Sommet de l’Union Africaine à Kigali: A propos du retour du Maroc dans l’Union Africaine(UA)


La position du Sénégal en faveur du Maroc sur la question de la RASD, n’est pas conforme aux dispositions de la Charte fondamentale de l’OUA sur le respect de l’intangibilité des frontières héritées du Colonialisme. En occupant une partie du Sahara Occidental qui était un territoire administré par le pouvoir colonial espagnole, dans le processus de la décolonisation de ce territoire, le Maroc avait effectivement viole ce principe en étendant unilatéralement les limites de son propre territoire héritées du colonialisme Français. Surtout que le Front Polisario, qui luttait pour l’indépendance du Sahara Occidental était reconnu comme  » mouvement de libération nationale » et soutenue comme tel, par l’OUA, comme l’étaient par exemple, le PAIGC et le Frolimo. C’est pourquoi, le PAI/Sénégal, devenu aujourd’hui, le PIT/Sénégal, avait critiqué cette position du Sénégal en faveur du Maroc, et exprimait sa solidarité militante au Polisario et a la RASD.

 

Le retour du Maroc au sein de l’Union Africaine, ne devrait donc pas se faire au détriment de la RASD, mais dans l’obligation du Maroc de se conformer aux dispositions expresses de la Charte fondamentale de l’OUA sur le respect des frontières héritées du Colonialisme. Il est vrai que sous la pression des États Unis en  » guerre » contre le régime Soudanais de El Bachir, l’Union Africaine a validé la partition du Soudan en reconnaissant l’Etat indépendant du Sud Soudan, en violation flagrante de sa charte fondamentale. Il ne faudrait donc pas que cela puisse faire jurisprudence en faveur du Maroc. Si tel était le cas, ce serait le feu vert à une violation tout azimut des frontières héritées du colonialisme dans un contexte où des pays d’Afrique sont sous la menace de partition par une lutte armée, comme c’est le cas au Mali, au Nigeria, et en RDC, sans oublier notre propre pays qui est confronte à la rébellion en Casamance depuis plus de 30 ans.

 

Ne permettons donc pas, l’ouverture de la  » boîte de Pandore » en permettant au Maroc de faire valider sa violation de la Charte fondamentale de l’OUA, a l’heure de l’édification de sous ensembles régionaux, comme une exigence de survie de nos peuples confrontés au djihadisme, à la dégradation de l’environnement, et aux épidémies du genre Ebola. Il constituerait, le cas échéant, un signal fort pour la déstabilisation généralisée de nos États pour ruiner nos rêves de sortir de notre dépendance et de la misère, par le biais d’intégrations sous régionales de nos États actuels, dans la voie de l’édification de l’Unité Africaine. La solidarité des forces vives du Sénégal avec la RASD, dans ces circonstances, est non seulement un devoirs pan africain, mais c’est surtout prémunir notre pays d’une déstabilisation certaine. Cette solidarité devrait donc être pour nous, une question d’ordre politique national, et pas seulement un problème de solidarité pan africaine.

Ibrahima Sene PIT/Sénégal/CDS .


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