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	<title>Blog &#8211; IPODE &#8211; Think Tank Panafricain</title>
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	<description>Think Tank progressiste, indépendant et panafricain</description>
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		<title>Sénégal : l’heure des réformes courageuses pour redonner du sens à la dépense publique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Oct 2025 19:00:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Economie & Finances]]></category>
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		<category><![CDATA[Sénégal : l’heure des réformes courageuses pour redonner du sens à la dépense publique]]></category>
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					<description><![CDATA[Une notation n’est pas une punition. C’est un miroir. Et tant que nous préférerons casser le miroir plutôt que de nous regarder dedans, nous continuerons à répéter les mêmes erreurs. Oui, la faillite est à craindre si rien ne change. Mais une note coupée peut être remontée si le gouvernement applique des réformes crédibles.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[


<p></p>



<p>Depuis que l&rsquo;agence de notation Moody’s a abaissé la note du Sénégal pour une 3ᵉ fois, je vois passer des réactions indignées sous des airs de théorie du complot populiste. Beaucoup cherchent à discréditer l’agence, à la présenter comme un outil occidental qui complote contre l’Afrique. C’est une erreur, une hérésie.</p>



<p>Les agences de notation ne font que mesurer ce que le marché voit déjà : une économie fragilisée, des comptes publics dégradés, une confiance entamée. Ce ne sont pas les agences de notation qui ont creusé notre déficit, ni alourdi la dette du Sénégal, ni multiplié les dépenses sans impact. Les agences ne font qu’allumer la lumière là où nous avons préféré rester dans l’ombre.<br>La vérité, c’est que cette dégradation doit être un signal d’alerte, pas une occasion de victimisation.</p>



<p>Le Sénégal n’a pas besoin d’attaquer les institutions qui la notent. Nous avons juste besoin de rassurer les investisseurs, de reconstruire la crédibilité de notre signature, et surtout de relancer une économie au ralenti.</p>



<p>Les chiffres parlent d’eux-mêmes : à fin juin 2025, les dépenses en capital (investissements publics) ont été exécutées pour 581,9 milliards de francs CFA, soit 30,1 % des prévisions du budget. Les investissements sur ressources internes s’élèvent à 186,6 milliards de francs CFA, soit 31,8 % de leur objectif. En valeur absolue, le montant de 581,9 milliards en 2025 est inférieur à celui de 648,4 milliards en 2023 (premier semestre) pour les dépenses en capital. Le niveau d’investissement réel est beaucoup plus bas, en pourcentage des crédits ouverts, comparé à 2023 (30,1 % vs ~39,7 %), et c’est là que le problème réside.</p>



<p>Pendant ce temps, on entretient des caisses noires à la présidence, à la primature et à l’Assemblée nationale, dont les montants réels sont astronomiques au vu de la situation du pays. On maintient un train de vie d’État qui ne correspond plus à la réalité, héritage d’un clientélisme d’une autre époque.</p>



<p>Aucune des « Big Three » (Standard &amp; Poor’s, Moody’s ou Fitch) n’a inventé la crise budgétaire sénégalaise. Elles la constatent. Et elles disent au monde ce que tout investisseur, tout banquier, tout bailleur sait déjà : la trajectoire actuelle n’est pas soutenable sans réforme, sans effort, sans discipline et sans audace.</p>



<p>Alors, au lieu de se réfugier dans un réflexe nationaliste de façade, notre pays, à travers le régime en place, ferait mieux de prendre le taureau par les cornes : réduire les dépenses superflues, rationaliser la gestion publique, réinvestir massivement dans l’économie réelle — production, énergie, industrie, agriculture — bref, dans tout ce qui crée de la valeur, de l’emploi et de la confiance.<br>Une notation n’est pas une punition. C’est un miroir. Et tant que nous préférerons casser le miroir plutôt que de nous regarder dedans, nous continuerons à répéter les mêmes erreurs. Oui, la faillite est à craindre si rien ne change. Mais une note coupée peut être remontée si le gouvernement applique des réformes crédibles. D’ailleurs, le marché l’a compris : malgré la dégradation, le Sénégal a levé 450 milliards de CFA sur les marchés financiers, avec une demande dépassant 150 % de l’offre (source : Ecofin Agency). Cela montre que certains investisseurs croient encore en notre potentiel — mais exigent des garanties sérieuses.</p>



<p>L’un des premiers indicateurs d’un pays aspirant à l’autonomie est une dépendance réduite vis-à-vis de l’étranger. Et à cet égard, les chiffres du Bulletin Mensuel des Statistiques du Commerce Extérieur de l’ANSD relaient des évolutions baissières des exportations et haussières des importations — un déséquilibre qui constitue un véritable signal d’alarme pour la balance commerciale.<br>En effet, selon l’ANSD, en juillet 2025, les importations du Sénégal ont crû de +16,6 % (par rapport à la même période antérieure), quand les exportations ont baissé de -16,1 % sur la même période.</p>



<p>Ce décalage illustre parfaitement un affaissement de notre appareil productif et le manque de compétitivité de notre économie réelle. À ce rythme, nous importons ce que nous devrions produire et exportons de moins en moins ce que nous savons faire. Voilà le vrai nœud du problème : notre dépendance grandissante fragilise notre souveraineté économique et pèse sur nos équilibres extérieurs.<br>Et qui dit balance commerciale déficitaire, dit besoin accru de devises pour financer ces importations — ce qui exerce une pression directe sur nos réserves et in fine, sur la stabilité macroéconomique du pays. C’est une spirale qui, si elle n’est pas enrayée, affaiblira encore davantage notre économie réelle et notre capacité à financer le développement par nous-mêmes.</p>



<p>Il est temps que le gouvernement s’occupe de la souffrance des Sénégalais, de la paupérisation des couches les plus vulnérables, du ralentissement du secteur du BTP, de notre souveraineté agricole et de l&rsquo;assainissement de nos villes et adopte pour finir, une rigueur de gestion pour corriger la trajectoire budgétaire du pays.</p>



<p>Mohamed LY<br>Président du THINK TANK IPODE</p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>Monnaie unique de la Cédéao : adoption d’une feuille de route et mise en place d’une Task Force</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Oct 2017 11:39:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Economie & Finances]]></category>
		<category><![CDATA[cfa et monnaie unique cedeao]]></category>
		<category><![CDATA[LE FRANC CFA ET SON COMPTE D’OPERATIONS]]></category>
		<category><![CDATA[monnaie unique cedeao]]></category>
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					<description><![CDATA[Une cinquantaine d’experts, membres du Comité technique chargé des politiques macroéconomiques ont tenu une session ordinaire le jeudi 14 septembre 2017 à l’hôtel Salam de Bamako pour étudier le rapport&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Une cinquantaine d’experts, membres du Comité technique chargé des politiques macroéconomiques ont tenu une session ordinaire le jeudi 14 septembre 2017 à l’hôtel Salam de Bamako pour étudier le rapport de la Convergence macroéconomique au titre de l’année 2016 et évaluer l’impact de la mise en œuvre de la feuille de route du Programme de la monnaie unique de la Cédéao. La cérémonie d’ouverture était présidée par le ministre de l’Economie et des Finances, Boubou Cissé. Pour la circonstance, il était accompagné du président de la commission Cédéao Marcel A. de Zouza, le commissaire en charge des politiques macroéconomiques et de la recherche économique, Mamadou Traoré en présence de nombreuses hautes personnalités.<span id="more-12560"></span></p>
<p>Au cours de cette session, le conseil examinera les performances macroéconomiques des Etats membres au titre de l’année 2016, analysera la situation de la convergence des économies et fera le point sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la feuille de route du programme de la monnaie unique de la Cédéao.<br />
La réunion se penchera également sur le rapport de la 50e session du comité des gouverneurs des banques centrales de l’Agence monétaire de l’Afrique de l’Ouest (Amao) ainsi que sur celui du comité technique chargé des politiques macroéconomiques.</p>
<p>Le commissaire chargé des politiques macroéconomiques et de la recherche économique de la commission de la Cédéao, Mamadou Traoré, a loué « les avancées significatives » enregistrées dans le processus de mise en œuvre de la monnaie unique ouest-africaine. C’était à l’ouverture de la réunion du Comité technique chargé des politiques macroéconomiques de la Cédéao, tenue le lundi 11 septembre 2017, à Bamako, au Mali.</p>
<p>Parlant de ces avancées, M. Traoré a indiqué l’adoption d’une feuille de route, la désignation de chefs d’Etat pour la supervision du processus et la mise en place d’une Task force pour conseiller ces derniers, la rationalisation des critères de convergence, le fonctionnement des comités nationaux de coordination, ainsi que la mise en œuvre du mécanisme de la surveillance multilatérale.</p>
<p>Il a invité les participants à faire des propositions devant permettre de renforcer davantage le processus d’intégration et d’accélérer la réalisation des objectifs du programme de coopération monétaire, notamment la création de la monnaie unique de la Cédéao.</p>
<p>Prenant la parole, le président de la commission Cédéao, Marcel A. de Zouza dira que la réunion se déroule dans un contexte marqué par la reprise de l’activité économique mondiale et sous-régionale après une année 2016 difficile.</p>
<p>En effet, l’environnement économique international en 2016 a été caractérisé par le recul des cours du pétrole et les incertitudes sur les impacts du retrait du Royaume-Uni et l’Union européenne, décidé le 23 juin 2016.</p>
<p>Et d’ajouter que dans ce contexte, le taux de croissance réel du PIB de la Cédéao s’est établi à 0,2% en 2016 contre une progression de 3,3% en 2015 et 6,1% en 2014.</p>
<p>Cet important ralentissement de l’activité de la région ouest-africaine est principalement en rapport avec la forte baisse du taux de croissance (-1,5%) du PIB réel du Nigeria, première économie de la région.</p>
<p>Il a terminé ses propos en lançant un vibrant appel à l’ensemble des acteurs, pour la création de la monnaie commune de la Cédéao, sans précipitation.</p>
<p>Abordant dans le même sens, le ministre de l’Economie et des Finances, Dr. Boubou Cissé, a exhorté les participants à formuler des recommandations concrètes et pertinentes tenant compte des réalités ouest-africaines, et permettant d’engager des actions clés pouvant garantir à l’espace communautaire des progrès économiques solides.</p>
<p>Il a, à ce titre, déploré l’insuffisance du nombre de réunions du comité technique chargé des politiques macroéconomiques de la Cédéao, et souhaité une révision de leur fréquence.</p>
<p>« Dans le processus de mise en œuvre des activités d’intégration, il ne peut être fait l’économie des rencontres de concertations pour voir le chemin parcouru, et convenir des mesures et dispositions à prendre pour mieux poursuivre le processus d’intégration », a indiqué M. Cissé.</p>
<p>Pour lui, la problématique de la stabilité macroéconomique est au centre de tous les débats. Les objectifs de croissance et de stabilité fixés depuis plusieurs années restent non atteints à cause parfois des chocs exogènes que subissent nos économies aggravés par une crise sécuritaire aux multiples facettes.</p>
<p>Cet état de fait met à dures épreuves nos finances publiques avec de moins de ressources affectées à l’exécution des grands travaux nécessaires pour la croissance, le développement et la lutte contre la pauvreté.</p>
<p>Concernant la création de la monnaie, il a salué ici la Task force présidentielle mise en place qui est chargée d’appuyer les chefs d’Etat désignés par leurs pairs pour superviser le processus de création de la monnaie unique de la Cédéao.</p>
<p>Ils doivent accompagner cette Task force par un suivi rigoureux de la mise en œuvre des activités de la feuille de route.<br />
Gaoussou Kanté</p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>Sénégal : Evaluation du Code des marchés 2014 et propositions pour optimiser la commande publique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Oct 2017 20:00:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[code des marché publics]]></category>
		<category><![CDATA[réforme du code des marchés publics]]></category>
		<category><![CDATA[Sénégal : Evaluation du Code des marchés 2014 et propositions pour optimiser la commande publique]]></category>
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					<description><![CDATA[Les marchés publics sont des contrats administratifs dont la passation est soumise à une procédure particulière. Le terme de marché public recouvre à la fois une catégorie générique de contrats&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les marchés publics sont des contrats administratifs dont la passation est soumise à une procédure particulière. Le terme de marché public recouvre à la fois une catégorie générique de contrats administratifs et la procédure de dévolution de ces contrats.</p>
<p>Au Sénégal, les passations de marchés étaient auparavant réglementées par le Décret n°82-690 du 07 septembre 1982. 32 ans après, le Décret n°2014-1212 du 22 septembre 2014 portant nouveau code des marchés publics (abrogation du Décret n°2011-04 portant code des marchés publics de 2011), était censé procéder à une refonte complète de la commande publique, avec un double objectif : alléger les procédures, et accroître l’efficacité de l’achat public.</p>
<p><span id="more-12541"></span></p>
<p>L’élaboration du code des marchés de 2014 découlait d’une logique simple : rassurer les opérateurs économiques nationaux et étrangers, et initier une politique d’achat public dont le maître mot est la transparence.</p>
<p>Le débat portant sur les entorses au code des marchés publics n’est pas nouveau.</p>
<p>Une étude publiée par la revue Politique africaine (n° 83) en octobre 2001, intitulée « Dessus de table, la corruption quotidienne dans la passation des marchés publics locaux au Sénégal », dévoile un véritable système où la corruption est la norme. Cette étude basée sur des données recueillies au cours d’enquêtes de terrain qui se sont déroulées entre 2000 et 2001, dépeint un univers opaque, où les dossiers d’appels d’offres sont tronqués, où la collusion entre décideurs, fonctionnaires véreux et entrepreneurs est la règle, et où la corruption « légale » règne en maître, faisant dire à un Inspecteur Général d’Etat, sous couvert d’anonymat « Les Sénégalais sont très forts en matière de procédures, ils savent comment les respecter tout en les vidant de leur contenu ».</p>
<p>Une enquête menée par le Forum Civil en 2002 conforte cette étude et concluait que 40 % des chefs d’entreprise considéraient la corruption comme un moyen efficace pour gagner les marchés publics au Sénégal.</p>
<p>Dans un registre similaire, un dossier réalisé par le quotidien Wal Fadjiri  en décembre 2004 relatif à la passation des marchés publics au Sénégal révélait une impunité généralisée dans les infractions à la réglementation des marchés publics, le non-respect des règles de mise en concurrence, l’entente illicite, le recours abusif aux marchés de gré à gré, l’entorse au principe d’égalité entre les candidats, le début d’exécution des travaux avant la notification du marché au titulaire, etc…..</p>
<p>En 2015, le rapport de l’Autorité de régulation des marchés publics rendu public (résultat d’audits menés par 5 cabinets entre 2013 et 2014) a fini de démontrer que certains acteurs publics sont de véritables prédateurs de deniers publics.</p>
<p>Ces différentes études démontrent si besoin en était, la nécessité d’établir de nouvelles règles reconnues et respectées par tous en matière de commande publique.</p>
<p>Au vu de ce tout ce qui précède, revoir le dispositif lié à la commande publique est une exigence fondamentale pour permettre au contribuable sénégalais d’avoir une plus grande lisibilité quant aux actions de l’Etat et des collectivités locales dans la passation, la gestion et l’exécution de la commande publique.</p>
<p>A l’instar de la France où 4 réformes majeures ont été initiées dans le domaine des marchés publics en 2001(Décret n°2001-210), en 2004 (Décret n°2004-15), en en 2006 (Décret n°2006-975),  en 2016 (Décret n°2016-360). Ces réformes ont pour objet de renforcer la transparence et d’assurer l’efficience dans les procédures de contrats publics. La réforme de 2016 a permis la transposition dans le droit national de 3 directives communautaires : Directive 2014/23/UE, Directive 2014/24/UE, Directive 2014/25/UE.</p>
<p>Pour le Sénégal, s’engager dans une démarche similaire permettrait non seulement de définir une politique d’achat claire où les principes majeurs d’égalité de traitement, de libre concurrence, de liberté d’accès à la commande publique, et de transparence seraient valables, mais également de responsabiliser les acteurs en sanctionnant les dérives émanant d’entrepreneurs, d’agents de l’Etat ou des collectivités territoriales, contrevenant à ces règles.</p>
<p>Le présent document a pour objet de suggérer des axes d’amélioration.</p>
<ol>
<li><strong> Simplifier le Code des marchés publics</strong></li>
</ol>
<p>La rédaction du code des marchés publics doit se traduire par la mise en évidence des objectifs recherchés (mise en concurrence, transparence, efficacité du choix) et des principes fondateurs du droit de la commande publique, préalablement à la description des procédures.</p>
<p>La simplification des textes est une nécessité pour alléger les  contraintes administratives qui pèsent sur les fournisseurs. Une présentation plus pédagogique doit être recherchée, afin de rendre le texte plus lisible et plus opérationnel, depuis l’expression des besoins et des critères de choix jusqu’au contrôle de l’exécution du marché. L’objectif de simplification doit aussi viser à supprimer certaines dispositions, qui sous couvert de responsabiliser les autorités contractantes constituent une prime au laxisme.</p>
<p>La simplification des textes et des règles issus du code des marchés public doit aller de pair avec la modernisation des procédures de passation, en particulier par le recours aux nouvelles technologies, facteur d’allégement et d’accélération des échanges.</p>
<ol start="2">
<li><strong> Propositions </strong></li>
</ol>
<p><strong><u>Proposition n°1 : Harmoniser la législation nationale avec les normes juridiques régionales</u></strong></p>
<p>Le code des marchés doit permettre une meilleure articulation entre les règles d’origine nationale et celles d’origine régionale (OHADA « Organisation pour l’harmonisation du Droit des Affaires en Afrique »). L’harmonisation des normes juridiques nationales dans le cadre de l’UEMOA s’inscrit dans un processus de coopération accrue entre les pays africains doit être poursuivie. L’application des règles issues de la Directive N°01/2009/CM/UEMOA portant code transparence dans la gestion des finances publiques de l’UEMOA, révèle de nombreuses insuffisances, notamment s’agissant du volet « réglementation relative aux marchés publics».</p>
<p><strong><u> Proposition n°2 : Appliquer les principes fixés par le code des marchés publics de 2014</u></strong></p>
<p>Une procédure de passation de marchés publics se construit autour d’un mode de consultation et de dévolution. La réglementation impose une discipline de comportement respectant l’égalité de traitement des candidats, l’équité des choix et exige une construction formaliste constituée de règles de publicité, de délais, et de conditions d’accès.</p>
<p>Du point de vue formel, des avancées notables ont été notées dans la rédaction du code des marchés de 2014. Toutefois, elles ne sont guère suivies d’effets.</p>
<p>Des améliorations pourraient être apportées portant sur les points suivants :</p>
<ul>
<li>Mise en place d’indicateurs de performance dans les dossiers d’appel d’offres afin d’éclairer au mieux le choix du titulaire qui doit d’effectuer sur la base de critères objectifs et impartiaux,</li>
<li>Garantir l’égalité des offres lors de la mise en concurrence en accordant des délais identiques à toutes les entreprises concurrentes, en ne faisant pas bénéficier une entreprise, précédemment attributaire, d’informations essentielles de nature à lui procurer un avantage sur les autres candidates, et en harmonisant les délais de communication des informations et documents qui doivent être raisonnables et identiques,</li>
<li>Faciliter l’accès à la commande publique aux entreprises nouvellement créées, en leur permettant de justifier leurs capacités par toutes des pièces équivalentes, lorsqu’elles ne sont pas en mesure, compte tenu de leur date de création, de produire les documents et renseignements exigés,</li>
<li>Assurer la gratuité totale du dossier d&rsquo;appel à la concurrence (article 58 du code), qui continue à être monnayé « au prix fort » par certaines autorités contractantes,</li>
<li>Faciliter l’accès du Dossier d’appel d’offre aux petites entreprises situées à Ziguinchor, à Thiès, à Kaolack, à Diourbel ou à l’intérieur du pays, un moyen de favoriser la décentralisation et l’implantation d’entreprises dans ces localités,</li>
<li>Elargir la chaîne des sanctions au niveau pénal (aggravation des peines aussi bien pour les agents de l’Etat ou des collectivités territoriales contrevenant aux règles de l’achat public que les chefs d’entreprise ou hommes d’affaires coupables de pratiques visant à favoriser la corruption ou les dessous de table).</li>
</ul>
<p>De telles réformes doivent être au cœur des préoccupations des pouvoirs publics. De même, la prise en compte de la dimension éthique, comme le prévoit la charte de la transparence et d’éthique en matière de marchés publics, adoptée par le Sénégal en 2005 (Décret n°2005-276), pourrait faire l’objet d’une vulgarisation au niveau des acteurs en charge de la passation des marchés publics.</p>
<p><strong><u> Proposition n°3 : Privilégier l’achat responsable dans la définition des critères de jugement des offres</u></strong></p>
<p>La soumission des entreprises aux marchés publics implique de leur part une attention toute particulière aux lois, réglementations et conventions collectives en vigueur. A ce titre, l’engagement des entreprises soumissionnaires au titre des exigences sociales pourrait être un des éléments d’appréciation de la pertinence de l’offre.</p>
<p>Le critère social (recrutement de personnes en difficulté, lutte contre le chômage des jeunes), de même que le critère environnemental concourent à accroître les bénéfices sociétaux par la mise en place d’une commande publique responsable. A terme, pour faire le meilleur usage possible des deniers publics, l’achat public devrait combiner 3 critères :</p>
<ul>
<li style="list-style-type: none;">
<ul>
<li><strong>1</strong>-les critères permettant d’évaluer le rapport qualité/prix de l’offre,</li>
<li><strong>2</strong>-les critères évaluant la performance environnementale,</li>
<li><strong>3</strong>-les critères permettant d’évaluer la valeur sociale de l’offre.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p>A titre d’exemple, le législateur belge a adopté une loi du 27 février 2002 visant à promouvoir une production socialement responsable. Ce texte crée un label que les entreprises peuvent utiliser dans la promotion des produits et qui est octroyé selon des critères qui comprennent le respect des normes définies dans les conventions de base de l’Organisation internationale du travail, l’interdiction du travail forcé, l’interdiction de toute discrimination en matière de travail et de rémunération, l’âge minimum fixé pour le travail des enfants ainsi que l’interdiction des pires formes de travail des enfants.</p>
<p><strong><u> Proposition n°4 : Définir des critères d’évaluation des offres clairs et objectifs</u></strong></p>
<p>La notion de pondération des critères doit permettre d’établir une grille et un système de notation afin de pouvoir comparer de manière objective les offres entre elles. Or, les critères établis par la personne publique sont des indicateurs qui permettent, d’une part de décrire et qualifier le besoin à satisfaire, d’autre part de juger de l’adéquation entre l’offre proposée par le candidat et l’attente de l’acheteur. De ce point de vue, le critère est susceptible d’une évaluation qui, théoriquement peut varier de 0% à 100% selon l’application du principe de pondération.</p>
<p>L’évaluation ainsi attribuée reflète la performance de l’entreprise candidate par rapport au critère défini et permet de motiver suffisamment le choix du titulaire. La définition de critères clairs et objectifs  limite le référé précontractuel. Le référé précontractuel (recours suspensif) permet aux soumissionnaires évincés dans le cadre d’une consultation, « qui ont un intérêt à conclure le contrat et qui sont susceptibles d’être lésées par le manquement invoqué », de contester la procédure. C’est une garantie de transparence et d’équité pour le prestataire. A ce titre, le délai observé entre la date d’information des candidats non retenus et la date de notification du marché doit être scrupuleusement respecté par les entités publiques. C’est une garantie de transparence et d’équité pour le prestataire. A ce titre, le délai observé entre la date d’information des candidats non retenus et la date de notification du marché doit être scrupuleusement respecté par les entités publiques.</p>
<p><strong><u> Proposition n°5 : Alléger le formalisme et supprimer les contraintes pour les entreprises</u></strong></p>
<p>Une procédure de marché public se construit avec les prestataires. La présentation du dossier de candidature des entreprises pourrait être simplifiée. La procédure de délivrance des documents administratifs doit être allégée en privilégiant, si nécessaire, les attestations sur l’honneur. La possibilité de régulariser les dossiers de candidature (erreurs matérielles) doit être étudiée. La transmission de certains documents obligatoires pourrait être exigée au moment de l’attribution du marché. Les délais de paiement doivent être réduits et respectés pour ne pas pénaliser les entreprises.</p>
<p><strong><u>Proposition n°6 : Uniformiser les seuils et exercer un contrôle approfondi sur les procédures DRP</u></strong></p>
<p>Le Code des marchés publics actuel se réfère à plusieurs seuils (cf article 53 du code des marchés publics), en fonction du montant du marché et selon qu’il s’agit d’un marché de travaux, de fournitures et de services ou de prestations intellectuelles.</p>
<ul>
<li style="list-style-type: none;">
<ul>
<li>Pour les marchés de travaux (Etat, Collectivités territoriales et Etablissements publics), le seuil pour un appel d’offres ouvert est fixé 70 millions CFA.</li>
<li>Pour  les marchés de fournitures et de services, (Etat, Collectivités territoriales et Etablissements publics), le seuil pour un appel d’offres ouvert est fixé 50 millions CFA.</li>
<li>Pour  les marchés de prestations intellectuelles (Etat, Collectivités territoriales et Etablissements publics), le seuil pour un appel d’offres ouvert est fixé à 50 millions CFA.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p>On dénombre ainsi différents seuils dont la pertinence n’est pas forcément établie. On pourrait abaisser le seuil prévu pour les marchés de travaux (uniformisation avec les marchés de fournitures et services, et de prestations intellectuelles). Parallèlement, il serait judicieux d’exercer un contrôle approfondi des procédures DRP qui permettent à des acteurs de contourner les principes de la commande publique.</p>
<p><strong><u>Proposition n°7 : Supprimer la disposition figurant dans le code 2014 relative aux offres spontanées </u></strong></p>
<p>Il s’agit d’une innovation introduite dans le code 2014, dont les motivations sont  suspectes. En matière de marchés publics, le principe de base, préalable à tout achat public, concerne la définition du besoin. L’article 5 du code des marchés publics de 2014 précise « qu’avant tout appel à la concurrence, consultation ou négociation, l’autorité contractante est tenue de déterminer aussi exactement que possible la nature et l’étendue des besoins à satisfaire ». La notion d’offre spontanée (article 81) part du principe que l’autorité contractante peut donner suite à une offre d’un fournisseur, sur initiative de ce dernier, lorsqu’elle « présente un intérêt général manifeste ». En fait, la « notion d’intérêt général manifeste »  est floue, incertaine, et ouvre la voie à toutes sortes de dérives (entente illicite en amont, corruption active ou passive, détournement de procédures, etc…). Lors de la rédaction du nouveau code des marchés de 2014, la Banque Mondiale avait adressé une sévère mise en garde au pouvoir en place, liée à la nature de cette « disposition ». Il serait judicieux de supprimer cette disposition qui n’a  pas sa place dans le code des marchés publics.</p>
<p>La simplification et le souci de réduire les délais ne doivent pas conduire à détourner l’acte d’achat public de sa vocation initiale. L’article 6 du code des marchés publics est extrêmement clair quant à son libellé « les plans de passation des marchés doivent être transmis à la Direction centrale des marchés publics au plus tard le 1<sup>er</sup> décembre de l’année budgétaire considérée ; celle-ci vérifie la conformité du document et en assure la publication dans les 03 jours francs suivant la réception. L’acte d’achat n’est pas un acte spontané. Un besoin doit être identifié en amont, et formalisé dans un cahier des charges.</p>
<p>L’idée selon laquelle le code des marchés publics est un frein pour la réalisation de programmes de développement  ne repose sur aucun argument convaincant. Cette posture a surtout pour objet de permettre à certains acteurs de se soustraire au jeu de la concurrence, et de pouvoir s’adonner en toute impunité à des pratiques de malversations et de corruption par la technique des retro commissions.</p>
<p><strong><u> Proposition n°8 : Clarifier la portée du premier alinéa de l’article 48 concernant la sous-traitance</u></strong></p>
<p>Le premier alinéa de l’article 48 relatif aux conditions de la sous-traitance mérite une clarification pour éviter une collusion entre l’autorité contractante et le prestataire. En effet, l’article 48 du code des marchés portant sur les modalités de la sous-traitance précise « qu’un titulaire de marchés publics de travaux ou d’un marché public de service peut sous-traiter l’exécution de certaines parties du marché jusqu’à concurrence de 40% de son montant, à condition d’avoir « obtenu l’accord préalable de l’autorité contractante». Cette formulation est suffisamment floue pour créer les conditions d’une entente (pratique de rétro commissions). La forme de cet accord n’étant pas définie par le code, il convient de réécrire l’article 48 du code des marchés, d’en définir précisément les modalités ou de supprimer tout simplement ladite mention  pour lever toute équivoque.</p>
<p><strong><u>Proposition n°9 : La dématérialisation des procédures : une exigence des temps modernes</u></strong></p>
<p>La dématérialisation des procédures est une exigence des temps modernes. Dans l’Union Européenne, les soumissionnaires peuvent retirer le dossier de consultation des entreprises et déposer leur candidature par voie électronique. Un prestataire situé en Pologne, en Espagne ou aux Pays Bas, a la possibilité de consulter un avis d’appel public à la concurrence au JOUE (Journal officiel de l’Union européenne) et soumissionner à un appel d’offres dans n’importe quel pays de l’Union. S’engager dans une démarche de dématérialisation des procédures d’achats, pourrait permettre au Sénégal de tirer profit des formidables opportunités offertes par les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication. Par exemple, une entreprise domiciliée au Mali, en Côte d’Ivoire ou en Afrique du Sud pourrait soumissionner en ligne.</p>
<p><strong><u>Proposition n°10 : La formation d’un personnel qualifié dans la passation, la gestion et l’exécution des  marchés</u></strong></p>
<p>La formation des agents de l’Etat et des collectivités territoriales est un enjeu majeur dans la vie d’une Nation. La formation des agents permet de rationaliser l’achat public : uniformisation des process, homogénéisation des pratiques, recours à des marchés transversaux, mutualisation des achats de plusieurs services de l’Etat ou des collectivités territoriales, négociation, réduction des coûts.</p>
<p><strong><u>Proposition n°11: Promouvoir le Partenariat Public Privé (PPP)</u></strong></p>
<p>Les contrats passés dans le cadre de la loi Partenariat Public Privé (partenariat entre administrations publiques et des entreprises du secteur privé) participent aussi de cette logique qui consiste à favoriser la satisfaction des besoins des pays émergents ou en voie de développement en termes d’infrastructures ou d’équipements. Ces contrats qui se distinguent en droit français à la fois de la délégation de service public et du marché public, trouvent leur source d’inspiration dans le droit anglais (Private Financial Investment) ; ou le droit canadien (contrats globaux avec transfert d’équipements). Ils figurent en bonne place des contrats mis en place par la Banque Mondiale pour financer des opérations de développement. Les contrats partenariat public-privé permettent d’associer sur une longue durée (20 ou 30 ans) une entreprise privée au financement, à la réalisation ou à la gestion d’un équipement public. Compte tenu des enjeux financiers colossaux, ces partenariats doivent être valorisés.</p>
<p><strong><u>Proposition n°12 : Instaurer un régime de quota pour les marchés passés par « par entente directe »</u></strong></p>
<p>Les dispositions relatives à l’article 76 du code des marchés publics qui régissent les marchés passés par entente directe sont totalement dévoyées du fait de stratégies de contournement opérées par les autorités contractantes. La prolifération des marchés de gré à gré, dont les montants sont faramineux  favorisent les ententes illicites et la corruption à grande échelle. Il est urgent de clarifier la portée de l’article 76 qui constitue un régime dérogatoire. Deux options peuvent être envisagées :</p>
<ul>
<li>Renforcer les attributions de la Direction centrale des marchés publics, en conférant à son avis (article 76) un caractère contraignant, sous la forme d’un « Avis conforme ; et supprimer du code la possibilité de saisine du Comité de règlement des différends (ARMP) offerte aux autorités contractantes, ainsi que le Pouvoir octroyé au Premier Ministre d’ordonner la poursuite de la procédure, « au motif impérieux d’intérêt général »,</li>
</ul>
<ul>
<li>D’autre part, instaurer un régime drastique de quota pour les autorités contractantes, de façon à limiter sensiblement le recours à ce type de procédure.</li>
</ul>
<p><strong><u>Proposition n°13 : Recentrer l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) sur sa mission</u></strong></p>
<p>Autorité administrative indépendante, l’ARMP a entre autres, pour mission de réguler le système de passation de marchés publics et de délégations de service public et de formuler des propositions.<br />
Néanmoins, le fonctionnement de cette structure est loin d’être satisfaisant, surtout s’agissant des décisions rendues par un de ses organes, le Comité de règlement des différends statuant en Commission des litiges, dans le cadre d’une saisine. Dans de nombreux dossiers de marchés publics traités par l’ARMP, les décisions rendues ne prennent en compte ni les avis de la DCMP (fondés en Droit), ni le principe de l’intérêt général (bon usage des deniers publics).</p>
<p>A titre d’exemple, dans une procédure ouverte relative à un marché de fournitures de bureau et de consommables informatiques passé par la Direction de l’Imprimerie nationale en 2016, l’ARMP a rejeté l’offre d’un candidat au motif que son offre « est anormalement basse » ; le candidat n’ayant pas, selon l’instance « justifié la réalité économique du prix de son offre ». Dans les procédures de marchés publics, la notion d’offre anormalement basse est l’une des plus complexes à appréhender par les acheteurs publics. Démontrer qu’une offre est anormalement basse suppose que l’autorité contractante soit en mesure, d&rsquo;identifier les caractéristiques d’une offre basse, ensuite de demander des justifications au candidat, et dans un troisième temps ,d’apprécier la pertinence des éléments de réponse fournis par le candidat au regard desquels ; le mode de fabrication des produits, les solutions techniques adoptées, les conditions exceptionnellement favorables dont dispose le candidat pour réaliser les prestations, l’originalité de l’offre, etc.. Une offre anormalement basse ne se présume pas et ne se décrète pas à l’emporte-pièce. Elle doit être prouvée et attestée de manière objective.</p>
<p>Dans le cas d’espèce, l’ARMP s’est simplement bornée à « confirmer » l’appréciation de l’autorité contractante, sans procéder à une vérification de fond, lésant un prestataire dont l’offre était moins disante, tout en étant conforme aux prescriptions du cahier des charges. Les pratiques de certaines autorités contractantes, voire de certains administrateurs de crédits ne sont ni conformes à l’intérêt général, ni au bon usage des deniers publics. Il appartient à l’ARMP de rectifier le tir, et d’exercer pleinement sa fonction de veille et de contrôle en toute autonomie.</p>
<p>De 2012 à 2016, la liste interminable de marchés gré à gré passés avec l’approbation de l’ARMP donne le vertige. Les scandales liés aux marchés par entente directe portent sur des centaines de milliards de CFA. Chaque mauvaise dépense équivaut a un impact sur la construction d’écoles, de postes de santé, sur la réalisation d’équipements publics et plus globalement sur le niveau de vie des populations.</p>
<p><strong><u>Conclusion</u></strong></p>
<p>Le Sénégal n’est pas confronté à un problème de textes. Le pays dispose de l’une des législations les plus élaborées qui existent dans le monde. Le Décret n°2014-1212 du 22 septembre 2014 portant code des marchés publics fait référence à de nombreuses dispositions :</p>
<ol>
<li>Directive n°04/2005/CM/UEMOA du 09 décembre 2005,</li>
<li>Acte Uniforme du 17 avril 1997 de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA),</li>
<li>Loi organique 2012-23 du 27 décembre 2012,</li>
<li>Loi 65-50 du 19 juillet 1965 portant code des obligations civiles et commerciales modifiée,</li>
<li>Loi 65-51 du 19 juillet 1965 portant code des obligations de l’administration modifiée,</li>
<li>Loi 90-07 du 20 juin 1990 relative à l’organisation et au contrôle des entreprises du secteur parapublic et au contrôle des personnes morales de droit privé bénéficiant du concours financier de la personne publique,</li>
<li>Loi 2013-10 du 28 décembre 2013 portant code général des collectivités territoriales,</li>
<li>Décret n°2005-276 du 22 juin 2005 portant charte de transparence et d’éthique en matière de marchés publics…</li>
</ol>
<p>On pourrait allonger la liste indéfiniment… Ce qui frappe au Sénégal, c’est l’extraordinaire décalage entre les textes et leur application, entre les proclamations d’intention et les actes. C’est ce qu’il convenu d’appeler le grand écart. A ce jour, la gouvernance sobre et vertueuse relève de la simple rhétorique. Toutes les lois, tous les dispositifs, tous les textes, aussi élaborés et pertinents soient-ils ne pourront produire des effets si ceux qui sont en charge de les appliquer ne sont pas mus par des principes d’intégrité, de déontologie et par le souci constant de défendre l’Intérêt Général. La sécurité juridique de l’achat public, la transparence des procédures, l’impartialité du choix, la prévention du délit de favoritisme dans l’attribution des marchés ne sauraient se limiter à une simple « écriture de textes ». Le préalable consiste à asseoir une culture de la responsabilité individuelle et collective.</p>
<p>Au Sénégal comme dans beaucoup de pays africains, les contrats publics constituent un moyen pour les décideurs et fonctionnaires véreux, en complicité avec des entrepreneurs (dont la boulimie financière est sans limite) de s’adonner à un véritable pillage des deniers publics, le tout dans une « apparente légalité ». De telles pratiques prédatrices hypothèquent le développement du pays et compromettent durablement l’avenir de millions de citoyens. Elles sont assimilables à de véritables crimes financiers et doivent faire l’objet de sanctions pénales appropriées, avec une tolérance Zéro pour ces nouveaux « prédateurs » des temps modernes.</p>
<p>Le présent document ne prétend pas épuiser le champ des possibles. Mais, dans un contexte où la bonne gouvernance est érigée en principe majeur, et demeure un leitmotiv des autorités publiques, assainir l’univers de la commande publique est on ne plus urgent.</p>
<p><strong>Seybani SOUGOU </strong></p>
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		<title>LE FRANC CFA ET SON COMPTE D’OPERATIONS: Vérités, illusions et manipulations</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Oct 2017 19:51:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Economie & Finances]]></category>
		<category><![CDATA[Dieudonné_ESSOMBA CFA]]></category>
		<category><![CDATA[LE FRANC CFA ET SON COMPTE D’OPERATIONS]]></category>
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					<description><![CDATA[Je n’ai jamais voulu m’attaquer aux pourfendeurs du CFA, estimant leur combat légitime, même si je l’ai toujours trouvé superficiel et surtout instrumentalisé. Mais leur arrogance et leur prétention m’obligent à&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div>
<p>Je n’ai jamais voulu m’attaquer aux pourfendeurs du CFA, estimant leur combat légitime, même si je l’ai toujours trouvé superficiel et surtout instrumentalisé. Mais leur arrogance et leur prétention m’obligent à leur répondre.</p>
<p>Si nous sommes tous d’accord que le sigle CFA traduit un prolongement de l’ordre colonial, le Cameroun n’aurait cependant pas à s’en faire du nom Franc de sa monnaie, car il est très commun que les monnaies nationales portent le nom d’une devise de référence à laquelle on accole le nom du pays : livre égyptienne, dollar canadien, Franc congolais, Franc rwandais, Franc djiboutien, etc.<br />
Le plus important est la confusion qui s’est créée et qui s’entretient sur le concept du « compte d’opérations » qu’il faut bien expliquer pour dissiper les malentendus qui brouillent toute l’analyse et la conduisent dans tous les sens.</p>
<div></div>
<p><span id="more-12538"></span></p>
<p><strong>Bien comprendre le compte d’opérations :</strong></p>
<p>Supposons que nous soyons au Ghana qui a sa monnaie, le cédi. Quand un paysan ghanéen vend le cacao en dollars, la Banque Centrale Ghanéenne retient ce dollar, mais fabrique l’équivalent en cédi pour le remettre au paysan, car le dollar n’est pas utilisé au Ghana. Maintenant, si le paysan ou même un autre ghanéen veut acheter quelque chose aux USA, il va présenter les cédis fabriqués à la Banque Centrale du Ghana. Celle-ci va donc renvoyer les dollars initialement acquis en paiement aux USA. Immédiatement, elle doit détruire les cédis qui avaient été fabriqués en contrepartie du dollar puisque celui-ci n’existe plus.<br />
Entre le moment où les dollars entrent dans la Banque Centrale ghanéenne à la suite du cacao et le moment où ils rentrent aux USA à la suite d’une importation, ils restent dans la Banque Centrale Ghanéenne et constitue ce qu’on appelle « réserves en devises ».<br />
La Banque Centrale ghanéenne peut donc spéculer avec ces réserves, par exemple, en les plaçant au marché mondial et en gagnant quelques intérêts.</p>
<p><strong>Quelle est la différence entre le CFA et le cédi ? </strong></p>
<p>Techniquement, c’est exactement la même chose, la seule différence étant que la moitié des « réserves en devises » est gérée par la France, au lieu que la BEAC gère tout. C’est comme si les deux se partageaient en cogestion ces réserves. Cela ne change rien du point de vue de la masse monétaire à l’intérieur de la zoneCFA. La France gagne puisqu’elle peut spéculer avec nos réserves et la seule perte de la BEAC, c’est le fait de ne pouvoir spéculer avec les 50% de réserves gardées par la France. Mais c’est le lieu de lever une manipulation entretenue par les pourfendeurs duCFA, sur des sommes qui résideraient dans le Trésor français alors qu’elles pourraient supposément servir au développement des pays. Pour répondre à cette préoccupation, il suffit de se demander si la Banque Centrale du Ghana peut faire autre chose que spéculer à court terme sur les réserves en devises. Car ces réserves agissent comme un compte à vue : celui qui apporte son cédi pour acheter un bien à l’extérieur doit être servi, car il n’est pas question qu’on lui dise que son argent n’a plus de pouvoir d’importation parce qu’on l’a utilisé à d’autres fins. Les sommes gérées par la France ne sont donc pas un dépôt qu’on pourrait recycler en investissements, mais un compte à vue qu’elle doit payer à la demande des légitimes déposants que sont les citoyens. La conséquence est immédiate : le rapatriement des fonds gérés par la France n’aurait aucune incidence sur l’économie camerounaise, contrairement à ce qu’on raconte. Examinons maintenant les contreparties de la France pour la gestion de ces 50% des devises. D’un côté, la France garantit la convertibilité internationale du CFA, en réalité son identité avec l’Euro dans la Zone. De l’autre côté, il y a la possibilité pour la France de les utiliser. Et elle ne s’est pas privée de le faire : jusqu’aux années 1980, la Zone CFA a toujours été globalement excédentaire et la France en a largement profité. Par exemple, lorsque, dans les années 1970, sous Giscard d’Estaing, la France accumule des retards considérables sur le plan industriel, ces fonds vont lui être d’une grande utilité pour relancer son plan de développement industriel.<br />
Et c’est précisément à cette époque que le Pr TCHUNDJANG écrit son livre. La position de TCHUNDJANG s’appuie sur la structure des systèmes productifs. Le Cameroun, à cette époque, a créé une industrie remarquable, produisant pratiquement tous les biens d’usage courant, en tout ou en partie: habits, ustensiles, jouets, réfrigérateurs, conserves, munitions, vélos, radios, bref l’essentiel des biens utilisés par les Camerounais de cette époque. Le Cameroun n’importait plus que les biens très évolués tels que les véhicules, dont il produisait mêmes quelques pièces détachées (carrosseries, pneus).<br />
C’est à ce moment précisément qu’il fallait sortir du CFA, car le système productif pouvait réagir de manière très favorable à une politique monétaire.</p>
<p><strong>Malheureusement, cela n’a pas été compris.</strong></p>
<p>L’engagement inverse de la France était que si la Zone n’arrivait plus à soutenir ses réserves, elle devait suppléer et soutenir les déficits à travers des emprunts, voire des subventions. La France n’a jamais utilisé cette clause inverse en faveur des pays africains. La seule fois où l’occasion s’est présentée était la crise sévère des années 1980-1990, lorsque les pays, incapables d’équilibrer leurs balances extérieures, ont été conduits par la France en laquelle ils avaient confiance à la dévaluation. Ce qui était la négation même des engagements qu’elle avait pris et dont elle avait bénéficié de la contrepartie.</p>
<p><strong>S’il y avait une occasion de sortir du CFA pour des raisons d’orgueil idéologique, cela en était une, mais cela n’a pas été fait.</strong></p>
<p>Il faut noter qu’au moment où la France se débine traitreusement de ses engagements, elle s’imagine que les pays de la Zone CFA vont retrouver leur situation d’antan, à savoir reconstituer des réserves pour qu’elle en bénéficie comme auparavant. Car, suivant le mécanisme du compte d’opérations, le Franc CFA n’est intéressant pour la France que si la Zone dégage les excédents de réserves en devises qu’elle peut utiliser pour ses politiques ou pour spéculer.<br />
Mais avec le temps, elle se rend compte que cette époque est à jamais révolue : par leur configuration, les pays de la Zone CFA ne pourront plus jamais reconstituer des excédents des devises, ce qui fait poser sur sa tête l’hypothèque permanente de supporter le poids de ces déficits.<br />
Voilà la conclusion à laquelle aboutissent les stratèges français.<br />
Ecartelée entre d’une part, la nostalgie de son empire colonial, et de l’autre, l’incapacité de supporter les contraintes y relatives, la France va alors élaborer une stratégie diabolique : susciter de manière habile et sophistiqué un mouvement qui va conduire les Africains à dénoncer le CFA, lui fournissant ainsi la bonne occasion de s’en débarrasser comme une orange pressée, sans que personne n&rsquo;y voit que du feu.<br />
Et il suffit d’observer le mouvement pour voir la ruse méphistophélique qui se dessine : l’ancien Ministre Kakou Napoupko, qui incarne l’opposition au CFA fait quoi maintenant? C’est un grand expert de la Francophonie, qui reçoit des prix de Bercy. Il occupe un poste d’économiste permanent, disposant d’importantes ressources pour véhiculer son message au sein de la FrancoFolie pardon francophonie ! Il a eu accès aux médias pour distiller un discours fallacieux bien rodé.<br />
Tiens!  Tiens ! Dans les mêmes circonstances, TCHUNDJANG fut assassiné ! Comment comprendre que la France puisse placer un pourfendeur international de ses intérêts à des postes stratégiques, avec des moyens de médiatisation conséquents ? Autrement dit, la Francophonie qui est un instrument de domination de la France utilise ses fonds pour encourager la sortie du CFA !</p>
<p>Kemi Séba un agent de la DGSE spécialiste en manipulation des masses recruté par Agbohou par l&rsquo;entremise de l&rsquo;Afro-escro spécialiste en Afro-business Biyogo pour manipuler l&rsquo;opinion africaine sur la question du CFA en diabolisant le CFA. Sans parler des avantages financiers tirés par Kemi Séba, payé par le front national pour orienter l&rsquo;opinion africaine en faveur des thèses du FN. Et en France, que se passe-t-il ? Une violente levée de boucliers contre le CFA, comme s’ils agissaient sur la base d’un signal mystérieux ! même le front national qui pourtant se trouve aux antipodes des positions officielles est devenu contre le CFA. Marine Le Pen dont le père aimerait jeter une bombe sur l&rsquo;Afrique se retrouve donc au chevet de l&rsquo;Afrique sur la question du CFA.<br />
Le vieux consensus sur la politique de soumission de l’Afrique et le maintien du CFA explose soudainement! Des arguments venant de part et d’autres, tous plus puissants, et pire, souvent financés par les fonds publics français!<br />
Bien plus, l’heure n’est plus à l’assassinat des dirigeants qui ont tenté de combattre le CFA: ceux qui le dénoncent aujourd’hui comme Idris Déby sont très courus, par ces nouveaux amoureux de l’Afrique…<br />
N’avons-nous pas assez d’intelligence pour lire l’esprit du diable vêtue de la toge d’un évêque? A maintes reprises, j’ai mis en évidence les graves limites du CFA, mais cela n’a rien à voir avec l’instrumentalisation dont certains sont victimes. La France a pris acte que les pays africains ne peuvent plus dégager des excédents en devises qu’elle utilisait pour son industrialisation, et elle n’a plus du tout envie de supporter le risque d’être requise pour prendre  en charge les déficits de ces pays.<br />
Il s’agit donc de se débarrasser du CFA, avec intelligence, en utilisant la naïveté du Nègre.<br />
Voilà la vérité ! Ceux qui pourfendent le CFA croient mener un combat ; en réalité, ils sont instrumentalisés !</p>
<p>Dieudonné_ESSOMBA,Président de l’Ecole Africaine de l’Economie Contemporaine</p>
<p>(Institut TCHUNDJANG)</p>
</div>
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		<title>La crise dans les partis de gauche au Sénégal</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Aug 2017 09:34:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[crise parti de gauche au Senegal]]></category>
		<category><![CDATA[mandiaye gaye]]></category>
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					<description><![CDATA[En vérité, il y a actuellement, une absence ou perte de repères pour tous les partis politiques du Sénégal. Ce qui a conduit notre pays dans cette situation lamentable et&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En vérité, il y a actuellement, une absence ou perte de repères pour tous les partis politiques du Sénégal. Ce qui a conduit notre pays dans cette situation lamentable et malheureuse, qui fait que la politique, comme l’homme politique en général, est dégradée et dévaluée au bas de l’échelle par une bonne partie de la population. Et pourtant, elle est incontournable dans la vie des sociétés humaines et organisations.</strong></p>
<p><span id="more-12529"></span></p>
<p><span id="more-15960"></span>Oui, parce que l’essence comme le but fondamental ou la quintessence de la politique sont actuellement faussés et royalement ignorés au Sénégal. Ainsi, il n’y a plus de source idéologique d’inspiration politique pour les familles politiques présentes sur la scène au Sénégal. Et, on peut le dire sans risque de se tromper ni d’être démenti, que presque tous, à la place de la politique dans le vrai sens du terme, font de la débrouillardise ( manam taxaalé ). Et, pour s’en sortir, certains, comme les fins hâbleurs, s’appuient sur leur éloquence pour trompeur leur monde et d’autres usent de leur ruse de jombor.</p>
<p>Les partis de gauche ont, effectivement, perdu aussi leurs repères, lorsqu’ils ont abandonné les fondamentaux qui les caractérisaient, faisaient leur force et différence avec les autres, par conséquent leur identité remarquable. L’une de leur mission fondamentale, parmi tant d’autres, était de se constituer comme un détachement de forces politiques progressistes au service des masses populaires déshéritées, en participant aux côtés des travailleurs pour appuyer toutes les justes luttes. Une telle mission n’est plus assumée ni assurée par les partis et syndicats de gauche, sinon, elle ne l’est que théoriquement. Et, parmi ces fondamentaux, on peut citer particulièrement : la discipline de fer, la franche camaraderie qui renforce l’unité du parti, le centralisme démocratique, (qui à vrai dire, était plus centraliste que démocratique, mais utile dans certaine situation) ; la solidarité entre camarades dans les épreuves difficiles, par exemple, un pour tous et tous pour un. Ensuite, on trouvait à leur tête des leaders à la hauteur de leurs tâches, qui étaient humbles, respectueux et désintéressés des questions matérielles, d’argent et de luxe. En outre, ils furent des guide clairvoyants et charismatiques avec une oreille attentive à l’écoute de tout le monde, sans parti pris d’aucune sorte, ils tranchaient juste les questions, par consensus ou au mieux, à la place de votes, ils étaient ainsi, loin de ces chefs suffisants, dirigistes et à la pensée unique, caractéristiques propres aux partis libéraux de chez nous. Suivez mon regard. A cela, s’ajoutait une formation, idéologique et politique, très solide des militants, en vue de disposer d’assez de cadres à tous les niveaux, aptes à assurer la relève pour le futur, etc.</p>
<p>Moralité : la gauche sénégalaise, il est vrai, renferme d’une part, beaucoup d’individualités fortement attachées aux valeurs de la gauche, mais qui sont hors des partis politiques organisés, d’autre part, elle a perdu les partis, qui ne sont plus à la hauteur de gérer convenablement et à la satisfaction des ambitions légitimes de tous ces éléments qui se réclament des idées et valeurs de la gauche et qui sont essaimés à travers notre pays. Sans exagérer ni vouloir sous-estimer ce qui se fait présentement par les partis dits de gauche, il ne faut pas se voiler la face, ces derniers sont hors du champ ou passent à côté, des véritables préoccupations des masses populaires qui souffrent, des conclusions des Assises nationales et des recommandations de la CNRI. En vérité, la plupart de ces partis ont servi hier le régime socialiste et de 2000 jusqu’à présent, ils sont au service des libéraux, par conséquent, ils ont été plus au service de ces deux régimes à des degrés divers, qu’à servir la cause et les objectifs de la gauche, leur famille politique. On peut dire, sans risque d’être dément, que ces partis désertent parfois, leur propre terrain de lutte au profit des ceux d’en face, en leur servant d’escaliers consciemment ou inconsciemment. De telles erreurs, leur ont coûté effectivement, des pertes énormes d’adhésions, de sympathies, d’affections et des départs de beaucoup de militants, par voie de conséquence une baisse considérable en voix électorales. Et, comme dit l’adage wolof : « ku wacc sa end end bo dem fek fa borom » Il est, franchement inexplicable, inacceptable, inadmissible et paradoxale, que les partis de gauche, dans leur écrasante majorité refusent ou dédaignent de se coaliser entre eux, en formant un bloc compacte et homogène, composé que d’éléments convaincus de la gauche. Un bloc dans lequel ils pourraient associer et mutualiser leurs fores afin d’aller ensemble sous leur propre bannière, la gauche ; au lieu d’accepter, par contre, facilement, j’allais dire docilement, de se mettre derrière ou sous la direction des socialistes hier et aujourd’hui, des libéraux, pour la participation à toute sorte d’élections. Mais, une telle frilosité, ne signifierait-elle pas, un manque de confiance au sein de la gauche ?</p>
<p>Bizarrement, les quelques occasions pertinentes et favorables à leur regroupement ou union, qui leur ont été offertes, pour vraiment aller ensemble, ils les ont rejetées, pour des raisons obscures dont ils sont, à ce jour, incapables de dire le pourquoi. Je veux nommer les Assises nationales d’abord, ainsi que la Confédération démocratique pour le socialisme (CDS) leur dernier espoir, qui était à leur portée. Un cadre qui, logiquement, si ses initiateurs étaient cohérents et conséquents avec eux-mêmes, devait servir de test pour une coalition électorale de la gauche, pour toutes les élections survenues après sa création. Mais hélas ! Malheureusement, tel ne fut pas le cas. Là aussi, ce que l’on peut noter ou déduire de leur attitude incompréhensible, c’est leur absence de confiance manifeste, aux organisations qu’ils créent et dirigent eux-mêmes. Aujourd’hui, la CDS se révèle incontestablement inutile, parce qu’elle est paralysée et incapable de jouer le rôle qui lui était véritablement dévolu, c’est-à-dire de pouvoir sortir les partis de gauche de leur isolement, morosité ou traumatisme, qui font d’eux des politiciens insignifiants ou d’éternels handicapés à pouvoir élire leurs propres militants.</p>
<p>Mais dans le cas de la CDS, dans une large mesure, c’était prévisible dès sa naissance, car, le ver était déjà dans le fruit. En effet, la CDS est née avec un handicap congénital majeur dû à un mélange de genres incompatibles donc, de l’incohérence et de contradictions. Au départ, l’idée initiale ou le projet, c’était la création d’une organisation qui ne regrouperait que des partis de gauche et les autres individualités non organisées dans les partis. Mais à l’assemblée constitutive, il y avait la présence d’autres courants politiques, autres que ceux de la gauche. Ces derniers, ont pesé fortement de leur poids pour dévier l’objet initial de cette assemblée. Et, comme toujours, avec les compromis, on dévie très souvent, de l’objectif premier. C’est ainsi que, ceux qui n’étaient pas réellement de la partie initialement et en rien concernés par une affaire propre à la gauche ont bataillé ferme, pour enlever toute connotation de gauche et le terme gauche de la confédération naissante. Voilà pourquoi, le bilan de la CDS est presque nul, et son fonctionnement actuel pêche, parce que c’est le principe de consensus qui y prévaut, par conséquent, comme les tentatives de regroupements qui l’ont précédée, sa mort est programmée pour bientôt.</p>
<p>Au total, après avoir bien observé la scène politique chez nous, je constate avec amertume un recul dégradant en matière de pratique politique dans les règles de l’art au Sénégal. Ainsi, au regard de la réalité que nous observons sur le terrain, la politique ne se fait plus maintenant, avec une conviction profonde adossée à des idées nobles génératrices de progrès et de développement global ou une philosophie qui en tiendrait lieu, mais à travers des manifestations folkloriques, dithyrambiques, au cours desquelles les plus rusés et osés à faire des promesses farfelues et démagogiques, coupées de la réalité, etc. tiennent les rênes. Par conséquent, une pratique politique, totalement aux antipodes de son essence et de celle fondée sur une idéologie ou doctrine politique, parfaitement bien élaborée, pour ne pas dire scientifiquement, pensée. Notre arène politique est devenue celle des « singes », ce qui se traduit en wolof (lambi goolo ku man sa morom dumêu).</p>
<p>Voilà pourquoi, la question de leadership politique se pose avec acuité et devient problématique, non seulement au Sénégal, mais aussi dans toute l’Afrique. Ainsi, trouver aujourd’hui, sur la scène politique de notre pays, des dirigeants et des militants de partis en général et de gauche en particulier, à la hauteur des qualités soulignées plus haut, est devenu la croix et la bannière ou chercher une aiguille dans une botte de foin. Et, au vu des nombreuses défections incontestables, de dirigeants de partis de gauche, ceci depuis la première alternance en 2000, une tendance qui s’accroît d’ailleurs au fil du temps, on ne peut réfuter catégoriquement, l’idée selon laquelle, certains dirigeants, de partis de gauche, ont effectivement succombé à l’attirance des délices du pouvoir et happés par celui-ci. Un comportement qui semble correspondre à l’adage qui dit : « li bëut bëggë la bar bëggë », ce qui n’est pas d’uu partage du gâteau.</p>
<p>En paraphrasant, on peut conclure que : la gauche ne signifie en réalité, rien d’autre, que l’expression des valeurs de progrès économique, social et culturel ainsi que la défense de la justice sociale et des libertés démocratiques collectives et individuelles des populations.</p>
<p>La Gauche sénégalaise doit se convaincre à présent et, une bonne fois pour toutes, que le président Macky Sall préfère de loin, se retrouver avec sa famille politique, les libéraux, que de s’accompagner ou s’encombrer, par défaut, avec une partie de la gauche. Et ce compagnonnage dans lequel la gauche est largement perdante, politiquement parlant, c’est juste, pour lui, faute de n’avoir pas encore pu réaliser son rêve, à savoir réussir les retrouvailles, en gestation, de la famille libérale. C’est clair, comme l’eau de roche et, il l’a bien exprimé.</p>
<p>Alors, il me semble qu’il est temps pour la gauche sénégalaise de faire à présent son bilan exhaustif courageusement et sans complaisance ou ses états généraux. Et à la suite de cela, prendre ses responsabilités devant l’histoire pour partir du bon pied en toute autonomie ou indépendance avec ses propres armes, c’est-à-dire les valeurs incarnées par la gauche. Ce sera enfin l’occasion de se rassembler fortement, solidement, et mettre fin à cette dispersion infantile, comme une force majeure de gauche, capable de jouer sa partition dans la scène politique nationale. Toute autre voie que celle-ci ne serait que du verbiage inutile et une perte de temps, d’énergie et d’intelligence encore, qui retarderait la juste et idoine solution des problèmes de la gauche sénégalaise. A bon entendeur Salut.</p>
<p><strong>Mandiaye Gaye</strong></p>
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		<title>Analyse des Législatives du 30 juillet 2017 au Sénégal</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Aug 2017 09:16:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[analyse Législatives Senegal]]></category>
		<category><![CDATA[bilan législatives]]></category>
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					<description><![CDATA[&#160;    Les enjeux Les élections Législatives du 30 Juillet 2017 se tenaient après cinq années de pouvoir de BBY du Président Macky Sall,  et à deux ans de l’élection présidentielle&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<ol>
<li class="list"><strong>   Les enjeux</strong></li>
</ol>
<p>Les élections Législatives du 30 Juillet 2017 se tenaient après cinq années de pouvoir de BBY du Président Macky Sall,  et à deux ans de l’élection présidentielle de 2019.</p>
<p>Ce qui en fait pour BBY, une élection,  à la fois,  de  <strong>«  bilan</strong> » et de  <strong>« perspectives</strong> »,  dont  l’issu devrait donner des indications sur les  chances du Président sortant Macky Sall,  de  se faire ré élire.<br />
<span id="more-12527"></span><br />
Pour l’opposition, ces Législatives étaient considérées  comme une élection présidentielle anticipée, dont l’objectif déclaré  était d’obtenir une  » <strong>majorité parlementaire</strong> » pour imposer une <strong>«  cohabitation</strong> » à fin de faire partir  le Président Macky Sall, à cette occasion.</p>
<p>Ainsi,  le pouvoir craignait, en cas de perte de « <strong>majorité parlementaire</strong>« , de ne pas pouvoir terminer le mandat du Président de la République dans la stabilité et la paix civile, tandis que  pour  l’opposition, une défaite compromettrait gravement ses chances pour les Présidentielles  de 2019.</p>
<p>Donc, il ne s’agissait plus d’une élection législative ordinaire où l’enjeu exclusif est le contrôle de l’Assemblée nationale en  rapport avec  la mise en œuvre de la Politique du Pouvoir Exécutif, mais de Législatives, où le sort du  Pouvoir exécutif lui-même, et non  le contrôle de sa Politique,  était  l’enjeu principal.</p>
<p>D’où,  la nature référendaire que l’opposition a voulu donner  à ces Législatives lors de la campagne électorale, après avoir perdu le référendum de 2016 sur la révision de la Constitution, sur lequel elle avait misé  pour atteindre son  objectif de faire tomber le pouvoir de BBY du Président Macky Sall.</p>
<p>Les Législatives du 30 juillet 2017, portaient donc sur ses flancs, de par ces enjeux, un véritable risque de déstabilisation des Institutions de la République, de violence,  et de rupture de la paix civile dans notre pays.</p>
<p>C’est conscient de ces risques, qu’il faillait tout faire pour établir la confiance des populations dans le processus électoral, et la sérénité parmi les protagonistes aux Législatives.</p>
<ol>
<li value="2"><strong>Les protagonistes</strong></li>
</ol>
<p>Face  au Pouvoir et à sa coalition BBY, l’opposition avait tenter, pour ses franges les plus significatives, de présenter une coalition unitaire en mesure de l’affronter pour atteindre son objectif déclaré de conquête d’une « <strong>majorité parlementaire</strong> » pour imposer une <strong>« cohabitation</strong> ».</p>
<p>Mais, dès  qu’il était devenu clair qu’un tel objectif, constitutionnellement,   ne serait pas productif de changement de gouvernement et de Politique économique à leur souhait, une bonne partie de l’opposition significative s’est repositionnée dans une perspective de devenir «  <strong>Chef  de l’opposition</strong> » avec tous les privilèges attachés à ce rang.</p>
<p>Ce virage a  contrarié les objectifs électoraux de Wade, qui tenait à conserver l’unité de l’opposition derrière lui et son Parti, pour pouvoir obtenir une <strong>«  majorité parlementaire »,</strong> alors que tous les  autres Chefs de Partis de cette coalition initiale, n’en voulaient plus, et cherchaient à se donnaient des marges pour les Présidentielles de 2019, qui passent par le statut du <strong>«  Chef de l’opposition </strong>», ou  le statut de <strong>«  Député du peuple ».</strong></p>
<p>Ce virage a été facilité par deux circonstances, dont l’une est le refus de cautionner la stratégie de Wade de leur imposer par les urnes, son fils comme le <strong>« Chef de l’opposition</strong> » même non élu, et l’autre, c’est le mode de scrutin qui permet de  devenir «  D<strong>éputé du peuple »</strong> par la méthode du <strong>«   plus fort reste</strong> », grâce à l’existence de la «  <strong>Liste proportionnelle à côté de la Liste majoritaire</strong> ».</p>
<p>Dans le premier cas, c’est le refus de Wade  «  <strong>Tête de liste</strong> » qui l’a illustré, et dans le second cas, c’est le refus de plusieurs ténors de l’opposition  dont Abdoul Mbaye, Sonko, Gadio,  de participer dans l’une des  deux grandes coalitions.</p>
<p>Cette dispersion des grands ténors de l’opposition a été amplifiée par le succès de la lutte des Démocrates et Républicains du pays,  contre le système électoral censitaire,  hérité de Wade qui portait la caution à verser pour participer aux Législatives, à des niveaux exclusivement réservés au <strong>« Pouvoir d’argent</strong>« .</p>
<p>Ce sont ces trois éléments qui ont permis la mise en compétition, pour les Législatives du  30 juillet 2017,  de  <strong>47</strong> listes  de candidats, qui ont suscité des réactions qui mettent en cause, à tords, les acquis de notre peuple qui ont enlevé tous les obstacles artificiels au droit du citoyen Sénégalais de créer son Parti politique, ou de militer dans celui de son choix.</p>
<p>Au lieu de remettre en cause leur propre stratégie de <strong>«  positionnement politique »,</strong> l’on s’attaque aux libertés d’organisation acquises depuis 1981, par notre peuple,  au prix de très lourds sacrifices de ses fils et filles, contre le « <strong>monopartisme »</strong>, la théorie du «  <strong>Parti dominant »</strong>, et la  »  <strong>Loi des courants idéologiques ».</strong></p>
<p>Ainsi, les Législatives du 30 juillet 2017 ont été l’occasion pour l&rsquo;opposition, de mettre en cause les acquis démocratiques comme  le  <strong>«  multipartisme intégral</strong> », et la lutte contre <strong>« le système électoral censitaire »</strong>.<br />
Les forces anti démocratiques et le <strong>« pouvoir d’argent</strong> », en exploitant abusivement l’existence des <strong>47 </strong>Listes en compétition,  se sont mobilisés contre le régime de BBY du Président Macky Sall,  lors de ces Législatives pour  l’accuser de financer cette prolifération de Listes par la  corruption.<br />
Les effets du système électoral doté d’une <strong>«  Liste majoritaire</strong> » et d’une <strong>«  Liste proportionnelle </strong>», et la forte baisse de la <strong>«  caution</strong> », qui ont  favorisé le positionnement électoral individuel en leur sein au détriment de coalition de forces,   ont été royalement ignorés dans l’explication de l’avènement de ces <strong>47</strong> Listes.<br />
C’est sur cette base  qu’ils ont mis en œuvre toute une stratégie pour décrédibiliser le processus électoral, afin de pouvoir légitimer leurs contestations des résultats,  au cas où ils leur seraient défavorables.</p>
<ol>
<li value="3"><strong>Stratégie de décrédibilisation  du système électoral</strong></li>
</ol>
<p>A la  sortie du Référendum de Mars 2016, le faible taux de participation au vote avait  ressuscité  la problématique de l’existence d’un <strong>«  stock mort</strong> » d’environ <strong>un million d’inscrits</strong> dans le fichier électoral de <strong>5</strong> millions, qu’il faillait éliminer par une nouvelle refonte avant la tenue des Législatives.</p>
<p>Cette nécessité fut unanimement admise par les acteurs politiques et  la société civile du pays.</p>
<p>C’est pour cette raison que le gouvernement a choisi de procéder à cette refonte du fichier électoral à  travers la mise en place de la nouvelle Carte d’Idendité biométrique adoptée par la CEDEAO.</p>
<p>Ce faisant, le gouvernement avait proposé, pour éliminer le <strong>« stock mort</strong> » de demander, lors des inscriptions, aux citoyens de confirmer leur désir d’obtenir «  <strong>une Carte d’Identité jumelée à une Carte d’électeur »</strong>, ou leur  <strong>« Carte d’Identité</strong> » uniquement.</p>
<p>Cette proposition a soulevé une levée de bouclier de la part de l’opposition qui y voyait une manœuvre du pouvoir pour rayer leurs sympathisants du fichier électoral.</p>
<p>Le gouvernement dut y renoncer pour que cesse cette polémique artificièlement créée  par l’opposition, pour semer le doute dans l’opinion quant aux intentions du gouvernement dans la refonte du fichier électoral.</p>
<p>Cette reculade du gouvernement a empêché de liquider le «  <strong>stock mort »</strong> du fichier électoral.</p>
<p>Il était donc retenu par consensus, acté par une loi adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale, de viser un enrrolement  dans le nouveau fichier électoral de <strong>4</strong> millions d’inscrits dotés de la nouvelle Carte  CEDEAO, mais,  si ce nombre n’a pas été atteint à la fin des inscriptions, l’ancien fichier électoral  de <strong>5</strong> millions d’électeurs avec son <strong>«  stock mort</strong> » serait  utilisé pour les Législatives du Juillet 2017.</p>
<p>Ce consensus  sur le processus électoral a aussi prévalu lors de la révision du Code électoral où les rares points de divergence ont été soumis, comme à l’accoutumé, à l’arbitrage du Président de la République.<br />
Mais le premier couac dans ce consensus est intervenu au sein du Comité de Suivi du processus électoral, lorsqu’une partie de l’opposition a refusé de siéger avec des représentants d’autres partis légalement constitués, au prétexte que ce sont des forces de diversion.<br />
Cette volonté manifeste de l’opposition de se donner ainsi un prétexte pour se démarquer du reste du processus électoral afin de justifier leur refus d’une défaite éventuelle, met à nu leur objectif véritable de décrédibilisation du scrutin de juillet 2017.<br />
Et comme l’occasion fait le larron, cette partie de l’opposition s’est jetée sur les problèmes techniques rencontrés dans les inscriptions, l’édition et la distribution des nouvelles cartes CEDEAO, pour tenter d’obtenir le report des Législatives de Juillet 2017, pour s’en servir pour accuser le gouvernement de <strong>«  sabotage »</strong> du processus électoral à des fins de pérénisation de sa majorité parlementaire.<br />
Le gouvernement n’est pas tombé, cette fois, dans ce piège évident, en assumant toutes ses responsabilités pour la tenue, le 30 juillet 2017, des Législatives, comme cela a été convenu à cause de la période du Ramadan.<br />
C’est devant cette situation de crispation des rapports entre le pouvoir et cette frange de l’opposition qui était en train de polluer l’atmosphère politique, que les organisations de la Société civile du pays ont entrepris une médiation pour restaurer un dialogue sur le reste du processus électoral, afin d’obtenir un consensus devant permettre la tenue des Législatives à date échue, dans un climat de paix civile.<br />
IV) <strong>Tentatives de médiation de la Société civile.</strong><br />
Les organisations de la Société civile durent intervenir à deux reprises pour tenter de nouer le fil du dialogue et obtenir un consensus pour permettre la tenue d’élection apaisée et crédible.<br />
Leur première intervention a été occasionnée par les débats consécutifs à la publication des Listes électorales.<br />
Après la  publication officielle des Listes retenues pour participer aux Législatives du 30 juillet 2017,  leur nombre de <strong>47</strong> avaient suscité des craintes sur la faisabilité du scrutin à cause de  ce qui fut considéré comme une pléthore de candidatures.<br />
Cette floraison de Listes de candidature fut attribuée, à tords,   au nombre de Partis politiques légalement constitués qui sont  <strong>285</strong> à la date du 15 juin 2017, selon les sources du Ministère de l’Intérieur, en occultant,  les effets conjugués , sur l’avènement de ces <strong>47</strong> Listes concurrentes,  de  la baisse drastique de la <strong>«  Caution</strong> »,  qui est passée de <strong>65</strong> millions à <strong>15 </strong>millions pour réduire le caractère censitaire de notre système électoral, et de  l’échec de la coalition de l’opposition,  qui a implosé à la veille des dépôts des Listes de Candidature.<br />
Ce fut encore une nouvelle occasion, pour les forces rétrogrades de notre  société, de dénoncer le <strong>«  multipartisme intégral</strong> »  à qui est attribué les difficultés probables de l’expression du suffrage du citoyen le jour du scrutin.<br />
Ces forces veulent faire oublier à quel prix, le peuple Sénégalais  a conquis cette importante avancée démocratique, qui est passée, sous le magistère de Léopold Senghor, à l’époque de « l’ouverture démocratique limitée »,  de <strong>4 </strong>Partis  à  <strong>39</strong> Partis sous  Abdou Diouf  entre 1980 et 2000.<br />
C’est avec la première Alternance sous  Abdoulaye Wade  de 2000 à 2012 que l’on a assisté à une véritable envolée avec la création  <strong>143 </strong>partis  nouveaux, avant d’enregistrer   entre les deux tours de la présidentielle 2012, à la création de <strong>11</strong> nouveaux  partis à la date du 22 mars 2012.<br />
Depuis l’avènement de Macky Sall en 2012 jusqu’à  aujourd’hui,  ce sont <strong>99</strong> partis ont étés crées.<br />
C’est tout cela qui fait un  total de  <strong>285</strong> partis légalement constitués, pour une population estimée à <strong><a href="tel:14%C2%A0000%C2%A0000">14 000 000</a></strong> millions d’habitants.<br />
C’était pour dissiper l’accumulation de craintes qui était devenue une source de nouvelles tensions entre le pouvoir et l’opposition, qu’un atelier de simulation  du vote fut  organisé le 19 juin 2017 à Dakar, par <strong>l’ONG 3D</strong>, et auquel étaient conviés l’ensemble des acteurs politiques, la société civile ainsi que les  institutions impliquées dans l’organisation et le déroulement du processus électoral.<br />
Cet atelier  avait démontré en pratique,  que si l’on se limite aux dispositions de l’article <strong>L. 63</strong>,  qui dispose que « <strong><em>le scrutin ne dure qu’un seul jour et a lieu un dimanche</em></strong><em> », et de </em>   l’article <strong>L. 66</strong> du Code électoral  qui fixe le nombre d’électeurs, au plus, à <strong>600 </strong>par bureau de vote dans les communes, des milliers d’électeurs seront dans l’incapacité matérielle d’exprimer leur suffrage.<br />
D’où la forte recommandation de l’Atelier en direction des acteurs politiques et des autorités en charge de l’organisation et de la supervision des élections, de se concerter  pour trouver  un consensus sur les mécanismes à mettre en œuvre, pour alléger et simplifier les procédures de vote le jour du  scrutin.<br />
Sinon, cela participerait, sans nul doute,  à augmenter le <strong>taux d’abstention</strong>, mais <strong>contribuerait aussi et surtout à jeter le discrédit sur le scrutin</strong>.<br />
Devant le refus de l’opposition de tenir une telle concertation, le pouvoir dût recourir à l’Assemblée nationale, pour modifier la Loi électorale afin de faciliter le vote des citoyens tout en préservant son caractère « <strong>secret</strong>« .<br />
Ensuite, la seconde intervention de la société civile  a été occasionnée par les débats suscités  par les difficultés rencontrées dans l’édition et la distribution des Cartes électorales.<br />
En effet, seuls <strong>5</strong> millions avaient reçu leurs cartes, dont certaines comportaient des erreurs, faisant que  des citoyens inscrits attendaient encore leur carte CEDEAO sur un fichier de  6 millions d’électeurs,<br />
La barre des <strong>5</strong> millions de cartes distribuées étant franchie, le recours aux anciennes cartes que l’on devait faire au cas où  le fichier n’atteindrait   pas <strong>4</strong> millions de cartes CEDEAO, n’avait plus sa raison d’être.</p>
<p>Mais; le droit constitutionnel de vote,  pour tous les inscrits,  se posait donc comme un défi à relever par le gouvernement, en concertation avec l’opposition et Société civile, comme le recommande  le Protocole additionnel de la CEDEAO,  qui dispose que,  dans les pays de cet espace communautaire, au moins <strong>6</strong> (six) mois avant les élections, on ne doit pas modifier les règles du jeu, <strong>sans un large consensus entre les acteurs politiques</strong>, que l&rsquo;opposition a confondu avec <strong> » unanimité des partis politiques</strong>« !.<br />
C’est ainsi que, conjuguant leurs efforts et moyens, le <strong>COSCE</strong> et la <strong>PACTE</strong> ont entamé, en toute responsabilité, des discussions le <strong>5 </strong>juillet 2017 avec une frange importante de l’opposition et  a abordé avec elle, les sujets ayant trait  à la révision de l’article <strong>L 78</strong>, l’audit du fichier électoral, la production et  la distribution des cartes et la mise à disposition du fichier électoral aux acteurs politiques etc.<br />
Voilà un extrait de leur Communiqué qui fait foi..<br />
<strong>« Le 9 juillet 2017, le Président de la République a reçu la délégation de la Société civile qui, après avoir précisé avec les mêmes mots les limites de sa démarche, a abordé avec lui les sujets pouvant entrer dans l’ordre du jour de la rencontre avec l’opposition.</strong><br />
<strong>Lors de cette rencontre,  le Président s’est exprimé sur les différents sujets et a dit sa disponibilité à échanger avec l’opposition sur les questions soulevées.</strong><br />
<strong>Le 10 Juillet 2017, compte rendu est fait à la frange de l’opposition de la position présidentielle. Cette dernière nous a alors déclaré qu’elle n’était plus intéressée par cette rencontre avec le Président. »</strong></p>
<p>Les propositions de la Société civile stipulent que « <strong>les électeurs qui n’auront pas reçu leurs cartes pourraient voter soit, avec leurs anciennes cartes et leurs récépissés et tout document d’identification si le nom et le numéro figure sur la liste d’émargement</strong> ».<br />
Cette frange de l’opposition et la Société civile savaient,  que si les correctifs proposés ne sont pas mis en œuvre,  cela priverait les élections législatives du 30 juillet de la légitimité nécessaire pour être qualifiées de démocratiques et affecteraient fortement leur crédibilité.<br />
Le refus de concertation, à deux reprises, par cette frange de l’opposition,  s’expliquait donc par leur désir de voir les  élections du 30 juillet privées de toute légitimité, donc sujettes à invalidation, pour leur permettre de dérouler leur plan de contestation par la rue, et leur exigence de départ du Président de la République.<br />
Conscient de ses responsabilités face à cette situation exceptionnelle, le Président de la République dût s’adresser au Conseil Constitutionnel pour avis sur les recommandations faites par la Société civile.<br />
L’avis favorable du Conseil Constitutionnel permit ainsi de réunir toutes les conditions nécessaires pour un déroulement sans entrave du scrutin le 30 juillet 2017, et enlever à cette frange de l’opposition, tout prétexte de contestation des résultats basé  sur leur illégitimité !<br />
Il ne restait  donc plus  à cette frange de l’opposition,  que d’user de la violence dans la campagne électorale et le jour du scrutin,  pour empêcher le vote, ou obtenir un si faible  taux de participation qui leur  permettrait de rejeter les résultats par défaut de représentativité !<br />
D’où leurs discours guerriers,  les provocations auxquelles ils ont eu recours durant la campagne électorale, et le saccage d’un Centre de vote à Touba, privant plus de <strong>80.000</strong> électeurs de leur droit de vote, pour permettre à une frange de l’opposition, la Coalition Wattu SENEGAL, de remporter le Départent de Mbacké  qui est doté de <strong>5</strong> Députés !</p>
<ol>
<li value="5"><strong>Les Résultats du scrutin du 30 Juillet 2017</strong></li>
</ol>
<p>Bien que,  les inscriptions sur les listes électorales aient augmenté passant de <strong>5 368 783</strong> électeurs inscrits en 2012, à <strong>6 219 446</strong> électeurs inscrits en 2017,  les intimidations durant la campagne électorale, les nombreux retards dans le démarrage du vote,  et les dégâts importants  causés par les intempéries la veille du scrutin,   le taux de participation,  qui était en 2012   de  <strong>36,67%,</strong> est passé en 2017 à <strong>53,66%.</strong><br />
Ce taux  de  <strong>53,66 </strong> de participation, comparé  aux taux antérieurs de  1993, qui  de <strong>41 %,</strong> de   1998 qui était  de <strong>39,3 %,</strong> et de 2007 qui était de <strong>34,7 %,</strong> a coupé l’herbe sous les pieds de ceux qui voulaient l’utiliser à des fins de rejets des résultats du scrutin.<br />
Ensuite, comparativement aux élections législatives de 2012,  BBY avait obtenu <strong>119</strong> députés et, en 2017,  il se retrouve avec <strong>125</strong> députés, soit <strong>6</strong> députés en plus.<br />
Dans le même temps, l’opposition politique passe de <strong>31</strong> députés en 2012, à <strong>40</strong> députés en 2017, soit <strong>9</strong> députés en plus !<br />
Donc, sur les <strong>15</strong> Députés de plus par rapport à  la XII <sup>ème  </sup>Législature passée, dans la nouvelle Assemblée nationale, BBY n’en a obtenu que <strong>6</strong>,  contre <strong>9 </strong>pour  le l’opposition !<br />
Ainsi BBY, avec <strong>49,5%,</strong>  n’a pas atteint son objectif de <strong>55%</strong> du suffrage exprimé,  et a engrangé moins de nouveaux Députés dans la nouvelle Assemblée nationale que l’opposition.<br />
Les <strong>« réalisations</strong> » du gouvernement de BBY n’ont donc pas suffi comme <strong>« arguments électoraux »  </strong>pour gagner la majorité du suffrage exprimé, encore moins pour atteindre  ses objectifs de suffrage.<br />
En effet, les <strong>« dossiers judiciaires</strong> » , qui sont encore pendants , ont eu un très grand impact négatif sur les gains électoraux de BBY dans les deux  plus grandes circonscriptions électorales du Sénégal que sont Dakar et Pikine, dans lesquelles,  la victoire  y  a été acquise de justesse,  avec une faible marge par rapport à nos concurrents les plus en vue dans ces deux Localités que sont  respectivement,«  Taxawu SENEGAAL », et  «  Wattu SENEGAAL ».<br />
En outre, la controverse artificielle, savamment entretenue dans les médias et dans les réseaux sociaux, par l’opposition lors de la revue du Code électoral, et pendant la production et la distribution des Cartes d’Identité et d’Electeur, a impacté négativement sur l’opinion, notamment à Dakar et à Pikine.<br />
Par contre, dans la troisième plus grande circonscription électorale du pays  qu&rsquo; est le Département  de Mbacké ,  ce qui a fortement contribué à faire perdre BBY, ce sont, <strong>le saccage</strong> du plus grand centre de Vote de Touba qui a empêché plus de <strong>80000 électeurs</strong> d’exprimer leur suffrage, et <strong>les dissensions</strong> au sein  de l’APR  de la Commune de Mbacké qui ont abouti à d’importants  votes- sanction.<br />
C’est donc grâce au mode de scrutin  que BBY, avec  seulement <strong>49,5%</strong> du suffrage exprimé, a pu obtenir   une écrasante majorité de <strong>75,5%,</strong> principalement due  à la place, <strong>plus que prépondérante, du scrutin majoritaire par rapport au  scrutin proportionnel</strong>.<br />
Donc, toutes ces accusations de <strong>«  fraude</strong> » et « <strong>d’achats de conscience</strong> » proférées par l’opposition <strong>n’ont aucun fondement</strong>, et, par conséquent, <strong>tombent ainsi à l’eau</strong>.<br />
En effet, <strong>depuis 2000</strong>, les Sénégalais démontrent à chaque scrutin, que la <strong>«  circulation de l’argent »</strong> ne détermine pas leur vote dans le secret de l’isoloir, qui est un acquis démocratique de premier ordre, pas plus que  le « <strong>ndiguel </strong>» pour le vote qu’il a réglé   <strong>depuis 1988</strong>.<br />
Ainsi, avec un peuple comme le nôtre, aussi pétris dans ses acquis démocratiques, <strong>c’est une insulte grave  à son endroit</strong>,  que de continuer à l’accuser d’être <strong>«  achetable</strong> » pour son vote, rien que pour justifier sa déroute électorale.<br />
Au vu de tout cela, il était devenu impossible à l’opposition de dérouler son plan de contestation des résultats pour déstabiliser le pays et empêcher le Président Macky Sall de terminer son mandat, dans la stabilité des Institutions et dans la paix civile.<br />
Cependant,<strong>ce mode de scrutin fortement déséquilibré en faveur du scrutin majoritaire, a été le cadet des soucis de l’opposition lors de la revue du Code électoral, et pendant la Campagne électorale.</strong><br />
Au contraire, une bonne frange de celle-ci rejetait le scrutin proportionnel, au prétexte que les élus par ce biais, ne seraient  pas des «  <strong>élus du peuple</strong> »,   mais  «  <strong>ceux de leurs Chefs de Parti </strong>».<br />
Si le mode de scrutin était modifié selon leur vœu, combien d’entre eux seraient exclus aujourd’hui de l’Assemblée nationale !<br />
Le cas échéant, la nouvelle Assemblée nationale n’aurait eu que la <strong>représentation de trois coalitions politiques</strong> qui seraient BBY qui aurait <strong>159</strong> Députés au lieu de <strong>125</strong>,  Wattu SENEGAL qui  aurait <strong>6 </strong>Députés au lieu de<strong>19</strong>, tandis que  et la Coalition de Baldé  grâce à sa victoire à Kédégou. aurait eu <strong>1</strong> Député au lieu de <strong>2</strong>. Wattu n’aurait pas pu former un <strong>«  Groupe parlementaire » </strong> avec <strong>6 </strong>Députés !<br />
Ce serait alors un très grave recul dans la représentation nationale au Sénégal !<br />
L’opposition ne peut donc pas <strong>se plaindre de sa propre turpitude</strong>, en accusant la <strong>« fraude</strong> » et les « <strong>achats de conscience</strong> » pour justifier l’ampleur de la majorité parlementaire de BBY !<br />
Ceux qui ont voulu  annihiler cet important acquis de la démocratisation de la représentation nationale et locale, que constitue l’introduction du scrutin proportionnel dans notre système électoral, sont incontestablement des<strong>forces rétrogrades</strong> qui se cachent derrière un «  <strong>discours républicain et démocratique</strong> » pour accéder au pouvoir.<br />
Ces Législatives ont montré à quel point elles sont nocives, et devraient être partout démasquées et combattues avec détermination.<br />
Faut-il le rappeler que  cet acquis est concomitant avec les acquis démocratiques du peuple sénégalais contre le régime de Parti Etat qui  s’est installé dans notre pays,  grâce au  scrutin majoritaire unique,  qui est basé sur des <strong>« barons locaux</strong> » avec leurs <strong>« fiéfs électoraux</strong> ».<br />
Qu’il soit à deux tours comme en France, ou à un seul tour comme au Sénégal, le scrutin majoritaire, par essence, consacre le <strong>« pouvoir d’argent</strong> » au niveau local, dans tout système électoral basé sur le suffrage universel.<br />
C’est pour cela, les forces progressistes du monde entier militent pour  un scrutin proportionnel, qui brise le <strong>« baronat local »</strong> et le <strong>« pouvoir d’argent</strong> » pour supprimer leurs <strong>« fiéfs électoraux </strong>», et consacrer <strong>le pluralisme dans les  institutions représentatives élues au suffrage universel.</strong><br />
Au Sénégal, le mode de scrutin pour la représentation nationale, a évolué d’un scrutin majoritaire <strong>de 100%, à  50% en 1998, à travers une âpre lutte des Républicains et Démocrates, au centre desquels se trouvaient AND Jeff et Le PAI.SENEGAL devenu PIT.</strong><br />
En France, Macron, <strong>en 2017</strong>,  veut réformer le mode de scrutin pour y introduire une dose de scrutin proportionnel dans une perspective de réduction du poids du scrutin majoritaire que notre peuple a obtenu depuis le Code électoral consensuel de <strong>1992</strong>.<br />
Cependant,  au Sénégal, depuis l’avènement de Wade avec la première Alternance, c’est le sens inverse qui est opéré, avec l’augmentation de la part du scrutin majoritaire par la création  de <strong>nouveaux Départements territoriaux au Sénégal</strong>, qui a redonné au scrutin majoritaire <strong>60% des sièges de l’Assemblée nationale,</strong> pour ne  laisser que <strong>40% </strong>au scrutin proportionnel, <strong>alors que, paradoxalement,  dans les Collectivités Locales, la règle des 50%  continue de rester en vigueur !</strong><br />
Cette dérive vers le scrutin majoritaire s’est accentuée sous Macky, avec la création de <strong>nouveaux Départements électoraux dédiés à la diaspora</strong>, qui a porté le scrutin majoritaire de <strong>60% à 63,6%</strong> !<br />
<strong>Ainsi, à moins d’augmenter considérablement le nombre de Députés pour permettre un ré équilibrage approprié  des modes de scrutin pour une plus grande représentation  qui reflète adéquatement le suffrage exprimé dans les urnes</strong>, <strong>il n’y a, pour ce faire, d’autres  recours, que  la suppression du scrutin majoritaire en faveur d’un scrutin proportionnel intégral</strong>.<br />
Cependant, compte tenu des contraintes budgétaires du pays, notamment en matière de <strong>« </strong> <strong>Masse salariale »,</strong> qui ne permettent pas une nouvelle augmentation du nombre de Députés sans réduction de leur traitement et avantages sociaux, <strong>le Sénégal est aujourd’hui mûr pour cette évolution démocratique.</strong></p>
<ol>
<li value="6"><strong>Conclusion</strong></li>
</ol>
<p>Les Législatives du 30 juillet 2017 viennent de montrer  le rôle qu’ont  joué dans l’expression du suffrage des citoyens,</p>
<ul>
<li class="list">a)  les « <strong>dossiers judiciaires pendants</strong> », qui constituent un <strong>«  passif judiciaire »,</strong></li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<ul>
<li class="list">b) la « <strong>lumpun-nisation »</strong> de la banlieue de la Commune de Touba, due à l’aflût massif et incontrôlé de <strong>«  santhianes »</strong>, qui pourvoie des <strong>« nervis »</strong> pour  les trafics de drogue, de médicaments, et autres, et pour des «  <strong>crimes, délits  et autre vandalisme</strong> » à la disposition du <strong>«  grand banditisme</strong> » et de « <strong>politiciens véreux</strong> »,</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<ul>
<li class="list">c) les dissensions encore persistantes au sein de l’APR dans certaines Localités,</li>
</ul>
<p>&#8211;   d) les médias et les réseaux sociaux dans les grands centres urbains, notamment à Dakar, Pikine et Touba., assiégés par l’opposition, pour entretenir une controverse artificiellement créée par l’exploitation abusive et politicienne des difficultés et autres couacs dans le processus électoral, qui constituent un «  <strong>passif dans le processus électoral »,</strong> et par des dissidents de l’APR pour appeler à des votes – sanction.<br />
Ce sont ces  constats qui découlent d’une évaluation objective des Législatives du 30 juillet 2017, qu’il faudrait prendre en compte en perspective de la Présidentielle de 2019.<br />
C’est pour cela, que le « <strong>passif judiciaire</strong> » devrait être résorbé pas plus tard que mi- 2018, afin que tous les dossiers entre les mains de la CREI et de l’OFNAC, et tous les politiques en liberté provisoire, voient leurs procès tenus pour mettre fin à la «  <strong>politisation de dossiers judiciaires </strong>» qui vicient l’atmosphère.<br />
En outre,  la « lumpun-nisation » de la Banlieue de Touba devrait connaître le même traitement administré à Pikine et à  Guediawaye, pour promouvoir une politique d’assainissement, d’urbanisation, et de création d’emploi,  en mesure de rendre cette troisième agglomération de notre pays,  plus sécurisée et plus prospère.<br />
De même, le «  <strong>passif dans le processus électoral</strong> » devrait être résorbé en préservant les acquis démocratiques que sont  le <strong>«  multipartisme intégral</strong> », et le rééquilibrage du mode de scrutin en faveur de la «  Proportionnelle » pour les Elections de représentation nationale et Locale, qui sont  devenus la cible des forces rétrogrades de notre pays.<br />
Pour ce faire, il est recommandé de recourir aux propositions de Réforme des Institutions  faites  par la CNRI, notamment en matière électorale.<br />
A cet effet, la CNRI  propose à la <strong>Section 3</strong>  de son avant-  Projet de Constitution, la création d’une « <strong>Autorité de Régulation de la Démocratie</strong> » qui stipule dans son <strong>Article 143</strong> :<br />
<strong>« L’Autorité de Régulation de la Démocratie</strong> a pour mission le contrôle et la supervision de l’ensemble du processus électoral ou référendaire, de l’inscription sur les listes électorales jusqu’à la proclamation provisoire des résultats. Elle assure également le contrôle de la régularité du fonctionnement et du financement des partis politiques, la vérification du financement des  campagnes électorales. Elle organise la tenue de concertations régulières entre les acteurs du jeu politique.<br />
En matière électorale, l’Autorité de Régulation de la Démocratie veille, en particulier, à la fiabilité du fichier électoral et à la bonne organisation matérielle des opérations électorales et référendaires. Elle  fait respecter la loi électorale de manière à assurer la régularité, la transparence, la sincérité des scrutins en garantissant aux électeurs, ainsi qu’aux candidats en présence, le libre exercice de leurs droits.<br />
Les autres attributions, l’organisation et le fonctionnement de l’Autorité de Régulation de la Démocratie ainsi que le nombre, le mode de désignation et le statut de ses membres sont fixés par une loi organique. »<br />
La transformation de la CENA en cette «  <strong>Autorité de Régulation de la Démocratie</strong> »  élargit notablement ses compétences, dans des domaines qui jusqu’ici relèvent de celles du Ministre de l’Intérieur, à savoir : « <strong>le contrôle de la régularité du fonctionnement et du financement des partis politiques </strong>», et  «<strong> l’organisation de  la tenue de concertations régulières entre les acteurs du jeu politique »</strong>.   Elle se voit aussi doter d’une compétence nouvelle, celle de  <strong>«  la vérification du financement des  campagnes électorales »</strong>.<br />
Ces mutations sont venues à maturité, compte tenu des dispositions nouvelles sur les Partis Politiques contenues dans  la nouvelle Constitution issue du Référendum de Mars 2016, comme <strong>le «  Statut du Chef de l’Opposition</strong> », le <strong>« Financement des Partis politiques ».</strong><br />
Le Ministère de l’Intérieur n’a pas été capable  d’assurer « <strong>le contrôle de la régularité du fonctionnement et du financement des partis politiques</strong> »  pour éviter à notre pays l’existence de Partis politiques  en toute illégalité qui donnent l’impression désolante d’un pléthore qui motive les forces rétrogrades à s’attaquer au «  <strong>multipartisme intégral</strong> » acquis de haute lutte par notre peuple.<br />
De même, milite pour cette évolution de la CENA, l’institutionnalisation d’un <strong>«  Dialogue national »</strong>  par le Chef de l’Etat, qui est différent du <strong>«  Dialogue politique  »</strong> qui réduit la concertation aux seuls membres de Partis politiques.<br />
Le <strong>« Dialogue politique</strong> » n’a jamais pu  prospérer au Sénégal et a montré ses limites avec la crise post électoral de 1988, où Wade et Diouf n’ont jamais pu trouver un consensus pour le surmonter.<br />
Il a fallu le départ de Collin et les propositions de Gouvernement d’Union Nationale du PIT pour sortir de cette crise, que Wade dût négocier directement avec Diouf sa participation à un tel gouvernement, en laissant en rade ses alliés de l’opposition qui réclamaient avec lui, un <strong>«  gouvernement  d’Union Nationale de Transition »</strong>  pour organiser le départ de Diouf.<br />
C’est l’avènement de ce gouvernement dit de <strong>« Majorité Présidentielle Elargie »</strong> avec la  participation, à côté du PS,  du  PDS et  du PIT, que les conditions politiques furent réunies  pour tenir un «  <strong>Dialogue national sur le système électoral</strong> » en 1992  avec la participation de la Société civile, pour doter à notre pays, pour la première fois de son histoire électorale, un  » <strong>Code électoral consensuel</strong>« .<br />
Depuis lors,  c’est le <strong>«  Dialogue national</strong> » qui a permis d’organiser des élections apaisées, même si celles de 1993 ont  été émaillées  de la démission du Président du Conseil Constitutionnel face au blocage de la Commission nationale de Recensement des votes  lors de la Présidentielle de Février,   suivie  du  meurtre du Vice- Président du Constitutionnel  lors des Législatives de Mai de la même année.<br />
Mais, contrairement aux déclarations de nombreux intervenants sur les propositions de la CNRI, <strong>celles-ci ne remettent  pas en cause l’organisation matérielle des élections et du référendum par le Ministère de l’Intérieur.</strong><br />
Ceux donc qui s’en réfèrent pour demander son désistement ont tout faux. La CNRI <strong>ne propose pas une CENI</strong>, mais une «  <strong>Autorité de régulation de la Démocratie</strong> » qui accroît les prérogatives de la CENA dans le processus électoral et dans  la vie politique dans le pays.<br />
Une telle évolution devrait réduire le champ de manœuvres  de toute opposition malveillante qui chercherait  à discréditer le processus électoral dans notre pays, en désinformant sciemment l’opinion en vue de la faire douter de la transparence du processus électoral pour des buts non avoués.<a name="m_-6382656895827745227_m_7524568216510383434__GoBack"></a><br />
Maintenant que notre pays est doté de pétrole et de gaz  fortement convoités, il est de la responsabilité de BBY de réduire,  à leur plus simple expression, les marges de manœuvres des Multinationales et de leurs Etats, qui font des élections présidentielles en Afrique,  leurs  » Fonds de commerce » pour l&rsquo;accès à ces ressources énergétiques, en corrompant des « <strong>élites</strong> » qu&rsquo;ils veulent placer ou maintenir au pouvoir, même au prix d&rsquo;une  » <strong>guerre civile</strong>« .<br />
Leur porte d&rsquo;entrée est toujours le  » <strong>passif dans le processus électoral » </strong>non vidé à temps, qu&rsquo;ils exploitent à fonds pour atteindre leur objectif d&rsquo;accès aux ressources énergétiques.<br />
C&rsquo;est pour cette raison, plus que jamais la <strong>cohésion et la solidarité</strong> devraient être de mise dans les rangs de BBY en perspective de la Présidentielle de 2019, pour <strong>relever le double défi de l&rsquo;organiser  dans la transparence et de la gagner dans la paix civile et la stabilité</strong>.<br />
Les Républicains et Démocrates  patriotes de tout le pays  sont interpelés, au lendemain de ces Législatives,   pour barrer la route <strong>aux forces rétrogrades</strong>  qui veulent  faire revenir ,  en arrière, le Sénégal  laïc, républicain et démocratique,  et <strong>aux forces apatrides</strong> qui veulent vendanger  ses nouvelles ressources énergétiques.<br />
Le gouvernement de BBY du Président  Macky Sall  a su admirablement déjouer tous les pièges liberticides et de chaos  mis en place durant le processus électoral des Législatives du 30 juillet 2017, et le jour du scrutin,  mais  il devrait redoubler d&rsquo;efforts, de vigilance et de détermination, pour qu&rsquo;il en soit ainsi à la Présidentielle de 2019.<br />
L&rsquo;Afrique et le monde entier nous regardent   et se demandent avec inquiétude,  est ce que les Républicains et Démocrates patriotes Sénégalais  sauront  relever , en 2019, le défi  d&rsquo;élection transparente  de paix et de stabilité qui est leur  marque de fabrique qui fait de leur  pays une référence hautement appréciée ?<br />
BBY n&rsquo; a pas le droit de décevoir!</p>
<p><strong>Ibrahima SENE PIT/SENEGAL/ BBY </strong></p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>Ces affiches géantes enfin débarrassées de nos vues</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Feb 2017 20:11:43 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[affiches de Macky Sall dans Dakar]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le mardi 10 janvier 2017, on pouvait lire ce qui suit, dans un journal de la place : « <em>Macky Sall était partout. Depuis hier, lundi 9 janvier, il n’est nulle part. C’est que l’image du chef de l’État, qui ornait les grandes affiches visibles à travers la capitale depuis quelques mois, a complètement disparu</em>. » Et le même journal de préciser que c’est le Premier Ministre Mahammad Dionne qui a demandé aux services concernés de faire rapidement ce travail de nettoyage.<span id="more-12510"></span> « <em>Je ne veux voir aucune affiche au retour du Président d’Abuja</em> », avait lancé M. Dionne à ses interlocuteurs. Il répercutait ainsi une directive du Président Macky Sall lui-même qui, semblait-il, « <em>ne supportait plus cette campagne d’affichage qui sentait fort le culte de la personnalité du chef dans une dictature </em>».</p>
<p>Le Premier Ministre ‘’<em>avait avalé ma bouchée</em>’’ car, dans la même période, je réfléchissais sur une contribution à laquelle j’avais déjà donné le titre suivant : « <em>Des pratiques qui rappellent, toutes proportions gardées, le culte de la personnalité dans les régimes des pays communistes des années 50</em>. » Tout d’un coup donc, le Président de la République ne veut plus voir ces affiches géantes et omniprésentes qui portaient son effigie. Qu’est-ce qui a bien pu se passer ? On peut légitimement se poser cette question si on considère que, pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, il s’est bien accommodé de ces affiches. Peut-être même, en était-il ravi puisque l’autoroute et la Corniche Ouest qu’il emprunte au cours de ses nombreux déplacements en étaient jalonnées. Elles étaient aussi omniprésentes dans les villes de Pikine et de Guédiawaye après qu’il y a tenu ses conseils de ministres délocalisés. Ces affiches, visibles dans toutes les localités de l’intérieur qu’il visitait, faisaient donc bel et bien partie de sa pratique politicienne. Et, jusqu’à preuve du contraire, elles accompagneront encore le politicien-propagandiste pur et dur qu’il est.</p>
<p>En attendant, nous nous interrogeons sur la pertinence et le coût de ces affiches géantes, de ces nombreuses, très nombreuses affiches toutes marron-beige qui relèvent plus de propagande que de souci de développement. Combien nous coûtent-elles finalement et pour quelle efficacité ? Qui les commandait  et auprès de qui ? Sur quelles bases ? Par appel d’offre ou par entente directe ? Nous n’aurons sûrement jamais de réponses à ces questions-là, tant que Macky Sall est Président de la République. Mais, il arrivera bien un moment où nous en aurons le cœur net, car la nébuleuse gouvernance des Sall n’est pas éternelle, malgré l’existence de mouvements de soutien comme « <strong><em>Ak</em></strong> <strong><em>Macky ba faww</em></strong> », et des prières de certains chefs dits religieux qui vont dans le même sens. Ces affiches géantes, qui ont gêné tout d’un coup le président-politicien, accoucheront peut-être de gros scandales, comme la rénovation de l’avion de commandement « La Pointe de Sangomar », le montage financier du Monument de la Renaissance africaine, l’acquisition par l’Etat – plutôt par l’Etat-homme – des terres du Général Chevance de BERTIN à BAMBILOR, le Festival mondial des Arts nègres (FESMAN) et de nombreux autres qui ont jalonné une autre gouvernance nauséabonde : celle des Wade.</p>
<p>Arrêtons-nous un peu sur deux affiches de Dakar Dem Dikk (DDD). Sur l’une, alors présente partout à Dakar on voit, entre deux bus, le président-politicien debout et le directeur général-propagandiste en  médaillon, le tout agrémenté par deux slogans : « <strong><em>En route vers le Sénégal dem dikk</em></strong> », « <strong><em>Me Moussa Diop, DG de DDD, l’émergence en mouvement</em></strong> ». La seconde présente le président-politicien et le directeur général-propagandiste séparés par un gros bus. Le premier est tout en blanc habillé et le second en costume avec des dossiers à la main droite (qu’est-ce qu’ils viennent faire ici ?). Où a-t-il trouvé de l’argent, ce DG propagandiste, pour réaliser ces affiches géantes ? Si c’est l’argent de DDD, a-t-il le droit de l’utiliser pour faire de la propagande ? Si c’est le cas et ça l’est probablement, qui a réalisé ces affiches ? Sur quelles bases le DG-propagandiste lui en a-t-il confié la réalisation ? Quel est leur coût déclaré ? Quel est leur coût réel ?</p>
<p>Nous sommes bien fondés à nous poser ces questions si on sait que, à tort ou à raison, un rapport d’audit a mis en cause sa gestion des marchés. Il a donné une conférence de presse pour rejeter les conclusions du rapport du Cabinet (Business System Consulting) sans convaincre, apparemment (‘<em>’Walfadjri’’</em> du 24 janvier 2017, page 5). Ces affiches ridicules pourraient nous coûter très cher. Il pourrait en être de même de la caravane de bus neufs de DDD, tout aussi ridicule, qu’il a conduite à Tivaouane, à Ndiassane, à Touba, à Médina Baaye, etc., pour solliciter des prières. Pourquoi une caravane ? Un seul bus n’aurait-il pas suffi ? Peut-être même sa seule présence ? Dans les pays sérieux, les directeurs généraux de sociétés nationales  ont-il vraiment le temps de réaliser des affiches pour faire plaisir au chef de l’Etat (ou de gouvernement) ou conduire une caravane de bus pour aller solliciter des prières on ne sait où ? Il faut quand même, qu’au Sénégal, on arrête certaines pitreries. C’est par le travail, et par le travail seul que notre pays émergera. Nos gouvernants bavardent trop et passent le plus clair de leur temps dans des activités de propagande et de politique politicienne.</p>
<p>J’ai du respect pour les chefs religieux dont les prières sont sollicitées par le DG de DDD. Cependant, force est de reconnaître que ces prières n’auront aucun impact positif sur le fonctionnement de l’entreprise, s’il n’a pas pour socle la compétence, l’expérience, la gestion dans la vertu, l’organisation et la méthode. La caravane du DG de DDD est coûteuse pour rien, comme le sont d’ailleurs ses affiches géantes. La preuve, il a déjà maille à partir avec l’Agence de Régulation des Marchés publics (ARMP), et pourrait en avoir avec l’Inspection générale d’Etat ou la Cour des Comptes, si sa gestion générale était contrôlée par ces deux structures.</p>
<p>La grosse affiche consacrée au très coûteux Train Express régional (TER) a pour slogan « <em>Le temps de l’action</em> ». Il est vraiment temps de passer à l’action, à l’action de développement, sans tambour ni trompette. Nos gouvernants devraient la privilégier largement par rapport aux activités politiciennes coûteuses comme les « mobilisations exceptionnelles » pour la « massification du parti », les tonitruantes poses de premières pierres et inaugurations d’infrastructures. Pour accueillir une transhumante dans l’Alliance pour la République (APR), le Premier Ministre a conduit, jusque derrière Kaolack, une forte délégation composée d’au moins quatre ministres. Combien de litres de carburant ce déplacement politicien nous a-t-il coûtés ? Combien nous coûtent les nombreuses « mobilisations exceptionnelles » qui marquent les « rentrées politiques » ou « l’accueil des transhumants » dans le parti qui distribue les sinécures ?</p>
<p>Nous tous citoyens, nous toutes citoyennes, devrions avoir un regard plus appuyé sur le comportement général du Président de la République et, en particulier, sur l’utilisation qu’il fait de nos maigres deniers publics. Le budget national ne lui appartient pas en tant que Macky Sall. Ni à lui, ni à sa famille, ni à l’APR, mais est plutôt mis à la disposition du Président de la République confortablement élu le 25 mars 2012, pour gouverner mieux que son prédécesseur. Nous l’avons élu Président de la République de tout le Sénégal et non d’une quelconque coterie. Nous ne l’avons surtout pas élu pour construire des mosquées, des églises, des esplanades, des salles de conférences, des résidences pour hôtes dans les cités religieuses. Bien sûr que l’Etat a le devoir de les soutenir, mais il ne peut pas se substituer aux communautés pour tout prendre en charge. Combien de milliards faudrait-il alors pour satisfaire toutes les cités religieuses du Sénégal ? DIEU sait qu’il y en a beaucoup au Sénégal !</p>
<p>On entend souvent le président-politicien et son entourage exprimer publiquement leur fierté d’avoir investi plusieurs centaines de millions, voire des milliards de francs CFA dans tel ou tel foyer religieux au titre de sa modernisation. Pendant ce temps, les nombreux villages environnants où habitent les talibés manquent pratiquement de tout : eau potable, énergie électrique, piste de production, école, centre de santé, etc. Il convient de signaler également que les millions ou milliards déclarés pourraient être de très loin inférieurs aux montants effectivement investis. Malheureusement, il y a très peu de chance que nous en ayons le cœur net car, ils ne seront jamais contrôlés. En tout cas, tant que le président-politicien est aux affaires. La modernisation des cités religieuses ne pourrait-elle donc pas donner lieu à de sérieuses frustrations et à des dérives particulièrement graves ?</p>
<p>Cette question et d’autres passées en revue dans ce texte, ne sont-elles pas au moins aussi importantes que celles agitées par le landerneau politique et qui alimentent, au quotidien, la « Une » de nos journaux ? La composition de la délégation d’une coalition politique qui devait rencontrer le président-politicien n’a-telle pas occupé l’actualité pendant plusieurs jours, de même que le maintien ou non de son coordonnateur ? Les affiches géantes, les interminables publi-reportage, les « mobilisations exceptionnelles » et toutes les autres activités manifestement de propagande financées par l’argent du contribuable ne méritent-ils pas, avec la modernisation des cités religieuses, de retenir notre attention ? Au Sénégal, les gouvernants sont vraiment à la fête. Ils gouvernent comme bon leur semble, dans l’indifférence générale. Ils règnent pratiquement en maîtres sur des citoyens et des citoyennes qui donnent l’impression d’avoir perdu leur capacité d’indignation. Dommage !</p>
<p><strong>Dakar le 1<sup>er</sup> février 2017</strong></p>
<p><strong>Mody Niang</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Sénégal : face à ces terribles et récurrentes catastrophes d’accidents mortels de la route, quelle vraie solution contre nos routes qui tuent ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Feb 2017 19:57:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[accidents mortels sur la route au sénégal]]></category>
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					<description><![CDATA[Le grave accident de la route, survenu le 27 janvier 2017 à l’Est du pays dans la commune de Sagna, le énième du genre, avec son cortège d’une vingtaine de&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le grave accident de la route, survenu le 27 janvier 2017 à l’Est du pays dans la commune de Sagna, le énième du genre, avec son cortège d’une vingtaine de morts à peu près, interpelle encore le gouvernement à prendre avec une extrême urgence les mesures nécessaires. <span id="more-12508"></span>Oui, il est  vraiment temps et même urgent pour  l’Etat, de rompre définitivement avec cet immobilisme et ce laxisme coupables dont il fait montre, toujours. A cet effet, il lui faut enfin prendre sérieusement des mesures radicales concrètes, pour freiner définitivement cette série de catastrophes mortelles sur les routes sénégalaises.  Le gouvernement doit cesser dorénavant, cette pratique trompeuse ou fâcheuse habitude qui consiste à s’émouvoir ou de prononcer, juste après de telles catastrophes, de simples discours de menace musclés, qu’il oublie dès le lendemain ,et non suivis d’effets et de sanctions sévères. Alors qu’il fallait sévir énergiquement avec célérité contre tous ces délinquants récidivistes, et trouver de vraies solutions adéquates, qui mettraient fin à ces routes qui tuent chaque jour que Dieu fait. Nous assistons malheureusement tous, en des témoins impuissants et simples spectateurs à ces horribles scènes et parfois macabres. Dans de pareils cas, nous n’avons souvent, que nos yeux pour pleurer nos morts et déplorer ces faits récurrents, depuis des décennies. Mais, malgré du reste leur récurrence, la persistance invariable des mêmes causes, à savoir le défaut de permis de conduire en règle, les excès de vitesse, la vétusté du matériel de transport en commun, comme personnel, l’étroitesse et la défectuosité très avancée de nos routes, l’absence de surveillance et de sécurité routière dans les règles de l’art, l’indiscipline caractérisée des usagers de la route, etc. tout cela demeure impuni. En tout cas, jusqu’à présent.</p>
<p>Une telle situation est inadmissible et paradoxale, car malgré tout, l’Etat ne semble pas prendre suffisamment conscience de la gravité de cette catastrophe qui perdure. Sinon, pourquoi ne prendrait-il pas, courageusement depuis lors, des dispositions idoines, c’est-à-dire de trouver une solution radicale qui mettrait fin définitivement à cette pagaille, source de la tragédie que nous sommes en train de vivre. Oui, une tragédie provenant de nos routes et qui nous coûtent cher bêtement, des pertes incalculables en vies humaines et matérielles ?</p>
<p>En effet, les autorités sénégalaises, depuis Diouf, celui-là qui a démantelé et sacrifié la Régie des chemins du Sénégal au profit des ses camarades et amis transporteurs du Parti socialiste, et qui fut suivi, malheureusement par ses successeurs, qui ont manqué eux aussi d’intelligence, en ne corrigeant pas cette grave erreur. Par conséquent, ce sont en fait, et incontestablement nos gouvernants, les principaux responsables de toutes ces catastrophes qui nous arrivent par la route avec ces tombeaux ouverts (carcasses de véhicules circulant) de transports routiers.</p>
<p>Et, dans ma dernière contribution intitulée : « <strong>A qui la faute de ces nombreux et graves accidents mortels dans le pays ?<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a> »</strong> j’ai voulu montrer, preuves à l’appui, à travers cet article, que la responsabilité de l’Etat est pleine et entière dans tout ce qui advient dans ce secteur incontrôlé des transports routiers. En effet, à cause du laisser-aller et laisser-faire, du laxisme impardonnable, de l’impunité des contrevenants du code de la route, comme tous les fraudeurs dans ce domaine, l’inobservation des véhicules de transport inaptes à la visite technique, l’état défectueux de certaines routes, etc. dont l’Etat a fait montre jusque-là, avec une irresponsabilité inégalable, pour un Etat qui se respecte. Il est indéniable qu’aujourd’hui, compte tenu de la situation qui prévaut dans ce domaine, une réforme profonde et sérieuse dans le transport routier s’impose immanquablement, et, elle est même absolument incontournable. Mais, pour procéder à cette réforme audacieuse, l’Etat doit nécessairement, s’armer de beaucoup de courage, ou mieux, de la témérité pour l’accomplir. Car, en vérité, ce secteur des transports en commun routier se trouve entre les mains de lobbies, pour qui, l’argent qu’ils gagnent vaut mieux pour eux, que les nombreuses pertes en vies humaines que le pays subit. (la raison de leur surnom de Juifs). Et, il s’ajoute à cela, des syndicalistes irresponsables qui usent de chantage pour refuser toute réforme dans ce secteur, réformes cependant les plus raisonnables et salutaires. Ainsi, dans ce cas spécifique, comme dans tant d’autres, l’Etat tergiverse et fuit ses responsabilités, face aux puissants transporteurs routiers et leurs syndicats, qui dictent, dans la présente situation, leurs lois criminelles au gouvernement.</p>
<p>Alors, compte tenu de l’importance capitale et du caractère sécuritaire et d’intérêt général de cette question de transport routier, ainsi que les catastrophes qu’elle occasionne, il va de soi, que sa solution l’est tout autant importante.  Par conséquent, la décision suprême et les mesures idoines pour la solutionner sont forcément régaliennes et ne peuvent relever, que de l’Etat. En vérité, il faut oser le dire clairement, haut et fort, que l’Etat craint, comme la paste, d’affronter les transporteurs. Et pourtant, ce sont bien eux qui s’opposent sournoisement, contre le retour normal des chemins de fer au Sénégal sur le plan national. Et les transporteurs routiers, par crainte de voir leurs privilèges supprimés, leurs profits exorbitants minorés, donc, subir par conséquent un manque à gagner considérable, ils font des pieds et des mains pour que la mort des chemins de fer au Sénégal soit définitive.</p>
<p>Mais, assurément, qu’on le veuille ou non, l’unique solution et la plus efficace, contre tous ces nombreux accidents mortels de la route, passe nécessairement, par le retour dans les plus brefs délais de la Régie des chemins de fer du Sénégal sur l’ensemble de l’étendue du territoire national. N’en déplaise à tous ces lobbies cupides qui s’y opposent, pour leurs intérêts particuliers.</p>
<p>L’absence des chemins de fer jusque-là au Sénégal est, une chose incroyable, impensable, voire de l’hérésie. Sa suppression est même, dans une large mesure, vraiment, un non sens économique et culturel. Soulignons, qu’au-delà de son important rôle économique, il y a celui sécuritaire, qui assure un transport normal en toute sécurité, la plupart du temps. D’ailleurs, voilà pourquoi, cette absence est injustifiable, dans un pays comme le Sénégal, où l’on prône par-dessus tout, l’émergence. Elle est aussi incompréhensible et incongrue, pour beaucoup d’économistes observateurs attentifs. Ainsi, il est anachronique, que ces gens, qui nous gouvernent depuis des décennies, ne puissent comprendre cela ou plutôt admettre logiquement, que la vraie solution, face à ces catastrophes récurrentes de la route, passe forcément par le retour intégral de la Régie des chemins de fer au Sénégal ou des rails, selon. C’est pourtant aussi simple, comme bonjour et facilement compréhensible, pour tout esprit doué de raison. Et, c’est le contraire qui est une aberration.</p>
<p>J’avais publié le 16/04/2015 une contribution relative justement à cette absence de chemins de fer modernes au Sénégal, en ce XXIe Siècle, intitulée : «<strong>En dehors d’un réseau ferroviaire moderne dans un pays, il est utopique d’y prétendre l’émergence économique<a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a> ! ». </strong>Naturellement, en parlant de chemins de fer, bien entendu, je n’entends nullement par là, ce Train Express Régional (TER), mais une Régie qui couvre largement tout le pays. Pour rappel, j’écrivais ceci : <strong>« Le rôle d’un réseau ferroviaire moderne dans une économie nationale est capital et incontournable à notre époque, surtout dans un pays où l’industrie est presque absente. »</strong></p>
<p>Lorsqu’on observe bien nos routes avec leur état, par rapport aux différents gabarits de véhicules qui l’empruntent, on se rend parfaitement compte qu’elles sont inappropriées et n’ont pas été conçues pour les gros porteurs comme ceux maliens, qui transportent les hydrocarbures entre le Sénégal et le Mali par la route. Il est évident, que ce genre de marchandises ou produits, se transporte généralement par les rails, sinon, ces gros porteurs doivent emprunter des autoroutes conçues à cet effet et non, sur des routes où ils se mélangent avec tous en genres de véhicules, dont certains, sont en principe, propres à la casse, ou bien des voitures hippomobiles, etc. On ne peut, certes, nier l’importance des autoroutes lorsqu’il s’agit de rouler vite ou avec plus de fluidité. Mais, quand il s’agit d’utilité sociale et de rentabilité économique, c’est sans commune mesure avec les chemins de fer. Pour cette raison, en lieu et place de l’autoroute Ila Touba, il aurait mieux valu, c’est évident, économiquement, socialement et sécuritairement pour les populations, implanter un chemin de fer. Mais, l’Etat a t-il oublie que ce sont les mêmes conducteurs avec leur indiscipline caractérisée qui l’emprunteront et y circuleront ? Moralité. On le voit bien, on implante plus les infrastructures nationales, en tout cas routières, en fonction de leur utilité sociale ou rentabilité économique, mais pour faire plaisir, satisfaire des doléances privées ou le prestige du chef de l’Etat. Voilà pourquoi je soulignais dans le même article cité plus haut ce qui suit : <strong>« Il est démontré aujourd’hui dans le monde entier, que seuls les réseaux ferroviaires modernes peuvent satisfaire convenablement toutes les sortes de besoin en transport, qu’il s’agisse des produits agricoles, miniers, hydrocarbures, du bétail en grande quantité etc. Et tout cela est toujours transporté, en toute sécurité, jusque chez les consommateurs ou usines de transformation. Il est impensable, voire rare, de trouver aujourd’hui, un pays au monde, qui se respecte, sans disposer d’un réseau ferroviaire performant, moderne, confortable et très rapide. Par-dessus cela, le réseau dispose d’une grande capacité et d’un volume de transport voyageurs, ainsi que de toutes les autres formes de transport marchandises, allant des phosphates, minerais de fer, hydrocarbures, etc. Il offre en outre, plus de sécurité donc, de loin, moins d’accidents par rapport à la route et aux transports en commun routiers, qui ne cessent de tuer chaque jour.</strong></p>
<p><strong>Et, si par ailleurs le matériel roulant est bien entretenu, répond à la performance requise, est au diapason des progrès scientifiques et techniques actuels et se modernise constamment au fil du temps, il est certain que, dans ces conditions-là, la Régie offrira à ses voyageurs, tout le confort et le luxe nécessaires souhaités. » </strong></p>
<p>Il faut noter par ailleurs, que certains secteurs vitaux d’activité qui jouent un rôle important de service public ne doivent pas être privatisés, aux fins d’assurer leur régularité et permanence. Et je le faisais remarquer ainsi dans l’article précité: <strong>« Les chemins de fer sont un service de transport public de premier ordre. Et, à ce titre, ils doivent relever exclusivement de la souveraineté de l’Etat. Ils doivent donc rester sous son contrôle strict, et être gérés dans les règles de l’art, avec une extrême rigueur et compétence à toute épreuve. Ceci pour des raisons bien simples, qui tiennent à son importance économique capitale et stratégique pour le développement d’un pays. Et également, pour la place centrale qu’ils doivent occuper dans le dispositif sécuritaire, d’assurer le transport des personnes et des marchandises en toute sécurité jusqu’à l’arrivée à bon port. Par ailleurs, comme tous les services publics tels que la Santé, l’école de la République, la sécurité publique, le transport public routier, à l’image de Dakar Dem Dik…, par conséquent, ils ne doivent en aucune façon, être entre les mains de privés, quels qu’ils soient. » </strong></p>
<p>Mais, il ne faudrait point que l’on se voile aussi la face. Pour régler cette question épineuse, comme d’autres d’ailleurs, tels que la délinquance, le grand banditisme, la corruption, l’indiscipline caractérisée, l’incivisme et tous ces méfaits en général, l’Etat est tenu de faire face aux contrevenants, frontalement, avec vigueur et rigueur, en s’appuyant sur la force de loi. Cela va de soi et l’Etat devrait être le premier à le comprendre. Rappelons le bien au passage, <strong>que l’on ne lutte pas contre des délinquants dangereux et puissants, ou un mal, surtout pernicieux, avec simplement des paroles ou discours, fussent-ils les plus virulents. Il faut plutôt et nécessairement, prendre courageusement des mesures draconiennes concrètes, accompagnées d’une rigueur implacable.</strong> Car, les gens avec qui l’Etat a à faire, ne sont pas des enfants de cœur. Et la situation, relative à ces graves accidents, s’empire chaque jour davantage et devient insupportable et extrêmement grave.</p>
<p>Enfin, nous pensons utile de faire ce rappel historique, qui milite aussi amplement en faveur du retour de la Régie des chemins de fer sur l’ensemble de l’étendue  du territoire national. Oui, parce qu’elle avait effectivement contribué à désenclaver certaines localités et favoriser l’intégration nationale des populations, par la libre et facile circulation des marchandises et des personnes en toute sécurité. En effet, il est incontestable que la Régie des chemins de fer a joué historiquement un rôle très important dans la marche de notre pays, tant pendant la colonisation que durant les premières années de notre indépendance. Elle a beaucoup contribué au développement économique, social et culturel du pays, nonobstant à l’emploi d’une abondante main d’œuvre, qu’elle faisait nourrir avec leurs familles. Et, c’est bien davantage encore aujourd’hui, qu’elle pourrait encore contribuer à la réduction du chômage chronique chez nous, surtout au niveau des jeunes. Là où, nos transporteurs n’emploient que le minimum nécessaire de travailleurs. Et encore, ceci non dans les règles de l’art ni au respect du code et de la législation du travail. Par ailleurs, comme moyen de transport public sécurisant, la Régie offre, sans commune mesure, au-delà de la sécurité, des prix abordables, ainsi qu’une facilité de la circulation correcte et régulière des personnes et des marchandises à travers son réseau. Un réseau implanté sur ses voies ferrées excentrées par rapport aux agglomérations, par mesure de sécurité. Elle avait relativement, contribué également, au rapprochement des localités distantes, les unes par rapport aux autres.</p>
<p>Est-il besoin de rappeler aussi, que l’axe Dakar Bamako, qui fut relié par le chemin de fer avec un train express, a beaucoup servi économiquement et socialement, même pendant la brouille entre les deux pays. Et, jusqu’à présent, malgré le nombre important des gros porteurs routiers maliens et sénégalais en circulation, ils n’arrivent pas encore à suppléer le chemin de fer, tant en capacité qu’en volume de transport en toute sécurité.</p>
<p>Vivement, le retour de la Régie des chemins de fer du Sénégal, modernisée et dans les meilleurs délais.</p>
<p>Mandiaye Gaye</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> http://www.lequotidien.sn/a-qui-la-faute-de-ces-nombreux-et-graves-accidents-mortels-dans-le-pays/</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> http://www.dakaractu.com/En-dehors-d-un-reseau-ferroviaire-moderne-dans-un-pays-il-est-utopique-d-y-pretendre-l-emergence-economique-_a88199.html</p>
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		<title>Adieu El Commandante !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Nov 2016 16:36:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[a dieu Fidel Castro]]></category>
		<category><![CDATA[Fidel Castro mandiaye Gueye]]></category>
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					<description><![CDATA[Fidel Castro Ruz fut un homme qui s&#8217;était entièrement consacré à la révolution en général et à son pays en particulier, sa vie durant. C’est véritablement, un exemple de constance&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Fidel Castro Ruz fut un homme qui s&rsquo;était entièrement consacré à la révolution en général et à son pays en particulier, sa vie durant. C’est véritablement, un exemple de constance et de fidélité à ses convictions communistes profondes, comme cela doit l&rsquo;être pour tout homme d&rsquo;ailleurs, par rapport à ses convictions.<span id="more-12491"></span> Mais, ceci l’est davantage encore, lorsqu’il s’agit d’un homme politique. C’est cet homme, épris de justice sociale, qui a tant œuvré et qui s’était mis au service des déshérités qui vient de nous quitter ce 25 novembre 2016. Il s&rsquo;agit de Fidel Castro. Il a vécu, au prix de sa vie pour servir son pays, Cuba et l&rsquo;Amérique latine en général. Mais, également, pour soutenir toutes les luttes révolutionnaires, partout où elles se tiennent dans le monde. Il faut soulignera qu’il a parfaitement rempli sa mission et son contrat sur terre. Il fut solidaire avec les peuples d&rsquo;Afrique en lutte pour leur libération, en leur apportant toute l’aide nécessaire à sa disposition, tant en matériel que ressources humaines, ce que Mandela aurait pu témoigner éloquemment, s&rsquo;il était encore en vie parmi nous. Les hommes justes qui connaissent son engagement total et son œuvre diront que Fidel est parfaitement quitte avec sa conscience, et en plus à tout point de vue. Comme nous disons chez nous, Fidel Castro «doundam am na jariñ » sa vie a été bien utile. A Dieu Commandante !</p>
<p>A l&rsquo;endroit, de ceux qui sous-estiment l&rsquo;apport colossal de Fidel Castro pour son pays et pour recouvrer la dignité du peuple cubain, qui était presque réduit à l&rsquo;esclavage ou en simples objets, au service des Yankees ; ou bien minimiser sa contribution incommensurable à la libération des peuples d&rsquo;Amérique latine, d&rsquo;Afrique en général, d&rsquo;Asie, du monde arabe, etc. pour leur libération et leur autodétermination. Je les invite à prendre en compte la réalité concrète de la situation de Cuba avant la révolution. Ensuite, de l&rsquo;adversaire féroce, l&rsquo;impérialisme américain, qui se dressait sur sa route, pour empêcher la révolution cubaine de triompher sur cette terre d&rsquo;Amérique latine. Le monde entier est bien témoin que Fidel a vaincu incontestablement, sans concession aucune, le géant impérialisme américain. Justement, contre qui, beaucoup d&rsquo;autres pays, plus grands et plus nantis en moyens, ont cependant capitulé. Ne pas tenir en compte ce fait historique et important, c&rsquo;est totalement, faire preuve de subjectivisme borné et passer à côté d&rsquo;une analyse juste et objective de l&rsquo;histoire de la révolution cubaine sous la direction du leader Maximo, Fidel Castro.<br />
Il est vrai que nul ne peut faire l&rsquo;unanimité de l&rsquo;opinion de son peuple, mais on peut quand même, avoir la faveur de la majorité de son peuple, à cause des réalisations effectuées au profit justement des plus déshérités de la population. C&rsquo;est bien le cas de Fidel et de la révolution cubaine en faveur du peuple cubain. Peut-on penser objectivement, qu’on peut être l&rsquo;adversaire, de la plus forte puissance impérialiste mondiale, comme les USA, qui vous déclare ouvertement la guerre sans quartier ni de s&rsquo;en cacher, avec la ferme volonté de vous détruire, et le mot n’est pas fort, qui se trouve en plus à quelques encablures de votre territoire, dans une situation pareille, avez-vous réellement le temps de dormir sur vos deux oreilles et d&rsquo;un profond sommeil ? Il ne faut pas non plus, occulter que Fidel a résisté, ou plutôt, vaincu 11 présidents des USA, sans compter les opposants cubains qui ne rêvent que de la défaite de Fidel, pour reconquérir Cuba afin de le livrer à nouveau aux Yankees pour qu’ils en refasse le bordel qu’il fut, comme avant. Et, n&rsquo;oublions pas aussi que la CIA a déployé toutes ses forces pour liquider physiquement Fidel. La participation effective de la CIA par des campagnes de désinformation, pour ternir l&rsquo;image de Fidel et De Cuba, et les nombreux complots fomentés et les contre révoltions, etc. Mais toutes ces tentatives ont lamentablement échoué jusque-là. Fidel, le vaillant et l’intrépide Commandant en chef, seul avec ses propres moyens du bord, a fait échec à toutes ces tentatives. Je rappelle à l’endroit de ceux qui l&rsquo;ignorent encore. Il faut noter cependant, que malgré tout cela, le système éducatif cubain est reconnu par L’UNESCO comme l&rsquo;un des meilleurs et plus performants au monde. Également, son modèle de santé publique est reconnu par l&rsquo;OMS comme étant parmi les plus meilleurs et le plus efficace. Et, dans bien d&rsquo;autres domaines, Cuba sous Fidel a fait des avancées significatives. Et tout cela, toujours dans la dignité sans jamais avoir tendu la main à l&rsquo;impérialisme américain, pour quoi que ce soit. Alors que ce dernier voulait bien le voir se mettre à genoux devant lui, pour quémander des subsides, mais peine perdue. Fidel et Cuba ont apporté beaucoup d’aides aux pays africains pour se libérer du joug colonial. Et, malgré ses moyens réduits, il a fait preuve d’une générosité sans borne, celle-là qui caractérise tous les authentiques révolutionnaires.</p>
<p>Fidel a vécu modestement et avec sobriété. Il ne s’est pas accaparé des richesses de son pays, comme le font certains, à son seul profit ou à celui de ses amis ou parents. Pour juger objectivement le bilan de quelqu&rsquo;un ou d’un dirigeant, il faut mesurer à sa juste valeur ce qu&rsquo;il a réalisé de bien et positif en faveur de la grande majorité des déshérités de son peuple. Quant à être un ange face à des traitres qui collaborent avec l&rsquo;ennemi extérieur de son pays, sans les combattre farouchement, pour un chef révolutionnaire en plus, c&rsquo;est une faiblesse notoire impardonnable, dans un pays en guerre. Surtout encore, contre un ennemi puissant qui plus est, les USA. Un pays, en guerre, n&rsquo;a pas de temps à accorder à des traitres collaborationnistes.</p>
<p>Ainsi, on peut ne pas aimer Fidel, mais on ne peut pas dire qu&rsquo;il n&rsquo;a pas travaillé sans relâche pour son pays et sa dignité, même au prix de sa vie, ou qu&rsquo;il n&rsquo;a pas fait le sacrifice et don de soi à Cuba et le peuple cubain. Fidel Castro est le modèle de dirigeant révolutionnaire par excellence, que tout pays souhaiterait bien avoir. Car pour lui, il vivait pour la grandeur de Cuba et avait tout donné à Cuba pour sa grandeur. Il était, comme le fut aussi son camarade et ami, Ché Guevara, entièrement au service de son peuple et complètement détourné des biens matériels de ce bas monde et de la jouissance des délices du pouvoir, comme en raffolent les bourgeois, quand ils sont au pouvoir.</p>
<p>Mandiaye Gaye</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Abdoulaye Wade est le seul responsable de la culpabilité de son fils Karim Wade</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Moha]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Jul 2016 14:19:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[seul responsable de la culpabilité de Wade-fils]]></category>
		<category><![CDATA[Wade-père]]></category>
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					<description><![CDATA[Il a donc franchi le Rubicon, en graciant sans état d’âme le premier condamné de la Traque des biens mal acquis, Karim Wade, le fils de son père, le distingué&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il a donc franchi le Rubicon, en graciant sans état d’âme le premier condamné de la Traque des biens mal acquis, Karim Wade, le fils de son père, le distingué disciple de son marabout.</p>
<p>Je ne m’attarderai pas sur le mystère, les nombreuses zones d’ombre qui entourent cette rocambolesque grâce. Des observateurs plus avertis que moi se chargeront de jeter une lumière sur cette affaire qui est un reniement de plus, et pas des moindres, des engagements du candidat Macky Sall. L’objectif de cette contribution est de revenir un peu en arrière, de montrer comment Wade-père a créé pour Wade-fils les conditions qui lui ont permis d’organiser le pillage systématique de nos maigres deniers publics.<span id="more-12416"></span></p>
<p>Je me souviens, en particulier, d’avoir adressé une lettre publique, sous forme de contribution, à certains ambassadeurs accrédités chez nous. Je l’avais ainsi intitulée : « <strong>Excellences, Messieurs les Ambassadeurs d’Inde, d’Iran, de Corée, de la République populaire de Chine et des Monarchies du Golfe accrédités à Dakar</strong> ! » C’était pour attirer leur attention sur le pouvoir exorbitant qui venait d’être confié au fils par le père.</p>
<p>Je me félicitais d’abord des bonnes relations de coopération qui existaient entre nos pays, et que nous entretenions également avec les pays occidentaux. Le libéral Wade, qui accédait à la magistrature suprême le 1<sup>er</sup> avril 2000, avait tôt fait de changer de cap : au fur et à mesure,  il donnait l’impression de  tourner le dos aux Occidentaux et d’ouvrir davantage les portes du Sénégal aux pays du Sud, en particulier à ceux des ambassadeurs à qui ma lettre était destinée. Pour les convaincre de son nouveau choix,  il donna une conférence de presse, le 1<sup>er</sup> octobre 2007, dans la salle des Banquets de la présidence de la République. Il revenait alors fraîchement des Etats-Unis d’Amérique. Dès l’entame de sa conférence, il annonça avec fracas que le Sénégal renonçait à l’important Projet dit de la Plateforme de Diamniadio, financé pour environ 500 milliards de francs Cfa, dans le cadre du Mca. Et il expliquait ainsi son choix : « <strong><em>Pour l’histoire, je n’ai jamais cru à ce projet de plateforme de Diamniadio. Je ne l’ai jamais aimé. Je n’ai jamais compris ce qu’il y avait dedans. Je l’appelais serpent de mer</em></strong>. »</p>
<p>Pour préciser davantage son divorce d’avec les USA, il ajouta : « <strong><em>Les Américains sont très lents dans la mise en œuvre de nos projets. C’est pourquoi, j’ai dit non</em></strong> ! » La vraie raison était lâchée : les Américains sont lents, surtout pour décaisser. Le projet était pourtant très avancé, mais ne trouvait plus grâce auprès de Me Wade : non seulement les Américains étaient lents à ses yeux, mais ils étaient trop transparents. Au rythme où les choses avançaient, les 500 milliards étaient partis pour profiter directement aux populations, et sans intermédiaires. Me Wade ne pouvait pas supporter une telle perspective. C’est ce que j’avais voulu faire comprendre à leurs Excellences qui le savaient sûrement déjà.</p>
<p>Á la place des Américains donc, il intronisait les Émirats arabes unis. Sur les cendres de Diamniadio, le Président Wade mettait en place, avec l’accord de Dubaï, une « <strong><em>Zone économique spéciale</em></strong> », dont les résultats probants se font encore attendre.</p>
<p>Je rassurais leurs Excellences que nous n’étions pas gênés du renforcement de la coopération avec leurs pays respectifs qui devenaient la destination privilégiée des Wade. Cependant, je leur faisais remarquer ce qui suit : «  (…) <strong><em>Mais nous avons l’impression, peut-être même la conviction, que nous ne coopérons pas dans la transparence (…). » </em></strong>J’attirais aussi leur attention sur le premier acte du projet monarchique du Président-père : « <strong><em>l’Agence nationale pour l’Organisation de la Conférence islamique (Anoci) taillée sur mesure pour le fils qui a géré, pendant au moins quatre ans et de façon presque discrétionnaire, des centaines de milliards, sans jamais rendre compte et sans qu’aucune structure de contrôle ait osé fouiner dans cette gestion.</em></strong> » Après l’Anoci, le père envisagea de placer le fils gâté sur une autre rampe de lancement vers le sommet : la Mairie de Dakar. La liste où il figurait est sévèrement battue aux élections locales du 22 mars 2009.</p>
<p>Wade-père ne se découragea pas outre mesure. Contre toute attente, le fils battu fit une entrée fracassante dans le gouvernement formé le 1<sup>er</sup> mai 2009 : il y était nommé Ministre d’État (déjà !), Ministre de la Coopération internationale, de l’Aménagement du Territoire, des Transports et des Infrastructures. Quatre gros départements en un seul ministère pour quelqu’un qui faisait sa première expérience gouvernementale, avec des prérogatives étendues, tentaculaires, transversales, et qui lui permettaient de rogner sur celles de tous les autres départements ! Le super Ministre, qui parcourait le monde en jet privé, avait bien plus de prérogatives que le Premier ministre. En particulier, Wade-père essaya de dépouiller le Ministre d’État, Ministre de l’Economie et des Finances, M. Abdoulaye Diop. Á la lecture du décret du 1<sup>er</sup> mai 2009 portant nomination du nouveau gouvernement, ce dernier tapa vigoureusement sur la table pour retrouver ses pleines prérogatives : Wade-père lui avait enlevé sans état d’âme les Finances au profit de Wade-fils, pour lui permettre de capter tous les financements qui rentraient dans le pays. Wade-père allait se rattraper avec les deux décrets n° 2009-567 et n° 2009-568 du 15 juin 2009, relatifs respectivement aux attributions des deux ministres. Á l’article premier du premier décret, il est notamment précisé : « (…) <strong><em>Á ce titre, il </em></strong>(Karim Wade)<strong><em> est chargé de la coopération économique et financière que le Sénégal entretient avec l’ensemble des ses partenaires du continent asiatique,</em></strong> <strong><em><u>à l’exception du Japon</u></em></strong> (c’est moi qui ai souligné). »</p>
<p>L’article premier ajoute : « <strong><em>Dans le cadre de la coopération bilatérale, il est notamment chargé du développement des relations avec les pays arabes, la République populaire de Chine, la République de Corée et l’Inde</em></strong>. <strong><em>Dans le cadre de la coopération internationale multilatérale, il est chargé des relations avec toutes les banques et institutions financières arabes ou relevant de l’Organisation de la Conférence islamique. Il représente l’État auprès de la Banque islamique</em></strong>.»</p>
<p>L’article premier du second décret qui portait attributions du Ministre d’État, Ministre de l’Économie et des Finances, le cantonnait dans la représentation de l’État « <strong><em>auprès des institutions financières internationales et notamment du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et de la Banque africaine de Développement</em></strong>. »</p>
<p>Le même article précisait vers les tout derniers alinéas ceci : « <strong><em>Dans le domaine de la coopération internationale bilatérale, il </em></strong>(le ministre Abdoulaye Diop)<strong><em> est chargé des relations avec tous les partenaires au développement, à l’exception des pays arabes, de la République de Corée, de la République populaire de Chine et de l’Inde. Dans le domaine de la coopération internationale multilatérale, il est chargé des relations avec tous les partenaires à l’exception des banques et institutions financières arabes ou relevant de l’organisation de la Conférence islamique</em></strong>. »</p>
<p>Je tenais à attirer l’attention de leurs Excellences sur les véritables intentions de Wade-père qui traînait partout Wade-fils et le présentait comme étant le meilleur expert en finances au Sénégal. Pourquoi le grand expert n’allait-il jamais négocier des financements à Washington, à Ottawa, à Berlin, à Paris, à Londres, à Tokyo, à la Banque mondiale ou au Fonds monétaire international ? Et je posais cette série de question à leurs Excellences : « <strong><em>Pourquoi, Excellences, ne vous posez-vous pas la question pour laquelle vos pays respectifs lui sont exclusivement réservés ? Pourquoi est-il chargé ‘’de la coopération économique et financière que le Sénégal entretient avec l’ensemble des ses partenaires du continent asiatique,</em> <em><u>à l’exception du Japon’’</u></em></strong> <strong><em>? Pourquoi son collègue le Ministre d’État Diop est-il ‘</em></strong>’<strong><em>chargé, dans le domaine de la coopération internationale bilatérale, des relations avec tous les partenaires au développement, à l’exception des pays arabes, de la République de Corée, de la République populaire de Chine et de l’Inde’’ </em></strong>? <strong><em>Pourquoi, ‘’dans le domaine de la coopération internationale multilatérale, </em></strong>(est-il)<strong><em> seulement chargé des relations avec tous les partenaires à l’exception des banques et institutions financières arabes ou relevant de l’organisation de la Conférence islamique’’ » </em></strong>?</p>
<p>« <strong><em><u>Á l’exception du Japon »</u></em></strong> ! Cet élément de phrase est lourd, très lourd de signification et révélait au grand jour les intentions malsaines et manifestement antirépublicaines du président Wade. Le Japon fait bien partie de l’Asie mais, en matière de politique économique et financière, on le considère comme membre des pays occidentaux, avec lesquels il partage les mêmes procédures de gestion. Le yen japonais n’est pas jeté par la fenêtre. Les autorités de ce très sérieux pays ne sont pas prêtes à remettre des chèques au premier venu. Elles ne décaissent pas aussi vite que le souhaitait Wade-fils, à l’image de la République populaire de Chine, dont il lui est arrivé de rendre hommage à la rapidité des décaissements.</p>
<p>Les Ambassadeurs auxquels je destinais ma lettre n’étaient probablement pas naïfs, mais ils ne connaissaient sûrement pas bien les Wade qui avaient mille tours dans leurs sacs. Ils étaient surtout passés maîtres dans l’art de chercher des milliards. En conclusion de ma lettre, je lançais en direction de leurs Excellences l’avertissement suivant : « <strong><em>Ce garçon vous sollicitera à outrance dans les mois qui viennent. Il vous acculera jusque dans vos derniers retranchements pour vous faire financer mille projets. Il est déjà, avec son père, en pleine campagne pour l’élection présidentielle de 2012. Ils ont besoin d’ouvrir des chantiers partout au Sénégal, même s’ils sont sûrs qu’ils n’auront pas le temps de les terminer. Il leur faut surtout un gros trésor de guerre, car ils sont persuadés que c’est avec l’argent qu’ils vont arriver à réaliser leur projet monarchique. Notre préoccupation n’est pas que vous vous absteniez de financer les projets qui vous seront soumis. Notre souhait est plutôt de vous voir suivre la traçabilité de l’argent que vous donnez à ce garçon qui est hyper protégé par son père. Nous n’avons aucun moyen de contrôle sur les milliards qu’il dépense à sa convenance et pour ses seules ambitions présidentielles. Or, ce sont nos enfants et nos petits enfants qui payeront ces milliards-là.</em></strong> »</p>
<p>ET j’ajoutais : « <strong><em>Ce que nous attendons plutôt de vous, c’est la même rigueur et la même vigilance que les Occidentaux. Votre collègue des Etats-Unis en particulier, Son Excellence Marcia Bernicat, s’est signalée par sa ferme volonté de veiller sur l’utilisation de l’argent du contribuable américain. Comme une sentinelle, elle a les yeux rivés sur les dollars donnés à notre pays et ne baissera la garde que lorsqu’elle sera assurée qu’ils sont arrivés directement aux populations auxquelles ils sont destinés (…)</em></strong>. »</p>
<p>Pour les convaincre davantage, je leur rappelais en la détaillant, l’histoire rocambolesque des quinze millions de dollars des « Fonds taïwanais », qui étaient initialement destinés à réaliser des projets sociaux au profit de nos populations et que Wade-père avait finalement soustraits à la collectivité nationale, avec la complicité de Wade-fils, d’un de ses sulfureux conseillers (un certain Pierre Aïm) et d’un certain Gérôme Godard, un ami de Wade-fils qui, disait-on, serait à la base de la faillite des Industries chimiques du Sénégal (Ics).</p>
<p>Et j’en appelais, pour terminer, à la responsabilité et à la vigilance de leurs Excellences, en leur demandant de ne pas mettre sans discernement à la disposition des Wade, des fonds importants qui risqueraient de connaître le même sort que les 15 millions de dollars des « Fonds taïwanais ». Ce  que nous attendions et attendons encore de leurs pays respectifs, c’est qu’ils fassent montre de plus de rigueur, de vigilance et de transparence dans la coopération avec le nôtre ; qu’ils aient, comme les Occidentaux, un œil vigilant sur l’utilisation des sommes importantes qu’ils remettaient aux Wade !</p>
<p>Mes chers compatriotes, voilà pour cette contribution, dont l’objectif est de m’inscrire en faux contre l’innocence de Wade-fils qu’on veut nous faire avaler. Wade-père lui a créé les conditions qui lui ont permis de piller nos maigres deniers publics, et il ne s’en est pas privé. Dans la prochaine contribution, nous passerons en revue quelques graves forfaits qui ont caractérisé sa nébuleuse gestion de l’ANOCI pendant quatre ans, forfaits mis en évidence par l’Inspection générale d’Etat (IGE), dans l’un de ses rapports publics.</p>
<p><b>Mody Niang</b></p>
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