nationale. En réduisant notre dépendance aux importations de carburants et de produits pétroliers raffinés, nous stabilisons, tout au moins, considérablement notre balance commerciale et notre balance des paiements, tout en réduisant nos besoins en devises pour les importations. Cela se traduit non seulement par des revenus supplémentaires pour l’État grâce aux taxes et aux exportations, mais aussi par la création d’emplois directs et indirects, par une dynamique d’investissement favorisant le développement d’une chaîne de valeur locale autour du raffinage et de la distribution des produits pétroliers. Ainsi, le Sénégal entre dans une nouvelle ère où l’exploitation de nos ressources énergétiques contribue directement au développement économique et social du pays.</p>
<p style="font-weight: 400;">Cependant, il est essentiel que l&rsquo;État demeure vigilant pour éviter de reproduire les erreurs observées ailleurs. Après avoir évité le cas nigérian, où l&rsquo;absence d&rsquo;infrastructures de raffinage suffisantes a conduit à une dépendance aux importations de produits pétroliers, nous devons veiller à ne pas tomber dans une situation similaire à celle du Gabon. Ce pays, malgré sa production pétrolière, n&rsquo;a pas su ajuster dynamiquement sa capacité de raffinage à ses besoins énergétiques locaux, le rendant ainsi dépendant des importations pour satisfaire sa demande intérieure. Il est donc crucial de monitorer et d’ajuster en permanence la capacité de la SAR à nos besoins énergétiques nationaux. Cela implique une évaluation continue de la production et de la demande, ainsi qu&rsquo;une planification stratégique pour anticiper les évolutions du marché énergétique. Nous encourageons les autorités à travailler dans ce sens. Car la capacité de raffinage actuelle de la SAR est de 1,5 million de tonnes alors que nos besoins se chiffrent à environ 3 millions de tonnes par an. Aussi, la SAR envisage de créer un deuxième site de raffinage avec une capacité additionnelle de 4 millions de tonnes annuel, portant ainsi la capacité totale à 5,5 millions de tonnes. Contrairement au syndrome gabonais, cette expansion accompagnée d&rsquo;un switch de nos centrales du Oil to power vers le Gas to power permettra non seulement de satisfaire la demande nationale, mais aussi d&rsquo;explorer des opportunités d&rsquo;exportation vers les marchés régionaux.</p>
<p style="font-weight: 400;">De manière similaire, l&rsquo;intégration de la stratégie « Gas to Power » est tout aussi primordiale. Cette initiative, qui vise à utiliser le gaz naturel domestique pour la production d&rsquo;électricité, réduira ainsi notre dépendance aux combustibles importés et contribuera à une production énergétique plus propre et plus efficace. En optimisant l&rsquo;utilisation de nos ressources gazières pour la génération d&rsquo;électricité, nous pouvons non seulement répondre à la demande énergétique croissante, mais aussi soutenir le développement économique du pays en fournissant une énergie plus abondante, plus régulière et plus compétitive pour les industries locales. Cependant, il est important de noter que le développement de la capacité de conversion du gaz en électricité doit être équilibré avec les plans relatifs aux énergies renouvelables, afin d&rsquo;assurer une expansion optimale et durable du secteur énergétique.</p>
<p style="font-weight: 400;">Ces avancées ne sont cependant qu’un premier jalon sur la route de notre autonomie énergétique. Il est impératif de poursuivre ces efforts afin de garantir une sécurité et une maîtrise totales de nos approvisionnements. La structuration d’un secteur énergétique robuste et souverain nous permettra non seulement d’exporter nos excédents électriques à un prix compétitif vers nos voisins, mais aussi d’accroître la valeur ajoutée nationale en développant des unités de transformation dans des domaines stratégiques tels que la chimie, la pétrochimie et l’agroalimentaire.</p>
<p style="font-weight: 400;">En définitive, la gestion proactive et stratégique de nos capacités de raffinage, combinée à une mise en œuvre judicieuse de la stratégie « Gas to Power », n’est qu’une première étape qui permettra au Sénégal de renforcer sa souveraineté énergétique, d’équilibrer sa balance commerciale et de poser les bases de son industrialisation. Le véritable enjeu consistera à mettre en place des mesures incitatives de nature à favoriser des investissements endogènes fléchés vers des unités de transformation à forte valeur ajoutée, notamment dans les secteurs de la production énergétique, de la chimie, de la pétrochimie, de la pharmacie et de l’agroalimentaire. Notre position géographique, la qualité de nos ressources humaines ainsi que notre sens inné de l’innovation nous ouvrent d’innombrables perspectives qui nous permettront de stimuler notre développement économique au bénéfice de nos concitoyens.</p>
<p style="font-weight: 400;"> </p>
<p style="font-weight: 400;">Mohamed LY</p>
<p style="font-weight: 400;">Président Think Tank IPODE</p>
<p style="font-weight: 400;">Pour le Think Tank IPODE</p>


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		<updated>2025-02-12T12:09:29Z</updated>
		<published>2024-11-01T12:20:26Z</published>
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		<summary type="html"><![CDATA[Les revenus actuels du pétrole ne sont pas suffisants pour combler le déficit budgétaire. Ils pourraient réduire une petite partie de ce déficit, mais le Sénégal resterait dépendant d’autres sources&#8230;]]></summary>

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<p style="font-weight: 400;">Les revenus actuels du pétrole ne sont pas suffisants pour combler le déficit budgétaire. Ils pourraient réduire une petite partie de ce déficit, mais le Sénégal resterait dépendant d’autres sources de financement et de réformes budgétaires pour atteindre un équilibre budgétaire viable. Avec ce cadre macroéconomique, il serait difficile d’atteindre une souveraineté économique. Un pays qui n’arrive pas à financer ses dépenses budgétaires par ses propres moyens ne dispose pas de la liberté de choix nécessaire dans ses politiques économiques et sociales. En l’absence de cette capacité, il devient souvent dépendant des prêts, aides et financements extérieurs, qui viennent généralement avec des conditions et des exigences spécifiques en termes de réformes structurelles, de mise en place de politique d’austérité budgétaire, etc.</p>
<p style="font-weight: 400;">Depuis le début de l’exploitation de notre pétrole, le Sénégal a produit 8,17 millions de barils entre juin et septembre 2024 dans le cadre du projet Sangomar, avec une production journalière moyenne d’environ 66 885 barils par jour. Toutefois, Sangomar est un champ où l’on exploite quasiment que du pétrole brut. En revanche, le champ gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) présente un très fort potentiel. À cela s’ajoutent les champs gaziers Yakaar et Teranga, dont l’exploitation est prévue dans un futur très proche. La combinaison des champs GTA, Yakaar et Teranga représente un potentiel énorme de gaz, faisant du Sénégal un pays plus gazier que pétrolier.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Comparaison avec les grands producteurs africains</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Ainsi, la production pétrolière du Sénégal est relativement faible en Afrique, comparativement aux principaux acteurs comme le Nigeria, premier producteur africain, avec une production quotidienne variant entre 1,2 et 1,5 million de barils en 2024. L’Angola et l’Algérie ayant une production d’environ 1 million de barils par jour. Ces chiffres montrent que notre production reste nettement inférieure à celle des grands producteurs africains. Toutefois, cette entrée dans le secteur pétrolier fait du Sénégal un producteur émergent. Ce statut pourrait évoluer si les réserves et la production augmentent dans les années à venir.</p>
<p style="font-weight: 400;">Potentiel de réduction du déficit budgétaire : Comment mieux assumer notre objectif de souveraineté</p>
<p style="font-weight: 400;">Nous devons maintenant nous interroger : ce niveau de production peut-il nous aider à combler notre déficit budgétaire et à renforcer notre souveraineté économique ?</p>
<p style="font-weight: 400;">Le déficit budgétaire du Sénégal est estimé à environ 940,2 milliards de FCFA. Avec un prix moyen du pétrole à 85 USD par baril et un taux de change de 620 FCFA pour 1 USD, la production de 8,17 millions de barils en quatre mois génère des revenus totaux d’environ 429,7 milliards de FCFA. Toutefois, seuls 10 % de ces revenus reviennent directement au Sénégal, hors recettes fiscales. En considérant ces paramètres, les revenus pétroliers ne couvriraient qu’environ 13,7 % du déficit budgétaire.</p>
<p style="font-weight: 400;">Cependant, la stratégie de répartition des recettes pétrolières et gazières adoptée par l’État repose sur trois grands axes :</p>
<ul style="font-weight: 400;">
<li>90 % des recettes d’hydrocarbures sont affectées au budget général, pouvant être allouées aux investissements prioritaires, au service de la dette et à certaines dépenses courantes hors personnel.</li>
<li>10 % des recettes d’hydrocarbures sont affectées au Fonds Intergénérationnel, destiné à constituer une épargne pour les générations futures.</li>
<li>Tout éventuel surplus de recettes est affecté au Fonds de Stabilisation, servant à se prémunir contre la volatilité des prix des hydrocarbures.</li>
</ul>
<p style="font-weight: 400;">De plus, l’État ne bénéficie pas seulement du profit oil, qui représente entre 10 % et 20 % du partage des bénéfices. Il perçoit également :</p>
<ul style="font-weight: 400;">
<li>Les redevances annuelles sur l’exploitation des champs par les opérateurs,</li>
<li>La part de PetroSen sur le Profit Oil, PetroSen représentant l’État,</li>
<li>L’impôt sur les sociétés payé par les opérateurs en fin d’exercice.</li>
</ul>
<p style="font-weight: 400;">Il est souvent estimé que le cumul de toutes ces recettes peut permettre à l’État de capter jusqu’à 60 % de la recette totale générée par un baril de pétrole ou par un mètre cube de gaz.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Apprendre des expériences internationales – Le cas hollandais</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">L’expérience des Pays-Bas, connue sous le nom de syndrome hollandais, illustre bien les risques d’une dépendance excessive aux ressources naturelles. Dans les années 1960, la découverte de vastes réserves de gaz naturel a entraîné une prospérité rapide, mais cette manne a freiné le développement des autres secteurs économiques. Cette vulnérabilité a conduit à une instabilité économique, illustrant la nécessité pour le Sénégal de diversifier son économie.</p>
<p style="font-weight: 400;">Nos ressources pétrolières et gazières doivent être gérées avec prudence pour éviter ce piège. Elles ne peuvent remplacer le travail, l’investissement dans l’éducation, la technologie et l’agriculture, qui sont les véritables moteurs d’une croissance durable.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>En conclusion</strong>, l’entrée du Sénégal dans le secteur pétrolier est une opportunité, mais elle doit être abordée avec humilité et une stratégie à long terme. Notre réussite repose sur notre capacité à diversifier l’économie, à investir dans le capital humain et à bâtir des industries solides, créatrices d’emplois et indépendantes des fluctuations des prix du pétrole.</p>
<p style="font-weight: 400;">Si le pétrole est une chance, le véritable levier de notre développement reste le travail et l’effort collectif. C’est cela qui améliorera la qualité de vie de tous nos compatriotes et fera de notre pays une véritable nation émergente.</p>
<p style="font-weight: 400;"> </p>
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