Sénégal, l’urgente nécessité de recréer nos villes

By in Actualités, Blog, Logement, Urbanisation on janvier 17, 2013

« Il est bien des choses qui ne paraissent possibles que tant que l’on ne les a pas tentées » André Gide

 

Le ministre de la Restructuration et de l’Aménagement des zones d’inondation, annonce ce jour par voie de presse la création de 891 logements sociaux qui seront construits pour les sinistrés des inondations. Ceci est une bonne nouvelle pour les sinistrés certes mais je dirai que si on s’en arrête là : la montagne aura accouché d’une souris.

Monsieur le ministre je vous félicite de vos réalisations dans votre ministère qui sont en phase avec la mission qui vous a été dévolue. M’adressant au chef du gouvernement je demanderai de l’ambition ! Ayez de l’ambition pour notre pays monsieur le premier des ministres. Les inondations qui ont alerté les pouvoirs publics, le président de la république, l’opinion nationale et internationale et qui ont vu cet élan de solidarité sans précédent dans notre pays, devraient permettre de mettre en place une politique d’aménagement de territoire et de logement qui devra innover et améliorer le cadre de vie de nos compatriotes.

 

Les pansements c’est bien mais ce n’est pas suffisant. Il faut régler structurellement donc définitivement certaines questions  récurrentes dans notre pays. Je suis content de cette initiative pour les familles sinistrées et ravi de les voir probablement à l’abri des pluies et inondations pour le prochain hivernage. Mais nous attendons un projet de plus grande envergure et bien ficelé. Nous voulons la construction d’une nouvelle ville. Une ville bien pensée avec un cadre de vie amélioré. Des maisons écologiques bien équipées (toilette viabilisée, cuisine aménagée, espace de vie familial plus convivial). Avec un travail d’assainissement sérieux à la base et un aménagement  d’infrastructures adéquats aux besoins de ses futurs habitants : espaces verts qui nous font tant défaut, centre de santé, aires de jeux pour enfants, infrastructures culturelles comme des salles de cinéma et de théâtre, salles de sport équipées, structures pour les futures associations qui sont un moteur du développement local, banques, commerces, marché, etc. Beaucoup d’experts ont imaginé la ville entre Dakar et Thiès. Il faudra mettre en branle tous les départements gouvernementaux pour y réfléchir et penser ce projet ambitieux en améliorant la mobilité urbaine et en intégrant dans la commande publique la notion de développement durable à tous les échelons du projet.

 

Mesdames et messieurs les ministres, ayez de l’ambition pour nous. J’attends vivement une prochaine sortie de votre part nous édifiant sur un projet d’une telle envergure qui va au-delà de régler un problème ponctuel des sinistrés des dernières inondations. Déclinez nous la vision du président de la république et je souhaite de tout cœur que vous laissiez une empreinte certaine sur la politique de logement et de ville dans notre pays à la fin de ce mandat. Il y a des choses qui ne devraient pas attendre ! Beaucoup d’autres sujets sont à soulever dans ce sens, ce que je ferai d’ailleurs dans d’autres colonnes avec des experts en la matière. Je vous invite à trouver des solutions et moyens d’améliorer le cadre de vie de nos concitoyens. Car créer des villes c’est aussi en désengorger d’autres, ce qui permettra de réaménager la ville capitale en lui trouvant des espaces verts aménagés et des lieux d’épanouissement social et des centres d’hébergement d’urgence. Ceci est urgent afin de faire respirer Dakar et de le transformer dans l’harmonie. Une synergie entre les collectivités locales et les différents ministères, ceux de l’aménagement du territoire, des finances et de l’environnement est souhaitable pour révolutionner nos villes dans une démarche de développement durable.

 

Mohamed LY


2 thoughts on “Sénégal, l’urgente nécessité de recréer nos villes

  1. 1

    Bonjour,

    Nous avons conçu un projet ambitieux de construction d’une nouvelle ville en Sébikhotane et Yenne. Elle aur une acapacité de 200.000 habts. Mieux, nous pensons qu’il est possible de mettre sur le marché des maisons àun coût de 5 millions deFCFA. sur 20 ans, cette maison côute le prix de la location d’une chmabre à Pikine (25.000 F/mois).
    Donner une opportunité à chaque sénégalais d’avoir un toit à des coûts modérés (c’est ainsi que se définissait la Sicap qui a pris le relais du Service Technique d’Aménagement du Grand Dakar) permet non seulement de lutter contre les inondations, mais aussi de limiter la spéculation foncière à Dakar et ses environs. Enfin, un tel projet permet aussi de créer des dizaines de milliers d’emplois.
    Je pourrais, au besoin, vous envoyer cette contribution. Mlheureusement, je n’arrive pas à m’inscrire sur votre site.

    BR

  2. 2

    Je crois qu’il faudrait voire la question autrement. Aujourd’hui c’est le citoyen qu’il faut recréer. Lui réapprendre le BABA de la vie. Des choses comme comment marcher, comment parler, comment se comporter, comment penser. Aujourd’hui ce qui fait défaut par dessus tout, c’est l’éducation. Les villes sont envahis par des ruraux qui ne sont pas préparer à vivre en milieu urbain. C’est le Sénégal c’est clair on ne pourra pas exclure un diola de St Louis tout comme on ne peut pas expulser un bassaris de Dakar. Il faut sans gêne apprendre aux ruraux à reconnaître les codes en milieu urbain. Il ne faut pas faire dans le « massla » et éviter de tout dire. Il faut le dire simplement tant que les gens pourront débarquer dans une ville en charrette, trouver les bonnes conditions de ghettoïsation (Yeumbeul, malika, keur massar), utiliser sa charrette pour gagner sa vie. Tant qu’un jeune paysan(cultivateur d’arachides je devrais dire) du saloum ou du ndiambour débarque à Dakar pour gagner sa vie excuser moi si nos rues sont pleins de laveurs de voiture. Il faut qu’ils se nourrissent les gars. On a pas des restau du coeur. Tant que ces anciens charretier, laveurs de voiture, continu à être nos chauffeurs, nos maçons, nos personnels de maison. Tant que système sera de mise ne rêvons même pas. Nous ne construirons pas de ville à l’image de ces grandes métropoles que certains connaissent. Quand le charretier à la possibilité de se présenter au péage pour prendre son ticket c’est qu’au préalable il à récupérer les ordures de la banque mondiale sur LA CORNICHE. Il faut former les gens pour en faire meilleurs citadins de meilleurs citoyens.

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