Accueil Actualités Incendie du marché Sandaga: l’urgence de réguler et de contenir l’urbanisation sauvage de nos villes

Incendie du marché Sandaga: l’urgence de réguler et de contenir l’urbanisation sauvage de nos villes

Par Moha

La réalité des problèmes d’insécurité dans nos grandes villes vient une nouvelle fois de s’illustrer à travers les flammes qui ont ravagé hier soir le marché de Sandaga. Nous ne devons verser ni dans la paranoïa ni dans la fatalité. Ceci n’est que la conséquence de l’urbanisation sauvage qui entraîne et continuera d’entraîner dans son sillage des désastres toujours plus menaçants pour la sécurité des populations et pour l’économie de nos pays.

incendie sandaga 1Les études de sécurité civile deviennent une obligation pour nos Etats contre les dangers et les catastrophes qui guettent nos villes. Ces marchés qui brûlent partout en Afrique subsaharienne sont le fruit d’une inadéquation entre, d’une part la préparation et la formation des populations qui s’activent dans ces espaces publiques et qui sont issues en grande partie du monde rural et qui ne sont pas habitués à la modernité et ses aléas. D’autre part le manque de politique et de doctrine dans la conception des villes, qui n’intègrent pas les menaces climatiques, les périls industriels, les risques d’incendies, les accidents de transports ou les risques sanitaires.

Nous n’avons pas la prétention de rendre compte d’une situation générale qui caractériserait l’ensemble des villes africaines. Notre objectif est bien plus modeste et consiste à identifier ce que nous considérons comme une standardisation des problèmes liés à l’urbanisme sauvage en Afrique subsaharienne et identifier quelques lignes qui permettraient d’accroître la sécurité publique.

Il nous paraît indispensable d’opérer un changement de paradigme dans nos projets urbains. Les rapports qui lient les risques d’insécurité publique et les réponses spatiales et de gestion proposées ne répondent en rien aux menaces auxquelles nous sommes exposées.

Pour établir des schémas directeurs en vue de proposer des leviers sur lesquels les institutions publiques pourront s’appuyer pour instaurer des vertus urbaines à travers des projets de rénovation et d’aménagement urbain innovant qui renforceront non seulement la sécurité publique mais également la cohésion sociale pour le maintien du lien social qui fait vivre l’ADN de notre africanité.

Pour approfondir l’analyse et apporter des réponses adéquates, le Think tank Ipode tiendra dans les mois à venir un forum où il invitera des experts sur les questions de sécurité publique, les collectivités locales ainsi qu’une équipe pluridisciplinaire qui analysera les risques liés à l’urbanisation sauvage ainsi que les effets subséquents sur les aménagements urbains et les pratiques des habitants et usagers. Cette rencontre permettra le développement de nouvelles modalités opératoires dans le champ de la sécurité urbaine, modalités qui seront à la fois plus adaptées à la réalité des risques et plus favorables à la vie urbaine. Nous invitons les autorités étatiques à s’associer à cette démarche à défaut de la préempter.

Papa Ousmane Gueye & Mohamed Ly

Pour le Think Tank Ipode / www.thinktank-ipode.org

1 comment

Bibi octobre 27, 2013 - 2:40 pm

Si je ne peux être qu’en phase avec le fond du billet, l’assertion relative au manque de doctrine en prévention des risques de sécurité publique ne me semble pas exact.

Le Sénégal dispose d’un cadre règlementaire bien établi, y compris en matière d’urbanisme et de sécurité incendie des marchés (Arrêté 00231 du 12 janvier 1998 portant règlement de sécurité des marchés) qui prévoyait un délai de 3 ans pour la mise en conformité de l’ensemble des établissements assujettis existants.

De même l’organisation de la sécurité civile et de la prévention des risques dispose d’une doctrine riche qui pourrait aisément être mise en application par des ressources humaines de qualité.

Il suffirait souvent d’appliquer les textes existants.
Cependant les attitudes et comportements de la plupart des acteurs de la cité semblent viser à satisfaire des besoins – ou plutôt envies – immédiats qu’ils soient personnels ou politiques.

La démagogie n’a jamais permis un développement durable et sûr, seule la remise en question des attitudes permettra une amélioration de la situation.

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