Oui à un emprunt pour une émergence effective !

By in Economie & Finances, Publications on février 28, 2014

Le 31 Aout 2012 je publiais dans la presse un article intitulé « Stop aux emprunts obligataires de l’état ». Nous étions à un deuxième emprunt obligataire pour lesquels il ne nous a été communiqués ni la pertinence, ni l’impact économique. Mais je me sentis bien seul à dénoncer cette pratique. Les analystes contre les milliards récoltés au groupe consultatif de Paris pour financer le PSE étaient aphones !

Aujourd’hui qu’il est à la mode de critiquer ce gouvernement, on ne se félicite pas de notre capacité à pouvoir faire financer notre émergence, on préfère fustiger la dette.  Justement on la fustige quand elle est peut être, justifiable et souhaitable, comme en ce moment, même s’il incombe aux gouvernants de nous convaincre de l’efficacité du PSE (Plan Sénégal Émergent) dans sa mise en œuvre après en avoir assuré une bonne adhésion de nos partenaires au développement.

Ce qui me rassure dans cette opération réussie au groupe consultatif de Paris, c’est que cette fois ci, le pouvoir chiffre les objectifs économiques et sociaux pour les financements attendus, il en décline les impacts sur la croissance à court et moyen terme pour notre économie. Il y a quelque chose qui me dérange, pour ceux qui sont prompts à critiquer la moisson du groupe consultatif, à avoir été permissif avec ce même pouvoir, sur des emprunts obligataires  que nous avions vigoureusement dénoncé. Je disais le 30 Aout 2012 dans cet article évoqué plus haut: « Pour tout vous avouer je suis pour un emprunt national pour oxygéner notre économie et préparer une éventuelle reprise économique mondiale. Mais il s’agirait d’un Grand Emprunt et l’injecter sur des secteurs d’avenir porteurs d’emplois et de croissance comme l’agroalimentaire, l’énergie verte, le solaire, les NTIC, le logement social et la mobilité interurbaine entre autres.

Je suis désolé de ne vouloir me dédire, (pour ceux qui m’ont sollicité à dénoncer le gonflement de notre dette). Je crois à la démarche, pour un pouvoir en charge de la bonne marche d’un pays, de devoir élaborer un plan pour l’émergence, de financer ce plan avec des partenaires au développement classiques et crédibles. Tout ceci ne devrait pas empêcher d’aller vers des financements de type nouveau, innovants avec des pays comme les BRICS et autres pays émergents. On ne peut être contre  le principe d’endettement pour financer notre économie, notre croissance, notre émergence. Je rappelle que les USA se financent sur l’achat des bons du trésor par les chinois, que la France, l’Allemagne et les autres pays en manque de capacité financement, le font tous les jours eux aussi, sur les marchés financiers. Le mal de notre pays, n’a pas donc été, de s’être endetté. Mais de n’en avoir rien fait, de cet endettement chronique qui aurait dû œuvrer pour un développement harmonieux et durable de notre pays. Espérons que ce soit aujourd’hui le cas  avec cette volonté affichée du pouvoir d’une gestion sobre et vertueuse.

Entendons-nous bien, tout ceci n’augurant en rien de l’assurance d’une émergence prochaine, comme ceci est proclamé par ci et par là, mais c’est certainement le premier palier à gravir pour y arriver. Nous exhortons le gouvernement à faire moins de bruit et moins de tapage médiatique et à s’atteler à transformer le PSE en réalité pour nos populations les plus démunies, qui rêvent de voir ses nombreuses difficultés prises en compte. Tout le mal que nous souhaitons à l’équipe dirigeante, c’est de réaliser cet espoir qu’ils ont bien voulu soulevé chez ce peuple qui reste vaillant et digne dans ses nombreuses difficultés rencontrées quotidiennement. Nous serons exigeants dans nos évaluations d’étape sur tous les projets que regorge ce PSE, dans sa prochaine mise en œuvre. Un échec serait une catastrophe que nul ne vous pardonnera.

 

 


2 thoughts on “Oui à un emprunt pour une émergence effective !

  1. 1

    je suis de tout cœur avec votre position vraiment très réfléchi et concordant parfaitement avec vos revendications antérieures. Nous nous encourageons seulement à, comme vous l’avez si bien dit, être vaillant dans nos évaluations d’étapes de ces projets énoncés dans le PSE et souhaitons tout bonnement son bon déroulement pour le bien de la patrie. Merci encore!

  2. Enessam Chimer
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    Il faut arrêter de stigmatiser notre tendance à l’endettement pour financer notre économie voire notre croissance ; les pays « nantis » font – eux aussi – appel à l’aide extérieure !
    Le seul hic, en ce qui concerne nos pays – ces « ex »-colonies – c’est cette subordination excessivement ridicule aux desiderata de prétendus « bailleurs de fonds » « donnant plutôt à bail une souveraineté quasiment sous contrôle » !
    L’exercice d’une souveraineté est incompatible avec une telle subordination ; nous ne pouvons demeurés, éternellement, tributaires du bon vouloir d’une puissance ou d’un quelconque lobby. Comme disait Jean-Marie Le Pen : « Un peuple sans souveraineté est non seulement un peuple privé de liberté, mais un peuple menacé dans son existence».
    « L’Afrique a bien eu son indépendance, mais elle n’est pas décolonisée ; or l’indépendance sans la décolonisation conduit, inéluctablement et confortablement, au néo-colonialisme », disait aussi Ki-Zerbo.
    Malheureusement, nous ne pouvons « créer la richesse » nous-mêmes à l’instar des Suisses qui ont ouvert leur pays à « l’investissement indirect » à travers des paradis fiscaux les ayant enrichis.
    De la même manière, les Juifs ne se sont pas embarrassés de ridicules scrupules et se sont bien gardés de nier la Shoah. Ils ne sont pas moins fiers et moins dignes que nous et ne sont pas plus intelligents aussi ; loin s’en faut ! Mais, contrairement à nos dirigeants qui ont considéré comme une forme de « victimisation » tout ressassement des misères vécues pendant des siècles, le peuple juif a su tirer profit des tortures et des humiliations durant les Guerres 14/18 et 39/45, en se faisant octroyer des compensations monstres à titre de réparations.
    Pourtant, nous avons vécu pire et sur le long terme ! Je considère que WADE a eu raison de dénoncer vigoureusement cette « main » éternellement tendue des Africains; mais, il a tué dans l’œuf la revendication africaine portant sur l’évaluation et l’indemnisation de notre préjudice occasionné par la colonisation.
    Nos dirigeants (africains) ont toujours privilégié cette tendance sournoise à vouloir taire les méfaits de l’esclavage et de la colonisation ; malheureusement, contre une certaine reconnaissance du Colonisateur à leur endroit !
    Mais, le pire réside dans le fait notoire que nous sommes incapables d’une gouvernance vertueuse et ces « richesses » octroyées font de nous des « otages », pour la vie !
    Aussi, il nous faut – me semble-t-il – forger une nouvelle conscience – non pas seulement – de nos responsabilités, mais également et surtout de nos tares !

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